Le surpoids chez le cheval est un enjeu de plus en plus fréquent dans nos écuries : selon une enquête menée par l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) en 2022, près d’un tiers des chevaux de loisirs en France présenterait une surcharge pondérale.
Cette tendance inquiétante peut avoir de lourdes conséquences sur la santé de nos compagnons, notamment une augmentation du risque de fourbure, de troubles articulaires ou encore de maladies métaboliques.
Face à ce constat, de nombreux propriétaires souhaitent aider leur cheval à retrouver une silhouette plus saine, mais attention, les bonnes intentions peuvent parfois se transformer en fausses bonnes idées !
Avant toute chose, il est essentiel de comprendre les facteurs qui favorisent la prise de poids. Il s’agit ensuite d’adopter des mesures adaptées et progressives, propices à un amaigrissement durable et au bien-être de l’animal.
Tout au long de cet article, nous reviendrons sur les raisons pour lesquelles un cheval peut devenir trop rond et sur les bases d’une gestion avisée de la perte de poids.
Nous aborderons surtout trois erreurs fréquentes à éviter : réduire drastiquement l’alimentation, négliger l’activité physique et oublier de consulter régulièrement un vétérinaire.
Comprendre les causes du surpoids chez le cheval
Avant d’entreprendre un programme de perte de poids pour votre cheval, il est essentiel de connaître les véritables raisons qui expliquent l’excès de kilos.
Un diagnostic précis permet d’agir de façon adaptée et d’éviter des erreurs qui pourraient nuire au bien-être de l’animal.
L’alimentation inadaptée : la première cause
Le surpoids résulte le plus souvent d’une alimentation trop riche en calories par rapport aux besoins du cheval. Cela peut venir d’un accès illimité à l’herbe tendre au printemps, de rations concentrées trop importantes ou d’un foin distribué à volonté sans suivi.
Par exemple, laisser un poney rustique pâturer librement dans une prairie fertilisée peut suffire à faire rapidement grimper l’aiguille de la balance.
Les fourrages jeunes, riches en sucres, ou les céréales données en trop grande quantité représentent aussi un excès calorique difficile à éliminer.
Il est important de comprendre que chaque cheval a des besoins nutritionnels différents selon son âge, son activité, sa race et son métabolisme. Une ration convenant à un cheval de sport peut être bien trop riche pour un shetland ou un cheval à la retraite.
L’insuffisance d’exercice
Le manque de mouvement est une autre raison fréquente du surpoids. Un cheval qui passe la majeure partie de son temps au box, ou qui sort en paddock sans stimulation, dépense peu d’énergie au quotidien.
Par exemple, un cheval d’école prisé pour sa gentillesse mais peu monté en dehors des cours collectifs risque vite de prendre de l’embonpoint.
Même une activité légère, comme la promenade ou le travail en longe, aide à limiter la prise de poids.
Encourager une activité régulière est crucial, car elle stimule le métabolisme et optimise l’utilisation de l’énergie apportée par l’alimentation.
Les prédispositions et facteurs individuels
Certains chevaux sont naturellement plus enclins à prendre du poids. Les races rustiques (poneys, chevaux de trait, ibériques…) disposent d’un métabolisme particulièrement économe : ils assimilent très bien les calories et stockent facilement les graisses.
L’âge influe aussi : un cheval vieillissant, moins actif, aura tendance à grossir si son alimentation n’est pas ajustée.
Les épisodes de quarantaine, d’arrêt pour blessure, ou de changement de mode de vie (passage du paddock au box, retraite…) peuvent également favoriser le surpoids.
Causes médicales sous-jacentes
Enfin, certaines pathologies endocriniennes ou métaboliques peuvent provoquer ou aggraver le surpoids chez le cheval, comme la maladie de Cushing ou la résistance à l’insuline.
Il ne faut donc pas systématiquement attribuer l’embonpoint à des excès alimentaires : un suivi vétérinaire est toujours conseillé en cas de prise de poids anormale, brutale ou inexpliquée.
Comprendre l’origine du surpoids permet de mettre en place des mesures adaptées et durables, et d’éviter les interventions inappropriées qui pourraient mettre la santé de votre cheval en danger.

Adopter une démarche saine et progressive pour la perte de poids
Faire maigrir un cheval demande patience, rigueur et une approche respectueuse de son bien-être. La perte de poids doit toujours se faire lentement pour préserver la santé aussi bien physique que mentale de l’animal.
Établir un plan personnalisé et progressif
Chaque cheval est unique : son âge, sa race, son métabolisme et ses habitudes de vie influencent sa capacité à perdre du poids.
Il est donc essentiel de bâtir un programme sur mesure, en tenant compte de ses besoins spécifiques, au lieu d’appliquer une solution universelle.
Par exemple, un réformé de course n’aura pas les mêmes besoins nutritionnels qu’un poney shetland à la retraite, tout comme un cheval atteint d’une pathologie métabolique devra avoir une prise en charge adaptée.
Mettre en place un plan progressif permet d’éviter les carences et les risques liés à une perte de poids trop rapide, tels que l’apparition de troubles digestifs, des déséquilibres métaboliques ou du stress.
Surveiller et ajuster l’alimentation avec précision
L’objectif n’est pas de priver brusquement le cheval, mais de réajuster progressivement la ration alimentaire pour couvrir juste ses besoins, sans excès.
Diminuer l’apport calorique se fait en réduisant d’abord les aliments concentrés (céréales, granulés…), puis en contrôlant l’accès à la pâture ou au foin riche en sucres.
Il est important de peser le foin quotidiennement et, si besoin, d’utiliser un filet à petites mailles pour ralentir l’ingestion et prolonger l’occupation. Cela limite la frustration, tout en favorisant une meilleure digestion.
Par exemple, remplacer le foin de première coupe très riche par un foin de deuxième coupe plus pauvre en énergie peut permettre de limiter la prise de poids tout en respectant le besoin naturel du cheval de mâcher et d’occuper son temps.
Maintenir une alimentation équilibrée et des apports essentiels
Réduire l’apport énergétique ne doit jamais signifier priver le cheval des nutriments indispensables à sa santé : minéraux, vitamines, oligo-éléments et protéines de qualité doivent être maintenus, même dans une ration hypocalorique.
Un complément minéral vitaminé adapté compensera les éventuelles carences liées à la diminution de la ration. Cela est particulièrement important chez le cheval au régime, dont les besoins en certains micronutriments demeurent élevés.
Encourager une activité physique adaptée et régulière
La pratique d’un exercice régulier, même modéré, est l’un des piliers de la perte de poids saine. L’activité stimule le métabolisme, aide à préserver la masse musculaire et contribue au bien-être psychique du cheval.
Pour un cheval peu entraîné ou en surpoids important, commencez par des séances courtes de marche en main, de longues rênes ou des balades tranquilles.
Puis augmentez progressivement la durée et l’intensité, selon les capacités du cheval et sous surveillance attentive.
Par exemple, un cheval rustique habitué à la vie au paddock pourra bénéficier de petites séances de longe, tandis qu’un cheval âgé profitera d’exercices doux, avec des pauses fréquentes.
Effectuer un suivi régulier et objectif des progrès
La progression doit être contrôlée grâce à des mesures régulières : pesée (ou estimation du poids à l’aide d’un ruban), palpation des zones de dépôt graisseux (en particulier la crête de l’encolure, les épaules, la croupe) et suivi des mensurations.
Tenir un carnet de suivi ou prendre des photos mensuelles permet de visualiser les évolutions et d’ajuster le plan si nécessaire. Cela évite de relâcher les efforts trop tôt, ou au contraire, d’aller trop vite.
Lorsque la perte de poids plateau, il peut suffire d’adapter légèrement le niveau d’exercice ou la ration pour relancer le processus sans mettre le cheval en difficulté.
Préserver le lien et le bien-être mental du cheval
Mettre un cheval au régime peut être frustrant pour lui, surtout s’il passe de longues heures sans occupation ou sans la compagnie de ses congénères.
Pour éviter le stress et les comportements indésirables (tic à l’appui, machouillement du bois…), il est important de proposer des enrichissements : foin fractionné en plusieurs repas, jeux alimentaires, ou accès à un paddock avec compagnons calmes.
Un cheval bien dans sa tête aura également de meilleures chances de réussir sa perte de poids dans la durée, sans développer de troubles du comportement liés à la frustration.
Erreur n°1 : Réduire drastiquement les rations alimentaires
Face à un cheval en surpoids, il peut être tentant de « serrer la vis » d’un coup et de couper fortement la quantité de nourriture, pensant accélérer la perte de kilos.
Pourtant, cette méthode, même si elle semble logique, peut s’avérer très dangereuse pour la santé de votre cheval.
Des risques graves pour la santé métabolique du cheval
Une restriction alimentaire brutale expose le cheval à un risque majeur : la lipidose hépatique, aussi appelée « maladie du foie gras ».
Quand il ne reçoit plus assez d’énergie, son organisme va mobiliser rapidement les réserves de graisses, que le foie n’est pas capable de traiter en grande quantité.
Cette pathologie, extrêmement grave, touche surtout les poneys et chevaux rustiques qui ont naturellement une forte capacité de stockage des graisses. Elle peut conduire à des troubles digestifs sévères, voire à la mort si elle n’est pas prise à temps.
Un exemple concret : un poney shetland privé soudainement de foin pendant plusieurs jours peut développer des signes alarmants comme une perte d’appétit, de la fatigue extrême, de l’ictère (jaunisse), ou des coliques.
Le danger est réel même sur une courte période de restriction sévère.
La frustration et le mal-être comportemental
Le cheval est un herbivore au système digestif conçu pour ingérer de petites quantités de fibres tout au long de la journée. Le priver moiement de nourriture génère de la frustration, du stress et un sentiment d’inconfort permanent.
Ce stress peut entraîner des troubles du comportement tels que les tics à l’appui, le morsage du bois ou des accès de nervosité.
Un cheval occupé à chercher du foin inexistant risque aussi l’ulcère gastrique, car l’absence de mastication entraîne une acidité accrue dans l’estomac vide.
Imaginons un cheval subitement réduit à une petite portion matin et soir, sans rien pour s’occuper entre-temps. Rapidement, on verra apparaître de l’irritabilité, une perte d’état psychologique, et parfois même une régression au travail.
Le risque de carences nutritionnelles
En baissant fortement les quantités, la ration devient vite déséquilibrée. Même si le cheval maigrit, il n’a plus assez d’apports en fibres, vitamines, minéraux ou protéines essentielles pour garantir le bon fonctionnement de l’organisme.
Les troubles peuvent être variés : poil terne, baisse de l’immunité, retard de cicatrisation, perte de masse musculaire, voire fragilité osseuse. Ce déséquilibre nuit à la santé sur le long terme et rend la reprise d’un poids correct plus complexe par la suite.
Pourquoi privilégier une réduction progressive et réfléchie ?
Diminuer lentement la ration alimentaire permet à l’organisme du cheval de s’adapter, en évitant les chocs métaboliques et la frustration.
Concrètement, il s’agit de réduire le volume de concentrés en premier, puis d’ajuster le foin tout en assurant la couverture des besoins essentiels grâce à un complément minéral vitaminé.
Par exemple, passer de 6 kg à 5,5 kg de foin par jour la première semaine, puis à 5 kg la semaine suivante, permet au cheval de ne pas voir sa routine bouleversée.
Utiliser un filet à petites mailles ou fractionner les repas multiplie les temps d’occupation sans réduire de façon dramatique l’apport en fibres.
Seule une approche progressive et encadrée, sous le regard d’un professionnel, peut garantir une perte de poids à la fois efficace et sécurisée pour votre compagnon.

Erreur n°2 : Priver le cheval d’exercice adapté
Lorsqu’un cheval prend du poids, il est parfois tenté de jouer uniquement sur l’alimentation en oubliant l’importance essentielle de l’activité physique dans la démarche de perte de poids.
Pourtant, l’exercice joue un rôle majeur sur la santé du cheval et sur le bon déroulement de son régime.
Le mouvement, pilier de la perte de poids durable
L’organisme du cheval est conçu pour bouger quasi continuellement : marcher, pâturer, trotter ou jouer sont ses comportements naturels, indispensables à son équilibre aussi bien physique que mental.
En coupant ou limitant drastiquement l’exercice sous prétexte qu’un cheval « gros » risque de se fatiguer, on prive l’animal d’un atout fondamental pour brûler les calories en excès.
Même une activité douce, menée régulièrement, accélère la dépense énergétique, stimule la circulation sanguine, préserve la masse musculaire et favorise une meilleure répartition des graisses.
Un simple exemple : un poney trop rond laissé plusieurs heures par jour en liberté sur un terrain varié (même en main, pour éviter la surconsommation d’herbe) dépensera bien plus qu’un congénère cantonné au box.
C’est cette dépense qui provoque progressivement le déstockage des réserves graisseuses.
Les risques de la sédentarité sur la santé globale
Priver un cheval de mouvement en pensant l’épargner, c’est augmenter le risque de troubles associés au surpoids : désordre métabolique (insulinorésistance), fourbure, baisse de l’immunité, voire dégradation de l’état moral.
Le manque de circulation, suite à l’inactivité, favorise aussi l’apparition d’œdèmes des membres, de raideurs articulaires et de fonte musculaire. Ceci rend la reprise de l’exercice plus difficile au fil du temps, installant un véritable cercle vicieux.
N’oublions pas le volet psychologique : un cheval enfermé, inoccupé, sera bien plus sujet à développer des comportements stéréotypés comme le tic à l’appui ou le balancement, signes évidents de mal-être.
L’exercice adapté : progressivité et sécurité avant tout
Mettre un cheval en surpoids au travail ne signifie pas de se lancer d’emblée dans des séances intenses ou répétitives. Le maître-mot reste la progressivité.
Commencez par des promenades à pied, des séances de marche en main, ou de petites périodes de longe au pas. Ce rythme doux permet au cheval de s’habituer, de renforcer ses muscles et d’augmenter sa tolérance à l’effort, sans le mettre en difficulté.
Veillez à adapter la fréquence, la durée et l’intensité à chaque individu : un vieux poney ne supportera pas le même rythme qu’un double poney de 8 ans. Observez attentivement les signes de fatigue (respiration, sudation, raideurs) et ajustez toujours en fonction de ses réactions.
Exemple concret : Alterner 15 minutes de marche active en main et 5 minutes de repos, deux à trois fois par semaine, représente déjà un excellent début pour un cheval très enrobé ou peu entraîné.
Varier et enrichir l’activité pour stimuler la motivation
La routine d’exercice ne doit pas se résumer à de simples tours de paddock. Variez les plaisirs : balades, parcours de maniabilité, travail à pied, jeux avec des cônes ou des barres, sollicitation sur différents terrains (herbe, sable, chemins).
Cette diversité évite l’ennui, stimule l’intelligence du cheval et favorise l’engagement corporel de façon ludique.
Invitez un autre cheval calme à se joindre à la promenade, proposez de petits défis ou de nouveaux environnements : le mental du cheval en surpoids en bénéficiera autant que son corps.
L’équilibre avec la vie dehors et les déplacements naturels
En dehors du travail dirigé, privilégiez un mode de vie autorisant au maximum les déplacements libres : plus un cheval peut marcher, mieux c’est pour sa silhouette et sa santé.
Un accès régulier à un pré (avec contrôle des apports, si nécessaire grâce à une muselière ou une parcelle pauvre), ou à un paddock en compagnie, lui permettra de bouger à son rythme et de s’occuper sainement.
Par exemple, disposer de l’eau et du foin à des points différents du parc l’obligera à marcher, augmentant spontanément l’activité quotidienne sans même s’en rendre compte.
Pourquoi l’exercice est essentiel même au début du régime ?
Bouger, même un peu, aide à mobiliser les graisses, préserve le tonus musculaire et évite que le cheval ne perde du poids sous forme de muscle plutôt que de graisse.
L’exercice contribue aussi à la stabilité de l’humeur, apaise la frustration liée à la restriction alimentaire, et limite les risques de maladies métaboliques. Cette synergie entre activité physique et ration ajustée est la clef du succès sur le long terme.
Ne pas exclure l’exercice du programme minceur, c’est donner toutes les chances au cheval de retrouver forme, légèreté et moral !

Erreur n°3 : Négliger le suivi vétérinaire et les besoins spécifiques
Bien trop souvent, la gestion du surpoids chez le cheval se limite à des ajustements alimentaires ou à l’ajout d’exercice, en oubliant l’accompagnement essentiel du vétérinaire et la prise en compte des particularités de chaque animal.
Pourtant, chaque cheval est unique et seul un suivi professionnel permet d’éviter des complications pouvant nuire gravement à sa santé.
Pourquoi le suivi vétérinaire est-il indispensable ?
Faire maigrir un cheval ne se résume pas à une simple diminution des calories ingérées. Certaines affections peuvent expliquer le surpoids ou compliquer la perte de poids : maladie de Cushing, syndrome métabolique équin, troubles thyroïdiens, etc.
Sans un examen clinique et, au besoin, des analyses (prise de sang, dosage de l’insuline, tests hormonaux), il est impossible de savoir si le cheval souffre d’un trouble sous-jacent. Or, un diagnostic précis conditionne la réussite et la sécurité d’un programme minceur.
Imaginons, par exemple, un cheval de 18 ans qui s’arrondit malgré une ration très contrôlée. Derrière ce changement d’état peut se cacher la maladie de Cushing, qui nécessite un traitement médicamenteux et des ajustements alimentaires spécifiques pour prévenir la fourbure.
Le vétérinaire pourra aussi alerter sur la vitesse de perte de poids : une fonte musculaire brutale est souvent le signe que le cheval perd du muscle et non de la graisse.
Ce phénomène affecte durablement sa forme physique et peut passer inaperçu sans regard professionnel.
Adapter le programme aux besoins individuels du cheval
Tous les chevaux ne réagissent pas de la même façon à la restriction alimentaire ou à l’augmentation de l’exercice. Les chevaux âgés, les jeunes en croissance, les juments gestantes ou suitées et les animaux convalescents présentent des besoins particuliers.
Par exemple, une ponette allaitante trop restreinte sera carencée, affectant sa lactation et la croissance de son poulain. Un cheval de trait âgé, au métabolisme ralenti, risque quant à lui de manquer de certains micronutriments indispensables pour compenser la baisse d’activité liée à l’âge.
Le vétérinaire et le nutritionniste équin sont là pour adapter les recommandations : choix du fourrage, complémentation sur-mesure, surveillance accrue de certains paramètres comme le transit, la qualité du poil ou la vitalité générale.
Prévenir les complications liées à la perte de poids
Une perte de poids non encadrée peut rapidement conduire à des complications graves : carences, coliques, troubles du comportement, mais aussi maladies métaboliques et fourbure, surtout chez les races rustiques ou prédisposées.
La fourbure, par exemple, est une urgence vétérinaire fréquente chez le cheval obèse : une transition alimentaire mal conduite, ou la persistance d’un trouble hormonal non diagnostiqué, achève de déstabiliser l’organisme et provoque une souffrance intense des sabots.
Un suivi vétérinaire régulier permet d’anticiper ces risques : contrôle de l’état corporel, repérage précoce de douleurs, ajustements immédiats du régime alimentaire ou de l’activité si des signes d’alerte apparaissent (boiterie, apathie, anomalies digestives).
Mettre en place des bilans et un carnet de suivi
Le suivi du poids ne se limite pas à l’œil nu. Le vétérinaire peut utiliser une toise, un ruban de mesure ou recommander une pesée sur bascule pour objectiver les progrès.
Tenir un carnet de bord, incluant les conseils, les bilans et les interventions vétérinaires, permet de garder le cap sur la durée et d’impliquer toute l’équipe de soins (cavalier, propriétaire, soigneur).
Exemple concret : un cheval soumis à un régime depuis trois mois présente une stagnation de la perte de poids et de la fatigue.
Grâce au carnet, le vétérinaire constate une évolution sur plusieurs semaines et propose de nouvelles analyses ou un enrichissement de l’alimentation pour relancer la perte sans risque.
Quand consulter en urgence ?
Certains signes imposent de consulter rapidement : perte d’appétit marquée, abattement, apparition de boiteries soudaines, signes digestifs (coliques, selles anormales), jaunisse, ou changements comportementaux (agressivité, isolement).
Ces manifestations peuvent révéler une maladie grave, un déséquilibre lié au régime ou une douleur masquée. L’intervention rapide d’un vétérinaire préserve la santé et la sécurité du cheval, tout particulièrement chez les sujets très en surpoids ou présentant déjà des fragilités.
En résumé, vouloir faire maigrir un cheval sans suivi régulier et personnalisé, c’est prendre le risque de négliger ses besoins profonds et d’hypothéquer sa santé sur le long terme.
FAQ – Faire maigrir un cheval : toutes vos questions
Comment savoir si mon cheval est en surpoids ?
Observez attentivement l’encolure, le garrot et la ligne de dos de votre cheval. Des amas graisseux visibles à ces endroits, associés à des difficultés de déplacement ou d’essoufflement lors d’un effort, peuvent être des signes de surpoids.
Vous pouvez également utiliser l’échelle de notation de l’état corporel (Body Condition Score) pour une évaluation objective.
Puis-je donner des friandises à mon cheval en période de régime ?
Il vaut mieux limiter les friandises sucrées ou riches en amidon durant cette période. Cependant, vous pouvez remplacer les friandises habituelles par quelques carottes ou pommes coupées, ou simplement renforcer les félicitations verbales.
L’essentiel est de ne pas ajouter de calories cachées à sa ration quotidienne.
Combien de temps faut-il pour qu’un cheval perde du poids ?
La perte de poids doit être progressive, pour préserver sa santé : comptez généralement plusieurs semaines à plusieurs mois selon l’importance du surpoids.
Un objectif réaliste serait une diminution de 1 à 1,5 % du poids corporel par semaine.
Mon cheval vit au pré et mange de l’herbe en quantité – comment gérer son régime ?
Surveillez la quantité et la qualité de l’herbe disponible. Vous pouvez limiter l’accès au pré avec un paddock temporaire, un panier de pâture (muselière), ou reprendre l’herbe à certaines périodes de la journée.
Pensez aussi à compléter avec du foin pauvre en calories pour réduire l’apport énergétique tout en maintenant une activité de mastication suffisante.
L’exercice est-il obligatoire pour faire maigrir un cheval ?
Oui, l’exercice adapté favorise la perte de graisse et le maintien de la masse musculaire. Même à faible intensité, il stimule le métabolisme du cheval.
Privilégiez la régularité et l’adaptation de l’effort à l’état de santé de votre cheval, en privilégiant par exemple la marche, le travail en main ou de petites séances de longe.
Que faire si mon cheval maigrit trop rapidement ou présente des signes de malaise ?
Arrêtez immédiatement le régime amaigrissant et contactez sans tarder votre vétérinaire. Une perte de poids trop rapide peut entraîner des complications graves, notamment une maladie du foie appelée hyperlipémie.
Il est essentiel de surveiller attentivement l’état corporel, le comportement et l’énergie de votre cheval pendant tout le processus de perte de poids.
Quels aliments privilégier pour un cheval au régime ?
Privilégiez du foin pauvre en énergie et de bonne qualité, distribué en plusieurs petits repas pour stimuler la mastication et le transit digestif.
Limitez ou éliminez les concentrés riches en amidon et en sucre, et n’oubliez pas d’assurer un apport suffisant d’eau propre.
Un cheval senior ou atteint de pathologies (fourbure, Cushing) peut-il suivre un régime ?
Oui, mais la gestion du poids demande alors des précautions particulières et un suivi vétérinaire rapproché. Certains aliments ou types d’exercices peuvent être contre-indiqués.
L’avis d’un vétérinaire, voire d’un nutritionniste équin, est indispensable dans ces cas particuliers.
Dois-je peser mon cheval régulièrement ?
Oui, si possible : le suivi du poids permet de mesurer l’efficacité du programme et d’ajuster les rations si besoin. Une balance équine ou un ruban de mesure donnent de bons repères.
Notez également l’évolution de l’état corporel par des photos régulières.
Les compléments alimentaires sont-ils utiles lors d’un régime pour cheval ?
Parfois, une réduction de la ration peut entraîner des carences en vitamines ou minéraux. Un complément minéral adapté peut alors s’avérer utile.
Demandez conseil à votre vétérinaire pour choisir un produit correspondant aux besoins spécifiques de votre cheval.
Conclusion
Pour faire maigrir un cheval en toute sécurité, il est crucial de comprendre les origines du surpoids, de mettre en place des changements progressifs sur le plan alimentaire et de l’activité physique, et de s’appuyer sur un suivi vétérinaire rigoureux.
Éviter les erreurs les plus courantes, comme des restrictions alimentaires trop sévères, l’absence d’exercice adapté ou le manque de surveillance professionnelle, permet de préserver la santé du cheval tout en garantissant une perte de poids durable et respectueuse de son bien-être.