La myosite, aussi appelée maladie du lundi ou coup de sang, est une problématique bien connue des propriétaires et cavaliers de chevaux sportifs.
Selon l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE), près de 20 % des chevaux soumis à un entraînement intensif pourraient être touchés au cours de leur carrière, ce qui souligne l’importance de comprendre cette affection musculaire.
Mais qu’est-ce qui provoque vraiment une crise de myosite, quels sont les signaux qui doivent alerter et comment soigner efficacement un animal atteint ?
Cet article vous guide pour mieux cerner la maladie, de ses causes aux traitements les plus adaptés. Vous découvrirez comment identifier les symptômes pour agir rapidement, les différentes stratégies de prise en charge disponibles aujourd’hui ainsi que des conseils de prévention pour limiter les risques dans votre pratique quotidienne.
Qu’est-ce que la myosite chez le cheval ?
La myosite est une maladie musculaire qui peut affecter n’importe quel cheval, quel que soit son âge ou son niveau de pratique équestre.
Elle se manifeste principalement au niveau des muscles du dos et de l’arrière-main, pouvant engendrer un inconfort marqué et limiter la capacité de travail du cheval.
Définition de la myosite
La myosite est un terme générique qui désigne une inflammation des muscles striés squelettiques.
Chez le cheval, cette pathologie est plus couramment connue sous le nom de « coup de sang ».
Cette affection provoque des lésions dans les fibres musculaires, entraînant la libération de substances toxiques dans la circulation sanguine.
L’intensité et la gravité des signes cliniques dépendent de l’ampleur de l’inflammation et de la rapidité de la prise en charge.
Les différentes formes de myosite équine
Il existe plusieurs formes de myosite chez le cheval, chacune pouvant toucher différemment l’animal :
- Myosite aiguë (ou coup de sang classique) : Cette forme apparaît brutalement, souvent après un effort intense ou un changement dans la gestion du cheval.
- Myosite chronique : Elle se manifeste par des épisodes répétés de douleurs musculaires, parfois plus discrets, qui peuvent altérer la performance sur le long terme.
- Myopathie atypique : Moins fréquente, elle touche généralement des chevaux au pré, souvent à l’automne ou au printemps, et peut être particulièrement grave.
Connaître ces différentes formes permet au cavalier de mieux comprendre les risques et la diversité des manifestations de la maladie.
Comment la myosite affecte-t-elle le cheval ?
La myosite impacte directement la capacité du cheval à se déplacer, à travailler et à récupérer après l’effort.
La douleur musculaire peut aller d’une raideur légère à une incapacité quasi totale de bouger.
Il n’est pas rare d’observer un cheval s’arrêter net lors d’une séance de travail, ou refuser d’avancer, semblant « bloqué » dans ses mouvements.
Dans les cas sévères, l’état général de l’animal se détériore rapidement, mettant sa santé, voire sa vie, en danger.
Comprendre la myosite est donc capital pour tous les propriétaires et cavaliers, car une intervention rapide peut nettement améliorer le pronostic et le bien-être du cheval.
Les causes principales de la myosite équine
La myosite ne survient jamais par hasard : son apparition est directement liée à plusieurs facteurs de risque qui touchent à la gestion, à l’alimentation, ou encore à l’environnement du cheval.
Effort physique intense ou inadapté
Chez de nombreux chevaux, la myosite apparaît brutalement lors d’un exercice soutenu, surtout après une période de repos ou d’inactivité.
Le muscle, mal préparé, n’est alors pas capable de répondre correctement à une demande soudaine, entraînant des lésions voire une véritable crise de « coup de sang ».
Par exemple, faire galoper un cheval fraîchement sorti du box sans échauffement ni adaptation progressive peut provoquer une myosite aiguë.
Cet excès d’effort est particulièrement à risque chez les chevaux de sport, de loisir ou même en randonnée, lorsqu’une sortie exceptionnelle sollicite des muscles insuffisamment travaillés.
C’est pourquoi il est essentiel d’adapter l’intensité du travail et de respecter la récupération, quels que soient l’âge et la discipline du cheval.
Anomalies de gestion alimentaire
L’alimentation joue un rôle central dans la survenue de la myosite.
Un apport excessif en glucides (sucres, amidon) sans relation avec le travail effectué entraîne une accumulation de glycogène dans les fibres musculaires.
Lors de l’effort, ces réserves trop importantes peuvent se transformer en toxines et déclencher l’inflammation.
Cela concerne, par exemple, un cheval nourri avec beaucoup de céréales ou d’aliments concentrés tout en étant peu travaillé à l’écurie.
À l’inverse, un déficit en certains minéraux (notamment le sélénium ou la vitamine E) fragilise le muscle et augmente le risque de lésions.
Cette carence est surtout redoutée chez les chevaux au pré sur des sols pauvres ou recevant peu de compléments.
Gérer ration et complémentation avec l’aide d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste est ainsi fondamental.
Facteurs génétiques et prédispositions raciales
Chez certains chevaux, la myosite est favorisée par des facteurs héréditaires.
Certaines races, comme le Pur-sang, les Quarter Horses ou encore les Arabes, montrent une prédisposition génétique à développer des troubles musculaires du type myosite.
Cela s’explique par des particularités dans le métabolisme musculaire, qui rendent ces chevaux plus sensibles aux erreurs d’alimentation ou à l’effort intensif.
De plus, il existe des formes héréditaires de myosite, comme la myopathie à stockage de polysaccharides (PSSM), qui nécessite une prise en charge très spécifique.
Être attentif aux antécédents de son cheval, ou à sa lignée, permet de cibler plus rapidement les mesures préventives.
Autres facteurs favorisants
Certains traitements médicaux (comme les corticoïdes à hautes doses), un traumatisme physique ou un stress important peuvent également amplifier le risque de myosite.
Le stress, souvent sous-estimé, provoque des déséquilibres hormonaux et métaboliques qui fragilisent la musculature du cheval.
Un transport long, un changement brutal d’environnement ou une anxiété liée à la compétition peuvent ainsi précipiter l’apparition de symptômes chez un animal déjà fragilisé.
Il est donc important d’avoir une approche globale de la santé et du bien-être du cheval pour réduire ces facteurs aggravants.

Reconnaître les symptômes chez son cheval
Savoir reconnaître la myosite chez son cheval dès les premiers signes est primordial pour limiter les complications et favoriser une récupération rapide.
Être attentif à l’apparition de symptômes, même discrets, permet d’agir sans attendre et d’éviter que la situation ne s’aggrave lors d’un épisode aigu ou chronique.
Signes généraux et comportementaux
Le cheval atteint de myosite présente le plus souvent un changement soudain de comportement.
Un animal habituellement réactif ou volontaire peut devenir subitement apathique, agité ou au contraire particulièrement calme.
On observe fréquemment un refus d’avancer ou une grande réticence à se déplacer. Certains chevaux s’arrêtent net pendant la séance ou refusent de repartir alors qu’ils en avaient l’habitude.
La posture du cheval est également révélatrice : il peut se tenir campé, les membres tendus, essayant de soulager ses muscles douloureux.
Dans certains cas, il regarde fréquemment ses flancs ou montre des signes d’inquiétude et de gêne, similaires à ceux des coliques, d’où l’importance de bien différencier ces deux affections.
Ces signes ne doivent jamais être minimisés : le moindre doute doit pousser à interrompre immédiatement l’effort et à surveiller de près l’évolution de l’état du cheval.
Douleurs et raideurs musculaires
La douleur musculaire est l’un des signes les plus caractéristiques de la myosite.
Le cheval peut présenter une raideur marquée du dos, de la croupe ou de l’arrière-main. Il peut refuser de tourner, de trotter ou de galoper, et marche “comme s’il était rouillé”.
À la palpation, les muscles sont durs, chauds, voire douloureux à la pression. Il arrive même que certains chevaux tremblent ou manifestent des sursauts au simple toucher des zones atteintes.
Si l’on observe attentivement, on peut parfois percevoir des contractions ou spasmes involontaires des muscles le long de la colonne vertébrale, traduisant l’irritation aiguë du tissu musculaire.
Ce type de raideur et de douleur doit être pris très au sérieux, car il traduit la gravité de l’inflammation et la nécessité d’une prise en charge rapide.
Altérations de la locomotion
La locomotion du cheval se trouve perturbée dès les premiers stades de la myosite.
On remarque un cheval qui traîne les postérieurs, a du mal à engager ses membres, voire présente une démarche “robotique”.
Lors d’une crise aiguë, certains chevaux restent immobiles, incapables d’avancer ou de reculer. Ce blocage peut s’accompagner de transpiration abondante malgré un effort faible, voire d’une accélération du rythme cardiaque et respiratoire.
Plus rarement, on observe des chevaux qui tentent de se coucher, refusent de se relever ou, au contraire, piétinent sans but.
Chez un cheval athlète, on note souvent une baisse nette de la performance sans explication apparente, avec une récupération anormalement longue après l’effort ou des rechutes à répétition.
Surveiller la locomotion et comparer avec le comportement habituel de son cheval est souvent l’indicateur le plus précoce d’un problème musculosquelettique comme la myosite.
Urines foncées ou troubles urinaires
Un signe révélateur, parfois méconnu, est la modification de la couleur des urines.
En cas de myosite, les lésions musculaires provoquent la libération de pigments (myoglobine) dans le sang, qui se retrouvent dans l’urine : celle-ci devient foncée, rougeâtre ou brun cola.
Ce symptôme est particulièrement inquiétant car il signale un risque pour les reins, qui peuvent être endommagés par la myoglobine.
Il est important de surveiller la quantité et la couleur des urines après un effort, surtout si d’autres signes sont présents. Toute anomalie doit conduire à contacter rapidement un vétérinaire.
Signes associés à la forme aiguë ou chronique
Lors d’une forme aiguë (“coup de sang”), les symptômes apparaissent brutalement, en quelques minutes ou quelques heures après l’effort.
Le cheval peut transpirer abondamment, être en proie à une douleur violente, être désorienté ou haleter. Parfois, la température corporelle monte légèrement, accompagnée d’une accélération du pouls.
Dans les formes chroniques ou plus discrètes, les signes sont plus diffus : fatigue, contre-performance, raideur récurrente, douleurs à l’effort ou au lever. Ces éléments doivent alerter sur l’installation d’un processus inflammatoire insidieux.
Repérer la répétition d’événements similaires après chaque travail (refus de partir, lenteur à l’échauffement, récupération laborieuse) aide à diagnostiquer la myosite chronique et à intervenir avant l’apparition d’une crise majeure.
Quand s’inquiéter ?
Dès qu’un cheval présente douleur musculaire, urine foncée, ou immobilisation soudaine après l’effort, il s’agit d’une urgence vétérinaire.
L’attente ou la reprise du travail dans ces conditions peut avoir des conséquences graves, allant jusqu’à l’insuffisance rénale ou la mise en danger de la vie de l’animal.
Être vigilant à ces symptômes permet une prise en charge précoce, gage d’un meilleur pronostic et d’une récupération plus rapide de son compagnon.

Les traitements disponibles et leur efficacité
La prise en charge de la myosite chez le cheval vise d’abord à limiter la gravité des lésions musculaires, soulager la douleur et protéger les organes internes, notamment les reins.
Le protocole de soins dépend de la forme, de la sévérité de l’épisode et de l’état général de l’animal. Une réaction rapide et adaptée augmente considérablement les chances de récupération.
Repos strict et immobilisation
Dès l’apparition des symptômes de myosite, le repos immédiat du cheval est la première mesure clé. Il s’agit d’arrêter toute activité physique, de ne pas forcer le cheval à se déplacer, ni tenter de « faire passer » la raideur par le travail.
Le repos musculaire permet de limiter l’aggravation des lésions et donne au corps le temps nécessaire pour réparer les fibres endommagées.
Par exemple, après un coup de sang survenu lors d’une randonnée, il est essentiel de ramener le cheval à l’écurie doucement, sans précipitation, et de l’installer dans un box spacieux, au calme.
La durée du repos varie selon la gravité : en cas de myosite aiguë, elle s’étend généralement sur plusieurs jours à quelques semaines, sous surveillance vétérinaire.
Prise en charge vétérinaire et traitements médicamenteux
L’intervention rapide d’un vétérinaire est indispensable face à une suspicion de myosite. Le professionnel pose le diagnostic (bilan sanguin, analyse d’urine) et évalue la sévérité de l’atteinte musculaire.
Plusieurs médicaments peuvent alors être administrés :
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Ils soulagent la douleur et réduisent l’inflammation. Leur action rapide permet au cheval de supporter la gêne musculaire et de prévenir les complications douloureuses.
Par exemple, la phénylbutazone ou le flunixin meglumine sont souvent prescrits sur une courte période. - Myorelaxants : Dans certains cas, pour détendre les muscles contractés et favoriser la récupération.
- Perfusions intraveineuses : Si les urines sont foncées ou si le cheval est déshydraté, le vétérinaire peut perfuser des solutions salines. Cela aide à éliminer la myoglobine toxique pour les reins et protège cet organe vital.
Ces traitements sont essentiels car ils limitent les risques de séquelles, améliorent le confort du cheval et accélèrent sa remise sur pieds.
Gestion de l’alimentation et de l’hydratation
Adapter l’alimentation est primordial dès la prise en charge d’une myosite. Il convient de supprimer immédiatement les aliments riches en céréales et en glucides (granulés, floconnés, avoine), qui pourraient surcharger les muscles en glycogène et entretenir l’inflammation.
Le cheval doit recevoir uniquement du fourrage (foin de qualité) et de l’eau propre à volonté.
L’hydratation favorise l’élimination des toxines et soutient le fonctionnement rénal. Il peut être utile d’ajouter une pierre à sel ou des électrolytes si le cheval transpire davantage, pour compenser les pertes minérales.
En parallèle, selon les analyses, des compléments en vitamine E ou en sélénium peuvent être introduits si une carence est détectée. Cela renforce la capacité naturelle du muscle à se régénérer et protège contre de futurs épisodes.
Soins complémentaires : thermothérapie, massages et gestion de la douleur
Certaines approches non médicamenteuses peuvent contribuer au confort du cheval malade, en complément du repos et du traitement vétérinaire.
Des applications de compresses chaudes ou de couvertures chauffantes sur les muscles atteints favorisent la détente et diminuent les contractures. Attention cependant à l’hyperthermie : ces soins doivent être validés par le praticien.
Des massages légers, réalisés uniquement lorsque la douleur aiguë a régressé, aident à relancer la circulation sanguine locale et limitent l’apparition d’adhérences dans le tissu musculaire. Ils sont généralement pratiqués quelques jours après la crise, jamais dès les premières heures.
Il est également important de veiller au bien-être général du cheval : maintenir un environnement calme, éviter les sources de stress et surveiller alimentation, eau et éliminations.
Retour progressif au travail
Lorsque les signes cliniques ont disparu et après validation vétérinaire, la reprise de l’activité doit être progressive. Recommencer trop tôt ou forcer un cheval encore fragile expose à une rechute immédiate ou à des séquelles durables.
Le programme de rééducation débute toujours par la marche en main ou au pas monté, sur de courtes durées, avant d’augmenter lentement la charge de travail.
Par exemple, il peut s’agir de dix minutes de marche par jour la première semaine, puis d’ajouter le trot sur de petites séquences la suivante.
Ce retour progressif limite la réapparition de douleurs et reconditionne doucement la musculature, garantissant ainsi un retour sécurisé à la discipline pratiquée.
Pronostic et efficacité des traitements
Avec une prise en charge adaptée, la majorité des chevaux récupèrent bien d’un épisode de myosite aiguë ou modérée, et retrouvent leur niveau d’activité. La rapidité du diagnostic, le respect du repos, la gestion alimentaire et le suivi vétérinaire conditionnent directement le pronostic.
Dans les formes chroniques ou héréditaires (comme le PSSM), la gestion au long cours repose sur une adaptation de l’alimentation, du travail et des mesures préventives. Le cheval peut alors mener une vie normale, mais fait l’objet d’une surveillance accrue.
Chaque situation étant unique, il est indispensable de travailler étroitement avec un vétérinaire et, si besoin, un nutritionniste équin, afin d’adapter au mieux le protocole de soins à votre compagnon.
Prévention et conseils pour éviter la myosite
La myosite n’est pas une fatalité : adopter des gestes simples et une gestion adaptée permet de protéger efficacement son cheval de cette affection musculaire.
Des précautions quotidiennes, autant dans le travail que dans l’alimentation, font toute la différence pour limiter les risques, notamment lors de transitions de saison ou de modification du programme d’entraînement.
Adapter l’entraînement et respecter une progression
Une surcharge brutale de travail est l’un des déclencheurs majeurs de la myosite.
Il est donc essentiel de construire une programmation progressive pour chaque cheval, en particulier après une période de repos (convalescence, vacances, météo défavorable).
Privilégiez des séances courtes et variées lors de la reprise, en alternant pas, trot et galop, et augmentez la difficulté (distance, rythme, dénivelé) sur plusieurs semaines seulement.
Ajoutez systématiquement une phase d’échauffement d’au moins 15 minutes au pas actif, et terminez chaque séance par une récupération au pas rênes longues.
Exemple concret : après 2 semaines d’arrêt, commencez par 10-20 minutes de marche, puis intégrez progressivement le trot en fractionné. Ne relancez le galop qu’après avoir constaté souplesse et absence de raideur.
Cette progression soigneuse protège les muscles, limite le risque de lésions et favorise une récupération optimale.
Gestion de l’alimentation : équilibre et adaptation
L’alimentation doit être en adéquation avec la dépense énergétique réelle et les besoins propres de chaque cheval.
Limitez les concentrés riches en amidon si le travail est faible ou irrégulier, et privilégiez toujours le foin de qualité distribué à volonté pour soutenir la digestion et la santé musculaire.
Avant les périodes d’effort intense (compétitions, randonnées), ajustez progressivement la ration, sans augmentation brutale des céréales.
En cas de sorties fréquentes, veillez à apporter assez d’électrolytes et d’eau fraîche pour éviter la déshydratation, qui fragilise la fibre musculaire.
Si votre cheval présente une prédisposition génétique à la myosite (par exemple, PSSM chez le Quarter Horse), appliquez les conseils vétérinaires stricts : alimentation pauvre en sucres rapides et fractionnement des repas pour limiter les pics d’insuline.
Se faire accompagner par un nutritionniste équin, surtout lors des changements de saison ou de ration, sécurise la santé et prévient les erreurs alimentaires.
Supplémenter en minéraux et vitamines essentiels
Sélénium, vitamine E et magnésium sont indispensables pour la bonne santé musculaire.
Un déficit en ces éléments expose le cheval à des lésions, même lors d’efforts modérés.
Faites réaliser un bilan sanguin annuel, surtout si votre cheval vit au pré sur un sol pauvre, pour ajuster la complémentation nécessaire.
Un apport optimisé en antioxydants soutient la capacité du muscle à éliminer les toxines générées pendant l’exercice et réduit le risque d’inflammation.
Prévenir le stress et adapter l’environnement
Le stress chronique ou aigu peut être un facteur déclenchant souvent négligé.
Prévoyez un espace de vie stable et apaisant, avec un accès au paddock ou à la pâture chaque jour autant que possible.
Pendant les transports, les compétitions ou tout changement d’environnement, prévoyez des périodes de repos supplémentaires, surveillez l’hydratation et évitez de faire coïncider ces événements avec des pics d’entraînement.
Des chevaux anxieux ou sensibles peuvent bénéficier de routines rassurantes, de séances de brouting ou de contacts sociaux réguliers avec leurs congénères.
Maîtriser le stress réduit le risque de déséquilibres métaboliques et protège la musculature au quotidien.
Surveillance régulière de l’état de santé
Observez chaque jour l’attitude, la locomotion et l’appétit de votre cheval.
Un cheval qui devient raide, perd brutalement en performance ou présente une modification de comportement doit être examiné sans attendre.
Surveillez la couleur des urines après l’effort, la souplesse au pansage et la réaction à la pression musculaire.
En cas d’antécédents de myosite, tenez un carnet de suivi : notez chaque épisode, les circonstances et les mesures prises. Ce journal aidera votre vétérinaire à ajuster la prévention.
Cette vigilance quotidienne est la clé pour réagir rapidement et limiter la gravité d’un éventuel épisode.
Sécuriser la pâture et limiter l’exposition aux toxines
Vérifiez régulièrement la présence de plantes toxiques dans les paddocks, en particulier l’érable sycomore et l’érable negundo, responsables de la myopathie atypique.
Ramassez les samares (graines) et limitez l’accès aux zones à risque lors de l’automne et du printemps.
Tournez les chevaux sur plusieurs parcelles pour éviter une surexploitation et préférez les prairies variées, riches en graminées.
Cette gestion réduit les risques environnementaux et limite drastiquement l’apparition de formes graves de myosite chez les chevaux vivant au pré.
Planifier les soins vétérinaires préventifs
Un bilan vétérinaire complet une à deux fois par an permet de détecter très tôt d’éventuelles carences, anomalies métaboliques ou signes précurseurs de myosite.
Discutez avec le professionnel de la nécessité d’ajuster l’entraînement, la ration ou d’introduire une supplémentation adaptée selon la saison, l’âge et la discipline pratiquée.
N’hésitez jamais à demander conseil avant de modifier l’un de ces paramètres : la prévention est toujours plus efficace et moins lourde qu’une prise en charge curative.
FAQ sur la myosite chez le cheval
La myosite est-elle contagieuse entre chevaux ?
Non, la myosite n’est pas contagieuse d’un cheval à un autre. Il s’agit d’une pathologie musculaire individuelle le plus souvent liée à des facteurs internes, comme l’effort, l’alimentation ou la génétique.
Vous n’avez donc pas à craindre une transmission au sein de votre écurie en cas de myosite chez l’un de vos chevaux.
Comment reconnaître une myosite précoce chez mon cheval ?
Les premiers signes incluent généralement une raideur musculaire, une sueur inhabituelle sans raison apparente et une baisse de performance.
Si votre cheval est soudainement réticent à avancer ou montre une démarche anormale après un effort, il est conseillé de consulter rapidement un vétérinaire.
Mon cheval a déjà eu une myosite, est-il condamné à en refaire ?
Pas nécessairement. Une prise en charge adaptée, des adaptations dans l’entraînement et la gestion alimentaire permettent de réduire considérablement les risques de récidive.
Restez attentif aux signes d’alerte et respectez les conseils de prévention pour offrir à votre cheval une activité sécurisée.
Peut-on continuer à sortir un cheval atteint de myosite ?
Pendant la phase aiguë, il est impératif de mettre le cheval au repos total, dans un environnement calme.
Une reprise progressive de l’activité, toujours après validation du vétérinaire, est ensuite indispensable pour éviter les complications.
Quel est le délai de récupération après une myosite ?
Ce délai dépend de la gravité de la myosite. Généralement, il faut compter entre quelques jours à plusieurs semaines pour une guérison complète.
Le suivi vétérinaire est essentiel pour adapter la reprise d’activité et éviter une rechute.
L’alimentation joue-t-elle un rôle important dans la prévention ?
Oui, une alimentation équilibrée, adaptée à l’effort et riche en vitamine E et sélénium, aide à réduire les risques.
Il est important d’éviter les excès d’amidons et de privilégier la qualité à la quantité des rations.
Quels sont les risques si la myosite n’est pas traitée ?
Un retard de prise en charge peut entraîner des lésions musculaires irréversibles, une douleur chronique, voire une insuffisance rénale due à la libération de toxines.
C’est pourquoi il est crucial de réagir vite dès l’apparition des premiers symptômes.
Des massages ou soins complémentaires peuvent-ils aider ?
Après la phase aiguë et avec l’accord du vétérinaire, certains soins tels que des massages doux ou de la physiothérapie peuvent accompagner la récupération musculaire du cheval.
Toutefois, toute manipulation doit être effectuée par un professionnel et intégrée dans un protocole global de soins.
Doit-on adapter l’entraînement d’un cheval sujet à la myosite ?
Oui, il est important de prévoir des échauffements et des récupérations progressifs, tout en évitant les efforts intenses ou soudains.
Chaque séance doit être adaptée à l’état de forme du cheval et à ses antécédents de santé.
Puis-je prévenir la myosite uniquement avec des compléments alimentaires ?
Les compléments peuvent aider, mais ils ne remplacent pas une bonne gestion globale : entraînement adapté, alimentation équilibrée, surveillance des signes cliniques.
Une approche intégrée reste la meilleure façon de minimiser le risque de myosite chez votre cheval.
Conclusion
La myosite chez le cheval est une maladie musculaire aux causes multiples, qui se manifeste principalement par de la douleur et une gêne locomotrice, souvent après un effort intense.
Grâce à une identification précoce des symptômes et à des traitements adaptés, la plupart des chevaux récupèrent favorablement.
Prévenir cette affection passe par une gestion raisonnée de l’entraînement, une attention portée à la nutrition et l’écoute attentive de son compagnon équin.
S’informer et adopter les bons gestes reste la meilleure protection contre la myosite.