Équitation enceinte : quels sont les risques ?

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Vous attendez un heureux événement mais l’appel de la selle reste fort ? Faire du cheval enceinte soulève bien des questions pour les cavaliers passionnés. Découvrons ensemble les précautions à connaître avant de remonter en selle !

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Sommaire de l'article

Pratiquer l’équitation pendant la grossesse suscite de nombreuses interrogations, aussi bien pour les futures mamans passionnées que pour leur entourage.

Selon le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), environ 15 % des accidents de loisir responsables de traumatismes chez les femmes enceintes concernent l’équitation, une information explicitement rapportée dans leur publication de 2022.

Si le plaisir de partager un moment avec son cheval est irremplaçable, il n’en reste pas moins essentiel de se pencher sur les conséquences réelles que la grossesse implique pour la cavalière et son bébé.

Les changements physiologiques durant la grossesse

La grossesse est une période de profonds bouleversements pour le corps d’une cavalière. Comprendre ces transformations permet d’appréhender leur influence sur la pratique de l’équitation et d’anticiper les éventuelles difficultés.

Modification de l’équilibre et de la posture

Dès les premières semaines, le centre de gravité du corps commence à se déplacer à mesure que l’utérus prend du volume. Ce phénomène devient encore plus marqué au fil des mois, rendant la posture plus cambrée et modifiant la répartition du poids.

Pour une cavalière, ce simple décalage peut changer la sensation à cheval, exiger davantage d’effort pour maintenir une assiette stable, et augmenter le risque de basculer vers l’avant ou l’arrière, notamment lors de mouvements brusques ou inattendus du cheval.

Par exemple, une cavalière habituée à effectuer des figures précises en dressage peut ressentir une légère désorganisation corporelle et compenser inconsciemment, ce qui sollicite plus fortement certains muscles ou les lombaires.

Assouplissement des articulations et ligaments

Pendant la grossesse, le corps sécrète davantage de relaxine, une hormone qui permet aux ligaments et aux articulations de gagner en souplesse pour faciliter l’accouchement. Cependant, cette souplesse accrue ne se limite pas au bassin : elle concerne l’ensemble du squelette.

À cheval, cette élasticité réduit la stabilité articulaire, en particulier au niveau des hanches, des genoux et des chevilles, qui sont essentiels dans la pratique équestre.

Des gestes anodins, tels qu’enjamber un cheval ou descendre d’une selle, deviennent donc plus à risque pour l’articulation et peuvent provoquer des entorses ou micro-traumatismes.

Augmentation de la fréquence cardiaque et essoufflement

Le cœur d’une femme enceinte travaille davantage afin de répondre aux besoins accrus en oxygène du bébé et de la future maman. À l’effort, la fréquence cardiaque s’élève plus vite, et un essoufflement peut apparaître pour des exercices autrefois réalisés sans difficulté.

Pour les cavalières, cette modification exige une gestion du rythme différente, même lors de séances classiques en manège ou en extérieur. Des pauses plus fréquentes ou une réduction de l’intensité peuvent devenir nécessaires pour éviter la fatigue ou le malaise.

Fatigue et fluctuations de l’énergie

La grossesse s’accompagne souvent d’une fatigue importante, en particulier au premier et au troisième trimestre. Les changements hormonaux et la sollicitation de l’organisme expliquent cette baisse d’énergie, qui peut parfois surprendre les cavalières habituées à être dynamiques.

Il est alors primordial de savoir reconnaître les signes de surmenage, comme l’épuisement soudain ou un manque de concentration, qui peuvent augmenter le risque de chute ou d’incident lors des séances à cheval.

Modification de la perception du corps

Au fil des semaines, la silhouette évolue et la perception de son propre corps peut être modifiée. Certaines cavalières constatent que leurs habitudes de monte ne leur conviennent plus, comme le réglage des étriers ou la sensation de profondeur dans la selle.

À titre d’exemple, il n’est pas rare de devoir adapter la selle ou la position pour ménager le bas-ventre ou limiter la pression sur certaines zones sensibles, notamment lors du trot enlevé ou d’exercices de mise en selle.

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Les risques spécifiques de l’équitation pendant la grossesse

Pratiquer l’équitation enceinte comporte des risques singuliers qui méritent d’être bien identifiés. Certains sont directement liés aux modifications du corps de la cavalière, tandis que d’autres découlent des particularités inhérentes à la discipline équestre elle-même.

Le risque de chute : le danger principal

L’un des plus grands dangers à cheval, et particulièrement en étant enceinte, reste la chute. Même avec un cheval calme et une expérience confirmée, la composante animale introduit toujours une part d’imprévisibilité : écart, embarquement ou réaction de peur subite.

Chez la femme enceinte, une chute peut avoir des conséquences graves, notamment lors du choc direct sur l’abdomen, qui peut entraîner un décollement du placenta, des contractions précoces, voire une interruption de grossesse.

Il n’est donc pas nécessaire de tomber lourdement pour encourir des risques : un glissement, une perte d’équilibre ou un atterrissage maladroit peuvent suffire à blesser la mère ou exposer le fœtus à un traumatisme.

À titre d’exemple, un simple écart du cheval effrayé par un bruit peut désarçonner même une cavalière expérimentée si son centre de gravité est modifié ou ses réflexes amoindris par la fatigue.

Chocs et microtraumatismes répétés

L’équitation, en particulier au trot ou au galop, implique des impacts répétés du bassin sur la selle. Pendant la grossesse, la zone abdominale et le bas-ventre deviennent particulièrement sensibles à ces vibrations et aux pressions exercées, surtout lors des allures vives.

Ces microtraumatismes peuvent provoquer des douleurs pelviennes accentuées, des tensions ligamentaires, voire déclencher des contractions, notamment chez les femmes prédisposées ou ayant déjà eu des alertes lors de grossesses précédentes.

Un exemple fréquent concerne le trot enlevé : ce mouvement sollicite très directement la musculature du plancher pelvien et peut devenir douloureux pour une future maman ou accentuer la sensation d’inconfort, surtout à partir du second trimestre.

Risque accru de complications obstétricales

Au-delà du traumatisme physique immédiat, certaines situations vécues à cheval peuvent aggraver ou révéler des complications obstétricales comme le saignement, le travail prématuré ou une hypertension gravidique provoquée par l’effort intense.

L’effort demandé à l’organisme lors d’une séance d’équitation, notamment lors des concours ou des allures soutenues, peut majorer certains facteurs de risque obstétricaux, d’autant plus si la grossesse est considérée comme fragile.

Il est donc conseillé d’être particulièrement attentive à tout signe d’alerte : contractions inhabituelles après la monte, impression de malaise ou douleurs abdominales persistantes.

Risque pour les ligaments et les articulations

La souplesse accrue des ligaments pendant la grossesse expose la cavalière à un danger moins visible mais bien réel : entorses, déchirures ligamentaires ou tensions excessives, surtout lors de gestes apparemment simples comme monter ou descendre du cheval.

L’absence de stabilité articulaire réduit la capacité à contrôler les mouvements brusques ou à bien se réceptionner en cas de déséquilibre, et favorise l’apparition de douleurs diffuses qui peuvent ensuite gêner la marche ou accentuer la fatigue.

Diminution des réflexes et de la vigilance

La fatigue, le manque de concentration ou l’essoufflement plus rapide peuvent engendrer une baisse des réflexes à cheval. La réaction de la cavalière face à un événement imprévu ( départ au galop inattendu, saut de côté du cheval ) peut alors être moins rapide ou moins efficace.

Cette réduction de vigilance augmente mécaniquement le risque d’accident ou de mauvaise chute, même pour des exercices d’ordinaire bien maîtrisés.

Sensibilité accrue aux infections

La grossesse modifie l’immunité et peut rendre la femme enceinte plus vulnérable aux infections, y compris celles qui se transmettent dans l’environnement équestre, comme la toxoplasmose (présente dans la terre ou les crottins) ou certaines zoonoses.

Des soins particuliers sont alors recommandés, notamment lors des soins aux chevaux, pour éviter tout contact inutile avec les muqueuses, des blessures ouvertes ou l’ingestion accidentelle de poussières souillées.

Ce que disent les professionnels de santé et les fédérations équestres

La position des gynécologues et obstétriciens

La grande majorité des gynécologues et obstétriciens français, tout comme leurs homologues à l’international, recommandent la prudence concernant l’équitation pendant la grossesse.

De façon générale, ils considèrent l’équitation comme une activité à haut risque à cause du potentiel de chute et des possibles chocs sur l’abdomen, même lors de séances en apparence tranquilles. Cette recommandation ne dépend d’ailleurs pas du niveau d’expérience de la cavalière : le risque n’est pas lié à l’habileté mais à la nature imprévisible du cheval.

Très souvent, les professionnels de santé rappellent que si un sport engendre un risque de chute susceptible de provoquer un traumatisme abdominal, il est préférable de l’éviter dès le début de la grossesse, et ce jusqu’à l’accouchement.

Par exemple, le CNGOF indique explicitement que les sports équestres font partie des activités potentiellement dangereuses pour la femme enceinte, aux côtés du ski, de l’escalade ou du VTT.

Lorsque la future maman souhaite continuer à monter à cheval, les médecins adaptent parfois leur avis au cas par cas : une grossesse dite « sans complication » et un cheval très sûr permettant alors, sur avis médical, une pratique très encadrée et réduite, essentiellement lors du premier trimestre.

Les recommandations générales des fédérations équestres

Les principales fédérations, tant françaises (FFE) qu’internationales (FEI), ne proposent pas de textes réglementaires interdisant explicitement l’équitation chez les femmes enceintes. Toutefois, elles émettent des recommandations de sécurité très claires, s’appuyant sur les conclusions médicales et les données d’accidents dans le milieu équestre.

La Fédération Française d’Équitation rappelle que chaque cavalière est responsable de sa propre sécurité, mais invite fortement à déclarer son état de grossesse à son coach ou au personnel du centre équestre.

Cette transparence permet d’ajuster les activités, voire, d’écarter la pratique de la monte pure, au profit d’activités moins risquées.

Du côté de la Fédération Équestre Internationale, la compétition est strictement déconseillée pendant la grossesse.

La FEI précise que les risques de chute sont trop importants pour permettre la participation aux épreuves officielles quel que soit le stade de la grossesse, à la fois pour protéger la cavalière et pour des raisons d’assurance.

L’avis des médecins du sport et kinésithérapeutes spécialisés

Au-delà de la surveillance obstétricale, les médecins du sport et kinésithérapeutes soulignent le risque d’aggravation des déséquilibres corporels et de blessures chez la femme enceinte qui continue à monter. Leurs conseils convergent : privilégier la sécurité et écouter son corps avant tout.

Ils mettent en garde contre la tentation de surestimer ses capacités, d’ignorer la fatigue ou de minimiser des douleurs inhabituelles.

Leur expérience du terrain montre qu’un incident peut arriver même lors d’une séance réputée « calme », et qu’il n’existe aucune zone totalement sans risque en équitation.

Par exemple, certains kinés spécialisés en rééducation du plancher pelvien déconseillent la pratique dès le deuxième trimestre, période où l’insuffisance musculaire du plancher pelvien rend la cavalière plus vulnérable aux pressions et microtraumatismes lors de la monte.

L’importance de l’accompagnement et de la prise de décision individuelle

Face à l’absence de loi ou d’interdiction ferme, la décision finale revient à la cavalière, en collaboration avec son médecin et, idéalement, son moniteur d’équitation.

Les professionnels de santé insistent sur la nécessité d’un dialogue ouvert afin d’évaluer objectivement le rapport bénéfices/risques selon le contexte personnel. En cas de doute, la balance penche toujours pour la sécurité et la prudence, car une grossesse sans incident doit rester la priorité.

Un exemple concret : une cavalière enceinte de deux mois, sans antécédent particulier, souhaitant continuer les séances sur un cheval de confiance, pourra discuter avec son médecin.

Il lui indiquera peut-être la possibilité de marcher à cheval sous surveillance stricte, tout en interdisant le galop, l’obstacle ou le travail intensif.

Le contact régulier avec le professionnel restera toutefois indispensable, notamment pour réagir rapidement à tout signe d’alerte.

Précautions et adaptations possibles pour continuer à monter à cheval enceinte

Monter à cheval durant la grossesse n’est pas un choix anodin. Pour certaines cavalières, la décision de poursuivre l’équitation est motivée par le lien fort avec le cheval et le désir de conserver une routine bénéfique pour le moral.

Si la continuation de la pratique est envisagée, il est crucial de prendre des précautions spécifiques et d’adapter sa monte pour préserver sa santé et celle du bébé.

Consulter systématiquement son médecin pour un suivi personnalisé

La première règle, avant toute décision, est de discuter avec son gynécologue ou sage-femme. Ce professionnel connaît le déroulement de la grossesse et les facteurs de risque individuels.

Un suivi médical régulier permet de réévaluer à chaque étape si la pratique reste envisageable ou si elle devient risquée, notamment en cas de contractions, de douleurs ou d’autres symptômes.

Il est important de signaler tout changement, même mineur (fatigue, saignements, essoufflements inhabituels) afin d’ajuster rapidement la pratique ou de l’arrêter si besoin.

Adapter la discipline : privilégier la sécurité avant tout

Pendant la grossesse, il est recommandé d’éviter strictement l’obstacle, le cross ou toute discipline comportant un risque de chute élevé.

Le travail sur le plat, dans un manège fermé et sécurisé, représente une alternative moins risquée. La priorité doit être donnée à la marche et, éventuellement pour les cavalières en tout début de grossesse et avec avis médical, au petit trot, si les sensations corporelles le permettent.

Renoncer au galop, au débourrage ou aux chevaux jeunes et imprévisibles s’impose : la recherche d’un environnement calme et stable prime sur toute notion de challenge équestre.

Choisir avec soin son cheval partenaire

La monture doit être absolument fiable, calme, bien éduquée et connue de la cavalière. Le comportement prévisible limite le risque de réactions brusques.

Idéalement, il s’agit d’un cheval familier qui ne sursaute pas aux imprévus.

Par exemple, certaines cavalières choisissent de ne monter que des chevaux d’école réputés pour leur « pied sûr » et leur placidité, même si cela conduit à remettre en pause la relation avec leur propre monture si elle est trop vive.

L’accompagnement par un encadrant pour la préparation et la détente du cheval ajoute une sécurité très concrète, notamment au moment d’enfourcher ou de descendre du cheval, deux phases à risque.

Limiter la durée et l’intensité des séances

La monte ne doit plus servir à s’entraîner, mais à se faire plaisir tout en restant à l’écoute de son corps. Dès les premiers signes d’essoufflement, de fatigue ou de douleur, il faut s’arrêter.

Il est préférable de multiplier les pauses et de réduire la durée globale (par exemple une demi-heure au pas dans un espace clos), afin d’éviter la surchauffe, la fatigue ou les douleurs lombaires/pelviennes.

Ce cadre séquencé permet aussi de conserver une réserve d’énergie indispensable pour se déplacer à pied, s’occuper du cheval ou organiser son retour en cas de malaise.

Prendre toutes les mesures de sécurité possibles

Le port du casque reste impératif, même pour une simple promenade au pas. Monter avec un gilet de protection spécifique (gilet airbag ou dorsale) offre une réelle sécurité supplémentaire en cas de déséquilibre ou de mauvaise réception.

L’aide d’une tierce personne pour monter et descendre du cheval est recommandée, d’autant que le relâchement ligamentaire rend les articulations vulnérables. Utiliser un montoir réduit la hauteur et le risque d’effort brusque.

Adapter l’équipement et la position en selle

Ajuster le matériel est essentiel pour préserver le confort du ventre et limiter les pressions. Certains sièges de selle ou tapis spécifiques, un réglage d’étriers modifié pour trouver une position plus stable, ou l’ajout d’un coussin de selle sont des solutions fréquemment adoptées.

Ressentir un pincement, une gêne ou une pression inhabituelle doit conduire à arrêter la séance, le confort n’étant plus négociable dans ce contexte.

Par exemple, une cavalière enceinte de quatre mois a adapté sa selle avec un sur-tapis en gel pour mieux amortir les chocs au pas lors de ses séances.

Modifier la position des jambes ou assouplir la position générale facilite également la respiration et diminue la sollicitation du plancher pelvien. Il ne faut pas hésiter à demander conseil à des professionnels pour ces réglages.

Rester constamment à l’écoute de ses sensations

Pendant la grossesse, chaque journée est différente : il faut accepter de remettre en cause ses habitudes, même d’une séance à l’autre. Si la moindre alerte physique apparaît (malaises, douleurs, contractions, chute de tension, vertiges), la réaction doit être immédiate, en descendant du cheval et en contactant son médecin si besoin.

L’intuition et l’écoute du corps deviennent les meilleures alliées : il n’est pas rare qu’une future maman arrête de monter même sans signe évident, juste parce qu’elle « ne le sent pas ».

Alternatives et manières de rester proche de sa passion pendant la grossesse

Arrêter ou adapter la monte ne signifie pas que la grossesse doit rompre le lien privilégié noué avec le cheval ni écarter la future maman de l’univers équestre.

Il existe de nombreuses façons de garder une connexion forte avec sa passion, de continuer à progresser ou d’enrichir sa relation aux chevaux sans prendre de risques inutiles.

Le travail à pied et la communication avec le cheval

Le travail à pied représente une merveilleuse alternative pour conserver une interaction de qualité avec le cheval tout en préservant la sécurité de la cavalière enceinte.

Cette approche vise à établir ou renforcer la confiance, l’obéissance et la complicité au sol, à travers des exercices variés : le licol, la longe, le jeu, ou encore la liberté en carrière.

Par exemple, il est possible d’apprendre au cheval à céder à la pression, à respecter la distance, ou à franchir des obstacles simples en main. Cela nourrit la relation et offre un sentiment d’accomplissement, même sans monter.

Le travail au sol permet également d’affiner son sens de l’observation, sa capacité à lire le langage corporel de l’animal – des compétences précieuses pour la reprise de la monte, après la grossesse.

Doucher, panser et prodiguer des soins : renforcer le lien différemment

La grossesse offre l’opportunité de consacrer plus de temps à la relation directe avec le cheval à travers le pansage, les soins des pieds, les massages ou les moments de caresses et de détente au box ou au pré.

Ces instants de douceur consolident la confiance du cheval, apprennent au cavalier à détecter plus rapidement toute modification de l’état général ou du moral de l’animal.

Par exemple, alterner différentes brosses, explorer de nouvelles manières de masser, ou observer minutieusement le cheval en main pendant la douche l’aide à développer un regard plus attentif et complice.

Il ne faut cependant pas oublier d’observer quelques règles d’hygiène spécifiques pour limiter l’exposition à certaines infections (usage de gants lors du curage des sabots, lavage soigneux des mains après chaque soin).

La longe et le double-longeron : éduquer tout en restant à distance

Travailler son cheval à la longe, ou en longues rênes, ne demande pas de monter en selle. Cela permet de continuer l’entraînement de l’animal, d’améliorer ses allures, sa souplesse ou sa réactivité aux ordres vocaux.

La pratique de la longe, en variant entre le pas, trot en liberté ou exercices d’incurvation, reste enrichissante pour le duo cavalier-cheval.

Il est toutefois conseillé de ne pas entrer dans le cercle de longe avec les chevaux vifs ou imprévisibles durant cette période.

De plus, tester la conduite du cheval en filet ou en licol éthologique, sans contraindre ni exercer de geste brusque, développe l’écoute et la finesse de la communication.

Méditer avec les chevaux ou simplement profiter de leur présence

Se reconnecter à l’essentiel, profiter du calme et de la présence apaisante des chevaux, peut aider la future maman à mieux vivre les changements de la grossesse et à cultiver la sérénité.

Beaucoup de cavalières apprécient ces moments en dehors de toute contrainte sportive : s’installer dans le pré, observer la troupe, écouter les bruits de l’écurie ou partager un moment câlin sont aussi riches et apaisants que la monte elle-même.

Certaines pratiquent la méditation avec les chevaux ou participent à des séances d’équitation centrée, activités douces qui favorisent le recentrage et le bien-être, tout en conservant le lien précieux forgé avec les animaux.

FAQ – Faire du cheval enceinte : toutes vos questions

Puis-je monter à cheval au début de ma grossesse sans risque ?

Les risques de fausse couche liés directement à la pratique de l’équitation sont faibles lors du premier trimestre, mais il demeure impossible d’écarter tout danger de chute ou de choc.

Il est donc recommandé de demander l’avis de votre gynécologue ou sage-femme, et, si vous continuez, d’y aller par étapes, en écoutant attentivement votre corps.

Est-ce qu’un équipement spécial s’impose pour monter enceinte ?

Il n’existe pas de matériel spécifiquement conçu pour l’équitation durant la grossesse, mais certains vêtements plus souples et confortables facilitent la pratique, en particulier si le ventre commence à s’arrondir.

La bombe reste bien sûr indispensable, tout comme éventuellement un gilet de protection, même s’il ne protège pas contre tous les risques.

Quels signes doivent m’alerter pour arrêter de monter à cheval ?

Toute douleur abdominale, saignement, sensation de malaise ou contractions doit vous pousser à interrompre la séance immédiatement.

Même en dehors de ces symptômes, réduisez ou suspendez votre pratique dès que vous ressentez une gêne inhabituelle, une perte d’équilibre ou une fatigue importante.

Le tempérament de mon cheval peut-il augmenter les risques ?

Oui, un cheval nerveux ou imprévisible accroît le danger de chute ou de mouvements brusques pouvant impacter la sécurité de la cavalière enceinte.

Préférez temporairement les chevaux les plus calmes et familiers, et évitez autant que possible les jeunes chevaux ou ceux en cours de débourrage.

Peut-on pratiquer le pansage et les soins à pied sans danger ?

La plupart des soins à pied peuvent continuer pendant la grossesse, en redoublant d’attention face aux mouvements parfois inattendus du cheval.

Si vous manipulez un animal très imposant ou peu respectueux, n’hésitez pas à demander de l’aide pour certaines tâches (curage des pieds, mise en pâture…).

Recommence-t-on vite l’équitation après l’accouchement ?

Tout dépend de votre accouchement (voie basse ou césarienne) et de votre récupération personnelle. Votre professionnel de santé reste le mieux placé pour vous donner le feu vert.

En règle générale, il est conseillé d’attendre au moins six semaines avant de reprendre en douceur, pour préserver le périnée et éviter la fatigue excessive.

Le contact avec les chevaux reste-t-il bénéfique pendant la grossesse ?

Absolument ! Rester proche des chevaux, même sans monter, contribue au bien-être moral et permet de conserver un lien essentiel avec votre passion.

Participer à la vie de l’écurie, encourager d’autres cavaliers ou tout simplement passer du temps au box sont des alternatives gratifiantes et tout à fait sûres.

Existe-t-il des activités équestres alternatives recommandées pour les futures mamans ?

La longe, le travail à pied, la randonnée douce en main ou la préparation de séances pédagogiques sont autant de solutions pour enrichir votre expérience, même sans monter.

Il existe également des ateliers de médiation équine ou d’hippothérapie adaptés aux femmes enceintes, selon les structures.

Conclusion

Faire de l’équitation pendant la grossesse présente des risques spécifiques, principalement liés aux changements physiologiques et à la possibilité de chutes ou de traumatismes.

Les professionnels de santé recommandent généralement la prudence, voire l’arrêt temporaire de la pratique montée, tandis que certaines fédérations incitent à privilégier la sécurité et l’écoute de son corps.

Cependant, il existe des moyens d’adapter sa relation avec le cheval durant la grossesse ou de vivre sa passion autrement.

Rester informée et bien encadrée est la clé pour garantir le bien-être de la future maman et de son bébé tout en conservant le lien avec l’équitation.

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