Le haras du Bois Margot annonce le décès de Cap Kennedy, étalon Holsteiner de 23 ans, survenu le 11 mars 2026.
Père de 630 poulains dont Dallas Vegas Batilly, médaillée d’or olympique à Paris 2024, ce reproducteur d’exception laisse un héritage majeur dans l’élevage français.
Son départ paisible marque la fin d’une carrière exemplaire de près de deux décennies.
Cap Kennedy incarne la réussite d’un étalon bâtie sur la constance plutôt que sur la mode. Importé du Holstein et approuvé à la Körung en 2006, il a connu une carrière sportive modeste (ISO 137) avant de s’illustrer à l’élevage.
Entre 2007 et 2025, l’IFCE recense 1.276 saillies pour 630 poulains nés, dont huit produits indicés à 140 et plus.
Sa fille Dallas Vegas Batilly (ISO 174) est devenue l’une des meilleures juments du monde, prouvant la qualité de sa génétique transmise avec régularité.
Le haras du Bois Margot a annoncé le 11 mars 2026 le décès de Cap Kennedy, l’un de ses étalons les plus demandés. Cet étalon Holsteiner gris, fils de Cassini II, s’est éteint à l’âge de 23 ans.
Reproducteur d’exception, Cap Kennedy laisse un héritage exceptionnel dans l’élevage équestre français.
Il est notamment le père de Dallas Vegas Batilly, championne olympique par équipes aux Jeux olympiques de Paris 2024 avec la Grande-Bretagne.
Un étalon Holsteiner au parcours sportif modeste
Importé jeune du Holstein en France, Cap Kennedy a été présenté à la Körung du Holstein en 2006, alors qu’il n’avait que deux ans.
Selon Lætitia Viollet, copropriétaire du haras du Bois Margot, il avait déjà subjugué les experts : « Il avait deux ans et sautait comme un avion ».
Sa carrière sportive est restée modeste. Formé par plusieurs cavaliers dont Timothée Anciaume, Marc Dilasser, Guillaume Batillat, Soline Willemann Aubry et Simon Delestre, Cap Kennedy a atteint son meilleur niveau en juillet 2012 à Lure, avec un classement à 1,45m. Son ISO maximal s’est établi à 137.
Une carrière d’élevage exceptionnelle : 630 poulains en 18 ans
C’est à l’élevage que Cap Kennedy s’est véritablement illustré. Entre 2007 et 2025, l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) a enregistré 1.276 saillies pour un total de 630 poulains nés entre 2008 et 2025. Un bilan impressionnant qui témoigne de la constance de ce reproducteur.
Parmi ses 496 produits âgés de six ans et plus en 2025, huit ont été indicés à 140 et plus :
- Jaguar du Gautray (ISO 144)
- Calypso du Léon (ISO 144)
- Utopia d’Étrez (ISO 144)
- Unna de Kerglenn (ISO 155), montée par Kevin Staut
- Cap Libellule (ISO 159), montée par Jean-François Filatriau
- Dallas Vegas Batilly (ISO 174)
Ces chiffres placent Cap Kennedy parmi les reproducteurs les plus influents de France, confirmant la qualité de sa génétique.
Dallas Vegas Batilly : quand la fille surpasse le père
Dallas Vegas Batilly est sans conteste la fille la plus prestigieuse de Cap Kennedy. Née chez Jean-Claude Viollet, père de Lætitia, cette jument exceptionnelle a été formée par plusieurs cavaliers avant d’être vendue au cavalier britannique Ben Maher.
Son palmarès est éloquent :
- Médaille d’or olympique par équipes aux Jeux de Paris 2024 avec la Grande-Bretagne
- Médaille d’argent aux championnats d’Europe de La Corogne en 2024
- Victoire au Grand Prix Rolex du CSIO 5* de Belgique en 2023
- Victoire au Grand Prix Coupe du monde Longines de Vérone en 2023
- 38 épreuves à 1,60m et plus disputées
- Six sélections en Coupe des nations 5*
Avec un ISO de 174 en 2024, Dallas Vegas Batilly figure parmi les meilleures juments du monde. Son succès a d’ailleurs relancé la demande pour les saillies de son père.
Un caractère exceptionnel transmis à ses produits
Au-delà des performances sportives, Cap Kennedy a marqué l’élevage par son caractère remarquable.
Dans son hommage, Lætitia Viollet souligne : « Ton caractère est resté immuable jusqu’à ton dernier souffle : toujours de bonne humeur, toujours studieux, toujours généreux à l’obstacle, toujours connecté aux humains qui t’ont monté et entouré. »
Ces qualités se sont transmises à ses produits. Selon la copropriétaire du haras : « D’une manière générale, ses produits ont hérité de ses qualités à l’obstacle, de sa douceur et de son envie de bien faire. On en trouve des compétitifs dans le monde entier. »
Cette fidélité des éleveurs témoigne de la confiance accordée à cet étalon Holsteiner. Certains lui sont restés très fidèles au fil des années, reconnaissant la constance de sa production.
Un départ paisible au paddock
Cap Kennedy s’est éteint le 11 mars 2026 lors d’une sortie au paddock. Selon Lætitia Viollet, il est parti sans souffrir : « Il nous a quittés sans souffrir, ce qu’on pourrait souhaiter à tout être. »
Dans son hommage émouvant, elle conclut : « Merci Cap de nous avoir légué Dallas Vegas Batilly. Ta fille est tout simplement l’une des meilleures juments du monde.
Voici encore un signe de ta générosité. Tu es la preuve que l’élevage n’est pas une affaire de mode, mais de constance et de persévérance, de convictions. »
Cette philosophie résume parfaitement l’héritage de Cap Kennedy : un reproducteur qui a bâti sa réputation sur la durée, la régularité et la qualité constante de ses produits, plutôt que sur les effets de mode.
Un héritage durable pour l’élevage français
Le décès de Cap Kennedy marque la fin d’une ère pour le haras du Bois Margot et l’élevage équestre français.
Avec 630 poulains nés en près de deux décennies, dont plusieurs champions internationaux, cet étalon laisse une empreinte génétique considérable.
Ses produits continuent de briller sur les terrains du monde entier, de l’Europe à l’Amérique, perpétuant les qualités qui ont fait sa renommée : générosité, douceur et talent à l’obstacle.
Dallas Vegas Batilly, médaillée olympique, incarne à elle seule la réussite de cette lignée.
Cap Kennedy restera dans les mémoires comme la preuve vivante qu’en élevage, la persévérance et les convictions l’emportent sur les tendances éphémères.