Peu de cavaliers imaginent à quel point la santé dentaire de leur cheval influence son bien-être, son alimentation et même ses performances.
Pourtant, selon l’Association Française des Vétérinaires Équins, près d’un cheval sur deux âgé de plus de 10 ans présente des affections dentaires nécessitant une intervention.
Les dents de nos compagnons équins sont uniques et en perpétuelle évolution : elles poussent tout au long de la vie, s’usent en fonction de l’alimentation, et évoluent de façon marquée entre le poulain et l’adulte.
Comprendre l’anatomie spécifique de la bouche du cheval et les étapes clés de son développement permet d’anticiper bien des problèmes.
Mais comment repérer les signes discrets qui doivent alerter ? Quels sont les soins dentaires essentiels, à quelle fréquence doivent-ils être réalisés, et comment intégrer des gestes simples dans le quotidien aux écuries ?
Le point sera également fait sur l’importance de l’examen régulier assuré par un dentiste équin.
Anatomie et particularités des dents de cheval
Un système dentaire conçu pour mastiquer longuement
Les chevaux sont des herbivores stricts, adaptés à une alimentation composée principalement d’herbe et de foin.
Leur système masticatoire est donc complexe et spécialisé : un cheval adulte possède généralement entre 36 et 44 dents selon son sexe et la présence ou non de certaines dents particulières comme les canines et éventuels crochets.
Les dents sont disposées de façon à permettre un mouvement de mastication horizontal et circulaire.
Ce mouvement permet d’user la surface des dents, un phénomène essentiel puisque les dents du cheval poussent continuellement tout au long de sa vie.
Par exemple, un cheval qui passe plusieurs heures par jour à brouter va solliciter toutes ses dents, favorisant ainsi une usure homogène.
Les types de dents chez le cheval
La bouche du cheval se compose de différentes catégories de dents, chacune ayant une fonction précise :
- Les incisives (12 au total) sont situées à l’avant de la bouche. Elles servent à couper l’herbe ou le foin, à la manière de ciseaux.
- Les canines (généralement 4, et plus fréquentes chez les mâles) sont placées entre les incisives et les prémolaires. Chez les hongres et étalons, elles sont bien développées et peuvent parfois gêner lors de la pose du mors.
- Les prémolaires et molaires (entre 24 et 28) sont situées au fond de la bouche et servent à broyer longuement les fibres végétales. Ce sont les dents les plus sollicitées lors de la mastication.
- De façon occasionnelle, certains chevaux peuvent avoir des crochets ou dents de loup. Les dents de loup sont de petites dents situées en avant des premières prémolaires et peuvent, dans certains cas, causer de l’inconfort avec le mors.
Chacune de ces dents joue un rôle précis et leur état impacte significativement la digestion et le bien-être du cheval.
Caractéristiques uniques des dents équines
L’une des principales particularités des dents de cheval est leur croissance continue. Contrairement à l’être humain, le tissu dentaire du cheval s’usine tout au long de sa vie, permettant de compenser l’usure due à la mastication des fourrages riches en silice.
Cependant, cette pousse continue nécessite une surveillance attentive : des anomalies d’usure (comme des surdents ou des pointes) peuvent apparaître si la mastication n’est pas harmonieuse.
Par exemple, un cheval nourri essentiellement avec des aliments industriels ou ayant une mauvaise implantation dentaire peut voir certaines zones de ses dents peu usées, entraînant l’apparition de bords tranchants blessant les gencives ou les joues.
Autre point singulier : la hauteur de couronne réservée (partie de la dent cachée dans l’os) diminue avec l’âge, expliquant pourquoi les chevaux très âgés finissent par ne plus avoir de dents fonctionnelles.
Veiller à l’usure régulière et surveiller la longueur visible des dents permet de repérer les signes de vieillissement dentaire.
La symétrie de la bouche, un indicateur important
Chez le cheval, une bouche symétrique, avec des dents bien alignées et d’usure homogène, garantit une mastication efficace et confortable.
Une asymétrie dentaire (dents manquantes, mal positionnées, excroissances) peut entraîner des difficultés pour s’alimenter ou pour accepter le mors.
C’est par exemple le cas lorsqu’un cheval développe des « balanciers » (croissance excessive d’une molaire isolée).
Ces déséquilibres peuvent engendrer des complications allant jusqu’à la perte de poids ou des blessures buccales.
Une observation régulière de la bouche et de la position des dents permet de détecter rapidement toute anomalie.
L’évolution dentaire du poulain à l’adulte
Le développement des dents chez le cheval suit une chronologie bien précise, ponctuée par plusieurs étapes majeures entre la naissance et l’âge adulte.
Comprendre ce processus permet au cavalier d’anticiper les phases sensibles et de mieux accompagner son cheval à chaque âge.
La dentition lactéale du poulain : les premières dents
Chez le poulain, la première dent apparaît généralement très tôt, souvent dès les premiers jours de vie. Il s’agit alors des dents de lait (ou dents temporaires), aussi appelées dentition lactéale.
Les incisives de lait, au nombre de 12, percent rapidement les gencives : les centrales apparaissent en premier, suivies des intermédiaires puis des coins.
Les prémolaires de lait (12 au total) sont déjà présentes à la naissance ou sorties dans les toutes premières semaines.
Par exemple, il est courant de voir un poulain de 2 semaines donner des « coups de dents dans l’air » ou mordiller pour apprivoiser la sensation de ses nouvelles dents.
À ce stade, les jeunes animaux n’ont ni molaires, ni canines, ni dents de loup. Les dents de lait sont plus petites, plus blanches et leur racine est moins développée que chez l’adulte.
La chute des dents de lait et l’arrivée de la dentition définitive
Entre 2,5 et 4,5 ans, le poulain subit une importante période de transition dentaire similaire à la « perte des dents de lait » chez les enfants.
Les dents de lait tombent progressivement pour être remplacées par les dents permanentes, généralement selon l’ordre suivant :
- Les incisives centrales (vers 2,5 ans),
- Puis les intermédiaires (vers 3,5 ans),
- Enfin les coins (vers 4,5 ans).
Simultanément, les prémolaires de lait tombent et laissent place à leurs homologues définitives, tandis que les premières molaires (absentes à la naissance) sortent vers 1 an et demi.
Ces phases de remplacement peuvent s’accompagner de douleurs, de joues gonflées ou d’une baisse d’appétit temporaire.
Il n’est pas rare d’observer des dents branlantes dans la bouche d’un poulain ou de retrouver des dents de lait tombées dans l’abreuvoir ou sur le sol du box.
Durant cette période, il est crucial d’être attentif à tout signe d’inconfort lors de la prise du mors ou d’aliments, car des dents persistantes ou des crochets peuvent provoquer des blessures.
La dentition adulte : stabilisation et maturité
Vers l’âge de 5-6 ans, le cheval possède normalement toutes ses dents définitives : incisives, prémolaires, molaires et, selon les individus, canines et dents de loup.
Les canines font leur apparition le plus souvent entre 4 et 6 ans, en particulier chez les mâles. Les juments en possèdent rarement et, si elles apparaissent, elles restent souvent discrètes.
Les dents de loup peuvent émerger vers 6-18 mois mais sont parfois absentes ou peu visibles.
C’est le début de l’équilibre dentaire adulte. La croissance continue des dents permet de compenser leur usure quotidienne, mais cette croissance doit être surveillée car à ce stade, toute anomalie d’alignement ou de mâchoire (prognathisme, brachygnathisme, dents manquantes…) peut entraîner des problèmes à l’âge mûr.
Un exemple fréquent : un jeune adulte dont une dent de lait n’est pas tombée correctement (dent de lait persistante) peut voir apparaître une double denture, source de douleur et d’infection.
Une intervention du dentiste équin est alors nécessaire pour retirer la dent « en trop ».
Pourquoi un suivi dentaire précoce est essentiel
Surveiller l’évolution dentaire dès le plus jeune âge permet de détecter rapidement des anomalies de position ou de croissance, comme des dents surnuméraires, des dents de lait persistantes ou des déplacements dentaires.
Cette vigilance est primordiale, car des troubles non pris en compte dans la jeunesse peuvent compromettre la mastication, entraîner une mauvaise assimilation des nutriments, des blessures buccales, voire des troubles comportementaux (refus du mors, perte de poids).
Un examen régulier par un dentiste équin, dès le sevrage et tout au long de la croissance, est donc conseillé.
Par exemple, il arrive que les jeunes chevaux destinés au travail montrent une gêne inhabituelle au harnachement, simplement à cause d’une transition dentaire en cours.

Signes de problèmes dentaires chez le cheval
Altération de l’alimentation et du comportement à l’auge
Un des premiers signes de problèmes dentaires chez le cheval est la modification de sa façon de manger. Un animal qui laisse tomber des boulettes de foin mâchées (appelées « quiddes ») pendant le repas indique souvent une gêne ou une douleur lors de la mastication.
Certains chevaux prennent plus de temps à terminer leur ration, mâchent lentement ou de façon asymétrique, isolent les gros morceaux, ou refusent les aliments durs (carottes, pommes) qu’ils consommaient auparavant sans difficulté.
Il peut arriver qu’un cheval se désintéresse brutalement de sa nourriture, trie certains types d’aliments, ou se montre soudainement irritable ou nerveux pendant les repas. Ces changements doivent toujours alerter le propriétaire.
Perte d’état et amaigrissement inexpliqué
Une baisse de l’état général ou une perte de poids progressive, malgré une alimentation adaptée et une vermifugation régulière, doit conduire à explorer la piste d’un problème dentaire.
En effet, une dentition défectueuse empêche une bonne mastication, donc une assimilation optimale des nutriments.
À terme, cela perturbe la digestion et l’état de chair du cheval, surtout chez les sujets plus âgés ou ayant un passé de troubles dentaires.
Un exemple classique : un vieux cheval gardé en pré qui commence à « fondre » au printemps n’arrive peut-être plus à broyer correctement l’herbe jeune, pourtant plus facile à manger que le foin sec.
Réactions à la manipulation : résistance au mors et aux soins
Des problèmes dentaires peuvent se traduire par une gêne évidente lors du travail, surtout à la mise en place ou à l’action du mors.
Un cheval qui secoue la tête, s’oppose à la flexion, rechigne à accepter l’embouchure ou présente une mauvaise salivation peut souffrir d’une douleur au niveau de la bouche.
Chez certains chevaux, cette gêne se manifeste par des réactions défensives : lever la tête dès qu’on approche le mors, grincer des dents, ouvrir la bouche exagérément ou tirer au renard.
Parfois, des blessures visibles sur les commissures ou l’intérieur des joues trahissent la présence de surdents ou de pointes agressant les muqueuses.
Il n’est pas rare qu’un jeune cheval en apprentissage manifeste soudain « un blocage » lors de la prise de contact dans le travail monté ou attelé, alors qu’il traverse une période de remplacement dentaire douloureuse.
Apparition de mauvaise haleine, écoulements ou abcès
L’odeur de la bouche du cheval peut donner de précieux indices. Une mauvaise haleine inhabituelle, un écoulement nasal unilatéral (d’un seul naseau) ou la présence de pus signalent souvent une infection dentaire, comme un abcès de racine ou une carie profonde.
Dans ces cas, on observe parfois un gonflement de la joue ou de la mâchoire, une zone chaude ou sensible au toucher, ou des difficultés à ouvrir ou fermer complètement la bouche.
Un exemple marquant : un cheval présentant une sinusite chronique doit toujours attirer l’attention sur une possible origine dentaire, surtout si la muqueuse est irritée ou en cas d’écoulement purulent.
Comportements anormaux et troubles digestifs associés
Lorsque la douleur dentaire s’installe, le cheval peut devenir irritable, nerveux ou perdre tout intérêt pour ses activités habituelles.
On peut aussi observer des comportements de protection, comme se frotter la mâchoire contre les portes ou les clôtures, ou encore secouer excessivement la tête.
Chez certains individus, des troubles digestifs à répétition (coliques, bouchons œsophagiens) sont le seul signe visible.
Ces complications découlent le plus souvent d’une mauvaise mastication et de l’ingestion de bouchées trop grosses pour être digérées correctement.
Il arrive, par exemple, qu’un cheval fasse des « fausses routes » avec des aliments alors que ses dents présentent de fortes inégalités d’usure, l’obligeant à avaler sans suffisamment broyer.
Présence de saignements, de dépôt ou de blessure dans la bouche
Enfin, l’apparition de traces de sang dans la bouche, sur le mors ou dans la salive doit toujours alerter.
De même, la présence de croûtes, d’ulcères ou de blessures sur les gencives, la langue ou les joues indique généralement que des pointes ou des surdents blessent les tissus buccaux.
Soulever régulièrement les lèvres et inspecter l’intérieur de la bouche, même partiellement, aide à repérer l’apparition d’un dépôt anormal (plaque, tartre, coloration douteuse) ou de lésions précoces.
Une surveillance attentive permet ainsi de déclencher rapidement l’intervention d’un dentiste équin, avant que la douleur ne s’aggrave.
Les soins dentaires courants et leur fréquence
L’examen dentaire régulier : la base d’un suivi efficace
L’examen dentaire complet, réalisé par un dentiste équin ou un vétérinaire formé, reste l’acte incontournable pour dépister précocement les problèmes.
Cet examen consiste à inspecter chaque dent, évaluer le niveau d’usure, repérer d’éventuelles surdents, pointes, crochets ou dents de loup.
Chez un cheval adulte sans pathologie particulière, il est recommandé de programmer un contrôle dentaire au moins une fois par an.
Cette fréquence permet de rectifier de petites anomalies avant qu’elles ne causent douleur, troubles alimentaires ou blessures buccales.
Pour les poulains et jeunes chevaux en pleine phase de renouvellement dentaire, l’examen doit être réalisé tous les 6 à 8 mois jusqu’à la stabilisation de la dentition définitive (autour de 5-6 ans).
Cela permet par exemple de détecter rapidement des dents de lait persistantes ou des défauts de position pouvant gêner le futur travail avec le mors.
Certains chevaux âgés, ayant perdu plusieurs dents ou présentant une mastication irrégulière, bénéficieront aussi d’une surveillance plus rapprochée (jusqu’à deux fois par an), car leur dentition évolue souvent plus rapidement.
L’ajustement des dents : râpage, suppression des surdents et lissage
L’intervention la plus fréquente lors des soins dentaires est le râpage, aussi appelé « flottement ».
Elle consiste à user les irrégularités de la surface dentaire (surdents, pointes) avec des râpes spécialisées, afin de rétablir une mastication harmonieuse et d’éviter les blessures des muqueuses.
Les surdents se forment principalement sur les bords externes des molaires supérieures et internes des molaires inférieures.
Si elles ne sont pas régulièrement supprimées, elles finissent par lacérer les joues ou la langue du cheval, rendant la mastication douloureuse.
Le râpage est aussi l’occasion de corriger d’éventuels crochets (pointes saillantes sur l’une des dents) ou de raccourcir une molaire trop poussante (« balancier »), qui empêche l’usure correcte des dents opposées.
Un exemple concret : un cheval refusant brutalement le mors ou qui laisse tomber des boulettes de foin peut présenter des pointes agressives ; après un râpage adapté, on constate souvent une amélioration rapide de son appétit et de son confort au travail.
La fréquence du râpage dépend du mode de vie : pour un cheval vivant au pré, mastiquant beaucoup de fibres, le besoin peut être annuel ou plus espacé ; pour un cheval très sollicité au travail ou nourri principalement avec des concentrés, une intervention tous les 6 à 12 mois est parfois nécessaire.
La gestion des dents de loup et des canines
Les dents de loup, petites prémolaires surnuméraires, posent parfois problème chez le cheval de sport ou de loisir, surtout lorsqu’elles gênent le passage du mors. Leur extraction est un acte courant lors des soins dentaires.
On recommande d’extraire les dents de loup si elles sont mobiles, mal implantées ou manifestement gênantes.
Par exemple, un cheval qui se défend de façon inexpliquée au mors ou qui présente de petites blessures sur la gencive peut se soulager significativement après leur retrait.
Les canines, surtout chez les mâles, peuvent s’aiguiser et devenir coupantes, risquant de provoquer des coupures lors de la manipulation ou de la prise du mors.
Le dentiste procède alors à un limage doux pour émousser leur extrémité sans entamer la dent. Ce geste doit être réalisé avec précaution, généralement tous les 1 à 2 ans, uniquement si une gêne est constatée.
L’apport d’un soin spécifique pour les chevaux âgés
Avec l’âge, la réserve de dent diminue et certaines dents tombent naturellement, rendant la mastication moins efficace.
Les vieux chevaux souffrent souvent de dents bancales, d’espaces creux (« diastèmes ») où s’accumulent des résidus alimentaires, menant à des inflammations ou infections.
Chez ces chevaux, le soin dentaire vise principalement à assurer une surface masticatoire la plus régulière possible, à éliminer les débris coincés et à limiter l’apparition de foyers infectieux (caries, abcès).
Un suivi biannuel est conseillé, parfois plus fréquent en cas de perte accélérée des dents ou d’inconfort manifeste.
Par exemple, un senior présentant une perte de poids sera soulagé par des dents débarrassées de pointes douloureuses et un nettoyage des diastèmes, permettant une meilleure assimilation des aliments.
L’importance de bien documenter les interventions
Tenir à jour un carnet de suivi dentaire est une bonne pratique. Noter les dates des visites, la nature des soins réalisés et les observations spécifiques (dents extraites, anomalies repérées) facilite le travail du dentiste lors des contrôles suivants.
Cela permet d’anticiper les évolutions à surveiller (par exemple, une dent fragilisée lors d’une visite précédente) et d’adapter plus finement la fréquence des soins pour chaque cheval selon son historique dentaire.

Conseils pratiques pour l’entretien quotidien et l’appel au dentiste équin
Observer régulièrement la bouche et le comportement du cheval
Prendre l’habitude d’examiner la bouche de son cheval, même partiellement, est un geste simple mais primordial pour détecter rapidement un problème dentaire.
Soulevez doucement les lèvres pour inspecter les gencives, la couleur des muqueuses et l’état des incisives.
N’hésitez pas à regarder si des dépôts alimentaires, des traces de sang ou de petites blessures sont présents, ce sont souvent les tout premiers signes d’une souffrance buccale.
Observez aussi ses habitudes alimentaires : un cheval qui laisse tomber de la nourriture, mâche de travers ou semble subitement rechigner devant la mangeoire doit attirer votre attention.
Chez les chevaux au travail, soyez vigilant à toute modification dans l’acceptation du mors, la flexion ou le port de tête.
Par exemple, un poney habituellement volontaire qui s’arrête devant le foin ou secoue souvent la tête peut simplement souffrir d’une pointe dentaire.
Adapter l’alimentation pour favoriser une bonne mastication
Veillez à proposer au cheval une alimentation adaptée à ses besoins et à sa dentition.
L’accès quotidien à un fourrage de qualité (foin, herbe) encourage la mastication naturelle, limite la formation de surdents et favorise l’usure régulière des dents.
Les concentrés devraient constituer un complément, non la base de l’alimentation, surtout pour les chevaux qui ne présentent pas de difficultés à mâcher.
Pour les chevaux âgés ou ayant perdu des dents, adaptez les fibres (foin haché, mash, bouchons humidifiés).
Un exemple : un cheval senior qui peine à consommer le foin classique sera soulagé par des fibres plus tendres et des aliments préalablement humidifiés, ce qui réduit le risque de coliques ou de blocages.
Mettre en place des routines d’hygiène et de surveillance
Nettoyez régulièrement l’abreuvoir, la mangeoire et les lourds seaux à mash pour éviter les fermentations qui aggraveraient une blessure buccale ou une gencive à vif.
Evitez de proposer des carottes trop dures ou des pommes entières à un cheval suspecté de fragilité dentaire : coupez-les en petits morceaux ou ramollissez-les.
Surveillez la croissance des barbes d’herbe, des buissons ou arbres autour des paddocks : certains végétaux peuvent favoriser la blessure de la bouche, notamment s’ils s’accumulent sur les dents lors du broutage.
Utiliser le mors avec précaution
Assurez-vous toujours que le mors soit bien adapté à la forme et à la taille de la bouche. Un mors mal ajusté ou trop agressif peut accentuer la gêne en présence de surdents ou de dents de loup.
Pensez à nettoyer le mors après chaque utilisation, afin de limiter le risque d’irritations supplémentaires, et faites vérifier l’embouchure par un professionnel si votre cheval montre une défensive inhabituelle à la prise de bouche.
Reconnaître les situations justifiant l’appel au dentiste équin
Si vous observez l’un des signes suivants, contactez sans tarder un dentiste équin ou un vétérinaire formé :
- Refus total de s’alimenter, perte d’état rapide
- Mauvaise haleine persistante, écoulements ou abcès visibles
- Saignement dans la bouche ou blessures visibles
- Changement brutal d’attitude au travail (résistance au mors, défensive à la manipulation de la tête)
- Présence de quiddes (boulettes d’herbe ou de foin tombées de la bouche)
Il vaut mieux solliciter un professionnel tôt : par exemple, attendre que le cheval « arrête complètement de manger » avant d’agir expose à des complications telles que la colique, une infection généralisée ou une perte de poids difficile à rattraper, surtout chez les individus âgés.
S’appuyer sur le suivi annuel, même en l’absence de symptômes
Mieux vaut prévenir que guérir : planifiez un contrôle dentaire annuel, même si votre cheval ne présente aucun signe alarmant.
Cette démarche permet de détecter les anomalies silencieuses et de garantir à votre compagnon un confort durable à l’alimentation comme au travail.
Un cheval de sport pourra par exemple poursuivre sa saison sereinement après le simple retrait d’une petite pointe découverte lors du contrôle annuel, évitant ainsi les blocages ou contre-performances ultérieures.
Communiquer toutes les observations au dentiste équin
Lors du rendez-vous, partagez vos impressions, signalez tout changement alimentaire, comportemental ou réaction inhabituelle au travail.
Plus vous communiquez, plus le professionnel pourra cibler son examen et apporter des réponses adaptées à la situation unique de votre cheval.
N’hésitez pas à tenir un carnet d’observations, à noter les dates de soins et les réactions du cheval après chaque intervention pour constituer un historique utile lors des visites suivantes.
FAQ : Tout savoir sur les dents du cheval
À quel âge doit-on faire contrôler les dents d’un jeune cheval pour la première fois ?
Il est recommandé de faire examiner la dentition d’un poulain dès l’âge de 1 an, même si les problèmes visibles sont rares à cet âge.
Un contrôle précoce permet de détecter des anomalies de croissance et d’habituer le jeune à la manipulation buccale.
Quels signes peuvent m’alerter de douleurs dentaires chez mon cheval, en plus de ceux cités dans l’article ?
Outre une perte d’appétit ou des difficultés à mâcher, soyez attentif à une hypersalivation, à des aliments non mâchés retrouvés dans la litière, ou à un changement d’attitude sous la selle.
Un cheval qui incline fréquemment la tête, secoue les rênes ou bave peut aussi souffrir de dents douloureuses.
Est-il possible d’observer soi-même l’état des dents de son cheval ?
Vous pouvez regarder l’avant de la bouche et repérer des blessures ou des aliments coincés, mais l’arrière des dents reste difficile à observer sans matériel adapté.
Pour un examen complet, il vaut mieux faire appel à un dentiste équin ou à un vétérinaire équipé d’un écarteur buccal.
À quelle fréquence faut-il contrôler la dentition si mon cheval est âgé et a déjà reçu des soins dentaires réguliers ?
Pour un cheval âgé, il est conseillé de réaliser au moins un contrôle annuel, voire deux si des problèmes ont déjà été relevés.
Le vieillissement augmente le risque de dents usées, tombantes ou d’infections : une surveillance accrue est donc essentielle.
Peut-on donner des friandises « dures » ou des carottes entières à un cheval ayant des problèmes de dents ?
Les chevaux ayant des dents sensibles ou abîmées auront du mal à croquer de gros aliments ou friandises dures.
Privilégiez des aliments coupés en morceaux, ramollis ou adaptés à leurs capacités de mastication.
Comment choisir un dentiste équin compétent ?
Privilégiez un professionnel diplômé, expérimenté et recommandé par votre vétérinaire ou votre entourage équestre.
N’hésitez pas à demander son expérience, ses outils et ses méthodes d’intervention pour choisir la personne la plus adaptée à votre cheval.
Les problèmes dentaires peuvent-ils influencer les réponses à la bride ou à la main ?
Oui, des douleurs dentaires influent directement sur l’acceptation du mors, la légèreté et la décontraction du cheval.
Un comportement d’opposition, des résistances ou un cheval qui « tire » peuvent révéler des soucis dentaires sous-pjacents.
En conclusion
La santé dentaire des chevaux requiert une attention constante, depuis la compréhension de la morphologie de leur dentition jusqu’à l’identification précoce des troubles.
Observer l’évolution des dents, reconnaître les signes d’un problème et adopter des soins réguliers, en collaboration avec un dentiste équin, garantit confort, performance et longévité à nos compagnons.
L’entretien quotidien et les interventions professionnelles sont les piliers d’une bouche saine et d’un cheval épanoui.