Minéraux du cheval : pourquoi le foin ne suffit pas ?

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Le foin couvre-t-il les besoins en minéraux de votre cheval ? Carences, rapport, compléments : ce qu’il faut savoir pour l’équilibrer.

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Pourquoi le foin est insuffisant pour les chevaux ?
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C’est l’une des idées les plus tenaces du monde équestre : un cheval qui dispose de foin à volonté et d’un bon pré n’aurait besoin de rien d’autre. L’intuition se défend, car les chevaux ont vécu des millénaires sans sachet de poudre. Elle résiste pourtant mal à l’analyse d’un fourrage.

Le foin n’est pas un aliment, c’est une matière première variable

Deux bottes issues de deux parcelles voisines peuvent présenter des profils minéraux radicalement différents. Ce qui se trouve dans le foin dépend d’abord de ce qui se trouve dans le sol : un terrain acide, sableux ou lessivé produira un fourrage pauvre là où une prairie argilo-calcaire donnera autre chose.

S’ajoutent le stade de coupe, l’espèce dominante, la fertilisation et la durée de stockage. Autrement dit, « du bon foin » décrit une qualité sanitaire et une appétence, pas une composition. L’analyse de fourrage reste le seul moyen de savoir ce que l’on distribue réellement.

Les carences qui reviennent le plus souvent

Trois manques se retrouvent avec régularité dans les rations françaises à base de fourrage seul.

Le cuivre et le zinc. Les fourrages en apportent généralement peu, et leur absorption est freinée par le fer et le manganèse, souvent présents en excès.

Le déficit se traduit par une corne de mauvaise qualité, une robe terne, parfois une cicatrisation lente.

Le sélénium. Une large partie des sols français en est naturellement pauvre, et cette pauvreté se transmet mécaniquement au fourrage qui y pousse.

La vitamine E. C’est le point le plus souvent négligé. L’herbe fraîche en est très riche, mais elle se dégrade rapidement dès que le fourrage est fané puis stocké.

Un foin de plusieurs mois n’en contient quasiment plus. Un cheval nourri exclusivement au foin l’hiver se retrouve donc avec des apports proches de zéro sur une vitamine essentielle au muscle et à l’immunité.

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Le piège du rapport phosphocalcique

Au-delà des quantités, c’est l’équilibre qui compte. Chez le cheval adulte, le rapport calcium/phosphore recommandé se situe généralement entre 1,5 et 2 pour 1.

Or les céréales sont riches en phosphore et pauvres en calcium. Ajouter de l’orge ou de l’avoine à une ration de foin peut donc inverser ce rapport et pénaliser l’absorption du calcium, alors même que l’on croit « enrichir » la ration.

C’est l’une des raisons pour lesquelles un complément minéral pour cheval correctement formulé raisonne en équilibres plutôt qu’en additions.

Le cheval au pré n’est pas mieux loti

L’idée que l’herbe règle tout mérite d’être nuancée. L’herbe apporte effectivement les vitamines que le foin a perdues. Mais sa teneur minérale dépend exactement du même sol, avec les mêmes carences.

Un cheval au pré sur un sol pauvre en sélénium reste carencé en sélénium. Il bénéficie simplement d’un meilleur statut vitaminique une partie de l’année.

Lire une étiquette sans se perdre

Quelques réflexes suffisent à distinguer un produit sérieux.

Vérifiez que les teneurs sont exprimées par kilo de produit, puis rapportez-les à la dose journalière réelle : un CMV concentré servi à 50 grammes n’a rien à voir avec un produit dilué distribué au bol.

Regardez la forme des oligo-éléments : les formes organiques ou chélatées sont mieux absorbées que les sulfates et oxydes. Contrôlez enfin la présence de vitamine E et de sélénium, et méfiez-vous des listes interminables où chaque élément n’apparaît qu’à l’état de trace.

Reste la question du choix. Entre un cheval de loisir au pré, une jument en gestation et un cheval âgé, les besoins n’ont rien de commun, et les gammes de compléments alimentaires pour chevaux se segmentent précisément sur ces profils.

En cas de doute, qu’il s’agisse d’un amaigrissement, d’une corne qui se délite ou d’une baisse d’état général, une analyse de fourrage et l’avis d’un vétérinaire ou d’un nutritionniste équin valent mieux qu’un achat à l’aveugle.

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