Strongles chez le cheval : causes, symptômes et traitement

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Les strongles sont des parasites internes fréquents chez le cheval. Leur prise en charge repose sur le diagnostic vétérinaire, la coproscopie, un vermifuge choisi avec discernement et une bonne gestion du pâturage.

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Sommaire de l'article

Les strongles comptent parmi les parasites internes les plus fréquents chez le cheval. Presque tous les équidés ayant accès à un pâturage y sont exposés à un moment ou un autre.

Pourtant, leur présence ne se traduit pas toujours par des signes visibles, et les symptômes qu’ils provoquent peuvent ressembler à ceux d’autres affections digestives.

Comprendre leur fonctionnement, savoir quand consulter et connaître les leviers de prévention disponibles aide à prendre de meilleures décisions avec son vétérinaire.

Comprendre les strongles chez le cheval : définition, types et contamination

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Les strongles sont des vers ronds, appelés nématodes, qui parasitent le tube digestif du cheval, principalement le gros intestin et le cæcum.

Leur présence est très répandue chez les chevaux ayant accès aux pâtures et aux paddocks, comme le rappellent les ressources de l’IFCE sur les petits strongles et d’ESCCAP France sur les grands strongles.

On distingue deux groupes aux comportements biologiques très différents :

  • Les grands strongles (principalement Strongylus vulgaris) sont aujourd’hui moins fréquents grâce aux programmes de vermifugation régulière. Leur particularité est de migrer à travers les parois des artères intestinales au cours de leur développement larvaire, ce qui peut provoquer des lésions vasculaires sérieuses.
  • Les petits strongles (cyathostomes, qui regroupent une cinquantaine d’espèces) sont désormais les plus courants. Leur dangerosité tient notamment à leur capacité à s’enkyster dans la muqueuse intestinale à l’état de larves dormantes, parfois pendant plusieurs mois, avant de se réveiller massivement.

Le cycle parasitaire suit une logique simple. Les vers adultes présents dans l’intestin pondent des œufs éliminés dans les crottins.

Sur le pâturage, ces œufs évoluent en larves infestantes en quelques jours à quelques semaines selon la température et l’humidité. Le cheval se contamine en ingérant ces larves en broutant l’herbe, surtout à proximité des zones de dépôt de crottins.

Dans un pré où les crottins ne sont pas ramassés régulièrement et où plusieurs chevaux pâturent sur une petite surface, la concentration de larves dans l’herbe peut devenir très élevée, notamment au printemps et en automne.

Les poulains et jeunes chevaux, dont le système immunitaire n’est pas encore rodé face à ces parasites, sont particulièrement exposés à une charge parasitaire importante.

La coproscopie, c’est-à-dire l’analyse microscopique des matières fécales pour quantifier les œufs de parasites, reste l’outil de référence pour évaluer la pression parasitaire d’un cheval ou d’un groupe.

Il faut cependant noter une limite importante : les larves enkystées des petits strongles ne produisent pas d’œufs détectables par les méthodes standard. Leur présence peut donc passer inaperçue même avec un résultat de coproscopie faible.

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Symptômes possibles, signes d’alerte et intérêt du diagnostic

Une infestation par des strongles ne produit pas toujours de signes visibles, surtout lorsque la charge parasitaire reste modérée.

Quand des manifestations apparaissent, elles sont rarement spécifiques : elles peuvent correspondre à d’autres parasites, à une pathologie digestive ou à un déficit alimentaire. L’observation doit orienter vers un vétérinaire, pas vers une décision de traitement immédiate.

Ce que l’on peut observer

Les signes les plus fréquemment associés à une charge parasitaire élevée sont :

  • Perte d’état progressive et poil terne ou piqué, surtout en fin d’hiver ou au printemps, période où les larves enkystées des petits strongles peuvent se réveiller massivement dans la muqueuse intestinale ;
  • Diarrhée, parfois intermittente, liée à l’irritation de la paroi du gros intestin ;
  • Coliques, de légères à plus marquées, notamment dans les infestations à grands strongles où les larves migrent dans les parois artérielles intestinales.

Les chevaux jeunes présentent généralement des signes plus nets et plus rapides, leur système immunitaire n’ayant pas encore développé de réponse adaptée. Un poulain en pâturage collectif qui maigrit sans raison alimentaire évidente mérite une attention particulière.

Signes d’alerte qui justifient un avis vétérinaire rapide

Certaines situations ne doivent pas attendre une consultation programmée :

  • Coliques répétées ou persistantes
  • Diarrhée marquée, surtout si elle dure plus de 24 à 48 heures
  • Abattement net, refus de s’alimenter
  • Perte d’état rapide et inexpliquée

Ces signes peuvent indiquer une larvo-cyathostominose, c’est-à-dire un réveil brutal de larves enkystées, ou une complication vasculaire liée aux grands strongles. Dans ces cas, un diagnostic précis conditionne la prise en charge.

Le rôle de la coproscopie dans l’évaluation

La coproscopie permet au vétérinaire d’évaluer le nombre d’œufs par gramme de crottins et d’adapter la décision de vermifugation en conséquence, plutôt que de traiter systématiquement tous les chevaux d’un effectif.

Sa limite principale reste l’invisibilité des larves enkystées : un résultat faible n’exclut pas une charge larvaire significative. Le vétérinaire complète donc cette analyse avec l’historique du cheval et le contexte d’élevage avant de prendre une décision.

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Traitement des strongles et prévention : principes généraux à connaître

Lorsqu’une charge parasitaire est confirmée ou suspectée, la réponse ne se résume pas à l’administration d’un vermifuge. Le traitement s’inscrit dans une stratégie globale qui tient compte du cheval, de son environnement et de l’historique de l’écurie.

Agir sans ce contexte expose à deux écueils : traiter inutilement des chevaux qui n’en ont pas besoin, ou sous-traiter une infestation réelle.

Le vermifuge : un outil à utiliser avec discernement

Les vermifuges, c’est-à-dire les antiparasitaires administrés par voie orale, restent le principal moyen de réduire la charge en vers adultes.

Leur efficacité n’est cependant pas garantie dans tous les contextes. La résistance aux antiparasitaires désigne la capacité de certaines populations de parasites à survivre à des molécules qui les éliminaient auparavant.

Ce phénomène, documenté chez les cyathostomes, est favorisé par des traitements trop fréquents, systématiques ou mal ciblés.

Le vétérinaire adapte le choix de la molécule, le moment du traitement et les chevaux concernés en fonction des résultats de coproscopie et du profil de chaque animal.

Certains chevaux excrètent naturellement peu d’œufs et n’ont pas besoin d’être traités aussi souvent que d’autres dans le même effectif. Il n’est pas recommandé de choisir soi-même un vermifuge ou d’en ajuster la fréquence sans avis vétérinaire.

La gestion de l’environnement, levier aussi important que le traitement

Vermifuger un cheval sans agir sur son environnement revient à vider une baignoire sans fermer le robinet. Les larves infestantes présentes sur le pâturage recontaminent rapidement les chevaux traités. Deux leviers concrets permettent de réduire cette pression :

  • Le ramassage régulier des crottins : retirer les crottins deux à trois fois par semaine dans les paddocks et les zones de pâturage réduit significativement le nombre de larves qui atteignent le stade infestant, surtout dans les espaces restreints où les chevaux broutent près de leurs zones de dépôt.
  • La rotation des parcelles et la gestion de la densité : laisser une parcelle au repos plusieurs semaines, notamment en été, diminue la charge parasitaire de l’herbe. Un pré surpâturé avec plusieurs chevaux concentrés sur une petite surface cumule les facteurs de risque.

Dans une écurie de cinq chevaux partageant un paddock de taille réduite sans ramassage des crottins, la pression parasitaire au sol peut rester élevée même après un traitement bien conduit.

La gestion du pâturage fait donc partie intégrante de la prise en charge, au même titre que le vermifuge, et contribue à limiter l’apparition de résistances en réduisant la nécessité de traitements répétés.

FAQ

Peut-on voir des strongles à l’œil nu dans les crottins d’un cheval ?

Non, les strongles adultes sont de très petits vers et les larves sont microscopiques. Leur présence ne se détecte pas visuellement dans les crottins. Seule une coproscopie, c’est-à-dire une analyse en laboratoire, permet de mettre en évidence les œufs. Les larves enkystées, elles, restent invisibles même par cette méthode.

La coproscopie suffit-elle toujours pour décider d’un traitement contre les strongles ?

Pas toujours. La coproscopie quantifie les œufs présents dans les crottins, mais elle ne détecte pas les larves enkystées des petits strongles.

Un résultat faible ne garantit donc pas l’absence de charge larvaire significative. Le vétérinaire complète cette analyse avec l’historique du cheval et le contexte d’élevage avant de prendre une décision.

Les strongles peuvent-ils être confondus avec d’autres parasites comme le ténia ou les ascarides ?

Oui, les signes cliniques se recoupent souvent : perte d’état, diarrhée ou coliques peuvent aussi bien évoquer des ascarides, un ténia ou une autre cause digestive.

Seul un examen vétérinaire, appuyé sur une coproscopie adaptée, permet de distinguer les parasites en cause et d’orienter la prise en charge vers la bonne stratégie.

Pourquoi certains chevaux d’un même effectif ont-ils besoin de moins de vermifugations que d’autres ?

Les chevaux ne répondent pas tous de la même façon aux parasites. Certains individus excrètent naturellement peu d’œufs, ce qui reflète une meilleure régulation immunitaire.

Traiter systématiquement tous les chevaux au même rythme favorise l’apparition de résistances aux antiparasitaires. La coproscopie individuelle permet d’identifier ces profils et d’adapter le traitement à chaque animal.

En bref

Les strongles ne se gèrent pas efficacement par des traitements isolés et répétés. C’est la combinaison d’un suivi vétérinaire régulier, d’une coproscopie ciblée et de bonnes pratiques de gestion du pâturage qui permet de maintenir une pression parasitaire raisonnable sur le long terme.

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