L’espérance de vie des chevaux a significativement augmenté au fil des décennies, permettant à de nombreux équidés d’atteindre et de dépasser l’âge de 20 ans, un cap après lequel les besoins nutritionnels évoluent nettement selon l’IFCE.
Or, une alimentation inadaptée figure parmi les principaux facteurs de baisse de condition chez le cheval senior, parfois à l’origine de pathologies évitables.
Pour accompagner au mieux notre cheval vieillissant, il est donc essentiel de comprendre ce qui change avec l’âge : appétit, assimilation des nutriments, et santé bucco-dentaire se fragilisent progressivement.
Dans cet article, nous vous proposons de plonger dans les particularités nutritionnelles du cheval senior, de découvrir comment ajuster ses rations et sélectionner les aliments les plus adaptés à sa condition, mais aussi d’aborder les solutions pour les difficultés de mastication ou les troubles digestifs fréquemment rencontrés.
Nous verrons également pourquoi il est indispensable d’observer régulièrement son état corporel afin d’ajuster ses apports, puis nous partagerons des conseils concrets et mettrons en lumière les erreurs à éviter pour assurer le confort quotidien et la longévité de votre compagnon âgé.
Comprendre les besoins nutritionnels spécifiques du cheval senior
À mesure que le cheval prend de l’âge, son corps évolue et ses besoins alimentaires se modifient.
Reconnaître ces changements est essentiel pour lui offrir une alimentation adaptée, préserver sa santé et prolonger sa vitalité.
Des besoins énergétiques souvent en baisse… mais parfois en hausse
Avec le temps, la plupart des chevaux seniors voient leur niveau d’activité diminuer. En conséquence, leur besoin en énergie peut légèrement baisser pour éviter la surcharge pondérale. Cependant, cette règle n’est pas universelle.
Certains chevaux âgés rencontrent des difficultés à assimiler les nutriments ou à maintenir leur poids, ce qui exige au contraire un apport énergétique accru.
Par exemple, un cheval de 22 ans qui commence à perdre de l’embonpoint malgré une ration apparemment correcte a parfois besoin d’une alimentation plus énergique, facile à digérer.
C’est donc l’observation quotidienne qui permet d’ajuster la ration au bon moment, selon que le cheval senior ait tendance à grossir ou à maigrir.
Une attention particulière aux protéines de qualité
Les chevaux âgés assimilent moins bien les protéines dans leur alimentation. Or, ces nutriments sont indispensables pour entretenir la masse musculaire, soutenir l’immunité et favoriser la réparation des tissus.
Privilégier des sources de protéines de bonne qualité, comme la luzerne, le soja extrudé ou des aliments spécialement formulés pour seniors, constitue une précaution fondamentale.
Par exemple, une jument âgée ayant perdu ses muscles peut bénéficier d’une ration enrichie en luzerne déshydratée.

Des fibres, encore et toujours
Les fibres jouent un rôle majeur dans l’alimentation du cheval, et chez le senior, leur importance est décuplée. Elles assurent un bon fonctionnement du transit intestinal et aident à prévenir les troubles digestifs, fréquents avec l’âge.
Un vieux cheval aura davantage de facilité à digérer des fibres de haute qualité (foin de bonne coupe, luzerne, pulpe de betterave sans mélasse), en quantité adaptée.
Offrir ces fibres variées maintient sa santé digestive et limite le risque de coliques.
Vitamines et minéraux : des alliés précieux
Avec l’âge, l’absorption des vitamines et minéraux par l’organisme devient moins efficace. Il devient alors important de vérifier que le cheval senior reçoit tous les apports nécessaires, notamment en vitamine E, vitamine C, calcium, phosphore et sélénium.
Un vieux cheval pâturant moins ou ayant des difficultés dentaires pourrait, par exemple, manquer de vitamine E, essentielle à ses muscles et à son système immunitaire.
L’ajout d’un complément vitaminé adapté peut alors être recommandé par le vétérinaire ou le nutritionniste équin.
L’hydratation, un point à surveiller
Le cheval senior peut devenir moins sensible à la soif, ce qui augmente le risque de déshydratation, surtout en été ou lors d’aliments secs. Garantir un accès permanent à une eau propre, tiède en hiver si possible, est crucial.
Certains compléments diététiques (comme la pulpe de betterave trempée) permettent d’augmenter la part d’eau dans la ration et d’encourager l’ingestion de liquides, notamment chez les chevaux âgés qui rechignent à boire.
Adapter la ration et choisir les aliments appropriés
L’alimentation d’un cheval senior se construit sur mesure, en tenant compte de son état général, de sa dentition, de son activité et de la disponibilité des aliments.
Adapter les apports et sélectionner les bons produits garantit à la fois la couverture des besoins nutritionnels et le plaisir de manger.
Choisir des fourrages de qualité et faciles à consommer
La base de toute ration reste le fourrage, mais un cheval âgé a souvent plus de difficultés à mâcher des fibres longues, surtout si ses dents sont usées ou manquantes. Il faut alors privilégier les foins très souples, sans poussière, récoltés précocement pour une meilleure digestibilité.
Lorsque le cheval ne parvient plus à consommer suffisamment de foin classique, il peut être judicieux d’introduire des alternatives comme les bouchons ou les pellets de foin/luzerne à réhydrater.
Ces formats facilitent la préhension, réduisent le risque d’étouffement et apportent des fibres indispensables.
Par exemple, pour une jument de 25 ans ayant des dents en mauvais état, distribuer des bouchons de luzerne bien humidifiés permet de maintenir une consommation de fibres adéquate et d’éviter la fonte musculaire.
Privilégier les concentrés digesteurs et adaptés à l’âge
Les céréales entières sont parfois difficiles à digérer pour le cheval senior, en raison d’une baisse de l’efficacité digestive avec l’âge. Préférer des aliments spécifiques « senior » ou des concentrés extrudés, floconnés ou micronisés permet de limiter ce problème.
Ces aliments présentent une meilleure biodisponibilité des nutriments, c’est-à-dire que le cheval peut en tirer davantage de bénéfices sans surcharger son système digestif. Un vieux hongre, fatigué et amaigri, profitera mieux d’un muesli senior que d’un simple mélange d’avoine et d’orge.
Lorsque des concentrés sont nécessaires, il faut aussi veiller à ce qu’ils soient riches en fibres digestibles (comme la pulpe de betterave, la luzerne), modérés en amidon et enrichis en vitamines/minéraux essentiels.

Fractionner les repas pour faciliter l’assimilation
Avec l’âge, la capacité digestive du cheval peut diminuer. Fractionner la ration quotidienne en plusieurs petits repas, plutôt qu’en un ou deux gros apports, favorise une assimilation optimale des nutriments.
Donner, par exemple, trois à quatre petits repas dans la journée à un cheval ayant tendance à perdre du poids limite l’encombrement de l’estomac, réduit les pics de glycémie et ménage un système digestif parfois moins performant.
Tenir compte des besoins individuels et du mode de vie
L’adaptation de la ration passe aussi par l’observation attentive de chaque cheval : un senior qui continue d’être régulièrement monté ou sort encore en concours aura des besoins énergétiques supérieurs à un retraité au pré.
Un cheval qui vit en groupe ou en pâturage partagé devra recevoir son alimentation complémentaire à l’écart, afin d’éviter la compétition alimentaire et garantir que sa ration lui profite réellement.
Penser à adapter la quantité et la composition de la ration en fonction des évolutions de son poids : certains seniors doivent consommer un peu plus de matières grasses (huile de colza, de lin…), tandis que d’autres gagnent à rester sur des apports faibles en calories.
Intégrer progressivement tout changement alimentaire
Le système digestif du cheval âgé est fragile : chaque modification de la ration (nouvel aliment, changement de foin, ajout de complément) doit se faire en douceur, sur une dizaine de jours minimum.
Cette précaution limite les risques de déséquilibres digestifs, de diarrhées ou de coliques, particulièrement fréquentes chez le senior.
Par exemple, passer trop vite d’un foin sec à des bouchons réhydratés peut entraîner une perturbation du microbiote intestinal.
Gérer les problèmes de mastication et de digestion liés à l’âge
Avec l’avancée en âge, de nombreux chevaux rencontrent des difficultés pour mastiquer, associées à un fonctionnement digestif parfois moins efficace. Comprendre et anticiper ces soucis permet d’assurer à votre senior confort et sécurité à chaque repas.
Surveiller l’état dentaire pour prévenir la douleur et les blocages alimentaires
Les dents du cheval poussent en continu, mais avec le temps, elles s’usent, deviennent irrégulières, tombent ou se forment mal. Résultat : le cheval mastique moins bien, peut avoir des douleurs, parfois même des lésions buccales ou des crochets empêchant une bonne occlusion.
Une mauvaise mastication empêche le bon broyage des fibres, et augmente le risque de fausses routes ou de bouchons œsophagiens. Cela peut aussi expliquer la présence de boulettes de foin partiellement mâchées retrouvées dans le box ou le paddock.
Il est donc essentiel de faire contrôler la dentition de votre cheval senior au moins une fois par an par un vétérinaire équin ou un dentiste équin spécialisé.
En cas de dents manquantes ou douloureuses, certains aliments pourront être ajustés (p. ex. foin en bouchons bien trempés).
Faciliter la prise alimentaire avec des textures adaptées
Pour compenser la diminution des capacités masticatoires, le choix de la texture des aliments est déterminant. Les aliments fibreux grossiers comme le foin long ou les tiges de luzerne peuvent devenir difficiles, voire risqués si le cheval ne les broie plus correctement.
Privilégier des fourrages coupés courts, des fibres en bouchons ou en pellets bien humectés améliore le confort d’alimentation et prévient le risque d’étouffement ou de blocages œsophagiens.
Un cheval sans prémolaires, par exemple, appréciera une ration composée essentiellement de bouchons de luzerne trempés plusieurs minutes dans l’eau tiède, formant une sorte de purée savoureuse.
Lutter contre la fonte musculaire liée à la mauvaise assimilation
À cause d’une mastication inefficace, la digestion démarre mal, ce qui peut limiter l’absorption des nutriments, notamment des fibres et des protéines. Progressivement, certains chevaux âgés perdent en masse musculaire et fondent malgré une ration correcte.
Adapter la ration vers des aliments plus digestibles, riches en fibres solubles et en protéines de haute qualité (luzerne, muesli spécifique senior, pulpes de betterave réhydratées) permet d’optimiser l’assimilation, même lorsque la dentition laisse à désirer.
Un exemple concret : un vieux cheval ayant perdu du poids voit souvent son état s’améliorer quand ses aliments sont bien mouillés, facilement avalés et aussi appétents qu’énergétiques.
Prévenir la constipation et les risques de colique avec une gestion adaptée des fibres
Le ralentissement du transit intestinal chez le cheval senior favorise la constipation, surtout si la ration contient des fibres peu digestibles ou si l’hydratation est insuffisante. Le risque de colique, redouté chez les vieux chevaux, augmente.
Opter pour des fibres hautement digestibles (pulpe de betterave sans mélasse, fibres de luzerne finement hachées, foin de qualité supérieure) limite la formation de bouchons. Ajouter un complément fibreux humidifié stimule la mastication résiduelle et favorise un bon transit.
Surveiller que votre cheval boive suffisamment reste essentiel : une alimentation fibreuse mais trop sèche aggrave la constipation. La présentation de foin trempé ou de soupe de pulpe de betterave peut inciter un cheval âgé à boire davantage.
Réduire les risques d’inconfort digestif grâce à des repas fractionnés et réguliers
Chez le cheval senior, le système digestif est moins souple : de gros repas ou une distribution irrégulière surchargent l’estomac et peuvent provoquer des ballonnements, des diarrhées ou augmenter la sensibilité aux coliques.
Fractionner la ration quotidienne en trois à quatre repas de petite taille permet d’alléger la charge de travail de l’estomac et d’assurer une assimilation plus progressive des nutriments, tout en limitant la faim et l’inconfort.
Un poney âgé qui bénéficie de quatre petits repas adaptés dans sa journée supportera bien mieux sa ration et conservera une meilleure condition physique qu’un congénère nourri seulement deux fois, même avec la même quantité globale d’aliment.
Surveiller l’état corporel et ajuster l’alimentation
Avec l’âge, l’état général du cheval évolue de façon parfois subtile ou insidieuse. Une surveillance régulière et attentive de la condition physique s’impose pour adapter la ration au plus près des besoins et préserver la santé du senior.
Cette démarche, essentielle tout au long de l’année, s’avère encore plus cruciale lors des changements de saison.
Évaluer régulièrement l’état corporel : la clef pour agir à temps
Le simple poids sur la balance ne suffit pas pour juger de la santé ou des carences éventuelles : l’état corporel global doit être analysé à la main et à l’œil, chaque mois, voire toutes les deux semaines chez les sujets les plus fragiles.
La méthode du Body Condition Score (BCS), qui consiste à apprécier le dépôt de graisse sur différents points du corps (garrot, côtes, croupe, encolure), est un outil précieux.
Chez le cheval senior, il faut être attentif à la perte de muscles au niveau du dos, des hanches, à la fonte de l’encolure, ou à l’apparition d’un ventre « pendant » synonymes de carence protéique ou d’assimilation défaillante.
Par exemple, un cheval âgé dont les côtes deviennent progressivement palpables, alors que sa ration reste la même, signale une difficulté à assimiler les nutriments ou un besoin énergétique plus élevé.
À l’inverse, l’accumulation de gras sur la crinière ou la base de la queue peut indiquer un excès calorique ou une baisse d’activité.
Adapter l’alimentation selon les évolutions observées
Aucune ration n’est figée : le tableau change en fonction de l’état de chair, des saisons, de la santé générale ou du niveau d’exercice du cheval âgé. Agir rapidement face à une perte de poids ou à une flambée d’embonpoint limite les complications secondaires (faiblesse, maladies métaboliques…).
Si le cheval maigrit ou perd du muscle malgré l’apport de fibres et de protéines adéquats, il faut envisager :
- Une réévaluation de la digestion (pouvant imposer un contrôle vétérinaire).
- Une augmentation des sources d’énergie faciles à assimiler : huile de lin ou de colza, aliments « seniors » riches en fibres digestibles, ajustement des quantités de bouchons/luzerne humidifiés.
- Le fractionnement supplémentaire des repas pour limiter la surcharge digestive.
À l’inverse, un cheval qui prend du poids ou développe un « gras » inadapté nécessite d’ajuster sa ration à la baisse : diminution des concentrés, augmentation de la proportion de fibres peu caloriques (foin pauvre mais propre), et contrôle rigoureux des « extras » donnés (friandises, pain…).
Prenons l’exemple d’un poney âgé retrouvant un excès d’embonpoint à la sortie du printemps : il sera alors judicieux de limiter l’accès à l’herbe fraîche très riche et de compenser avec un apport de foin plus modéré, surveillé et adapté chaque semaine.
Utiliser la pesée et les outils pratiques pour affiner le suivi
Le suivi visuel ne suffit pas toujours : l’utilisation régulière d’un ruban de pesée (toise graduée) ou d’une balance à bétail lorsque c’est possible permet d’objectiver les variations de poids du cheval senior.
Cette mesure s’avère particulièrement utile chez les individus dont la morphologie évolue lentement, ou qui camouflent bien les pertes de muscle par l’épaisseur du poil en hiver.
En consignant les valeurs dans un carnet dédié, vous visualisez aisément les tendances et pouvez réagir rapidement, en affinant la ration dès les premiers kilos perdus (ou gagnés).
Surveillance accrue lors des périodes à risque
Les transitions saisonnières mettent souvent à l’épreuve la santé et l’état corporel des chevaux âgés. L’arrivée du froid, la repousse tardive de l’herbe ou la sécheresse estivale exposent à des pertes de poids rapides et parfois difficiles à enrayer.
Un vieux cheval ayant traversé un hiver rigoureux doit être examiné particulièrement au printemps : si la ligne du dos s’affaisse ou si les pointes des hanches deviennent saillantes, une réadaptation immédiate de la ration s’impose (plus d’énergie, fibres réhydratées, éventuellement des compléments minéraux/vitaminiques).
À l’inverse, lors de périodes de pâture abondante au printemps, la surveillance permet d’ajuster la durée de sortie au pré, afin d’éviter l’apparition de fourbures ou d’embonpoint indésirable.
Considérer la maladie et le vieillissement naturel dans les ajustements
Certaines maladies chroniques (Cushing, arthrose, troubles hépatiques…) influencent la gestion corporelle du senior et sa capacité à tirer profit de la ration. Chez un cheval diagnostiqué, la surveillance de l’état corporel doit être renforcée, avec des ajustements alimentaires concertés avec le vétérinaire.
De même, le vieillissement entraîne parfois une fonte musculaire irréversible ou une difficulté croissante à entretenir une bonne qualité de poil et de sabots : adapter la ration, introduire des compléments ciblés (acides aminés, vitamines du groupe B, biotine…) soutient le bien-être et la résistance globale du cheval.
Un cheval atteint du syndrome de Cushing pourra, par exemple, bénéficier d’une ration pauvre en sucres et en amidon mais enrichie en fibres et en vitamines antioxydantes, pour limiter les risques de complications.

Conseils pratiques et erreurs à éviter pour le bien-être du cheval âgé
Adopter la régularité dans l’alimentation et les routines
La stabilité et la routine rassurent le cheval senior, dont la capacité d’adaptation diminue avec l’âge.
Distribuer la nourriture à horaires fixes chaque jour limite le stress digestif, aide à prévenir les troubles de l’appétit, et permet au système digestif de fonctionner de façon plus harmonieuse.
Un vieux cheval, habitué à être nourri à 8h, puis à 14h et 20h, montre moins de signes d’impatience ou d’inconfort qu’un congénère nourri de façon aléatoire.
De même, fractionner les soins et garder la même personne référente pour les repas ou les manipulations réduit le risque de refus d’aliment lié à l’anxiété ou à la confusion.
Assurer un accès constant à une eau propre, fraîche ou tiédie
Les chevaux âgés ressentent moins bien la soif, ce qui les expose à la déshydratation et accentue tous les risques digestifs.
Il faut donc vérifier chaque jour la propreté et la température de l’eau, surtout par temps froid, car beaucoup de seniors rechignent à boire glacé.
Proposer un seau d’eau tiède en hiver, ou rajouter un peu d’eau à température ambiante dans leur ration fibreuse, peut encourager les moins enclins à s’hydrater correctement.
Un cheval de 28 ans dont le seau d’eau est renouvelé matin et soir boira davantage et sera moins sujet aux bouchons digestifs.
Sécuriser l’environnement au moment des repas
Le cheval senior est souvent plus lent que ses congénères, mais reste soumis à la compétition alimentaire en pâture ou au box.
Il est essentiel de lui offrir la possibilité de s’alimenter au calme, à l’écart des autres si besoin, pour qu’il puisse consommer l’intégralité de sa ration en toute tranquillité.
Dans les prés collectifs, un vieux hongre nourri dans un coin isolé a bien plus de chances de manger ses bouchons de luzerne sans être chassé ou dérangé.
Veillez aussi à bien humidifier tous les aliments compressés donnés hors surveillance : cela réduit le risque d’étouffement ou de bouchon œsophagien, fréquent chez le cheval à la dentition incomplète.
Attention aux excès de friandises et aux restes de table
Les chevaux âgés sont souvent « gâtés » de friandises ou reçoivent des restes de pain et de fruits, pensant leur faire plaisir.
Or, ces apports inadaptés peuvent rapidement déséquilibrer la ration, favoriser l’embonpoint, ou aggraver certaines maladies métaboliques (Cushing, syndrome métabolique équin…).
Préférez les friandises spécifiques pour chevaux, riches en fibres (comme des morceaux de carotte fraîche ou des bouchées sans céréale).
Un poney de 22 ans, traité pour fourbure, ne doit pas recevoir de pain sec ou de pommes à volonté – un écart fréquent lors des visites en famille !
Soyez vigilant aux transitions alimentaires et au stockage des aliments
Le système digestif du cheval senior est particulièrement sensible aux changements.
Tout nouvel aliment (nouveau foin, nouveau complément, passage à une ration humide…) doit être introduit en douceur sur 7 à 10 jours pour éviter diarrhée, colique ou refus d’aliment.
Il est aussi important de stocker les aliments dans un endroit propre, sec et à l’abri des rongeurs.
Foin moisi, granulés humides ou même bouchons présentant des traces de moisissure peuvent rendre malade un organisme âgé déjà fragile.
Ne pas négliger la surveillance bucco-dentaire
Un suivi régulier des dents reste l’une des tâches essentielles chez le cheval senior.
Oublier le contrôle annuel dentaire expose à des problèmes sévères : perte de poids, bouchons alimentaires, douleurs, voire infection.
Un vétérinaire ou un dentiste équin pourra ajuster le limage, repérer une dent cassée, ou conseiller la meilleure texture d’aliment.
Un cheval de 20 ans, suivi chaque année, gardera une meilleure capacité de mastication, évitera de « trier » sa ration, et restera plus alerte et actif.
Demander conseil en cas de changement d’état ou d’appétit
Un cheval âgé qui refuse soudainement un aliment, qui « boude » sa portion habituelle ou qui maigrit sans explication doit alerter.
Ce peut être le signe d’une douleur, d’un début de maladie (Cushing, problèmes hépatiques), ou d’une carence.
N’hésitez pas à consulter un vétérinaire ou à faire appel à un nutritionniste équin : intervenir précocement limite le plus souvent la dégradation de l’état général.
Un vieux cheval réajusté rapidement après une fonte musculaire saisonnière récupérera plus vite et gardera une meilleure vitalité.
Éviter la sédentarité : privilégier le mouvement, même au pas
Un cheval senior, bien nourri mais privé de mouvement, digère moins bien, entretient mal sa masse musculaire, et s’expose à plus de douleurs articulaires.
Favorisez un accès quotidien au paddock, à la marche en main ou, si c’est possible, à une légère activité montée adaptée à ses capacités.
Un cheval de 23 ans emmené trente minutes par jour au pas reste en bien meilleure forme qu’un camarade cantonné au box, même avec une ration parfaite.
Surveillez le poids et l’état corporel, mais aussi le moral
Le bien-être alimentaire ne se limite ni à la balance ni à la gamelle : observez le comportement global de votre cheval.
Un senior qui vient vers vous à l’heure du repas, qui mange avec appétit et qui présente un œil vif est généralement un cheval dont la ration, l’environnement et le niveau de soins conviennent bien.
Si au contraire il reste à l’écart, nettoie à peine sa mangeoire, ou modifie ses habitudes, un bilan s’impose.
FAQ – Nourrir un cheval senior : les règles à respecter
À quel âge considère-t-on qu’un cheval devient « senior » ?
On parle généralement de cheval senior à partir de 15-20 ans, selon son état général et son mode de vie.
Certains chevaux peuvent montrer des signes de vieillissement plus tôt, il est donc important d’être attentif à leur état de santé.
Doit-on complémenter systématiquement un vieux cheval en vitamines ou minéraux ?
Pas nécessairement, si son alimentation de base est équilibrée et de bonne qualité, adaptée à ses besoins.
En cas de carences ou de ration restreinte, un complément spécifique pour chevaux seniors peut s’avérer utile, à demander conseil à un vétérinaire ou nutritionniste équin.
Peut-on continuer à donner du foin à un cheval âgé ayant peu de dents ?
Si le cheval a des difficultés à mastiquer du foin long, il existe des alternatives comme les bouchons de foin préalablement trempés ou la luzerne déshydratée.
Il faut toujours proposer une fibre adaptée à sa capacité de mastication afin d’éviter les troubles digestifs et la perte de poids.
Est-il dangereux de donner du pain ou des friandises à un cheval senior ?
Les friandises industrielles doivent rester occasionnelles et en petite quantité, surtout si le cheval a des soucis de dents ou de métabolisme.
Le pain sec peut être difficile à mâcher et n’a pas d’intérêt nutritionnel réel pour un vieux cheval. Privilégiez plutôt les fruits coupés en petits morceaux, voire des aliments spécifiques seniors.
Un cheval âgé peut-il continuer à vivre exclusivement au pré ?
Oui, à condition qu’il bénéficie d’un abri, d’une gestion adaptée (protection contre le froid et l’humidité), et que ses besoins nutritionnels soient bien couverts, même en hiver.
Une surveillance régulière de son état corporel et le complément en fourrage ou aliment senior peuvent être nécessaires.
Quels signes doivent m’alerter sur la nécessité de revoir la ration de mon cheval senior ?
Une perte d’état, des difficultés à mâcher, un poil terne, des crottins anormaux ou un cheval qui trie sa ration sont des signes à ne pas négliger.
Un suivi vétérinaire est conseillé pour dépister précocement les troubles liés à l’alimentation ou à la santé générale.
Comment gérer un cheval âgé avec des pathologies comme la fourbure ou le Cushing ?
L’alimentation doit alors être spécifiquement adaptée, avec des aliments pauvres en sucres et en amidon, mais riches en fibres digestibles.
Il est important de demander l’avis de votre vétérinaire ou d’un nutritionniste pour composer une ration sûre, tout en surveillant de près l’état du cheval.
Puis-je nourrir un vieux cheval de la même manière qu’un adulte actif ?
Non, les besoins d’un cheval senior diffèrent : il assimile moins bien les nutriments et peut avoir besoin d’aliments plus faciles à digérer et plus riches en énergie.
Adapter la ration évite la fonte musculaire, la perte de poids ou les troubles digestifs.
À quelle fréquence dois-je surveiller le poids de mon cheval senior ?
Une pesée régulière (mensuelle) ou une mesure du périmètre thoracique sont recommandées, surtout si des changements d’état corporel sont constatés.
Une surveillance rapprochée permet d’ajuster rapidement l’alimentation si besoin.
Peut-on préparer soi-même une ration « maison » pour un vieux cheval ?
C’est possible, mais il faut alors bien veiller à l’équilibre nutritionnel (fibres, protéines, minéraux, etc.) et à la digestibilité des aliments utilisés.
N’hésitez pas à consulter un professionnel pour formuler une ration adaptée et éviter les carences ou excès.
Conclusion
Nourrir un cheval senior demande une attention particulière : il faut adapter ses apports nutritionnels, tenir compte des éventuels problèmes de mastication ou digestifs, et réajuster régulièrement la ration en fonction de l’observation de son état.
En appliquant ces bonnes pratiques et en évitant certaines erreurs fréquentes, vous mettez toutes les chances de votre côté pour préserver la santé, le bien-être et la vitalité de votre cheval âgé.