Observer sоn сheval cоnsоmmer sоn prоpre crоttin peut être dérоutant pоur tоut prоpriétairе. Ce cоmpоrtеmеnt, cоnnu sоus le nоm de соprоphаgiе, est аtypique chez lеs chеvauх adultеs.
Cе phénоmène pеut sоuvеnt servir d’indicateur d’une сarence en nutrimеnts, d’un déséquilibre dаns le systèmе digestif оu d’un prоblème соmpоrtеmеntal lié à l’ennui.
Les cоnséquеnces sur la santé ne sоnt pas à négliger : unе augmеntаtiоn du risque de parаsitisme, dеs trоubles digеstifs еt un аffaiblissemеnt général de l’animal.
Quеlles peuvent être les raisоns de la cоprоphаgie сhеz le сhеval ? Cоmmеnt déterminеr la sоurcе du prоblèmе ? Quellеs mesures pеut-оn prеndrе pоur rectifier се соmpоrtеmеnt et gаrаntir lе biеn-êtrе de vоtre cоmpаgnоn ?
Cоnsultez cеt аrticlе pоur оbtenir tоutеs les infоrmatiоns nécеssaires sur la cоprоphagiе сhеz lеs chevauх et pоur agir de manière apprоpriée.
Pourquoi votre cheval mange-t-il son crottin ?
Voir un cheval manger du crottin surprend toujours. Ce comportement, appelé coprophagie, a plusieurs explications. Certaines sont naturelles, d’autres signalent un problème.
La coprophagie chez le cheval : un comportement naturel ou pathologique ?
La coprophagie désigne l’ingestion de matières fécales. Chez le lapin, c’est normal et même nécessaire à la digestion.
Chez le cheval adulte, c’est différent. Son système digestif extrait les nutriments des végétaux en une seule fois. Manger du crottin n’apporte aucun bénéfice nutritionnel.
Quand un cheval adulte mange régulièrement son crottin, c’est un signal d’alerte. Cela peut indiquer une carence, un trouble comportemental ou un problème digestif.
Les carences nutritionnelles à l’origine du problème
Un cheval qui mange du crottin cherche souvent à compenser un manque. Les carences en minéraux sont la première cause.
Le phosphore, le sodium et le magnésium sont les plus concernés. Quand la ration n’en contient pas assez, le cheval tente de les trouver ailleurs. Le crottin, même partiellement digéré, en contient encore des traces.
Les vitamines du groupe B jouent aussi un rôle. Elles sont produites par la flore intestinale. Un déséquilibre du microbiote réduit cette production. Le cheval compense en ingérant des crottins frais, riches en bactéries.
Une ration pauvre en fibres longues favorise ce comportement. Du foin de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante perturbe le transit. Le cheval ressent un inconfort digestif et cherche à le soulager.
L’ennui et le stress : des facteurs comportementaux sous-estimés
L’environnement du cheval influence son comportement. Un box vide, sans stimulation, pousse l’animal à développer des stéréotypies.
La coprophagie devient une occupation pour tromper l’ennui. Dans la nature, le cheval passe 16 heures par jour à s’alimenter. Enfermé avec deux repas quotidiens, il cherche à combler ce vide.
Le stress amplifie le phénomène. Un changement d’écurie, l’isolement social ou des conditions inadaptées créent de l’anxiété. Certains chevaux réagissent en mangeant leur crottin, comme un tic nerveux.
Le cas particulier des poulains et jeunes chevaux
Chez les poulains, la coprophagie répond à un besoin précis. Dès les premiers jours, le jeune cheval ingère le crottin de sa mère.
Ce comportement ensemence son tube digestif avec les bonnes bactéries. La flore intestinale du poulain se construit grâce aux micro-organismes présents dans les fèces maternelles.
Cette phase dure quelques semaines. Elle disparaît quand le système digestif du poulain atteint sa maturité. Si le comportement persiste au-delà de 3 ou 4 mois, vérifiez l’équilibre de la ration et l’état de santé du jeune cheval.

Les risques pour la santé de votre compagnon
La coprophagie expose votre cheval à plusieurs dangers sanitaires. Les connaître vous permet d’agir vite.
Parasitisme : le danger principal de la coprophagie
Le crottin transmet les parasites internes chez les équidés. Quand votre cheval mange ses crottins ou ceux des autres, il avale directement œufs et larves.
Les strongles, petits strongles et ascaris se développent dans le tube digestif. Leur cycle passe par l’élimination dans les fèces, puis par une maturation dans l’environnement.
Un cheval coprophage court-circuite ce cycle et se réinfeste en permanence. Même avec des vermifuges réguliers, la charge parasitaire reste élevée. L’animal se contamine tous les jours.
Résultat : irritation de la muqueuse intestinale, mauvaise absorption des nutriments, affaiblissement du système immunitaire. Les jeunes chevaux sont particulièrement vulnérables.
Troubles digestifs et déséquilibres de la flore intestinale
Manger du crottin perturbe l’équilibre du microbiote intestinal. Le crottin contient des bactéries en dégradation et des résidus déjà digérés, sans valeur nutritionnelle.
Souvent, la coprophagie aggrave le déséquilibre initial qui l’a provoquée. Votre cheval entre dans un cercle vicieux.
Les signes : crottins de consistance irrégulière, diarrhée alternant avec constipation, coliques à répétition. La flore intestinale perd sa capacité à fermenter les fibres et produire les vitamines essentielles.
Intoxications et contaminations bactériennes possibles
Le crottin peut contenir des toxines issues de plantes vénéneuses ou des résidus de médicaments éliminés par voie fécale. Certaines molécules comme les vermifuges restent actives plusieurs jours dans les fèces.
Les contaminations bactériennes sont un autre risque. Salmonelles ou certaines souches d’Escherichia coli se multiplient dans les crottins exposés à la chaleur et l’humidité.
Votre cheval s’expose aussi aux spores de Clostridium, responsables d’entérites graves. Ces bactéries prolifèrent dans le milieu fécal et produisent des toxines dangereuses.
Impact sur l’état général et les performances
Un cheval coprophage perd progressivement de l’état. Carences, parasites et troubles digestifs affectent sa condition physique.
Le poil devient terne et piqué. La fonte musculaire s’installe malgré une ration correcte. L’organisme ne tire plus profit de l’alimentation.
Les performances sportives chutent. Votre cheval manque d’énergie, récupère mal après l’effort, se fatigue vite. Son système immunitaire affaibli le rend plus sensible aux infections respiratoires et autres pathologies.
Comment identifier la cause chez votre cheval ?
Votre cheval mange du crottin ? Il faut comprendre pourquoi avant d’agir. Sans diagnostic précis, vous risquez de passer à côté du vrai problème.
Les signes d’alerte à observer au quotidien
Notez la fréquence. Un cheval qui grignote un crottin de temps en temps, ce n’est pas la même chose qu’un cheval qui en mange systématiquement.
Regardez son état général. Poil terne, perte de poids, manque d’énergie : ces signes accompagnent souvent la coprophagie.
Vérifiez la qualité des crottins. Des fèces molles ou pleines de fibres non digérées signalent un problème digestif. Le cheval tente alors de compenser en mangeant son crottin.
Repérez les moments où ça arrive. S’il mange du crottin après les repas ou quand il n’a plus de foin, c’est probablement une carence ou un besoin de mastication.
Analyser la ration alimentaire : quantité, qualité et équilibre
Commencez par le fourrage. Un cheval adulte a besoin de 1,5 à 2 % de son poids en foin par jour. Pour un cheval de 500 kg, ça fait environ 10 kg de foin minimum.
Contrôlez la qualité du foin. S’il est poussiéreux, moisi ou pauvre, il ne couvre pas les besoins. Le cheval cherche alors ailleurs ce qui lui manque.
Vérifiez l’apport minéral. Pas de pierre à sel ou de complément adapté ? Le cheval va tenter de combler ces carences en ingérant ses fèces.
Regardez les concentrés. Trop de céréales et pas assez de fibres longues perturbent le transit et modifient le comportement alimentaire.
Assurez-vous qu’il ait toujours de l’eau propre à disposition. Une déshydratation chronique affecte la digestion et peut déclencher ce type de comportement.
Évaluer les conditions de vie et l’environnement du cheval
Comptez les heures au box et au pré. Un cheval enfermé longtemps sans occupation développe des stéréotypies, dont la coprophagie.
Observez ses relations avec les autres chevaux. L’isolement ou une hiérarchie difficile génèrent du stress. Ce stress se traduit parfois par ce comportement.
Vérifiez la propreté du box. Un box rarement curé où le cheval piétine ses crottins favorise l’ingestion, accidentelle ou compulsive.
Identifiez les changements récents. Déménagement, nouveau compagnon, modification de routine : ces événements peuvent déclencher un stress suffisant pour provoquer la coprophagie.
Quand consulter le vétérinaire pour un bilan complet ?
Contactez votre vétérinaire si le comportement persiste malgré vos ajustements. Une consultation permet d’écarter les causes médicales.
Un bilan sanguin révèle les carences précises. Vous saurez exactement quoi corriger au lieu de tâtonner.
Une coproscopie évalue la charge parasitaire. Le parasitisme aggrave la coprophagie et crée un cercle vicieux difficile à briser sans traitement.
Demandez un examen digestif complet si votre cheval a des coliques récurrentes, des diarrhées chroniques ou une perte de poids inexpliquée. Ces symptômes nécessitent une investigation approfondie.
Comment éviter ce comportement ?
Une fois la cause identifiée, passez à l’action. Trois leviers principaux : l’alimentation, l’environnement et l’hygiène.
Ajuster la ration : fibres, minéraux et compléments alimentaires
Revoyez d’abord la ration. Visez au minimum 1,5 à 2% du poids vif en foin par jour.
Un cheval qui mange du crottin compense souvent un manque de fibres longues. Choisissez un foin varié, riche en graminées et légumineuses, sans poussière.
Ajoutez un complément minéral vitaminé pour corriger les déficits en phosphore, sodium et magnésium. Une pierre à sel en libre-service permet au cheval de réguler ses besoins.
Si vous suspectez un déséquilibre du microbiote, un probiotique équin aide à restaurer la flore intestinale. Ces compléments contiennent des levures vivantes et des bactéries qui favorisent la digestion des fibres.
Réduisez progressivement les concentrés si la ration en contient trop. L’excès de céréales perturbe l’équilibre digestif.
Améliorer les conditions de vie et réduire l’ennui
Augmentez le temps de sortie au paddock ou au pré. Plus de mouvement, plus de stimulation.
Un cheval qui passe 20 heures par jour au box développe plus facilement des stéréotypies. Le contact avec d’autres chevaux et la possibilité de bouger librement réduisent l’ennui.
Fractionnez la distribution du foin en plusieurs petites portions tout au long de la journée. Utilisez des filets à foin à petites mailles pour ralentir la consommation.
Cette méthode imite le comportement alimentaire naturel. Un cheval occupé à manger du foin ne cherche pas à ingérer son crottin.
Gestion du box et du paddock pour limiter l’accès au crottin
Ramassez les crottins plusieurs fois par jour, idéalement toutes les 3 à 4 heures. C’est simple mais ça marche.
Dans le paddock, un curage régulier limite aussi la charge parasitaire. Installez une zone de défécation éloignée de la zone d’alimentation si possible.
Au box, utilisez une litière absorbante et changez-la fréquemment. Un box sale encourage le comportement et augmente les risques sanitaires.
Certains propriétaires installent des mangeoires surélevées. Le cheval mange en hauteur, loin du sol où se trouvent les crottins.
Le rôle du vermifuge dans la prévention
Un programme de vermifugation adapté reste indispensable pour limiter la charge parasitaire. La coprophagie favorise une réinfestation permanente.
Réalisez une coproscopie avant de vermifuger pour identifier les parasites présents et choisir la molécule appropriée. Vous évitez les résistances et optimisez l’efficacité du traitement.
Vermifugez tous les chevaux du même pâturage en même temps. Un seul cheval non traité peut réinfester tout le groupe.
Respectez un intervalle de 8 à 12 semaines entre les vermifugations selon les recommandations de votre vétérinaire. Le vermifuge seul ne suffit pas si le cheval continue à manger du crottin quotidiennement.

Prévention : éviter que le problème ne survienne
Mieux vaut prévenir que guérir. Mettre en place les bonnes conditions dès le départ évite que votre cheval ne développe cette habitude. La prévention repose sur quatre points : alimentation, environnement, surveillance et hygiène.
Construire une alimentation équilibrée dès le départ
La prévention commence dans la mangeoire. Une ration qui couvre tous les besoins nutritionnels élimine la principale cause de coprophagie.
Votre cheval doit recevoir au minimum 1,5 à 2% de son poids vif en foin de bonne qualité chaque jour. Un foin sans poussière, sans moisissures et riche en fibres longues suffit pour une bonne santé digestive.
Mettez une pierre à sel en libre-service dans le box ou au paddock. Le cheval régule lui-même ses apports en sodium selon ses besoins.
Ajoutez un complément minéral vitaminé adapté à l’âge et à l’activité de votre cheval. Ces compléments préviennent les carences en phosphore, magnésium et vitamines du groupe B. Sans eux, certains chevaux cherchent ces éléments dans le crottin.
Évitez les rations trop riches en concentrés et céréales. Un excès de grains perturbe le microbiote intestinal et crée des déséquilibres nutritionnels.
Assurer un environnement stimulant et adapté
Un cheval qui s’ennuie développe plus facilement des comportements indésirables. L’environnement joue un rôle important dans la prévention.
Privilégiez le temps passé au pré ou au paddock. Le contact avec l’herbe, même en hiver, et la possibilité de se déplacer librement réduisent les risques de stéréotypies.
Favorisez les interactions sociales avec d’autres chevaux. La vie en groupe répond aux besoins naturels de votre compagnon et diminue le stress.
Fractionnez la distribution du foin en plusieurs portions dans la journée. Utilisez des filets à foin à petites mailles pour ralentir la consommation. Votre cheval reste occupé plus longtemps.
Variez les activités. Des séances de travail régulières, des balades en extérieur et des enrichissements dans le paddock maintiennent votre cheval stimulé.
Surveillance régulière et suivi vétérinaire
Observer votre cheval attentivement permet de détecter les premiers signes avant qu’un comportement ne s’installe.
Examinez régulièrement l’état corporel de votre cheval. Une perte de poids progressive ou un poil terne peuvent signaler un déséquilibre nutritionnel avant même l’apparition de la coprophagie.
Planifiez des bilans vétérinaires annuels incluant une coproscopie. Cet examen évalue la charge parasitaire et permet d’adapter le programme de vermifugation.
Faites réaliser un bilan sanguin au moindre doute sur l’équilibre de la ration. Identifier une carence minérale ou vitaminique avant qu’elle ne provoque des troubles permet d’ajuster rapidement l’alimentation.
Bonnes pratiques d’hygiène dans les écuries
Un environnement propre limite les tentations et réduit les risques sanitaires.
Ramassez les crottins au minimum deux fois par jour dans les boxes. Plus le crottin reste accessible, plus le risque que le cheval y goûte augmente.
Curez régulièrement les paddocks et les pâtures. Un ramassage hebdomadaire des crottins en extérieur diminue la charge parasitaire et limite les occasions de réinfestation.
Changez la litière fréquemment. Utilisez un matériau absorbant de qualité. Un box propre et sec décourage naturellement les comportements de fouille.
Séparez les zones d’alimentation et de défécation. Installez les mangeoires et les râteliers loin des zones où le cheval fait ses besoins.
En bref
Un cheval qui cоnsоmme ses prоprеs eхсréments sоuffrе sоuvent d’un mаnquе de nutrimеnts оu d’un cаdrе de viе inapprоprié.
La première mеsurе à prendrе соnsiste à mоdifiеr sоn alimentatiоn en veillаnt à lui fоurnir une quantité аdéquаte dе fоin dе bоnnе qualité ainsi que des minérauх essentiеls.
Parallèlement, il est impоrtant d’améliоrer sоn envirоnnement dе vie et de prоcéder à un ramassаge régulier des сrоttins.
Si ce cоmpоrtеmеnt persiste, il est rеcоmmandé dе cоnsulter un vétérinаirе pоur effеctuer un ехamen аpprоfоndi afin de déterminеr la саuse ехaсtе du prоblème.