Ulcère gastrique chez le cheval : causes, symptômes et traitement

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Les ulcères gastriques chez le cheval sont fréquents, souvent discrets et faciles à sous-estimer. Cet article explique simplement leurs causes, leurs signes possibles, le rôle de la gastroscopie et les grandes lignes de la prise en charge avec le vétérinaire.

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L’estomac du cheval produit de l’acide en permanence, que l’animal mange ou non. Cette particularité physiologique le rend vulnérable aux lésions de la muqueuse gastrique, en particulier lorsque la gestion quotidienne ne correspond pas à ses besoins naturels.

Les ulcères gastriques chez le cheval sont aujourd’hui reconnus comme une affection fréquente, surtout chez les chevaux de performance et à l’entraînement.

Comprendre les mécanismes en jeu, savoir repérer des signes évocateurs sans tirer de conclusions hâtives, puis agir avec le vétérinaire au bon moment, voilà l’essentiel à retenir.

Comprendre l’ulcère gastrique chez le cheval

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La muqueuse interne de l’estomac du cheval est divisée en deux zones aux propriétés très différentes. La partie supérieure, dite squameuse, ne dispose d’aucune protection naturelle contre l’acidité. La partie inférieure, dite glandulaire, possède ses propres mécanismes de défense.

Un ulcère gastrique correspond à une lésion de l’une ou l’autre de ces zones, causée par un déséquilibre entre l’agression acide et la capacité de protection locale.

Le consensus européen sur le syndrome d’ulcération gastrique équin rappelle d’ailleurs que l’EGUS regroupe l’ensemble des érosions et ulcérations de l’estomac chez le cheval, avec des atteintes squameuses et glandulaires distinctes.

Cette distinction anatomique a une importance pratique, car les deux zones ne sont pas atteintes pour les mêmes raisons :

  • L’ESGD (Equine Squamous Gastric Disease) touche la partie squameuse. Elle est directement liée à l’exposition prolongée à l’acide gastrique, notamment lors des périodes sans fourrage.
  • L’EGGD (Equine Glandular Gastric Disease) affecte la zone glandulaire. Ses mécanismes sont moins bien compris, mais le stress et certaines conditions d’entraînement semblent y jouer un rôle important.

Dans les deux cas, la gestion quotidienne du cheval influence directement le risque de développer ces lésions. Les ressources vétérinaires et de prévention soulignent notamment l’intérêt d’un accès régulier au fourrage et d’une réduction du stress environnemental.

Les principaux facteurs de risque

Le cheval est physiologiquement conçu pour brouter de façon quasi continue. Lorsque l’accès au fourrage est limité ou interrompu, l’acide gastrique entre en contact direct avec la muqueuse squameuse sans tampon alimentaire.

Des périodes de jeûne prolongées, un rationnement du fourrage et une part trop importante de concentrés favorisent ce mécanisme.

C’est une réalité fréquente dans les écuries de sport : les chevaux reçoivent des rations concentrées importantes, parfois avec de longues pauses entre les repas.

Un cheval de saut d’obstacles qui attend plusieurs heures entre son repas du matin et le foin du soir est exposé à ce mécanisme de façon répétée.

Le stress constitue un autre facteur bien documenté. Le transport, les changements d’environnement, la compétition ou la cohabitation difficile avec d’autres chevaux peuvent altérer la barrière protectrice de la muqueuse glandulaire.

L’entraînement intensif, en particulier au galop soutenu, ajoute une contrainte mécanique et physiologique qui peut aggraver le risque chez les chevaux déjà exposés.

La douleur chronique ou une maladie concomitante peut aussi fragiliser l’équilibre gastrique, notamment par les effets de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens utilisés au long cours.

Reconnaître les signes possibles sans conclure trop vite

Les manifestations associées aux ulcères gastriques chez le cheval sont variées et, surtout, peu spécifiques. Aucun signe pris isolément ne permet de confirmer la présence de lésions : plusieurs autres affections peuvent produire exactement les mêmes signaux.

L’observation reste un point de départ, jamais un diagnostic. Les descriptions cliniques publiées par des sources vétérinaires rappellent que les signes peuvent être discrets, variables et parfois sans rapport évident avec la sévérité des lésions.

Parmi les signes les plus fréquemment rapportés par les propriétaires et soigneurs :

  • Baisse d’appétit ou repas laissés en cours : un cheval qui traîne devant son foin ou refuse ses concentrés alors qu’il mangeait normalement mérite attention, surtout si ce changement persiste plusieurs jours.
  • Amaigrissement progressif ou dégradation de l’état général : une perte de masse musculaire ou un pelage terne peuvent accompagner une gêne digestive chronique, mais ces signes sont également liés à de nombreuses autres causes.
  • Baisse de performance : un cheval de sport qui régresse sans raison mécanique évidente, ou qui semble moins disponible à l’effort, peut exprimer une gêne interne difficile à localiser.
  • Irritabilité au sanglage ou à la palpation du flanc : certains chevaux réagissent de façon inhabituelle lors de la mise en place de la selle, ce qui peut orienter vers une sensibilité abdominale, sans en être la preuve.
  • Coliques légères ou récurrentes : des épisodes courts et répétés, sans cause alimentaire identifiée, constituent un motif valable de consultation, même en l’absence de douleur intense.

Un exemple courant : un cheval de dressage en période de compétition intensive qui devient difficile à seller, perd du poids et présente deux épisodes de légères coliques en trois semaines.

Ce tableau évoque une atteinte digestive, mais il pourrait tout aussi bien correspondre à une douleur dorsale, une pathologie dentaire ou un stress lié à un changement d’environnement. Seul un examen vétérinaire permet de démêler ces pistes.

Quand appeler le vétérinaire sans attendre ?
Coliques persistantes ou intenses, refus total de s’alimenter, abattement marqué, amaigrissement rapide ou comportement franchement anormal : ces situations justifient un contact vétérinaire rapide, sans chercher à affiner le diagnostic par soi-même.

Agir avec le vétérinaire : diagnostic, traitement et prévention des récidives

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La gastroscopie, seul examen qui confirme le diagnostic

Face à des signes évocateurs, seul le vétérinaire peut poser un diagnostic fiable. L’examen de référence est la gastroscopie : une caméra souple introduite par les voies nasales permet d’observer directement la muqueuse gastrique, de localiser les lésions et d’évaluer leur sévérité.

Le consensus européen précise que c’est la seule technique ante mortem fiable pour identifier les ulcères gastriques et leur localisation (consensus ECEIM).

C’est aussi ce qui permet de distinguer une atteinte squameuse (ESGD) d’une atteinte glandulaire (EGGD), car les deux formes ne répondent pas nécessairement aux mêmes approches thérapeutiques. Aucun bilan sanguin ni aucune observation comportementale ne peut se substituer à cet examen.

Traitement : ce que les sources vétérinaires indiquent

Dans le cadre de l’ESGD, l’oméprazole est le traitement le plus documenté et le plus utilisé en médecine équine.

Un consensus vétérinaire européen le présente comme le traitement de choix des ulcères gastriques équins, avec une efficacité rapportée après 28 jours à 4 mg/kg chez les chevaux atteints d’ulcères non glandulaires.

Son usage relève exclusivement d’une prescription vétérinaire, avec une durée et un dosage adaptés à chaque cheval.

Les notices et RCP vétérinaires mentionnent aussi un schéma de traitement à 4 mg/kg pendant 28 jours, puis à 1 mg/kg pendant 28 jours supplémentaires pour aider à réduire la récidive pendant le traitement. Pour l’EGGD, la prise en charge est souvent plus complexe et peut nécessiter des ajustements supplémentaires.

Réduire le risque de récidive par la gestion quotidienne

Les ulcères gastriques récidivent fréquemment si les facteurs déclenchants ne sont pas corrigés. Le vétérinaire peut aider à identifier les points de fragilité propres à chaque cheval et à ajuster la gestion en conséquence. Les pistes habituellement discutées portent sur :

  • L’accès continu ou quasi continu au fourrage, pour limiter les périodes sans tampon alimentaire.
  • La réduction des temps à jeun, notamment avant et après l’effort : un cheval qui part à l’entraînement l’estomac vide présente un risque plus élevé de remontées acides.
  • La gestion du stress : stabilité du groupe, environnement prévisible, limitation des transports inutiles ou mal préparés.
  • L’adaptation du programme d’entraînement en phase de traitement, puis une reprise progressive.

Ces ajustements ne garantissent pas l’absence de récidive, mais ils s’attaquent aux causes plutôt qu’aux seuls symptômes. Un suivi gastroscopique après traitement permet au vétérinaire de vérifier la cicatrisation réelle et d’adapter la suite de la prise en charge.

FAQ

Un cheval peut-il avoir un ulcère gastrique sans aucun signe visible ?

Oui. Certains chevaux présentent des lésions confirmées à la gastroscopie sans manifester de signes comportementaux ou digestifs évidents.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’absence de symptômes ne suffit pas à exclure un ulcère, surtout chez un cheval exposé à plusieurs facteurs de risque cumulés comme un entraînement intensif, de longues périodes sans fourrage et un environnement stressant.

Quelle est la différence entre ESGD et EGGD, et est-ce important pour le traitement ?

L’ESGD touche la partie squameuse de l’estomac, principalement liée aux périodes sans fourrage. L’EGGD affecte la zone glandulaire, avec un rôle plus marqué du stress et de l’entraînement.

Cette distinction est cliniquement importante : les deux formes ne répondent pas nécessairement aux mêmes approches thérapeutiques, ce qui justifie une gastroscopie pour orienter la prise en charge plutôt que de traiter sans diagnostic précis.

Combien de temps dure généralement le traitement d’un ulcère gastrique chez le cheval ?

La durée varie selon la sévérité des lésions, leur localisation et la réponse individuelle du cheval. Elle est déterminée par le vétérinaire après gastroscopie.

Un suivi endoscopique en fin de traitement permet de vérifier la cicatrisation réelle de la muqueuse, car la disparition des signes cliniques ne garantit pas que les lésions sont guéries.

Pourquoi les ulcères gastriques récidivent-ils fréquemment après traitement ?

Le traitement médicamenteux réduit l’acidité et favorise la cicatrisation, mais il ne supprime pas les facteurs déclenchants. Si la gestion quotidienne reste inchangée, les mêmes mécanismes se remettent en place : périodes à jeun prolongées, stress, entraînement intensif à estomac vide.

C’est pourquoi les ajustements d’alimentation et d’environnement discutés avec le vétérinaire sont aussi importants que le traitement lui-même pour limiter les rechutes.

En bref

Les ulcères gastriques chez le cheval sont une réalité fréquente, souvent silencieuse, que l’observation seule ne permet pas de confirmer. Repérer les signes, consulter rapidement et ajuster la gestion en lien avec le vétérinaire reste la démarche la plus solide pour protéger la santé digestive du cheval sur le long terme.

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