Le mors releveur est une embouchure à levier qui intervient sur plusieurs zones sensibles de la bouche du cheval. Il est particulièrement apprécié pour corriger les chevaux qui s’encapuchonnent ou qui tirent vers le bas.
Comment fonctionne réellement ce type de mors ? Dans quelles situations est-il pertinent de l’utiliser ? Comment le mettre correctement pour garantir le confort de votre monture ?
Lisez cet article pour tout comprendre sur le mors releveur et l’utiliser avec justesse.
Mors releveur : comprendre son action mécanique et ses effets sur la bouche du cheval
Le mors releveur a une action bien spécifique. Avant de l’utiliser, il faut comprendre comment il fonctionne et ce qu’il provoque réellement dans la bouche du cheval.
Le principe de fonctionnement du mors releveur : levier et pression
Le mors releveur fonctionne par effet de levier. Quand vous tirez sur les rênes, la branche inférieure pivote vers l’arrière. Au même moment, la branche supérieure appuie sur la nuque.
Le levier amplifie votre action. Une pression légère sur les rênes devient beaucoup plus forte dans la bouche. Vous devez avoir une main douce et précise.
La longueur des branches change tout. Plus elles sont longues, plus le levier est puissant. Et plus l’action devient sévère.
Les zones d’action : barres, commissures et langue
Le mors releveur agit sur plusieurs zones à la fois. Les barres reçoivent la pression principale. C’est cette partie osseuse de la mâchoire inférieure, sans dents.
Les commissures des lèvres subissent aussi une pression quand le mors tourne. Ça aide pour la direction et l’incurvation.
La langue est comprimée contre le palais. Tout dépend de la forme du canon. Un canon à passage de langue réduit cette pression.
Un canon droit l’augmente. La nuque reçoit une pression via la gourmette ou la chaînette. Le cheval cède et fléchit pour échapper à cet inconfort.
L’effet releveur : comment il agit sur l’incurvation et la posture
Le nom vient de l’action produite : le cheval relève son encolure. Il place sa tête plus à la verticale. C’est le résultat de la pression combinée sur les barres et la nuque.
Le cheval fuit naturellement l’inconfort. Il remonte son encolure et ramène son chanfrein pour diminuer la pression. Cette réaction peut être utile sur un cheval qui s’encapuchonne ou tire vers le bas.
L’action sur les commissures facilite l’incurvation latérale. Le mors releveur permet d’obtenir une flexion plus marquée. C’est pour ça qu’on le voit en dressage ou au travail à pied.
Les différences avec un mors simple et un mors de bride
Un mors simple agit par pression directe. Pas de levier. La force sur les rênes correspond exactement à ce que le cheval ressent. Il sollicite surtout les commissures et les barres, sans toucher la nuque.
Le mors de bride fonctionne aussi par levier. On l’utilise en double bride avec un filet. Il a une gourmette fixe. Son action est plus technique et demande un niveau équestre avancé.
Le mors releveur se situe entre les deux. Plus d’action qu’un mors simple, mais généralement moins contraignant qu’une bride complète. Certains cavaliers s’en servent pour une transition progressive vers des embouchures plus élaborées.
Dans quelles situations utiliser un mors releveur : identifier les besoins de votre monture
Le mors releveur n’est pas une embouchure universelle. Il répond à des besoins précis et ne doit pas être utilisé par défaut.
Observez d’abord le comportement de votre cheval. Identifiez clairement le problème à résoudre avant de changer d’embouchure.
Les chevaux qui s’encapuchonnent : une solution adaptée
Un cheval qui s’encapuchonne place son chanfrein en arrière de la verticale. Il fuit le contact ou cherche à se soustraire à l’action de la main. L’encolure se crispe, la propulsion devient impossible.
Le mors releveur agit sur les barres et la nuque en même temps. Il incite le cheval à remonter son encolure et à replacer son chanfrein.
L’embouchure devient utile quand le travail avec un mors simple ne suffit plus. Elle offre un soutien mécanique qui aide le cheval à comprendre la posture attendue.
Mais attention : vous traitez le symptôme, pas forcément la cause. Travaillez aussi la souplesse du dos, la musculation de l’encolure et la confiance dans le contact.
Travail de mise en main et amélioration du contact
La mise en main, c’est un contact stable et constant entre votre main et la bouche du cheval. Le mors releveur facilite cette connexion chez les chevaux qui se creusent ou tirent vers le bas.
L’action sur la nuque incite le cheval à céder. Il accepte le contact sans résistance excessive. Le dialogue devient plus fin.
Vous pouvez l’utiliser en rééducation ou sur des chevaux qui ont développé des défenses face à l’embouchure. L’effet de levier, utilisé avec délicatesse, rappelle qu’une réponse légère est attendue.
Cette embouchure améliore aussi la flexion latérale grâce à son action sur les commissures.
Disciplines équestres et contextes d’utilisation recommandés
Le mors releveur trouve sa place en dressage et dans le travail à pied. Il aide à obtenir une attitude rassemblée et une meilleure propulsion.
En CSO, certains cavaliers l’utilisent sur des chevaux qui s’appuient lourdement à l’abord. L’effet de levier rééquilibre rapidement la monture sans tirer excessivement.
Pour le travail en longe ou aux longues rênes, l’embouchure accompagne l’apprentissage de la descente de main et de l’auto-portant. Elle offre un cadre rassurant pour le cheval.
Elle reste peu adaptée aux disciplines de vitesse comme l’endurance ou le cross. Le cheval doit conserver une encolure étendue et une liberté totale dans ses allures.
Les limites et contre-indications : quand éviter ce type de mors
Le mors releveur ne convient pas aux jeunes chevaux en début de débourrage. Leur bouche est encore sensible. Ils ont besoin d’une embouchure simple et douce.
Évitez cette embouchure si vous n’avez pas une main stable et légère. L’effet de levier démultiplie la pression. Une action minime peut créer un inconfort important.
Les chevaux avec des pathologies buccales, des blessures aux barres ou une sensibilité excessive ne doivent jamais porter un mors à levier. Vous risquez d’aggraver leur inconfort et de créer des défenses irréversibles.
Si votre cheval se porte naturellement bien avec un mors simple, ne changez rien. Le mors releveur est un outil de correction, pas une norme.

Les différents modèles de mors releveur : faites le bon choix pour votre cheval
Le marché propose plusieurs types de mors releveurs. Chacun a ses spécificités. La clé, c’est de comprendre ce qui correspond vraiment à votre cheval.
Mors releveur simple brisure versus double brisure : avantages comparés
Le mors releveur à simple brisure a un canon articulé au centre. Quand vous agissez sur les rênes, il forme un V sur la langue et les barres.
Ça crée un effet de pincement assez marqué au milieu de la bouche. Pratique pour les chevaux qui s’appuient fort et qui ont besoin d’une action directe.
Le mors releveur à double brisure a une pièce centrale en plus (olive ou spatule). La pression se répartit mieux sur toute la langue.
L’action est plus douce. Ce modèle convient aux chevaux sensibles ou à ceux qui ont une langue épaisse. Moins de compression contre le palais.
Votre choix dépend de la réactivité de votre cheval et de sa bouche.
Les matériaux disponibles : acier, cuivre, caoutchouc et leurs propriétés
L’acier inoxydable reste le plus courant. Il dure dans le temps. Il ne rouille pas.
Son goût neutre convient à la plupart des chevaux. Facile à nettoyer et résistant aux morsures.
Le cuivre ou les alliages au cuivre stimulent la salivation. Leur goût légèrement sucré plaît aux chevaux. Une bouche bien salivée reste souple et décontractée.
Ça marche bien pour les chevaux qui ont la bouche sèche ou qui contractent la mâchoire. Par contre, le cuivre s’oxyde. Il faut l’entretenir régulièrement.
Le caoutchouc ou les matériaux synthétiques apportent de la douceur au contact. Parfait pour les jeunes chevaux ou les bouches très sensibles.
Leur souplesse limite les risques de blessure. Mais ils s’usent vite. À remplacer dès qu’ils se détériorent.
La taille et l’épaisseur du canon : critères de sélection
La largeur du mors doit correspondre à la bouche de votre cheval. Trop large, il glisse et frotte les commissures.
Trop étroit, il pince les lèvres. Pour vérifier : le canon doit dépasser d’environ 5 mm de chaque côté quand il est en place.
L’épaisseur du canon change tout sur la sévérité. Un canon épais répartit la pression sur plus de surface. Le contact est plus doux.
Un canon fin concentre la pression. L’effet de levier est amplifié. Les chevaux à petite bouche ou palais bas ont souvent besoin d’un canon fin. Mais ça demande une main encore plus légère.
Les options complémentaires : anneaux, branches et gourmettes
Les anneaux du mors releveur peuvent être fixes ou mobiles. Les anneaux mobiles tournent mieux et réduisent les pincements.
Les anneaux fixes donnent une action plus stable. Utile pour les chevaux qui ont besoin d’un cadre précis.
La longueur des branches détermine l’intensité du levier. Plus elles sont longues, plus l’action s’amplifie.
Pour débuter avec un mors releveur, prenez des branches courtes. L’effet reste modéré. Vous ajusterez ensuite selon la réponse de votre cheval.
La gourmette ou chaînette se place dans la barbette. Elle transmet la pression sur la nuque. Son réglage change tout.
Trop serrée, elle durcit le contact et crée des défenses. Trop lâche, elle retarde l’action. Le bon réglage : deux doigts passent entre la gourmette et la ganache au repos.
Comment mettre correctement un mors releveur : technique et ajustements essentiels
La mise en place d’un mors releveur demande de la précision. Chaque détail a son importance pour le confort du cheval et l’efficacité de l’embouchure.
Un mauvais réglage peut créer des défenses ou des blessures.
Le positionnement du mors dans la bouche : hauteur et orientation
La hauteur du mors releveur dans la bouche détermine son action. Le canon doit reposer sur les barres sans créer de tension excessive sur les commissures.
Le mors doit former un ou deux plis au coin des lèvres. C’est le repère visuel qui garantit une hauteur correcte.
Un mors trop bas glisse dans la bouche et perd en précision. Il peut heurter les dents, ce qui provoque inconfort et défenses.
Un mors trop haut tire sur les commissures en permanence. Le cheval risque de développer des plaies et de refuser le contact.
L’orientation du canon compte aussi. Les branches du mors releveur doivent pendre naturellement vers le bas quand la main est neutre.
Si les branches sont orientées vers l’avant ou l’arrière au repos, le montage n’est pas correct. Vérifiez le sens de fixation aux montants du filet.
Le réglage de la gourmette : tension et placement optimal
La gourmette transmet la pression sur la nuque et détermine l’intensité du levier. Son réglage est crucial.
Vous devez pouvoir passer deux doigts entre la gourmette et la ganache du cheval au repos. Ni trop serré, ni trop lâche.
Une gourmette trop serrée agit en permanence sur la nuque, même sans action de rêne. Le cheval va se contracter et développer des résistances pour fuir cette pression constante.
Une gourmette trop lâche retarde l’action du levier et rend le mors imprécis. Vous devez tirer davantage sur les rênes pour obtenir une réponse.
La gourmette se place dans le creux de la ganache, juste au-dessus de la pomme d’Adam. Elle doit reposer à plat contre la peau, sans vrille ni torsion.
Vérifiez que les maillons de la chaînette sont bien à plat. Une gourmette vrillée crée des points de pression localisés qui peuvent blesser le cheval.
La fixation aux montants du filet : sens et sécurité
Le sens de fixation du mors releveur aux montants conditionne son fonctionnement. Une erreur à ce niveau annule complètement l’effet recherché.
Les anneaux supérieurs des branches se fixent aux montants de la têtière. Les anneaux inférieurs reçoivent les rênes.
Si vous inversez, le levier ne peut pas s’exercer correctement. Le mors devient inefficace et peut même créer un effet inverse.
Assurez-vous que les boucles des montants sont bien fermées et sécurisées. Un montant qui se détache en pleine séance est dangereux.
Les anneaux doivent coulisser librement sans accroc. Testez la rotation des branches avant de monter pour vérifier que rien ne bloque le mécanisme.
Les vérifications à effectuer avant et après la mise en place
Avant de monter, inspectez visuellement l’ensemble de l’embouchure. Vérifiez que le mors est centré dans la bouche, avec un dépassement égal de chaque côté.
Passez votre doigt sous le canon pour vous assurer qu’il ne repose pas directement sur les dents. La langue doit pouvoir se positionner naturellement.
Contrôlez la tension de la gourmette une dernière fois. Le cheval peut avoir bougé la tête pendant le sanglage.
Après quelques minutes de travail, descendez et vérifiez à nouveau. Le mors a pu se déplacer légèrement avec les premiers mouvements.
En fin de séance, examinez la bouche du cheval. Recherchez d’éventuelles marques rouges sur les barres, les commissures ou sous la ganache.
Des traces légères qui disparaissent rapidement sont normales. Des marques profondes ou persistantes signalent un problème de réglage ou d’inadaptation du mors.

Utiliser le mors releveur avec justesse : conseils pratiques pour une équitation respectueuse
Le mors releveur amplifie chaque action de main. L’effet de levier démultiplie la moindre tension. Ça impose une vraie responsabilité au cavalier.
L’importance de la légèreté des mains et de la finesse des aides
Avec un mors releveur, impossible de tricher. Une pression légère devient une action significative sur la bouche du cheval.
Une main lourde ou instable crée des pressions excessives sur les barres et la nuque. Le cheval se contracte, ouvre la bouche ou bat à la main pour échapper à la douleur.
Privilégiez des actions brèves et précises. Pas de tractions continues. Votre main doit rester fixe par rapport à la bouche, en suivant les mouvements naturels de l’encolure.
Un cheval qui avance franchement dans l’impulsion nécessite moins d’action de main. Vos jambes et votre assiette font la moitié du travail.
La phase de transition : habituer progressivement votre cheval
Le passage à un mors releveur ne se fait pas du jour au lendemain. Votre cheval doit comprendre cette nouvelle embouchure qui sollicite sa bouche différemment.
Commencez par des séances courtes de 15 à 20 minutes maximum. Alternez avec votre mors habituel. Ça évite le stress et la confusion.
Les premières utilisations : limitez-vous à un travail simple aux trois allures. Pas d’exercices techniques complexes. Observez les réactions de votre monture : mâchonnements, salivation, décontraction de la mâchoire.
Augmentez la durée d’utilisation sur plusieurs semaines. Si votre cheval résiste ou montre des signes d’inconfort persistants, revenez en arrière.
Cette phase permet aussi au cavalier de s’habituer à la sensibilité accrue du mors et d’ajuster la légèreté de sa main.
Les erreurs fréquentes à éviter pour préserver le bien-être de votre monture
L’erreur la plus courante : utiliser le mors releveur comme solution miracle. Un cheval qui s’encapuchonne ou tire vers le bas a besoin de musculation et de gymnastique. Pas seulement d’un changement d’embouchure.
Évitez absolument les actions de main vers le haut ou l’arrière. Ces gestes amplifient dangereusement la pression sur la nuque. Vous risquez des lésions cervicales.
Ne serrez jamais excessivement la gourmette pour « renforcer l’effet ». Une tension excessive crée des contractions permanentes et des défenses irréversibles.
Autre erreur : utiliser un mors releveur en permanence sans revenir régulièrement à un mors simple. Le cheval ne développe plus son autonomie et sa capacité à se porter naturellement.
N’utilisez jamais un mors releveur pour compenser un manque de technique ou pour « tenir » un cheval chaud. Ce type d’embouchure exige une main éduquée et stable.
En résumé
Le mors releveur est un outil technique qui nécessite une main légère et éduquée. Son effet de levier amplifie la moindre action sur les rênes.
Utilisez-le uniquement si votre cheval en a réellement besoin et après avoir travaillé sur les causes profondes des problèmes de posture. Respectez une phase de transition progressive et contrôlez régulièrement l’état de la bouche de votre monture.
Un réglage précis de la gourmette et une hauteur adaptée du mors conditionnent son efficacité et le bien-être de votre cheval.