Âne Grand Noir du Berry : moins de 1 000 individus à sauver

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L'âne Grand Noir du Berry compte moins de 1 000 individus en France. Cette race emblématique du Berry, reconnue en 1994, fait l'objet d'un programme de sauvegarde urgent face à la chute des naissances et au vieillissement des éleveurs.

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L’âne Grand Noir du Berry compte moins de 1 000 individus en France.

Cette race emblématique du Berry, reconnue en 1994, fait l’objet d’un programme de sauvegarde urgent face à la chute des naissances et au vieillissement des éleveurs.

En 2026, le Zoo de Beauval et le Salon de l’agriculture mettent en lumière ces ânes d’exception pour sensibiliser le public à leur préservation.

Reconnu officiellement en 1994 par l’Association Française de l’Âne Grand Noir du Berry (AFAGNB), cet âne de trait serait issu du croisement entre l’âne des Pyrénées et des ânes portugais ou algériens.

Historiquement utilisé pour le travail agricole et le halage des péniches, le Grand Noir du Berry a vu ses effectifs chuter drastiquement : de 77 ânons enregistrés en 1999 à seulement 23 en 2019.

Le Pôle du Cheval et de l’Âne de Lignières, dans le Cher, pilote depuis 1999 les efforts de sauvegarde de cette race patrimoniale menacée de disparition.

L’âne Grand Noir du Berry figure parmi les races équines françaises les plus menacées.

Avec moins de 1 000 individus recensés en 2021, cette race emblématique du centre de la France fait l’objet d’un programme de sauvegarde actif.

En 2026, le Zoo de Beauval accueillera trois représentants de cette race, tandis que le Salon international de l’agriculture met en lumière ces ânes d’exception jusqu’au 1er mars.

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Une race emblématique du Berry en danger

Reconnu officiellement en France en 1994 par l’Association Française de l’Âne Grand Noir du Berry (AFAGNB), cet âne possède des origines floues.

Il serait issu du croisement entre l’âne des Pyrénées et des ânes portugais ou algériens. « Il est né avec la volonté de faire une race plus robuste que les autres », explique Auriane Tanquerey, responsable au Pôle du Cheval et de l’Âne de Lignières.

L’âne Grand Noir du Berry se distingue par sa taille imposante : 130 à 140 cm pour les femelles, 135 à 145 cm pour les mâles. « Il est plus grand que la plupart des ânes reconnus en France », précise Auriane Tanquerey.

Sa robe entièrement noire, sans marques distinctives, et son gabarit robuste en font un animal de caractère.

Un tempérament exceptionnel

Au-delà de ses caractéristiques physiques, cette race séduit par sa proximité avec l’homme. « Ce sont des animaux proches de l’homme, très câlins. Si vous rentrez dans un pré vous n’allez pas en sortir. Ils vont être dix autour de vous à vous demander des papouilles tout le temps », témoigne Auriane Tanquerey.

Cette docilité naturelle fait du Grand Noir un partenaire idéal pour l’asinothérapie, la randonnée et le travail avec les enfants.

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Le Pôle de Lignières, pilier de la sauvegarde

Situé dans le Cher, le Pôle du Cheval et de l’Âne de Lignières constitue le centre névralgique de la préservation de la race. Ancien centre de maquignonnage racheté par le conseil départemental en 1999, le site comptait 21 ânes en 2021, dont 15 Grands Noirs du Berry.

Face au vieillissement du cheptel et des éleveurs, un projet de financement participatif a été lancé en 2021 sur KissKissBankBank. Intitulé « Parrainer un Grand Noir du Berry », ce programme vise à sensibiliser le public et financer la reproduction.

« Ça a été un peu le coup de pouce qu’on attendait pour se lancer dans la réintroduction de la reproduction sur le site », confie Auriane Tanquerey.

Des animations pour sensibiliser

Le Pôle propose diverses activités : ateliers balade avec pansage, randos goûter, atelier « Soigneurs en herbe » pour les enfants.

« On part de l’écurie avec un animateur et on sensibilise les enfants au fonctionnement d’un équidé en général avec une distinction entre les ânes et les chevaux », détaille la responsable.

Ces initiatives permettent de créer un lien entre le grand public et cette race menacée.

Un déclin préoccupant des naissances

Les chiffres témoignent d’une situation alarmante. Après un pic de 77 ânons enregistrés en 1999, les naissances ont chuté à seulement 23 en 2019. La population totale d’ânes Grand Noir du Berry stagne sous la barre des 1 000 individus.

Le problème réside également dans le vieillissement des éleveurs. Seule une dizaine d’éleveurs de Grands Noirs subsiste en France, dont le plus important se trouve en Normandie.

Michel Mercier, éleveur depuis la fin des années 90, fait partie de ces passionnés. Mais beaucoup « ne trouvent personne pour reprendre leur ferme.

Le jour où ils arrêteront tous leur activité, cela deviendra compliqué », s’inquiète Auriane Tanquerey.

Des atouts pour l’agriculture moderne

Historiquement utilisé comme animal de trait dans les champs et pour tirer les péniches, le Grand Noir du Berry possède des aptitudes polyvalentes précieuses.

« Sa spécificité est d’être très cadencé et rythmé. Il est capable de marcher en ligne ce qui lui permet de travailler dans des vignes par exemple, ou dans les potagers », souligne Auriane Tanquerey.

Cette capacité à travailler sans endommager les sols présente des avantages considérables pour le maraîchage et la viticulture.

Les coûts d’entretien restent inférieurs à ceux des chevaux de trait. « L’âne peut s’utiliser en complément du tracteur avec énormément d’avantages, notamment financiers », précise la responsable.

Un avenir dans l’agriculture durable

« Travailler avec des ânes, je trouve ça beaucoup plus sécuritaire qu’avec des chevaux qui vont monter parfois en pression beaucoup plus rapidement qu’un âne », ajoute Auriane Tanquerey.

Face aux enjeux environnementaux, cette race pourrait retrouver une place centrale. « Je pense qu’on a tout intérêt à essayer de maintenir cette race pendant encore les dix prochaines années parce que je ne serais pas étonnée qu’à un moment il y ait un vrai intérêt pour cet âne dans les futures techniques agricoles. »

Actualité 2026 : visibilité renforcée

L’année 2026 marque un tournant pour la sauvegarde de l’âne Grand Noir du Berry. Le Zoo de Beauval accueillera trois représentants de la race dans le cadre d’un programme de sauvegarde des espèces locales menacées.

Cette initiative offrira une visibilité nationale à ces ânes d’exception.

Parallèlement, le Salon international de l’agriculture de Paris présente des Grands Noirs du Berry jusqu’au dimanche 1er mars 2026, au Pavillon 6, stand 6E044.

Cette présence au plus grand rendez-vous agricole français permet de sensibiliser des milliers de visiteurs à la cause de cette race patrimoniale.

En 2025, la foire aux ânes du Grand Noir célébrait sa 35e édition, témoignant de l’attachement local à cette race emblématique du Berry.

La préservation de l’âne Grand Noir du Berry repose désormais sur la mobilisation collective.

Entre les actions du Pôle de Lignières, le soutien de l’Association Française de l’Âne Grand Noir du Berry, et la sensibilisation du grand public, l’espoir demeure de voir cette race traverser les dix prochaines années critiques.

L’enjeu dépasse la simple conservation : il s’agit de préserver un patrimoine vivant et des savoir-faire agricoles ancestraux adaptés aux défis de demain.

Le Salon international de l’agriculture présente des ânes Grand Noir du Berry jusqu’au 1er mars 2026, au Pavillon 6, stand 6E044.

Le Zoo de Beauval accueillera trois représentants de la race en 2026 dans le cadre d’un programme de sauvegarde. Le Pôle du Cheval et de l’Âne de Lignières propose des ateliers de sensibilisation et un programme de parrainage.

Pour soutenir la race, vous pouvez contacter l’Association Française de l’Âne Grand Noir du Berry (afagnb.com) ou visiter le Pôle de Lignières dans le Cher.

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