Cheval maigre: quel grain choisir ?

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La prise de poids chez le cheval maigre est un sujet de préoccupation pour de nombreux propriétaires, notamment parce qu’environ 16 % des chevaux en France souffrent d’un amaigrissement non pathologique lié à une alimentation inadaptée, selon une enquête de l’IFCE.

Pourtant, offrir la bonne alimentation et le bon grain peut faire toute la différence dans la santé et le bien-être d’un équidé.

Avant de se tourner vers des aliments complémentaires pour favoriser la prise de poids, il est essentiel d’identifier les causes qui expliquent la maigreur de votre cheval, qu’elles soient médicales, environnementales ou alimentaires.

Comprendre pourquoi un cheval maigrit : les causes possibles

Problèmes dentaires : un obstacle fréquent

Les problèmes dentaires figurent parmi les raisons les plus courantes de la perte de poids chez le cheval, en particulier chez les sujets âgés.

Des dents usées, mal alignées ou des surdents peuvent empêcher le cheval de mastiquer convenablement et donc de bien assimiler les aliments.

Par exemple, un cheval qui laisse tomber du foin ou qui salive en mangeant peut souffrir d’une gêne buccale. Faire vérifier la bouche de votre cheval par un dentiste équin au moins une fois par an est essentiel pour éviter ce type de problème.

Parasites internes : une vigilance incontournable

Une infestation parasitaire, surtout chez les jeunes chevaux ou ceux vivant en groupe au pré, peut entraîner une maigreur progressive malgré une ration suffisante.

Les vers internes consomment une partie des nutriments ingérés par le cheval, ce qui réduit l’efficacité alimentaire.

Des signes comme un poil terne, une baisse de forme générale, ou des crottins mous doivent vous alerter.

Un programme vermifuge adapté, réalisé en fonction des résultats de coproscopies, est indispensable pour préserver la santé et la ligne de votre cheval.

Alimentation inadaptée ou sous-alimentation

Si la ration n’est pas suffisamment riche ou énergétiquement adaptée aux besoins du cheval (travail, croissance, gestation, hiver froid…), celui-ci va puiser dans ses réserves et maigrir.

Parfois, les fourrages sont de qualité insuffisante ou leur quantité n’est pas assez importante pour couvrir les besoins de l’animal.

Par exemple, un pur-sang au travail soutenu aura des besoins caloriques bien supérieurs à un cheval de loisir. Évaluer régulièrement la qualité et la quantité de l’alimentation permet d’adapter la ration avant que la perte de poids ne s’installe.

Maladies chroniques et troubles métaboliques

Certaines pathologies comme l’insuffisance hépatique, rénale, ou les infections chroniques peuvent provoquer une fonte musculaire ou une maigreur rapide.

Les troubles hormonaux, digestifs (malabsorption, ulcère) ou métaboliques (Cushing par exemple) peuvent aussi jouer un rôle.

Un amaigrissement soudain ou inexpliqué, surtout s’il s’accompagne de signes comme l’apathie, la soif inhabituelle ou la diarrhée, doit amener à consulter le vétérinaire pour effectuer un bilan complet.

Stress, hiérarchie et environnement

Le stress chronique (transport, déménagement, changements dans le troupeau) ou un mauvais positionnement hiérarchique au sein du groupe (soumission, cheval chassé et empêché d’accéder à l’aliment) peuvent aussi expliquer un amaigrissement.

Un cheval anxieux ou isolé peut perdre l’appétit, gaspiller de l’énergie à se défendre ou être privé de ressources par ses congénères. Surveiller le comportement au pré et assurer l’accès de chacun à la nourriture aide à identifier ce type de problème.

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Les critères de choix d’un aliment pour faire grossir un cheval

La densité énergétique : privilégier des aliments riches en calories assimilables

Le point clé pour favoriser la prise de poids est d’augmenter l’apport énergétique de la ration. Mais toutes les sources d’énergie ne se valent pas pour un cheval.

Il s’agit d’opter pour des aliments concentrant beaucoup d’énergie dans un faible volume, permettant au cheval de recevoir plus de calories sans devoir consommer des quantités énormes.

Par exemple, l’avoine et l’orge sont deux céréales plus riches en énergie que le foin seul.

La digestibilité des aliments : opter pour des sources facilement assimilables

Un aliment hautement énergétique ne sera efficace que s’il est bien digéré et assimilé par le cheval, surtout chez les sujets âgés ou fragilisés. Privilégier des aliments extrudés, floconnés, ou micronisés (au lieu de grains entiers) aide à rendre les nutriments plus disponibles.

Par exemple, l’orge aplatie ou cuite est mieux assimilée que l’orge entière, qu’un cheval mal mastiquant pourrait retrouver non digérée dans ses crottins.

Un aliment digestible limite aussi les troubles digestifs et favorise une assimilation optimale des calories, permettant une prise de poids progressive et sûre.

L’équilibre entre énergie, protéines et fibres

Pour bien faire grossir un cheval, il ne suffit pas d’augmenter l’énergie : il faut aussi maintenir un bon apport protéique pour favoriser la reprise de masse musculaire, et conserver une base fibreuse pour la santé digestive.

Un cheval maigre après une maladie peut bénéficier d’un apport protéique légèrement augmenté (luzerne, flocons de soja), toujours en s’assurant que son foie et ses reins fonctionnent correctement.

À l’inverse, trop de protéines sans assez d’énergie peut fatiguer l’organisme inutilement. L’association d’un grain adapté (apportant énergie) et d’un fourrage de qualité (apportant fibres et protéines végétales) permet un équilibre propice à la prise d’état.

La composition : vigilance sur l’amidon et le sucre

Les grains classiques comme l’avoine et l’orge sont riches en amidon : ils donnent rapidement de l’énergie et font prendre du poids, mais en excès, ils peuvent favoriser des troubles digestifs ou le développement de certaines pathologies (fourbure, ulcères, troubles du comportement).

Privilégier des aliments dont le taux d’amidon reste modéré, ou associer une partie de l’apport énergétique avec des matières grasses ou des fibres rapidement fermentescibles (pulpe de betterave, son de blé), permet une prise de poids plus douce et respectueuse du système digestif.

L’appétence de l’aliment

Un cheval qui n’aime pas son aliment, ou qui a perdu l’appétit, ne mangera pas avec plaisir et risquera de laisser une partie de sa ration.

Choisir un grain appétent, avec de bonnes odeurs, voire des saveurs ajoutées (mélasse, pomme séchée), favorise la prise alimentaire et soutient le moral du cheval.

Par exemple, certains aliments floconnés sont appréciés même des chevaux difficiles, tandis qu’une simple céréale peut ne pas séduire un animal fatigué ou stressé.

La qualité sanitaire et la fraîcheur

Un critère trop souvent négligé : la qualité de conservation, l’absence de poussières, de moisissures ou de contaminants dans le grain choisi.

Un aliment de mauvaise qualité peut déclencher des problèmes digestifs ou favoriser des intoxications, mettant à mal tous les efforts entrepris.

Il est donc préférable d’acheter des grains auprès de fournisseurs fiables, en veillant à un stockage dans de bonnes conditions (local sec, aéré, containers hermétiques), surtout quand la ration est enrichie pour la prise de poids.

Un aliment sain et propre garantit le bon fonctionnement digestif et l’efficacité de l’opération “prise d’état”.

Les différents types de grains adaptés pour la prise de poids

L’avoine : le grain classique, bien toléré

L’avoine occupe une place privilégiée dans les rations équines grâce à sa digestibilité et à sa richesse énergétique. Moins concentrée en amidon que d’autres céréales, elle présente aussi une enveloppe fibreuse appréciée pour favoriser le transit.

C’est souvent la première céréale proposée, surtout pour les chevaux actifs qui doivent prendre du poids. L’avoine est généralement bien tolérée par la plupart des chevaux, même ceux ayant une digestion un peu sensible.

Toutefois, elle n’est pas la plus calorique : pour les chevaux très maigres ou aux besoins élevés, il peut être nécessaire de compléter avec d’autres sources.

Il est recommandé de préférer l’avoine aplatie ou concassée, plus facile à assimiler, surtout si le cheval a des problèmes dentaires.

L’orge : l’énergie concentrée, à bien préparer

L’orge apporte davantage d’énergie que l’avoine, avec une teneur en amidon assez élevée. Elle est donc idéale pour des chevaux amaigris nécessitant un apport calorique prolongé.

Cependant, crue et entière, l’orge est peu digestible pour le cheval. Pour optimiser son utilisation et éviter les troubles digestifs, il est préférable de la donner aplatie, floconnée ou, encore mieux, cuite.

Cette transformation rend l’amidon plus disponible et limite le risque de retrouver des grains entiers dans les crottins.

L’orge est très utile en hiver ou pour les chevaux au travail nécessitant une prise d’état rapide, mais il est essentiel de l’introduire graduellement et de surveiller tout signe de sensibilité digestive.

Le maïs : très énergétique, avec prudence

Le maïs est l’une des céréales les plus riches en énergie, du fait de sa forte teneur en amidon et en lipides. C’est un excellent grain pour faire grossir un cheval, à condition de l’utiliser avec contrôle.

Il est particulièrement adapté aux chevaux ayant besoin d’un boost calorique marqué, mais il est moins riche en fibres et doit toujours être associé à une bonne base de fourrage.

Le maïs doit être distribué sous forme floconnée ou concassée pour être bien digéré, car son enveloppe dure est difficile à casser, même avec de bonnes dents.

Attention : une surcharge en maïs peut favoriser les troubles digestifs ou le surpoids si l’activité est insuffisante. Il convient donc de l’introduire en quantité limitée et de surveiller la réaction du cheval lors de son intégration à la ration.

Les mélanges floconnés et aliments « prise d’état » du commerce

De nombreux fabricants proposent des mélanges de grains floconnés, spécifiquement formulés pour la prise de poids ou la remise en état.

Ces aliments associent le plus souvent plusieurs céréales (orge, avoine, maïs), des fibres digestibles (pulpe de betterave, luzerne), des matières grasses végétales (huile de soja, graines de lin), et des minéraux équilibrés.

L’intérêt de ces aliments « complets » réside dans leur présentation hautement appétente et leur digestibilité améliorée : la floconnation ou l’extrusion augmente la disponibilité des nutriments et réduit le risque de troubles intestinaux.

Ils sont particulièrement recommandés pour les chevaux âgés, convalescents, ou montrant des signes de « fatigue digestive », ainsi que pour faciliter la ration des chevaux difficiles à nourrir.

Les sources de matières grasses : huiles végétales et graines

Pour compléter les apports sans alourdir la ration de céréales, on peut enrichir l’alimentation en matières grasses, qui fournissent deux à trois fois plus de calories que les glucides, tout en étant très digestes pour le cheval.

L’huile de colza, de tournesol ou de lin sont des choix populaires et sûrs : il suffit d’ajouter 100 à 300 ml par jour à la ration, en augmentant progressivement la dose afin d’habituer la flore intestinale.

Les graines de lin (cuites ou extrudées) constituent également une excellente option, car elles apportent en plus des oméga 3 bénéfiques pour la peau et la récupération musculaire.

Les alternatives fibreuses à haute valeur énergétique

Certains chevaux ne tolèrent pas ou digèrent mal les céréales classiques. Dans ce cas, il existe des alternatives fibreuses très intéressantes, comme la pulpe de betterave déshydratée ou les bouchons de luzerne.

La pulpe de betterave, réhydratée avant distribution, apporte une énergie douce, sans excès d’amidon et avec une très bonne appétence. Elle est parfaite pour les chevaux à risque de troubles digestifs ou pour compléter un apport en céréales.

La luzerne, riche en protéines et en calcium, soutient la reprise musculaire tout en apportant des fibres longues bénéfiques pour le transit.

Associer l’une ou l’autre de ces sources à des céréales énergétiques permet souvent de composer une ration équilibrée, efficace et bien tolérée pour la prise de poids.

Comment intégrer progressivement le grain à la ration

Respecter une transition alimentaire en douceur

Le système digestif du cheval est particulièrement sensible aux variations soudaines. Introduire un grain sur plusieurs jours, voire semaines, permet à la flore intestinale de s’adapter et d’éviter les fermentations brutales susceptibles de causer des inconforts, voire des coliques.

Pour bien faire, commencez par ajouter une toute petite quantité du grain choisi ( généralement 100 g à 200 g selon la taille du cheval ) en remplacement d’autant de fourrage ou d’ancien aliment, et observez son comportement ainsi que la consistance de ses crottins.

Augmentez progressivement la dose tous les deux à trois jours, par paliers de 100 à 200 g, jusqu’à atteindre la quantité nécessaire, généralement entre 1 et 3 kg par jour pour un cheval adulte (en fonction de ses besoins, de son gabarit et du type de grain).

Exemple concret : pour une jument de 500 kg nécessitant 2 kg de mélange floconné par jour, démarrez à 200 g le premier jour, puis 400 g au bout de trois jours, et continuez ainsi jusqu’à la dose souhaitée sur environ 10-14 jours.

Fractionner la distribution des grains

Il est important de répartir la ration quotidienne de grain en plusieurs repas, idéalement trois, car l’estomac du cheval est de petite capacité.

Un apport excessif de grain donné en une seule fois surcharge l’estomac, augmente le risque de fermentation anormale dans le gros intestin, et peut mener à des coliques ou à des troubles métaboliques comme la fourbure.

Même pour un cheval ayant beaucoup de besoins, il est conseillé de ne pas dépasser 1 à 1,5 kg de grain par repas. Si nécessaire, adaptez votre organisation pour offrir trois, voire quatre petits repas sur la journée.

Associer le grain avec du fourrage de qualité

Un cheval doit toujours recevoir son grain après avoir eu accès à son foin ou à l’herbe. Mélanger le grain dans le fourrage, ou bien donner la ration de grain juste après la distribution de foin, ralentit l’ingestion, favorise la mastication et amortit les pics d’acidité dans l’estomac.

C’est essentiel pour limiter l’apparition d’ulcères ou d’irritations digestives, notamment chez les sujets les plus fragiles. Le fourrage aide également à maintenir un bon transit.

Par exemple, vous pouvez mouiller le grain, notamment si le cheval a tendance à l’avaler trop vite ou présente un risque de bouchon œsophagien. Cette astuce améliore aussi l’appétence des rations.

Surveiller les réactions et adapter en fonction

Observez minutieusement l’état général de votre cheval, la brillance du poil, la consistance des crottins et l’appétit lors de toute modification de ration.

À la moindre suspicion d’inconfort digestif (crottins plus mous, ballonnements, début d’abattement), ralentissez l’augmentation du grain, voire réduisez temporairement la quantité, pour laisser le temps à l’organisme de s’ajuster.

Certains chevaux peuvent mettre plus de temps à s’habituer à un nouvel aliment, surtout s’ils sont âgés ou fragiles.

Adapter l’introduction selon les profils spécifiques

Si le cheval a des antécédents de troubles digestifs (coliques, ulcères), ou s’il est très âgé, il est recommandé d’opter pour des aliments floconnés, extrudés ou des fibres rapidement fermentescibles, à intégrer encore plus lentement qu’un grain classique.

En cas de doute, il est judicieux de solliciter un professionnel de la nutrition équine qui pourra établir un protocole d’adaptation sur-mesure, avec un suivi régulier.

Par exemple, pour un cheval âgé ayant perdu de la dentition, privilégiez la pulpe de betterave réhydratée ou les mashs floconnés, en démarrant à très faible dose et en surveillant son appétit ainsi que le confort digestif.

Précautions, suivi et erreurs à éviter lors du supplément de grain

Surveiller attentivement la santé digestive

Le tube digestif du cheval est conçu pour traiter majoritairement du fourrage et reste sensible aux excès de céréales ou aux changements de ration.

Un surplus de grain, une introduction trop rapide ou un aliment mal adapté peuvent provoquer des coliques, des diarrhées, voire déclencher une fourbure, une pathologie redoutable.

Par exemple, si, quelques jours après l’augmentation de la ration de grain, vous remarquez que les crottins deviennent mous, que le cheval montre des signes d’inconfort (piétinements, sueurs, anxiété), il faut stopper l’apport supplémentaire immédiatement et contacter rapidement le vétérinaire si les signes persistent.

S’assurer que la ration de grain reste complémentaire au fourrage, sans le remplacer, est capital pour préserver l’équilibre digestif.

Ne jamais surdoser ou augmenter brutalement la quantité

Il est tentant, face à un cheval amaigri, de vouloir « forcer la dose » dans l’espoir d’accélérer sa reprise. Cette approche risque au contraire d’aggraver la situation.

L’estomac et la flore intestinale du cheval ont besoin de temps pour s’adapter à toute évolution alimentaire.

Un ajout brutal de 2 kg de grain du jour au lendemain peut provoquer des fermentations anormales, des acidifications du côlon ou même un bouchon œsophagien.

Privilégiez toujours une augmentation progressive, même si la prise de poids semble lente.

Par exemple, pour un cheval de 500 kg, il est déconseillé de dépasser 500 g d’augmentation par semaine, la patience reste la clé d’un résultat durable.

Limiter l’apport d’amidon et de sucres rapides

Les céréales classiques sont riches en amidon, qui n’est digéré efficacement que dans l’intestin grêle. Un excès, ou une trop forte dose en un repas, aboutit à un passage de l’amidon dans le gros intestin où il fermente, créant un terrain propice aux coliques ou à la fourbure.

Préférez fractionner les repas et limiter le pourcentage d’amidon : dans l’idéal, chaque portion ne doit pas excéder 1 g d’amidon par kilo de poids vif du cheval et par repas.

Si votre cheval montre des signes d’agitation après ses repas (coup de sang, nervosité inhabituelle), cela peut également indiquer une surcharge rapide en sucres : il sera alors préférable de basculer vers des aliments plus riches en fibres ou matières grasses.

S’assurer d’un apport suffisant en eau et sel

Un cheval supplémenté en grain boira généralement plus, car la digestion des céréales mobilise davantage d’eau. Une hydratation inadéquate augmente le risque de bouchons digestifs ou de coliques.

Veillez à proposer en permanence une eau fraîche et propre, surtout si la ration inclut de la pulpe de betterave ou des aliments riches en fibres solubles qui peuvent absorber l’eau dans l’intestin.

N’oubliez pas non plus l’apport de sel sous forme de pierre à lécher ou de complément adapté. La prise de grain augmente la nécessité d’équilibrer les électrolytes de l’organisme, surtout en période de chaleur ou lors d’un effort physique.

Autre exemple : si la ration est très sèche, comme avec des floconnés ou des bouchons, mouillez systématiquement l’aliment pour limiter les risques de fausse route ou d’impact dans l’œsophage.

Éviter de faire grossir « trop vite » : attention au surpoids

L’objectif est de ramener le cheval à un état corporel idéal, sans le faire basculer dans l’excès inverse. Le surpoids est source de nombreux problèmes : fourbure, troubles articulaires, essoufflement à l’effort, et favorise le développement de syndromes métaboliques.

Vérifiez l’évolution de l’état de chair toutes les deux à trois semaines, à l’œil, mais surtout avec la main (côtes, encolure, croupe).

Dès que l’animal retrouve une condition correcte, réduisez progressivement l’apport de grains pour revenir à une ration de maintien, équilibrée entre énergie, fourrage et activité.

Chez les poneys, les races rustiques ou les chevaux peu actifs, soyez encore plus vigilants face au risque de suralimentation.

Assurer un suivi régulier et ajuster en fonction de l’évolution

Chaque cheval réagit différemment à tel ou tel aliment. Il est donc indispensable de suivre mensuellement sa courbe de poids (balance, toise de masse), l’état du poil, le dynamisme, la forme générale et la qualité des crottins.

Notez vos observations dans un carnet ou une application dédiée : ainsi vous repérerez plus facilement les phases de stagnation ou de progrès rapide.

Si la prise de poids ne se produit pas malgré une alimentation adaptée, ou si d’autres problèmes surviennent (perte d’appétit, œdèmes, toux, poil terne), consultez le vétérinaire pour un bilan complet et un ajustement de la ration.

Ne pas négliger l’accompagnement vétérinaire et nutritionnel

Un amaigrissement peut révéler une maladie sous-jacente ou un trouble chronique. N’hésitez jamais à demander conseil à votre vétérinaire ou à un spécialiste de la nutrition équine avant et pendant le supplément de grain.

Par exemple, certains chevaux souffrant de Cushing ou d’ulcère gastrique nécessitent des aliments très spécifiques, sous surveillance rapprochée.

Faire attention à la compétition alimentaire et au stress

Un cheval dominé ou stressé peut ne pas manger la totalité de sa ration ou s’alimenter trop précipitamment, ce qui augmente le risque de troubles digestifs ou de sous-alimentation.

Si possible, distribuez le grain dans des seaux individuels et séparez les chevaux sensibles pendant les repas. Observez que chaque cheval ait accès à son complément sans être chassé par les congénères.

Un animal anxieux profitera d’un environnement calme, rassurant et d’une routine alimentaire stable pour mieux assimiler sa ration et reprendre de l’état efficacement.

FAQ – Tout savoir sur le grain pour faire grossir un cheval

Quel est le temps nécessaire pour voir mon cheval prendre du poids avec un supplément de grain ?

Généralement, les premiers changements sont visibles après 3 à 4 semaines d’une nouvelle ration adaptée.
Cependant, chaque cheval réagit différemment, selon son métabolisme, son âge et son état initial.

Il est important de surveiller l’évolution toutes les semaines en évaluant l’état corporel et d’ajuster si besoin.

Est-ce qu’augmenter la ration de grain est suffisant pour faire grossir un cheval maigre ?

Non, le foin de qualité reste la base de l’alimentation et doit représenter la majorité de la ration.
Augmenter seulement le grain peut entraîner des troubles digestifs si la ration de fourrage n’est pas suffisante.

L’apport de grain doit venir compléter un apport en fibres de qualité adapté, et non le remplacer.

Y a-t-il un risque à donner trop de grain d’un coup ?

Oui, donner trop de grain d’un coup augmente le risque de coliques, de fourbure et de déséquilibres digestifs.
Il est essentiel d’intégrer le grain progressivement, sur 10 à 15 jours, en fractionnant idéalement les apports quotidiens.

Une règle simple : ne jamais dépasser 500 g de grain par repas pour un cheval adulte, sans adaptation préalable.

Quels signes montrent que mon cheval ne supporte pas le supplément de grain ?

Surveillez l’apparition de diarrhée, de crottins trop mous, de ballonnements ou de coliques.
Des signes comme l’agitation, la nervosité ou une baisse d’appétit peuvent également alerter.

En cas de doute, arrêtez la supplémentation et demandez conseil à un vétérinaire.

Conclusion

Faire grossir un cheval nécessite d’identifier précisément la ou les causes de sa maigreur, d’opter pour des aliments concentrés adaptés à ses besoins et de les intégrer progressivement dans sa ration quotidienne.

Il est essentiel de privilégier des grains de qualité, riches en énergie, et de surveiller de près l’évolution de l’état corporel du cheval tout en restant attentif à son bien-être général.

Avec rigueur et méthode, il est possible d’aider efficacement un cheval à reprendre de l’état, tout en évitant les erreurs courantes lors de la supplémentation.

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