Gestation jument : durée, étapes, suivi et conseils…

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La gestation de la jument, c’est toute une aventure, pour elle comme pour nous, cavaliers passionnés ! Découvrons ensemble la durée, les étapes clés, ainsi que tous les bons conseils pour accompagner sereinement nos futures mamans à sabots.

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Sommaire de l'article

Attendre un poulain est une aventure qui fascine bon nombre de cavaliers et passionnés du monde équestre.

Chez la jument, la période de gestation est longue et spécifique : elle dure en moyenne 340 jours, soit environ 11 mois, même si la fourchette normale se situe entre 320 et 360 jours d’après l’IFCE.

Cette durée exceptionnelle nécessite une attention particulière à chaque étape du processus, depuis la saillie jusqu’à la naissance du poulain.

Comprendre ce qu’implique la gestation chez la jument permet d’anticiper au mieux ses besoins, d’autant que chaque phase est marquée par des changements physiologiques essentiels à la bonne santé de la future mère et de son poulain.

À travers cet article, nous détaillerons la gestation, la durée précise durant laquelle la jument porte son poulain, puis les grandes étapes à connaître, comme l’évolution de l’embryon et du fœtus jusqu’au poulinage.

Nous aborderons aussi les bonnes pratiques pour assurer un suivi rigoureux, du point de vue vétérinaire, alimentaire et relationnel, sans oublier les conseils adaptés pour que la jument vive ces mois de gestation dans les meilleures conditions possibles.

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Comprendre la gestation chez la jument : définition et généralités

Qu’est-ce que la gestation chez la jument ?

La gestation, chez la jument, correspond à la période pendant laquelle la future maman porte son poulain, depuis la fécondation jusqu’à la naissance.

Ce phénomène naturel implique des changements profonds dans le corps et le comportement de la jument.

Comprendre ce que signifie exactement “jument gestante” est essentiel pour proposer l’accompagnement et les soins adaptés.

Chez la jument, la gestation débute après la saillie féconde, lorsque l’ovule a été fécondé et que le développement embryonnaire commence.

Les spécificités de la reproduction équine

La reproduction chez la jument est soumise à des particularités propres à l’espèce équine. Contrairement à d’autres mammifères, la jument a une saison de reproduction principalement concentrée au printemps et en été.

Cela signifie que la majorité des poulains naissent entre mars et juin, période la mieux adaptée à leur survie dans la nature grâce à des conditions climatiques plus favorables.

Cette saisonnalité est cruciale à connaître lorsque l’on souhaite faire saillir une jument ou anticiper l’arrivée d’un poulain.

Par exemple, débuter une gestation au printemps maximise les chances d’obtenir un poulain vif et en bonne santé au retour des beaux jours suivants.

Pourquoi la gestation de la jument mérite une attention particulière ?

La gestation de la jument est un processus long et complexe : elle engage la santé de la mère, mais aussi la vie du futur poulain.

Pour la jument, porter un poulain représente un effort métabolique considérable, qui exige une adaptation de l’alimentation, du rythme de vie et du suivi vétérinaire.

Un accompagnement attentif permet de limiter les risques de complications (aborts, mise bas difficile, troubles métaboliques).

S’intéresser en amont à la physiologie de la jument gestante donne donc au cavalier les clés pour protéger efficacement la santé de ses équidés.

Les signes précoces de gestation

Identifier la gestation n’est pas toujours évident, surtout dans les premières semaines : les changements physiques sont souvent discrets.

Une absence de retour en chaleur est un des premiers indices, mais il existe de nombreux cas où ce signe n’est pas suffisant.

D’autres symptômes précoces incluent une modification du comportement, une légère prise de volume du ventre, ou une attitude plus calme.

Cependant, chaque jument est unique : certaines ne montrent aucun signe perceptible avant plusieurs mois.

Durée de la gestation : combien de temps la jument est-elle pleine ?

Quelle est la durée “normale” de la gestation chez la jument ?

En moyenne, la gestation d’une jument dure environ 11 mois, soit de 335 à 345 jours. Cela représente presque une année complète, ce qui demande beaucoup de patience et d’anticipation de la part du cavalier.

Cependant, il est tout à fait normal que certaines juments mettent bas un peu plus tôt ou un peu plus tard, sans que cela soit inquiétant.

On considère généralement qu’une gestation comprise entre 320 et 360 jours reste dans les limites physiologiques. Au-delà de ces bornes, il convient de consulter un vétérinaire.

Pourquoi une telle variation de durée ?

La durée exacte de la gestation peut varier d’une jument à l’autre, en fonction de plusieurs facteurs naturels.

Par exemple, la saisonnalité joue un rôle important : les poulains conçus en début de saison (mars-avril) naissent parfois après une gestation un peu plus longue, tandis qu’en fin de saison, la gestation tend à raccourcir pour respecter le calendrier biologique de l’espèce.

De même, la race de la jument, son âge, sa santé générale ou encore la taille du fœtus influent sur la durée. Une ponette portera parfois un peu moins longtemps qu’une grande jument de race lourde.

Prenons l’exemple d’une jument pur-sang, saillie en avril : il n’est pas rare qu’elle pouline au bout d’environ 340 jours.

À l’inverse, une jument de trait ayant connu une gestation en octobre pourrait atteindre, voire dépasser les 350 jours.

Comment estimer la date de poulinage ?

Pour anticiper la naissance du poulain, il est essentiel de retenir la date précise de la saillie.

À partir de cette date, il suffit d’ajouter 11 mois, soit 340 jours en moyenne, pour obtenir une estimation du terme.

Toutefois, il est prudent de préparer l’arrivée du poulain dès le 10ᵉ mois de gestation, car certains poulains peuvent naître avant le terme attendu.

Cela permet d’adapter rapidement l’environnement de la jument et de prévoir une surveillance accrue.

Attention : une jument ne montre pas forcément de signes précis juste avant le poulinage, rendant la surveillance des dernières semaines essentielle, quel que soit le calcul théorique.

Pourquoi respecter la durée de gestation est important ?

Un poulain né trop prématurément aura des difficultés à survivre (poumon immature, faiblesse générale). À l’inverse, un poulain né beaucoup trop tard peut être sujet à des complications à la naissance (surpoids, difficultés de mise bas).

Savoir estimer la durée de gestation permet donc de donner toutes les chances de réussite à la mère et au futur poulain, en anticipant les risques et en adaptant les soins apportés tout au long des mois clés.

Pour le cavalier, cela signifie aussi organiser à l’avance les contrôles vétérinaires, les phases de transition alimentaire ou encore la préparation du box, afin de garantir un environnement sûr et confortable à la jument comme à son petit.

Les grandes étapes de la gestation : du saillie au poulinage

La fécondation et l’implantation : le tout début de la gestation

Après la saillie (naturelle ou par insémination), la fécondation a lieu dans les heures qui suivent l’ovulation de la jument.

La rencontre entre l’ovule et un spermatozoïde donne naissance à un embryon qui commence immédiatement son développement.

Dès les premiers jours, cet embryon migre à l’intérieur de l’utérus, voyageant pendant environ deux semaines. Ce long déplacement assure la répartition de l’information hormonale dans l’organisme de la jument.

Autour du 16e jour, l’embryon s’implante enfin : il s’attache à la paroi de l’utérus et lance la véritable gestation. C’est ce moment qui empêche le retour en chaleur et signe la réussite de la fécondation.

À ce stade, la gestation reste très fragile. Les embryons peuvent être naturellement éliminés si les conditions ne sont pas idéales, d’où l’importance d’éviter tout stress ou changement brusque d’environnement à la jument durant les trois premières semaines.

Le développement embryonnaire (jusqu’à 40 jours)

Du 16e au 40e jour, se produit une phase clé : c’est le développement de l’embryon. L’embryon grossit, puis se transforme en fœtus.

Les principaux organes commencent à se dessiner : cœur, membres, colonne vertébrale, et même les premiers ébauches d’organes sensoriels.

À cette étape, un suivi vétérinaire avec échographie est souvent réalisé vers le 15e-18e jour pour confirmer la gestation et, vers 30-35 jours, pour vérifier la présence d’un embryon unique ou gémellaire.

La détection rapide d’une gestation gémellaire permet d’agir pour éviter les complications (résorption embryonnaire, intervention vétérinaire…).

Il est essentiel de surveiller discrètement la jument, d’assurer une alimentation stable et d’éviter toute source de stress.

Le repos et un environnement calme sont des alliés précieux pour que l’embryon s’implante solidement.

De l’embryon au fœtus : croissance rapide (2e au 4e mois)

À partir du deuxième mois, l’embryon devient un fœtus : la croissance s’accélère, les membres s’allongent, les premiers mouvements sont perceptibles lors d’examens approfondis.

Les organes vitaux se spécialisent. Vers le 60e jour, le poulain miniature commence déjà à ressembler à un cheval, même si sa taille reste minuscule.

Ce trimestre est généralement assez serein pour la jument qui reprend peu à peu une vie normale. Elle peut continuer à travailler doucement, mais doit être ménagée.

L’intérêt du cavalier, à ce stade, est de maintenir de bonnes habitudes alimentaires et de contrôler l’état général de la jument.

Par exemple, une perte d’appétit, une baisse d’énergie ou des écoulements doivent toujours alerter et inciter à consulter.

La gestation intermédiaire : développement du poulain (5e au 8e mois)

Cette période correspond à la gestation dite “intermédiaire”. Le fœtus grossit considérablement : ses organes internes achèvent leur formation, ses crins commencent à apparaître, sa tête prend forme, ses sabots durcissent.

L’utérus s’agrandit et la jument commence à prendre du ventre, même si cela reste discret sur certaines, surtout chez les juments toniques ou athlétiques.

Il est important de maintenir une alimentation équilibrée, mais sans excès, pour éviter tout surpoids de la jument.

Les besoins en énergie restent modérés : la croissance du poulain s’accélérera principalement dans les deux derniers mois.

C’est également le moment idéal pour effectuer un second examen vétérinaire, généralement entre le 5e et le 7e mois, afin de vérifier que tout évolue normalement (position du fœtus, absence d’anomalie, santé globale).

La fin de gestation : derniers préparatifs avant le poulinage (9e au 11e mois)

Les deux à trois derniers mois de gestation marquent la plus forte croissance du fœtus : il prend alors jusqu’à 1,5 kg par semaine !

Le poulain atteint sa taille définitive pour la naissance, ses organes finissent de mûrir, le système immunitaire se prépare pour affronter le monde extérieur.

La jument montre des signes plus nets : augmentation du volume abdominal, mamelles qui commencent à se développer (préparation à l’allaitement), comportement plus calme ou, à l’inverse, plus irritable selon les individus.

Le suivi doit alors s’intensifier : une alimentation adaptée, riche mais sans excès, est indispensable pour soutenir la croissance finale du poulain sans fatiguer la mère.

Par exemple, chez une jument qui montrait peu de ventre jusqu’à présent, un grossissement soudain doit susciter de la vigilance : cela peut signifier à la fois une bonne croissance du poulain, mais aussi, dans de rares cas, des problèmes de liquide amniotique ou d’œdème.

À ce stade, il faut aussi préparer l’environnement pour le poulinage : vérifier le box, prévoir une surveillance plus rapprochée la nuit dès la 10e mois, organiser une trousse de première urgence vétérinaire et rester en contact régulier avec son praticien.

Le poulinage : l’aboutissement de la gestation

La gestation s’achève par le poulinage, une étape brève mais cruciale. La plupart des juments préfèrent pouliner la nuit, au calme.

Quelques signes annonciateurs peuvent alerter : croupes qui s’assouplissent, mamelles pleines de colostrum, perte du bouchon muqueux, agitation inhabituelle.

Le travail comprend trois phases : la dilatation (lorsque la jument prépare son col), l’expulsion (lorsque le poulain sort, souvent en moins de 30 minutes), puis la délivrance (expulsion du placenta).

Une surveillance discrète mais attentive reste la meilleure alliée du cavalier pour détecter rapidement un problème (travail qui ne progresse pas, positions anormales, absence de délivrance après deux heures…).

Un exemple concret : une jument dont la poche amniotique perce mais chez qui rien ne se passe dans les dix minutes doit être assistée ou au moins surveillée très attentivement, car la vie du poulain peut être en jeu.

Après le poulinage, la jument demandera repos et douceur, tandis que le poulain devra rapidement se lever et téter afin de recevoir le précieux colostrum, source de ses premières défenses immunitaires : c’est une nouvelle aventure qui démarre !

Suivi de gestation : examens, alimentation et vigilance au quotidien

Les examens vétérinaires à programmer

Un suivi vétérinaire régulier est crucial dès la confirmation de gestation et jusqu’au poulinage. Cela permet de détecter rapidement toute anomalie ou complication, et d’accompagner le bon déroulement de la grossesse.

Le premier examen a généralement lieu vers le 15e à 18e jour après la saillie, grâce à une échographie.

Cet examen permet de confirmer la gestation, de repérer une éventuelle gestation gémellaire (souvent problématique chez la jument) et d’évaluer la viabilité de l’embryon.

Un deuxième contrôle par échographie ou palpation rectale est conseillé vers 30 à 35 jours.

À ce stade, le vétérinaire peut affiner le diagnostic, suivre l’évolution de l’embryon et réagir si nécessaire, par exemple en cas de résorption ou d’arrêt de développement.

Ensuite, un examen de routine est recommandé entre le 4e et le 7e mois pour vérifier la croissance du fœtus. Cet examen s’avère utile pour s’assurer de l’absence d’infection utérine, de mauvaise position ou de signes de retard de croissance.

Enfin, à l’approche du terme, un contrôle général de la jument et un échange avec le vétérinaire sont conseillés : cela permet d’organiser au mieux la surveillance du poulinage et d’anticiper toute intervention.

Par expérience, une jument ayant déjà connu des complications lors d’une précédente gestation doit faire l’objet d’une surveillance accrue, parfois avec des bilans sanguins réguliers pour suivre son état général.

Adapter l’alimentation au fil de la gestation

Les besoins alimentaires de la jument gestante évoluent selon les stades de la grossesse. Une alimentation équilibrée est garante de la santé de la mère, mais aussi du bon développement du poulain.

Durant les premiers mois, il n’est pas nécessaire d’augmenter sensiblement la ration. Il s’agit avant tout d’apporter un fourrage de qualité, toujours à volonté, accompagné d’un accès libre à l’eau fraîche et à un bloc de sel ou de minéraux.

À partir du 7e mois de gestation, les besoins énergétiques et protéiques s’intensifient : le fœtus grandit alors très rapidement.

C’est le moment de compléter l’alimentation avec un concentré spécial juments gestantes ou une complémentation adaptée, tout en maintenant l’importance du fourrage grossier.

Veillez tout particulièrement à l’apport en calcium, phosphore et oligoéléments (cuivre, zinc, iode, sélénium).

Par exemple, une carence en sélénium peut impacter la vigueur du poulain à la naissance.

De nombreux accidents pourraient être évités grâce à un bilan alimentaire réalisé par un expert ou à l’aide de son vétérinaire.

Attention toutefois à ne pas suralimenter la jument : un excès d’énergie favoriserait l’obésité, source de complications lors du poulinage, et pourrait entraîner un surpoids du poulain.

Un exemple concret : une jument de sport en pleine forme peut continuer à sortir au paddock et à bénéficier d’une activité modérée tout en recevant un régime alimentaire équilibré, adapté à sa morphologie et à l’avancement de sa gestation.

Vigilance au quotidien : les signes à surveiller

Observer chaque jour sa jument avec attention aide à détecter précocement les signes avant-coureurs d’un souci. Cela permet d’agir vite, en lien avec le vétérinaire, et d’éviter de nombreuses complications.

Surveillez l’appétit de la jument, sa vitalité, la qualité de ses crottins, la couleur de ses muqueuses, l’état de ses membres et la présence ou non d’œdème sous le ventre ou autour des membres.

Un changement brutal d’attitude, un abattement, une boiterie, une fièvre ou des sécrétions vulvaires anormales (purulentes, sanguinolentes) sont des signaux d’alerte à ne jamais négliger.

Par exemple, une baisse soudaine d’appétit, accompagnée d’une posture crispée ou d’un ventre plus tendu que d’habitude, peut signaler un début d’avortement ou un trouble digestif sérieux.

Vérifiez aussi, à partir du 9e mois, le développement de la mamelle : une montée de lait trop précoce peut traduire un problème de santé fœtale ou maternelle.

À l’inverse, une absence totale de développement mammaire à l’approche du terme doit faire l’objet d’une surveillance rapprochée.

Le pansage régulier est par ailleurs une occasion privilégiée de vérifier l’absence de blessure ou d’irritation, de maintenir le lien avec la jument et de noter les éventuelles évolutions morphologiques.

Hygiène de vie et environnement préservé

Une jument gestante a besoin de calme, de régularité et d’un environnement sûr.

Limitez au maximum les changements de troupeau, de pâture ou de rythme de vie : la stabilité est rassurante pour la future mère et réduit le risque de stress, facteur connu d’avortement précoce.

Privilégiez un hébergement spacieux et bien paillé, idéalement dans une stabulation ou un pré sécurisé qui permet à la jument de circuler librement, tout en évitant les contacts directs avec des chevaux nouveaux ou potentiellement porteurs de maladies.

N’hésitez pas à continuer à sortir la jument tous les jours, à son rythme, en évitant les exercices intenses et les manipulations brusques.

Un exercice doux, adapté à son tempérament et à son avancée de gestation, favorise une bonne circulation sanguine et un mental serein.

Veillez enfin à la protection contre les parasites internes et externes, en respectant scrupuleusement le protocole vermifuge et les vaccinations recommandées par le vétérinaire.

Cela protège la mère, et indirectement le poulain, de nombreuses infections potentiellement graves.

Conseils pratiques pour accompagner une jument gestante

Offrir un environnement stable et sécurisé

La jument gestante est sensible au moindre changement. Un environnement stable, calme et familier diminue considérablement les risques de stress, un facteur reconnu d’avortement, surtout durant le premier trimestre et les dernières semaines.

Par exemple, évitez autant que possible de déplacer la jument dans des lieux inconnus ou de lui faire changer de troupeau pendant la gestation.

Même un simple changement de box ou de compagnon peut, chez certaines femelles anxieuses, entraîner une perte d’appétit ou des troubles du comportement.

Assurez-vous aussi que le lieu de vie soit bien clôturé, propre et dégagé de tout objet coupant ou dangereux. Cela limite les risques de blessures, particulièrement lorsque la jument commence à avoir moins d’agilité à cause de son ventre arrondi.

Un box spacieux ou un abri dans le pré, paillé généreusement, est essentiel pour lui garantir du confort lors de ses longues périodes de repos.

Maintenir une routine douce et rassurante

Comme tous les chevaux, la jument enceinte apprécie la régularité : des horaires fixes pour les repas, le pansage ou la sortie au paddock l’aident à se sentir sereine et en confiance.

Caressez-la, parlez-lui calmement, et prenez le temps chaque jour de la panser en douceur. Ce rituel quotidien permet non seulement de renforcer le lien affectif, mais aussi de repérer tôt tout signe de problème (œdèmes, coliques, plaies…).

Si habituée au travail, laissez-la bouger à son rythme, en privilégiant la marche ou une activité très modérée.

Une jument habituée à sortir continuera de bénéficier d’un moral stable et d’une bonne circulation sanguine, essentielle au développement du poulain.

Par exemple, une balade en main ou au pas en carrière reste possible jusqu’au huitième mois, si la jument le souhaite et montre du confort.

Anticiper le poulinage dès le 10e mois

La préparation pratique au poulinage commence bien avant les signes imminents. Préparez le box de mise bas ou la zone de poulinage en veillant à ce qu’elle soit spacieuse, propre, lumineuse et facile d’accès.

Installez-y une litière épaisse pour éviter tout risque d’écorchures au poulain à la naissance, et vérifiez la solidité des parois.

Rassemblez un “kit poulinage” comprenant : serviettes propres, désinfectant, thermomètre, ficelle propre pour le cordon ombilical, lampe torche, et le numéro d’urgence de votre vétérinaire affiché en grand.

Avoir tout sous la main limite le stress si le poulinage survient la nuit ou plus tôt que prévu.

Si possible, équipez l’écurie d’un système de surveillance vidéo ou arrangez-vous pour observer la jument à distance lors des derniers jours : cela permet de détecter discrètement les débuts du travail sans la déranger.

Favoriser la gestion du stress et des émotions

La gestion émotionnelle de la jument gestante influe directement sur sa santé et celle du poulain. Certaines juments deviennent plus câlines ou, au contraire, recherchent davantage de solitude : respectez son humeur du moment.

Évitez les comportements anxiogènes autour d’elle : cris, allées et venues agitées, manipulation brusque ou présence de personnes inconnues dans son espace.

Si votre jument est sujette au stress, pensez à des aides naturelles validées par le vétérinaire (fleurs de Bach, magnésium, huiles essentielles adaptées) pour l’accompagner sereinement.

Dans tous les cas, la bienveillance et la patience restent vos meilleurs alliés.

Gérer les soins courants avec vigilance

Continuez d’assurer les soins de base : parage régulier (pied équilibré indispensable pour le poids supplémentaire), vermifuge selon le protocole vétérinaire, vaccination à jour (notamment grippe et tétanos).

N’oubliez pas le contrôle des dents, car une dentition douloureuse peut entraîner une baisse d’appétit, risquée lors du dernier trimestre.

Lorsque vous administrez un produit ou modifiez l’alimentation, faites-le toujours progressivement et sous contrôle vétérinaire, car la gestation rend la jument plus sensible aux troubles digestifs.

Par exemple, certains vermifuges ne sont pas adaptés aux juments gestantes : demandez systématiquement conseil avant tout traitement.

FAQ – Tout savoir sur la gestation de la jument

À quel moment faut-il consulter le vétérinaire pendant la gestation ?

Idéalement, un premier examen vétérinaire est conseillé 14 à 18 jours après la saillie pour confirmer la gestation.
Ensuite, prévoyez plusieurs contrôles pendant la gestation pour suivre le développement du poulain et l’état général de la jument, notamment vers 40 jours, 3 mois, puis à l’approche du poulinage.

Quels signes peuvent indiquer un problème durant la gestation ?

Si la jument montre une baisse d’appétit, des coliques, une modification anormale du comportement ou des pertes vaginales, contactez rapidement votre vétérinaire.
Mieux vaut agir dès l’apparition de symptômes pour protéger la jument et le futur poulain.

Ma jument peut-elle continuer à travailler pendant sa gestation ?

Oui, la plupart des juments peuvent être montées ou travaillées modérément pendant la première partie de la gestation, surtout si elles étaient déjà actives auparavant.
Néanmoins, réduisez l’intensité et adaptez le rythme à mesure que la gestation avance, notamment à partir du 7ᵉ mois.

A-t-on besoin de changer l’alimentation de la jument gestante ?

L’alimentation doit être équilibrée mais elle n’a généralement pas besoin d’être très différente au début.
Les besoins nutritionnels augmentent surtout au dernier trimestre, où il faut enrichir les apports en protéines, minéraux et vitamines.

Un poulinage peut-il avoir lieu la nuit ?

Oui, la majorité des poulinages se produisent de nuit ou tôt le matin, lorsque la jument est au calme.
Restez vigilant et préparez l’environnement à l’avance pour la sécurité de la mère et du poulain.

Peut-on laisser une jument gestante au pré ?

Bien sûr, tant que le pré est sécurisé (clôtures adaptées, absence de plantes toxiques) et que la jument dispose d’abri, d’eau et de nourriture en quantité suffisante.
Le mouvement et la vie au pré favorisent une bonne gestation et limitent le stress.

Quand séparer la jument gestante de ses congénères ?

Ce n’est pas obligatoire, mais il est judicieux de l’isoler (ou de la placer avec des compagnons calmes) quelques jours avant le terme pour éviter tout risque de blessure ou de dérangement lors du poulinage.
Après la naissance, elle peut rapidement retrouver le troupeau avec son poulain sous surveillance.

Combien de temps dure le congé maternité d’une jument en club ou en écurie de propriétaires ?

Il n’existe pas de durée officielle, mais il est recommandé d’arrêter tout travail monté ou intense au moins un mois avant la date prévue du poulinage.
Après la mise-bas, laissez la jument récupérer et privilégiez le repos pendant quelques semaines avant une reprise progressive de l’activité.

En conclusion

Portée par la science et l’expérience, la gestation de la jument se distingue par sa durée d’environ 11 mois, jalonnée d’étapes clés qui commencent dès la saillie et culminent avec le poulinage.

Un suivi attentif (incluant examens vétérinaires, adaptation de l’alimentation et surveillance du bien-être) s’impose tout au long de cette période unique.

Avec des conseils pratiques adaptés, chaque cavalier ou propriétaire possède ainsi les bases essentielles pour accompagner sa jument gestante jusqu’à la naissance du poulain en toute sérénité.

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