Passage clé dans la formation équestre française, le Galop 5 attire chaque année un grand nombre de cavaliers prêts à approfondir leurs connaissances et à développer leur autonomie.
Pour l’année 2022, la Fédération Française d’Équitation a recensé plus de 44 000 passages d’examens du Galop 5, selon le rapport officiel de la FFE.
Présentation générale du Galop 5
Le Galop 5 marque une étape clé dans le parcours de formation des cavaliers en France. Il représente le niveau où l’on passe d’un cavalier confirmé à un cavalier autonome, capable de gérer à la fois le travail du cheval monté et à pied, dans des situations variées.
Qu’est-ce que le Galop 5 ?
Le Galop 5 fait partie de la série des « Galops », qui sont des examens officiels validant la progression des cavaliers, du niveau débutant (Galop 1) au niveau de compétition (jusqu’au Galop 7 et au-delà).
À ce stade, il ne s’agit plus seulement de pratiquer l’équitation en autonomie. Le Galop 5 atteste que le cavalier a acquis une bonne expérience, une maîtrise technique solide et une vraie compréhension du cheval.
Par exemple, un cavalier Galop 5 est déjà capable de préparer son cheval seul pour une séance, de le monter dans des allures variées, de réaliser des exercices plus complexes comme des transitions rapprochées ou des parcours d’obstacles modérés.
À qui s’adresse cet examen ?
Le Galop 5 s’adresse à tout cavalier désirant progresser, quel que soit son âge. On le présente souvent après quelques années de pratique régulière, généralement à partir de 12 ans, mais il n’existe pas de limite.
C’est par exemple un passage obligé pour accéder à certaines compétitions Club, ou pour encadrer à terme des activités équestres.
Il est aussi essentiel pour qui souhaite sortir en extérieur de façon encadrée, ou s’engager dans la préparation des niveaux supérieurs.
Objectifs et compétences à acquérir
Maîtriser les trois allures et leur enchaînement
Au Galop 5, le cavalier doit être parfaitement à l’aise aux trois allures : pas, trot, galop. Il doit savoir enchaîner transitions ascendantes et descendantes, isoler chaque allure, mais aussi les enchaîner de façon fluide, sur des figures précises (voltes, cercles, diagonales).
Cette compétence est cruciale, car un bon contrôle des allures permet de s’adapter à chaque exercice et d’avoir un cheval équilibré.
Savoir aborder et franchir des obstacles
Le Galop 5 atteste que le cavalier est capable d’aborder seul un parcours d’obstacles simples : enchaînement de verticales et d’oxers à hauteur modérée (environ 70-80 cm), gérer l’abord, la trajectoire et la réception.
Savoir doser sa vitesse, garder une bonne position en selle et s’ajuster si le cheval hésite, fait partie des attentes à ce niveau. Cette maîtrise est indispensable pour garantir la sécurité du couple cheval-cavalier, et progresser vers une équitation sportive.
Exemple : sur un double d’obstacles, le cavalier doit anticiper la foulée de son cheval et adapter sa position pour l’aider à franchir les deux sauts successifs sans rupture de rythme.
Travailler son autonomie dans la préparation du cheval
Une compétence centrale du Galop 5 est la gestion autonome de la préparation du cheval : pansage complet, équipement, réglage de la selle et du filet, vérification du matériel de sécurité.
Cela implique de savoir repérer un cheval fatigué, vérifier ses pieds, ajuster les enrênements et veiller au confort de l’animal avant et après la séance.
Cette autonomie permet d’assurer le bien-être du cheval et de prévenir d’éventuels accidents ou blessures, deux points particulièrement importants pour progresser sereinement en équitation.
Sens de l’observation et analyse des situations
À ce niveau, le cavalier doit développer son sens de l’observation : repérer une gêne, un changement d’attitude ou d’allure chez le cheval, mais aussi reconnaître la fatigue ou les débuts de boiterie.
Cette compétence est essentielle pour adapter immédiatement sa pratique et éviter des accidents ou des blessures à sa monture.
Comprendre les notions fondamentales de l’équitation
Le Galop 5 exige que le cavalier maîtrise les bases théoriques de l’équitation : règles de sécurité, connaissance des aides, principales allures, mécanismes de l’équilibre du cheval.
Il doit également intégrer les premiers éléments sur le travail sur le plat : incurvation, impulsion, rectitude, et comprendre en quoi ces notions influencent la progression du cheval.
Développer une relation de respect et de confiance avec le cheval
Enfin, le Galop 5 n’est pas qu’une question de techniques : il demande au cavalier de faire preuve d’écoute, de respect, et d’adaptabilité vis-à-vis de chaque cheval rencontré.
Savoir s’adapter à un cheval différent, prendre en compte ses réactions, gérer son stress ou ses peurs, fait partie intégrante des compétences requises pour aborder sereinement la suite de sa progression équestre.
Le programme officiel : théorie
1. Connaissances générales sur le cheval
Le cavalier doit pouvoir identifier et nommer précisément les différentes parties du corps du cheval (tête, encolure, membres, dos, garrot, croupe, etc.), ainsi que leurs fonctions principales.
Comprendre l’anatomie de base du cheval aide à repérer rapidement une gêne, une blessure ou une zone sensible.
Par exemple, savoir localiser le garrot permet d’ajuster correctement la selle et d’éviter les blessures de pression.
Sont également attendues des notions sur la locomotion du cheval, les allures naturelles et les mécanismes de base (impulsion, équilibre, incurvation).
2. Éthologie et comportement équin
L’examen théorique demande de connaître les attitudes naturelles du cheval, ses modes de communication et quelques bases sur son comportement (prédateur/proie, vie en troupeau, hiérarchie, signaux d’apaisement).
Ce savoir permet de mieux anticiper les réactions du cheval et d’adapter son comportement pour travailler dans la confiance et la sécurité.
3. Règles de sécurité et conduite à pied
Le Galop 5 demande d’apprendre et de maîtriser les règles de sécurité en club, à l’écurie et sur les terrains de travail.
Cela inclut le déplacement à pied avec un cheval, le passage de portes, la manipulation dans le box, et la préparation à la mise en selle.
Ces règles garantissent la sécurité du cavalier, des autres cavaliers et du cheval lui-même.
Par exemple, savoir toujours marcher du côté gauche du cheval (côté « main ») lors des déplacements, ou vérifier l’absence d’obstacles avant d’ouvrir une porte de box.
On attend aussi la capacité à identifier les dangers potentiels pour le cheval : clôtures défectueuses, matériel au sol, aliments inadaptés, etc.
4. Harnachement et équipement
Le candidat doit reconnaître, nommer et expliquer l’usage des principaux éléments du harnachement : filet, selle, tapis, étrivières, protections, enrênements de base.
Il s’agit de comprendre pourquoi et comment chaque élément est ajusté, afin d’assurer à la fois la sécurité, le confort et la bonne communication avec le cheval.
5. Alimentation et soins courants
Le Galop 5 exige de connaître les bases de l’alimentation du cheval : besoins nutritionnels, types d’aliments (foin, granulés, eau, compléments), ainsi que les erreurs à éviter (surplus de grains, accès aux plantes toxiques).
Savoir expliquer pourquoi il est important de distribuer le foin avant les concentrés ou de ne jamais donner à manger à un cheval mouillé aide à garantir sa santé au quotidien.
Le cavalier doit également être capable de décrire les gestes de soins courants comme le curage des pieds, l’entretien du matériel, le contrôle de l’état général du cheval, et les premiers gestes d’urgence simple (par exemple : savoir reconnaître une colique).
6. Les bases du travail sur le plat et à l’obstacle
Dans la partie théorique, le Galop 5 aborde les notions fondamentales de l’équitation : incurvation, impulsion, rectitude, équilibre du cavalier et du cheval. Savoir définir ces termes, les illustrer ou décrire leur utilité dans le travail est attendu.
Pourquoi est-ce crucial ? Parce qu’un cavalier qui comprend la mécanique du mouvement sera plus à même d’améliorer la performance du couple et d’intervenir rapidement en cas de difficulté lors d’un exercice.
Exemple : expliquer en quoi la rectitude favorise le saut d’un obstacle droit, ou pourquoi l’impulsion est indispensable pour franchir une ligne de barres au sol.
7. Réglementation sportive et vie d’écurie
Le cavalier doit avoir des notions de base sur la réglementation des compétitions (catégories, tenues, disciplines), et sur l’organisation d’une écurie (règles de vie collective, respect du matériel commun).
Cela développe le sens des responsabilités et prépare à l’autonomie sur les terrains de compétition ou au sein d’un groupe, indispensables pour progresser en toute sécurité.

Le programme officiel : pratiques équestres
La partie pratique de l’examen Galop 5 évalue la capacité du cavalier à mettre en œuvre, au quotidien et lors de la séance, toutes les compétences développées jusqu’ici.
L’accent est mis sur l’autonomie, la précision et l’adaptabilité à cheval mais aussi à pied, dans le respect du bien-être animal et des règles de sécurité. Voici ce qu’il faut maîtriser et ce qui sera observé lors de l’épreuve pratique.
Préparation complète du cheval et autonomie en écurie
Le candidat doit montrer qu’il prépare seul son cheval : pansage dans les règles, vérification de l’état général, curage des pieds et harnachement adapté.
Cela implique de savoir reconnaître un cheval prêt pour la séance (propreté, absence de blessure, matériel bien ajusté) et d’anticiper ses besoins spécifiques (protection des membres, réglage de la muserolle, éventuels enrênements).
Pourquoi ? Parce que plus personne ne vous « tient la main » à ce niveau : c’est votre responsabilité de garantir à votre cheval confort et sécurité, étape essentielle vers l’autonomie.
Conduite à pied : sécurité et maîtrise
La sortie du box, la marche en main jusqu’à la carrière, la manipulation aux abords de l’écurie font partie de l’examen.
Vous devez démontrer votre capacité à faire marcher le cheval à côté de vous (toujours du côté gauche), à s’arrêter net, à faire demi-tour, à circuler dans un espace partagé sans bousculer ni être bousculé.
On évalue ici votre vigilance : maîtriser un cheval un peu vif ou canaliser un cheval distrait, tout en restant calme et attentif, prouve votre maturité équestre.
Exemple concret : si, en passant près d’une bâche ou de bruits inhabituels, votre cheval hésite ou sursaute, vous devez être capable de le rassurer, ajuster votre position, éviter une fuite tout en gardant le contrôle.
Dressage : figures imposées et gestion des allures
En selle, vous serez amené à réaliser un enchaînement précis d’exercices sur le plat, souvent appelé « reprise de dressage » du Galop 5.
Sont attendues : des transitions nettes (pas, trot, galop et inversement), l’enchaînement de figures (voltes, diagonales, serpentines), la conduite sur la bonne position (assis, en suspension, équilibre en selle).
La régularité, la rectitude et l’incurvation adéquate lors des cercles et des changements de direction sont fondamentales : il ne suffit plus de « faire passer » le cheval, il faut le faire dans le rythme, avec précision et sur la bonne attitude.
Pourquoi est-ce important ? Une bonne exécution des exercices montre que vous comprenez le fonctionnement du cheval, que vous savez adapter vos aides et que vous êtes capable de préserver l’équilibre et la détente de votre monture.
Saut d’obstacles : abord, enchaînements et sécurité
Le parcours d’obstacles du Galop 5 se compose de 4 à 6 obstacles : verticales et oxers, à une hauteur de 70 à 80 cm environ.
L’examinateur attend de vous une approche maîtrisée, un rythme régulier, le respect des pistes et une position adaptée sur chaque saut.
On vérifie votre capacité à calculer vos foulées à l’abord, à enchaîner des sauts rapprochés (doubles), et à reprendre (ou étendre) le galop si besoin entre deux obstacles.
Cette maîtrise n’est pas que sportive : elle garantit la sécurité du couple et développe la confiance du cheval envers son cavalier.
Travail sur le plat avec variations d’attitude
Une compétence essentielle est la capacité à demander au cheval des variations d’attitude : extension d’encolure, cheval placé, relâchement de la nuque, tout en préservant l’impulsion et la rectitude.
L’examinateur cherche à voir si, par un jeu subtil de mains et de jambes, vous obtenez un cheval détendu mais attentif, capable de se détendre ou de se remonter à la demande.
Contrôle des transitions et précision des arrêts
Un point souvent discriminant lors de l’examen : la maîtrise des transitions rapprochées et la capacité à s’arrêter net, droit et sans heurt à chaque allure.
Vous devrez être capable de passer du galop au pas, du pas au trot, puis à l’arrêt, de façon progressive mais sans tirer, pour ne jamais casser l’équilibre du cheval.
Cela s’observe par exemple à la fin d’une figure ou lors de l’arrêt du parcours de saut : votre monture s’arrête carrément, reste droite, attentive, et repart dans le calme à la demande.
Pourquoi ? C’est le signe que vous contrôlez non seulement l’allure du cheval, mais aussi son mental et son énergie, preuve d’une équitation maîtrisée.
Maniabilité et travail sur le contrôle latéral
Le Galop 5 exige la réalisation de déplacements latéraux simples : épaule en dedans, cessions à la jambe sur quelques foulées, déplacements sur la diagonale.
Ce type d’exercice montre que vous apprenez à « bouger » les différentes parties du cheval indépendamment (hanches, épaules), et à utiliser efficacement vos aides.
Exemple : lors d’une cession à la jambe au trot, la monture doit croiser les membres et avancer sur une ligne droite oblique, dans la décontraction.
Pourquoi est-ce attendu ? Parce qu’un cheval souple et mobile latéralement est plus facile à équilibrer, à monter en sécurité en extérieur, et mieux préparé au travail de niveau supérieur.
Déplacements en extérieur : autonomie et vigilance
Le travail en extérieur fait aussi partie de la pratique du Galop 5 : balade, passage de petits obstacles naturels (type tronc, fossé) et gestion de la monture dans des environnements variés.
Vous devez faire preuve d’initiative : adapter votre allure selon le terrain, garder vos distances, anticiper les réactions du cheval face à un bruit, un animal ou une pente abrupte.
Ce type d’expérience est fondamental pour préparer les futures sorties et garantir la sérénité du couple lors de randonnées ou de compétitions en extérieur.
Soins après la séance et rangement du matériel
L’épreuve pratique ne s’arrête pas à la descente de cheval. Vous devez montrer que vous savez desseller, effectuer un pansage de récupération, vérifier l’absence de blessures, curer à nouveau les pieds, placer le cheval à l’attache ou au box dans le calme.
Vous devrez également nettoyer et ranger tout le matériel utilisé, repérer un équipement abîmé ou à signaler, et veiller à la sécurité de l’aire de pansage.
Pourquoi cette exigence ? Car prendre soin de son cheval et respecter le matériel sont des valeurs centrales de l’équitation : c’est le signe d’un vrai cavalier, attentif jusqu’au bout à la santé et au bien-être de son partenaire.

FAQ sur le Galop 5 : Vos questions les plus fréquentes
Quelles sont les différences entre le Galop 4 et le Galop 5 ?
Le Galop 5 exige une autonomie accrue, tant à cheval qu’au niveau des soins et de la gestion du cheval, par rapport au Galop 4.
Les figures et exercices sont plus techniques, et il faut démontrer une certaine finesse et compréhension globale des aides.
Quel est l’âge minimum pour passer le Galop 5 ?
Il n’y a pas d’âge officiel, mais il est recommandé d’avoir le niveau physique et mental nécessaire pour assimiler la théorie et la pratique demandées.
En pratique, la plupart des cavaliers ont entre 12 et 16 ans lorsqu’ils passent le Galop 5, mais ce n’est pas une règle.
Faut-il avoir obligatoirement validé son Galop 4 avant ?
Oui, il est nécessaire de posséder le Galop 4 pour se présenter à l’examen du Galop 5.
Cela garantit que toutes les bases préalables sont maîtrisées.
Combien de temps faut-il prévoir pour se préparer au Galop 5 ?
La durée dépend de la fréquence de vos cours, de votre aisance à cheval et de votre assiduité sur la théorie.
En moyenne, il faut compter entre 1 et 2 ans après le Galop 4 pour être prêt.
Puis-je passer mon Galop 5 en club hippique différent de celui où je monte habituellement ?
Oui, tant que le centre est affilié à la FFE et habilité à organiser l’examen.
Assurez-vous simplement que votre dossier FFE est à jour et auprès de votre club actuel.
Qui corrige et valide l’examen du Galop 5 ?
L’examen est organisé et corrigé par un moniteur diplômé d’État, accrédité par la fédération.
Il ou elle évalue aussi bien la partie pratique que théorique.
Quels sont les points éliminatoires lors de l’examen ?
Un comportement dangereux, un non-respect des règles de sécurité ou un manque trop important de maîtrise du cheval peuvent entraîner un refus d’obtention.
Il ne suffit pas de réussir quelques exercices, les compétences doivent être globales et homogènes.
Si j’échoue à l’examen, puis-je le repasser rapidement ?
Oui, il est possible de se représenter à la session suivante organisée par votre club ou un autre centre équestre.
Profitez en pour travailler les points faibles relevés lors de l’épreuve.
Les exigences sont-elles les mêmes pour tous les styles d’équitation ?
La trame globale est identique (dressage, saut, cross, théorie), mais quelques ajustements existent entre équitation classique, western ou de pleine nature.
Renseignez-vous auprès de votre moniteur selon votre discipline de prédilection.
Est-ce qu’un Galop 5 est reconnu dans les autres centres équestres ?
Oui, le diplôme étant délivré par la Fédération Française d’Équitation, il est valable dans tout établissement affilié à la FFE.
Il est aussi reconnu lors de compétitions nationales ou pour louer un cheval en extérieur.
Conclusion
Le Galop 5 représente une étape déterminante dans la progression du cavalier, marquant l’acquisition de compétences avancées, à la fois pratiques et théoriques.
Dans cet article, nous avons présenté les enjeux de ce niveau, les objectifs fixés par la Fédération Française d’Équitation, les connaissances à maîtriser sur le papier comme en selle, ainsi que des conseils pragmatiques pour préparer et réussir l’examen en confiance.
En suivant le programme officiel et en s’appuyant sur une préparation structurée, chaque cavalier a toutes les clés pour aborder avec succès cette qualification.