Le choix du premier mors pour un jeune cheval est une étape clé de son éducation, qui va influencer sa relation au contact et sa future progression sous la selle.
Selon une étude menée par l’Institut français du cheval et de l’équitation, près de 60 % des chevaux de 3 à 5 ans présentent des sensibilités buccales liées à une adaptation inadéquate du mors lors de leurs premiers apprentissages.
Cela souligne combien il est important de bien comprendre la bouche et la dentition spécifiques au jeune cheval avant de sélectionner l’équipement le plus adapté.
Ce processus va au-delà d’un simple choix matériel : il s’agit de préserver le confort physique et mental du poulain, tout en posant des bases sereines pour la suite de sa formation.
Cet article propose d’explorer d’abord les particularités anatomiques du jeune cheval et les enjeux que représente cette étape pour un débutant.
Nous passerons ensuite en revue les types de mors privilégiés pour les premiers contacts, avant d’aborder les critères pratiques pour faire le bon choix en fonction du cheval et du cavalier.
Enfin, quelques conseils essentiels vous aideront à introduire le mors avec douceur et intelligence pour instaurer une communication de qualité dès les débuts.
Comprendre la bouche et la dentition du jeune cheval
La bouche du jeune cheval est une zone extrêmement sensible et en constante évolution lors de ses premières années de vie.
Mieux appréhender l’anatomie buccale et les particularités de la dentition permet non seulement d’améliorer le bien-être du cheval à l’entrée au travail, mais aussi de choisir un équipement qui favorisera son apprentissage en douceur.
Les spécificités anatomiques de la bouche d’un jeune cheval
Chez le poulain, la bouche est beaucoup plus petite et les tissus sont bien plus fragiles que chez un cheval adulte. Les gencives, les commissures des lèvres et la langue présentent une grande sensibilité, car la muqueuse y est fine et délicate.
Par exemple, un jeune cheval qui commence à être débourré aura souvent tendance à « jouer » avec le mors, à le mâchouiller ou à le faire glisser dans sa bouche, tout simplement parce que cette expérience est nouvelle et parfois inconfortable.
La taille de la bouche évolue également : le palais s’élargit avec la croissance, ce qui influence l’espace disponible pour le mors. Un matériel inadapté risque donc de provoquer des gênes, voire des blessures.
La croissance des dents : un processus à prendre en compte
La dentition du jeune cheval traverse plusieurs étapes clés : il possède d’abord des dents de lait, puis voit apparaître progressivement ses dents définitives entre 2,5 et 5 ans environ. Durant cette période, des dents tombent, d’autres poussent, ce qui peut rendre la bouche douloureuse ou sensible par moments.
Par exemple, si un jeune cheval a une dent de lait qui bouge, il peut devenir plus réticent à accepter le mors, tourner la tête ou baisser la nuque, voire développer des comportements défensifs.
Ce phénomène est normal et souligne l’importance de surveiller régulièrement la dentition afin d’ajuster le travail et l’équipement en fonction des besoins du cheval.
Pathologies et blessures courantes chez le jeune cheval
Une dentition en pleine évolution rend le jeune cheval particulièrement vulnérable aux lésions buccales. Les surdents, dents de loup ou autres malformations peuvent, si elles ne sont pas traitées, causer des douleurs ou un rejet du mors.
Une blessure fréquente est par exemple la coupure des commissures due à un mors trop dur ou mal adapté, alors que le cheval n’a pas encore les protections naturelles de sa muqueuse.
Il est indispensable de rester attentif aux signes d’inconfort (salivation excessive, refus du contact, secouement de la tête) pour éviter que le cheval n’associe le mors à une expérience désagréable.
Faire appel à un dentiste équin
Pour garantir une bonne évolution de la bouche et préserver la santé bucco-dentaire du jeune cheval, il est fortement recommandé de faire appel régulièrement à un dentiste équin.
Ce professionnel pourra anticiper d’éventuels problèmes, corriger une pousse anormale des dents et conseiller sur le moment opportun pour introduire le mors.
Un exemple courant : un jeune cheval qui présente des difficultés à accepter le mors peut, après une séance avec le dentiste, retrouver un confort immédiat et progresser plus sereinement dans son apprentissage.

Les enjeux du choix du mors pour un cheval débutant
Le passage du jeune cheval à ses premières expériences en main ou monté représente une étape fondamentale de son éducation.
Le choix du mors, souvent banal pour un adulte, prend ici une dimension capitale, tant pour le bien-être de l’animal que pour la qualité de son apprentissage.
Respecter la sensibilité physique et émotionnelle du jeune cheval
À ses débuts, le jeune cheval découvre des sensations inédites : la pression de la main, la présence du mors, mais aussi de nouvelles attentes de la part de son cavalier.
Un mors inadéquat, trop dur ou trop complexe, peut rapidement transformer cette découverte en source d’inconfort, voire de douleur.
Cela entraîne bien souvent des résistances : secouements de tête, tentatives de s’arracher les rênes, défenses, voire refus d’avancer.
Par exemple, un filet trop épais peut lui donner l’impression d’avoir la bouche pleine, provoquant une gêne constante. À l’inverse, une embouchure trop fine risque de blesser une muqueuse encore frêle.
Respecter cette sensibilité, c’est donc privilégier une embouchure la plus douce et la plus simple possible, pour instaurer la confiance et lui permettre d’apprendre sans stress ni douleur.
Construire des bases de travail solides et durables
Le choix du mors va directement influencer la façon dont le jeune cheval assimile les premières leçons de communication avec l’humain.
Un mors adapté favorise le relâchement, l’acceptation du contact et la compréhension des actions de mains. Ces bases solides sont indispensable : elles conditionnent l’ensemble de la future éducation du cheval, aussi bien sur le plat qu’à l’obstacle ou en extérieur.
A contrario, si les premières expériences sont marquées par l’inconfort ou l’incompréhension, le jeune cheval risque de perdre confiance en la main du cavalier, voire d’associer le travail à une sensation négative.
Les conséquences s’installent vite : manque de disponibilité, tension, peur du mors ou sursauts à la moindre action.
Par exemple, un jeune cheval qui a été débourré avec un mors trop sévère pourra garder longtemps des séquelles, nécessitant un travail de rééducation long et patient pour regagner sa confiance.
Prévenir l’apparition de blessures ou de traumatismes
Le jeune âge implique une extrême vulnérabilité de la bouche, ce qui expose à des blessures, aussi bien superficielles que plus graves.
Des commissures irritées, une langue blessée ou des lésions nasales peuvent mener à des complications durables, voire définitives.
Un mors mal ajusté ou inadapté peut même entraîner un rejet complet de l’outil par le cheval, le poussant à adopter des réflexes de défense ou des vices.
Dans certains cas, lorsqu’un traumatisme s’installe, il devient difficile par la suite de rétablir une relation saine avec le mors. Pour un cheval débutant qui aurait connu la douleur, chaque mise en main future risque de réveiller la peur ou le blocage physique.
Un bon exemple : un cheval qui s’ouvre systématiquement la bouche ou traverse la main est souvent le signe d’un souvenir désagréable lié à ses premiers contacts avec le mors.
Favoriser l’apprentissage du langage “main-bouche”
Le choix d’un premier mors engage aussi l’apprentissage du fameux “dialogue” entre la main du cavalier et la bouche du cheval.
Un mors trop sévère brouille ce dialogue : l’animal apprend alors à fuir le contact, se défendre, ou à devenir insensible par saturation.
Au contraire, une embouchure douce et adaptée lui permet d’intégrer progressivement les codes de communication : pression, cession, tension et décontraction.
Concrètement, cela signifie choisir un outil qui “pardonne” les petits à-coups maladroits, fréquents lors des premiers essais d’un cavalier débutant ou lors du débourrage du cheval.
Cela garantit une coopération positive, condition majeure pour un apprentissage éthique et serein.
Encourager la motivation et la curiosité du jeune cheval
En découvrant le mors, le cheval apprend aussi à faire confiance et à s’ouvrir à de nouvelles expériences.
Un choix judicieux permet de préserver sa curiosité, son envie de bien faire et sa disponibilité. L’animal reste alors motivé, attentif et souhaite naturellement comprendre ce qu’on lui demande, car il n’associe pas le travail à une contrainte ou à une douleur.
Un cheval qui prend plaisir à travailler sera bien plus facile à former, progressera plus rapidement et conservera ce goût de l’apprentissage tout au long de sa carrière.
Présentation des différents types de mors adaptés aux jeunes chevaux
Lorsque vient le moment de choisir un mors pour un jeune cheval, il est essentiel de privilégier la douceur et la simplicité. Cela permet de favoriser l’acceptation de l’embouchure tout en respectant l’anatomie délicate de sa bouche.
Certains modèles sont particulièrement conçus pour ne pas “surprendre” le cheval lors des premiers contacts, tandis que d’autres doivent être évités car trop complexes ou sévères à ce stade de l’éducation.
Le mors simple à anneaux (filet simple)
Le filet simple à canon droit ou double brisure, souvent appelé mors simple à anneaux, est généralement le plus conseillé pour débuter le travail d’un jeune cheval.
Sa conception ne présente pas d’effet de levier ni de complexité mécanique, ce qui limite fortement les risques de blessure et d’incompréhension. Son action sur la bouche est répartie de manière homogène, permettant au cheval de découvrir en douceur la notion de contact.
Un canon de diamètre moyen à large (14 à 18 mm selon la taille de la bouche) est préférable : trop fin, il serait trop agressif pour des tissus fragiles, trop épais, il encombrerait une bouche encore étroite.
Exemple : de nombreux jeunes chevaux, lors du débourrage, reçoivent un filet simple à anneaux larges en inox ou en caoutchouc souple car il offre stabilité et confort.
Cela leur permet de “jouer” un peu avec le mors sans se faire mal, tout en apprenant à accepter un contact léger.
Les mors à double brisure
Le mors à double brisure est souvent plébiscité pour les jeunes chevaux sensibles. Il présente au centre du canon une olive ou une petite pièce arrondie qui évite la pression excessive sur le palais.
Contrairement au mors simple brisé, dont la brisure centrale appuie sur le palais lors de certaines actions de main, la double brisure distribue les pressions de façon plus harmonieuse.
On réduit ainsi nettement le risque de gêne ou de pincement, ce qui est primordial chez les très jeunes chevaux encore en apprentissage.
Pour un poulain un peu inquiet ou très actif avec sa bouche, ce type de mors aide à trouver le relâchement et à associer le port du mors à une sensation neutre voire agréable.
Les mors en caoutchouc ou en résine synthétique
Les canons recouverts de caoutchouc ou fabriqués en matières synthétiques souples sont particulièrement appréciés pour leur tolérance.
Ils offrent une texture plus douce que le métal, ce qui peut réconforter un cheval un peu méfiant à ses premiers essais. Ce type de mors s’adresse notamment aux chevaux qui présentent une bouche très sensible ou qui ont eu de petites blessures dans le passé.
Néanmoins, il convient d’être attentif : certains chevaux mâchonnent et abîment rapidement ces matériaux, ce qui peut engendrer des bords coupants ou des arêtes. Il est donc nécessaire d’inspecter régulièrement l’état du mors pour garantir la sécurité buccale du cheval.
Exemple : un poulain timide ou réactif acceptera parfois bien plus volontiers un canon en résine flexible, car il se rapproche de la sensation d’une sucette, tout en limitant l’effet “froid” d’un mors métallique au contact.
Le mors à olive
Le mors à olive, reconnaissable à ses extrémités ovales qui relient les canons à l’anneau, permet d’éviter les pincements des commissures des lèvres.
Il est particulièrement conseillé pour les chevaux qui se frottent ou sont sujets à de petites coupures à la commissure, fréquentes lorsque le cheval cherche encore sa place ou que les aides de main sont imprécises.
Le maintien du canon est aussi plus stable dans la bouche, ce qui rassure le cheval et limite le risque de déport du mors d’un côté ou de l’autre lors de manipulations maladroites.
Ce modèle s’avère idéal pour les jeunes chevaux ayant déjà montré de légères sensibilités ou pour les cavaliers souhaitant une embouchure “de confiance” dès le début.
Les modèles à canon droit ou très légèrement courbé
Certains jeunes chevaux bénéficient d’un canon droit (aussi appelé « mullen ») ou très légèrement courbé. Ce type de canon exerce une pression douce et constante sur la langue, sans point de rupture ni effet de pince.
Il convient davantage à un poulain qui “mâchonne” beaucoup et a besoin de stabilité dans sa bouche. Toutefois, le canon doit rester d’une épaisseur modérée : un canon trop épais risquerait de devenir inconfortable, notamment si le palais du cheval est étroit ou bas.
Exemple : pour un poulain débourré très calmement, le canon droit en caoutchouc est souvent une option rassurante qui l’aide à accepter tranquillement la présence du mors, tout en l’encourageant à saliver.
Les mors à gros anneaux dits “ à aiguilles ”
Le mors à aiguilles est pourvu d’extensions longues de chaque côté du canon, limitant les risques de passage en dehors de la bouche lors d’actions latérales.
Il assure une excellente stabilité, essentielle pour un jeune cheval encore peu équilibré ou en recherche de repères, et il guide latéralement sans surprise, facilitant ainsi l’apprentissage des premières aides de direction.
C’est l’outil idéal pour accompagner un poulain dans les premières demandes d’incurvation ou lors des départs en extérieur, où la fermeté de l’encadrement peut empêcher qu’il “échappe” son mors en cas de mouvement brusque.
Les embouchures à éviter au début
Il est important de souligner que certains mors, trop complexes ou sévères, sont à proscrire pour un jeune cheval. Les mors à effet de levier (type pelham, pessoa, mors type Baucher), les mors torsadés ou à rouleaux, ou encore les mors à gourmette sont inadaptés aux premières phases d’éducation.
Ils accentuent la pression, multiplient les points de contact et peuvent provoquer douleurs, incompréhensions et réactions de défense irréversibles. Le risque est de rendre le jeune cheval méfiant, voire réticent à toute forme de contact avec la bouche sur la durée.
En phase de découverte, il vaut mieux “pêcher par excès de douceur” : un mors simple et tolérant favorisera toujours un apprentissage serein et durable.
Critères à prendre en compte pour sélectionner le bon mors
Choisir le mors idéal pour un jeune cheval demande de prendre en compte de nombreux paramètres, bien au-delà de la simple forme de l’embouchure.
Chaque cheval est unique : sa morphologie, son vécu, son tempérament doivent guider le choix pour favoriser un apprentissage agréable et respectueux de son intégrité physique comme mentale.
L’anatomie et la taille de la bouche
La première étape consiste à observer la conformation de la bouche du jeune cheval : largeur des barres, hauteur du palais, épaisseur de la langue, longueur des commissures et mobilité labiale.
Un mors trop épais dans une petite bouche va gêner la fermeture de la bouche ou exercer une pression excessive sur la langue, déclenchant salivation excessive, défense ou refus du contact.
À l’inverse, un canon trop fin accentuera le risque de blessures et de points de pression douloureux.
Il est donc essentiel de mesurer précisément la largeur de la bouche (d’un coin à l’autre) et de choisir un mors adapté : le mors doit dépasser d’environ 0,5 à 1 cm de chaque côté, sans pincer les lèvres.
Un exemple : un jeune cheval type poney avec une bouche étroite préférera un canon fin ou moyen, alors qu’un jeune cheval de sang large pourra tolérer un canon un peu plus épais.
Adapter le mors à la bouche, c’est minimiser l’inconfort et encourager l’acceptation rapide de l’outil.
Le matériau du canon
La matière du mors joue un rôle majeur dans la sensation qu’éprouve le cheval dès les premiers contacts. Les canons en inox sont durables, faciles à entretenir, mais leur froideur et leur rigidité peuvent surprendre ou rebuter un poulain sensible.
À l’inverse, les canons recouverts de caoutchouc, de résine ou d’alliages à goût sucré (type cuivre, aurigan) sont plus doux au toucher et favorisent souvent la salivation, ce qui encourage la décontraction de la bouche.
Un jeune cheval qui hésite à prendre le mors ou qui joue beaucoup avec appréciera fréquemment un canon en caoutchouc ou en silicone, surtout en début de travail.
Toutefois, il faudra surveiller l’usure de ces matériaux qui peuvent rapidement s’abîmer chez les chevaux très “bavards”.
La forme du canon : droit, simple brisure ou double brisure
La forme du canon détermine l’action du mors sur la bouche : un canon droit, ou légèrement courbé, répartit la pression uniformément sur toute la langue et limite les Pics de pression.
Il est idéal pour les chevaux ayant tendance à refuser les mors brisés ou présentant un palais délicat.
Le canon à simple brisure exerce une action plus localisée, et peut pincer la langue ou appuyer sur le palais lors de certaines actions de mains. Chez un jeune cheval, cette forme convient à condition que la bouche soit naturellement “protégée” (langue épaisse, palais haut).
La double brisure, appréciée pour sa souplesse, réduit nettement les risques de pincement ou de pression douloureuse. C’est le choix de prédilection pour la majorité des apprentissages.
Si le cheval ouvre la bouche, secoue la tête ou montre des défenses, il peut être utile d’essayer une autre forme de canon, ce sont souvent des réponses directes à une gêne anatomique.
La stabilité du mors dans la bouche
Un mors stable rassure un jeune cheval. Les modèles à olives ou à aiguilles offrent un maintien latéral idéal : ils ne risquent pas de glisser ni de “pincer” la commissure des lèvres lors de manipulations maladroites du cavalier.
Pour un poulain actif ou qui est travaillé par un cavalier en apprentissage, ce critère est fondamental.
Un bon exemple : lors du travail en extérieur ou lorsque l’on travaille l’incurvation, le mors à aiguilles empêche que l’embouchure ne sorte de la bouche, gardant le contact sécurisant pour l’animal comme pour l’humain.
Veiller à la stabilité du mors, c’est donner au jeune cheval des repères clairs, essentiels à la confiance lors des premiers exercices.
Le niveau de tolérance et de douceur recherché
Pour toute première mise au mors, la tolérance prime : il vaut mieux choisir un modèle réputé très doux, quitte à l’adapter ensuite si besoin.
Un canon en caoutchouc souple ou une embouchure à double brisure sont généralement acceptés sans résistance, même par les chevaux les plus timides ou ceux ayant vécu des manipulations délicates chez le dentiste.
Il est préférable de privilégier une embouchure “qui pardonne” : ainsi, les petites erreurs de main ou d’équilibre du cavalier seront moins traumatisantes pour le cheval en découverte.
L’état de la dentition et la présence d’éventuels problèmes buccaux
Un examen régulier de la bouche par un dentiste équin est indispensable avant de choisir un mors.
La perte de dents de lait, les surdents, les plaies ou les déviations de palais commandent parfois l’utilisation d’une embouchure très spécifique (canon très souple, absence de brisure, protection caoutchouc).
Par exemple, si un cheval a une dent de loup ou une plaie en phase de cicatrisation, l’usage d’un mors le temps de la guérison devra être suspendu ou remplacé par une embouchure extra douce et parfaitement ajustée.
Être attentif à la santé buccale, c’est la garantie d’éviter l’association du mors à la douleur et de démarrer l’apprentissage dans la confiance.
L’expérience et le niveau du cavalier
Le choix du mors dépend enfin de la finesse et de l’expérience du cavalier qui va travailler le jeune cheval. Un cavalier confirmé obtiendra des résultats plus justes et rapides avec une gamme d’embouchures plus étendue, grâce à des mains douces et précises.
En revanche, si le cheval est confié à un débutant ou à un jeune cavalier, il est recommandé d’opter pour un mors tolérant, qui “absorbe” les petites erreurs sans transmettre de messages trop abrupts à la bouche du cheval.
Exemple : pour un premier poulain travaillé par un jeune cavalier, un filet double brisure à gros anneaux, en résine, s’avérera souvent idéal afin de privilégier une communication progressive et de sécuriser l’apprentissage.
L’adaptabilité : savoir évoluer selon le ressenti du cheval
Un cheval grandit, change et évolue : il peut accepter un type de mors à ses débuts, puis nécessiter une adaptation selon sa croissance, son tempérament ou même son ressenti face au travail.
Il est donc primordial de réévaluer régulièrement l’embouchure choisie, surtout en cas de signes d’inconfort : ouverture de bouche, signes de stress, refus d’avancer, salivation excessive ou mouvements brusques de la tête.
Rester à l’écoute du cheval et ajuster le matériel au fil des séances permet de prévenir la plupart des difficultés qui peuvent naître d’un équipement mal choisi.
Cette vigilance contribue à construire une relation de confiance durable entre le cheval, son cavalier et le mors.

Conseils pour l’introduction et l’utilisation du mors avec un jeune cheval
L’introduction du mors est une étape cruciale qui influence fortement la manière dont le jeune cheval vivra la suite de ses apprentissages.
L’objectif est de faire de cette découverte un moment serein, respectueux et progressif, en tenant compte du rythme et des réactions individuelles de chaque animal.
Préparer la découverte du mors : familiarisation avant même la première mise en bouche
Avant d’introduire le mors dans la bouche du jeune cheval, il est judicieux de lui faire découvrir progressivement le nouvel équipement. Cette préparation aide à diminuer le stress et à instaurer un climat de confiance.
Présentez tout d’abord le mors à la main, laissez le cheval le flairer, le toucher avec les lèvres ou la langue sans contrainte. Ce contact exploratoire le rassure et stimule sa curiosité.
Prenez le temps de manipuler doucement les coins des lèvres et la bouche extérieure, habituez-le à ce que quelqu’un touche cette zone, ce qui facilitera l’acceptation lors de la première mise au filet.
Exemple : certains chevaux apprécient qu’on trempe le mors dans un peu d’eau sucrée ou qu’on le frotte avec de la pomme pour que le contact soit directement associé à une sensation positive.
Progressivité de l’introduction : aller lentement, étape par étape
L’une des règles d’or est la progressivité. N’essayez pas de mettre le mors pour la première fois en situation de travail ou de stress. Privilégiez un moment calme, dans un endroit familier et rassurant.
Commencez par introduire le mors en dehors du filet, simplement tenu à la main : faites-le glisser doucement dans la bouche, sans forcer, laissez le cheval jouer avec. Retirez-le dès les premiers signes de nervosité, puis recommencez, en rallongeant peu à peu la durée chaque jour.
Quand le cheval semble à l’aise, placez ensuite le mors avec le filet complet, sans y attacher de rênes. Laissez-le porter le mors quelques minutes, immobile ou en main, puis retirez-le toujours lorsque l’expérience reste positive.
Pourquoi ? Ces étapes graduelles évitent que le jeune cheval fasse l’association entre mors, contrainte et stress : il découvre le mors comme un élément neutre, voire agréable, et gagne en confiance pour la suite.
Respecter les réactions et les signaux de confort/inconfort
Chaque cheval réagit différemment lors de ses premières expériences avec le mors. Il est essentiel de rester attentif à ses signaux corporels : mâchonnement, salivation, mouvements de tête, tension des lèvres ou du regard.
Si le cheval refuse d’ouvrir la bouche, cherche à reculer ou manifeste des signes de défense (secouement de tête, oreilles plaquées), ne forcez jamais : retirez doucement le mors et reprenez l’exercice plus tard, plus brièvement ou d’une autre façon.
Exemple : un poulain qui garde la mâchoire serrée ou ouvre exagérément la bouche montre généralement une gêne ou un stress. Accordez-lui du temps, envisagez de réduire l’épaisseur du canon ou de revenir à l’étape précédente de familiarisation.
Assurer un ajustement parfait du mors
Un mors mal réglé peut transformer une expérience neutre en source immédiate d’inconfort. Vérifiez toujours la hauteur : le mors doit juste plisser d’un ou deux plis la commissure des lèvres, sans remonter excessivement ni pendre trop bas.
Contrôlez la largeur : les anneaux doivent dépasser légèrement (0,5 à 1 cm) de chaque côté de la bouche, sans risquer de pincer les lèvres. Pour les mors droits ou en caoutchouc, soyez particulièrement attentif car ils sont moins mobiles que les mors brisés.
Pourquoi ce détail est-il crucial ? Un mauvais ajustement peut provoquer des irritations, des pincements ou même des lésions qui pourraient générer un rejet durable du mors.
Instaurer des séances courtes et positives
Au départ, il est recommandé de limiter l’utilisation du mors à de courtes séances, même quelques minutes suffisent ! Privilégiez des moments où le cheval est détendu, notamment en fin de pansage ou lors de manipulations familières.
Arrêtez chaque séance sur une note positive : dès que le cheval accepte sans résistance, retirez délicatement le mors et félicitez-le. Cette expérience valorisante l’encourage à aborder la prochaine session avec moins d’appréhension.
Un exemple concret : lors des premiers jours, habituez-le simplement à porter le mors en main ou immobile, sans exiger quoi que ce soit ; vous pourrez ensuite rallonger la durée et y ajouter la marche en longe.
Accompagner l’apprentissage du mors pendant le travail à pied
Lorsque le cheval est à l’aise avec la présence du mors, commencez par l’utiliser lors de courtes séances de travail à pied. Marchez à ses côtés, faites des arrêts et des transitions simples, toujours sans action de main brusque.
L’objectif est que le jeune cheval apprenne à associer le port du mors à une communication douce, réalisée par de fins mouvements des rênes et par la voix, jamais par la contrainte.
C’est ainsi que se construit le dialogue main-bouche : un poulain qui comprend progressivement la signification de la pression ou du relâchement sera beaucoup plus détendu lorsqu’il s’agira d’accepter un cavalier.
Privilégier la légèreté des aides pour éviter les crispations
Durant les toutes premières leçons au mors, il est vital que le cavalier (ou la personne qui tient les rênes) privilégie la légèreté : évitez toute traction, tout à-coup ou sollicitation excessive. Les actions doivent être aussi fines et brèves que possible.
Pourquoi ? Un jeune cheval a une bouche beaucoup plus sensible ; une main dure ou maladroite peut générer très tôt des défenses (secouement de tête, ouverture exagérée de la bouche, reculs inopinés).
Exemple : lors des premiers départs en longe, n’utilisez les rênes que pour donner de petites indications, complétez systématiquement par la voix ou le corps pour ne jamais “coincer” la bouche du cheval dans le mors.
Écouter et adapter le matériel si besoin
Certains chevaux accepteront le mors en quelques jours ; d’autres auront besoin de plusieurs semaines, ou d’un changement de modèle/matière pour se sentir à l’aise.
Il ne faut pas hésiter à varier les embouchures douces (caoutchouc, double brisure, olives) en fonction des réactions observées.
Si, malgré toutes les précautions, le jeune cheval persiste à montrer des signes d’inconfort, consultez le dentiste équin pour vérifier l’absence de blessure ou de gêne dentaire ; dans certains cas, opter temporairement pour un travail en licol ou en side-pull peut être judicieux.
Cela permet d’éviter que le cheval n’associe définitivement le mors à la douleur ou à la contrainte.
Valoriser les progrès et la confiance à chaque étape
Enfin, chaque petite réussite doit être valorisée : caresses, paroles douces, pauses, friandises adaptées…
Tous ces renforcements positifs encouragent le jeune cheval à accorder sa confiance, à se détendre et à progresser sereinement vers la monte ou les exercices plus complexes.
Une relation de confiance construite autour du mors devient alors une base solide pour toute sa carrière d’équidé : bien introduit et bien utilisé, le mors sera pour lui un outil de communication et non une source de crainte.
FAQ : Tout savoir sur le choix du mors pour un jeune cheval
Le mors est-il indispensable pour démarrer le travail d’un jeune cheval ?
Non, il est possible de débuter le travail d’un jeune cheval en licol, en side-pull ou en filet simple sans mors.
L’objectif est d’installer les bases de la communication, le mors pouvant être introduit progressivement selon l’évolution du cheval.
Combien de temps faut-il pour que mon jeune cheval s’habitue à un mors ?
Cela varie selon chaque cheval, mais il faut généralement compter de quelques jours à plusieurs semaines.
Le travail doit être progressif afin que le cheval associe le mors à une expérience positive.
Que faire si mon cheval mâchouille beaucoup ou joue avec son mors ?
Il est habituel qu’un jeune cheval explore le mors dans sa bouche lors des premières utilisations.
Si ce comportement persiste ou s’accompagne de signes d’inconfort, vérifiez le type, la taille et le positionnement du mors, et demandez conseil à un professionnel.
Comment savoir si la taille du mors est adaptée à la bouche de mon cheval ?
Un mors bien ajusté doit dépasser de chaque côté de la commissure des lèvres d’environ un demi-centimètre, sans comprimer ni blesser.
Un mors trop étroit pince les commissures, tandis qu’un mors trop large bouge et peut provoquer des blessures.
Y a-t-il des risques d’abîmer la bouche d’un jeune cheval avec un mors ?
Oui, un mors inadapté, mal positionné ou utilisé avec trop de main peut causer des blessures aux commissures, à la langue ou au palais.
Une éducation douce et un ajustement soigné réduisent largement ces risques.
Puis-je changer le mors au cours du dressage ou dois-je garder le même ?
Il est parfois souhaitable d’adapter le mors au fur et à mesure de la progression du cheval, en fonction de son confort, de sa maturité et de l’évolution de son travail.
Il convient cependant de ne pas changer trop fréquemment afin de ne pas perturber le cheval.
Quels sont les signes d’un mors inadapté ?
Un cheval qui secoue la tête, s’ouvre la bouche, refuse le contact ou montre de la nervosité pourrait manifester un inconfort lié au mors.
Il faut alors vérifier la taille, le type et l’ajustement, et consulter un dentiste équin si nécessaire.
À quel âge peut-on introduire le mors dans l’éducation d’un jeune cheval ?
Le mors peut être introduit dès 2 ans et demi à 3 ans, lorsque la majorité des dents de lait sont en place, mais le travail doit rester très léger et progressif.
Avant cet âge, il est préférable de privilégier le travail à pied et la mise en confiance du cheval.
Le choix du mors doit-il être adapté selon la discipline pratiquée ?
Oui, certaines disciplines équestres ont des exigences spécifiques en matière de mors et de filets.
Il est important de choisir un modèle polyvalent et confortable pour l’éducation initiale, puis d’ajuster selon l’orientation sportive du cheval par la suite.
Mon cheval refuse le mors, comment réagir ?
Il faut d’abord éliminer toute cause d’inconfort : vérifier la dentition, l’ajustement du mors et la douceur de la main.
N’hésitez pas à consulter un professionnel ou un dentiste équin pour évaluer la situation.
Conclusion
Choisir un mors pour un jeune cheval nécessite de prendre en compte sa dentition en évolution, sa sensibilité au contact et son niveau de dressage.
L’essentiel est de privilégier la simplicité et la douceur, d’observer attentivement les réactions du cheval et d’adapter le matériel à ses besoins spécifiques.
En suivant ces étapes et en respectant ses particularités anatomiques, l’introduction du mors devient une expérience positive et formatrice pour le jeune cheval, jetant les bases d’une relation harmonieuse et durable avec son cavalier.