Vermifugation du cheval : quel vermifuge pour quelle saison ?

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La vermifugation du cheval, ce n’est pas sorcier… à condition de bien choisir son vermifuge selon la saison ! Cavaliers, suivez le guide pour garder vos compagnons en pleine santé toute l’année.

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La vermifugation figure parmi les grands rendez-vous de la santé du cheval, et pour cause : selon l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), 80 à 90 % des chevaux hébergent au moins un type de parasite interne à un moment donné de leur vie.

Ces parasites, loin d’être anodins, peuvent entraîner chez le cheval des troubles digestifs, une perte de condition physique, voire des complications plus graves en l’absence de gestion adaptée.

Pour agir efficacement, il est primordial de bien comprendre comment prospèrent ces petits envahisseurs, depuis leur cycle de vie jusqu’aux moments critiques de contamination.

Choisir le vermifuge approprié est ensuite une étape clé, chaque molécule n’agit pas de la même façon, et toutes ne sont pas efficaces à chaque saison.

Il devient donc essentiel d’adapter ses pratiques en fonction de la période de l’année, du profil de son cheval et de l’environnement.

Pourquoi vermifuger son cheval : enjeux et risques des parasites

Vermifuger un cheval n’est pas une simple formalité : il s’agit d’un acte essentiel pour préserver la santé de votre compagnon équin, son confort au quotidien et même la sécurité des autres chevaux présents sur l’exploitation.

Comprendre la menace des parasites internes

Les chevaux partagent naturellement leur environnement avec de nombreux parasites internes, principalement des vers, comme les petits et grands strongles, les ascaris, les ankylostomes ou encore les ténias.

Ces parasites vivent dans le tube digestif du cheval où ils se nourrissent de leur hôte, se développent et se reproduisent, libérant des œufs dans les crottins.

Si la présence de quelques parasites est normale et tolérée par la plupart des chevaux adultes en bonne santé, une infestation non contrôlée peut rapidement entraîner de véritables soucis de santé.

Par exemple, sur un cheval maigre qui perd du poids malgré une bonne ration, ou un poulain dont le poil devient terne, la vermifugation peut s’avérer vitale.

Conséquences d’une infestation parasitaire

La liste des complications liées aux parasites interne est longue : amaigrissement, coliques, troubles digestifs (diarrhées, ballonnements), retard de croissance chez le poulain ou encore baisse de performances sont parmi les exemples les plus fréquents.

Des cas plus graves existent aussi, notamment lorsqu’un amas de vers provoque une obstruction intestinale ou une perforation, mettant en jeu le pronostic vital du cheval.

Certaines espèces de parasites, comme les grands strongles, ont aussi la capacité de migrer vers d’autres organes (foie, poumons, artères) et peuvent causer des lésions graves, souvent sournoises, car elles évoluent lentement et passent d’abord inaperçues.

Chez un cheval infesté de ténias, le risque de coliques répétés augmente significativement : les parasites modifient le transit intestinal et peuvent provoquer des douleurs soudaines.

Mise en danger de la collectivité équine

La vermifugation concerne l’individu mais aussi le groupe.

Un cheval porteur de parasites, même s’il ne montre aucun signe visible, dissémine des œufs dans le pâturage.

Ainsi, toute la pâture devient source d’infection pour ses congénères, notamment les plus fragiles comme les poulains ou les chevaux âgés.

Dans une écurie, le manque de vermifugation à l’échelle collective peut entraîner la survenue d’épidémies ou de vagues d’infestations dont la gestion se révèle ensuite complexe et onéreuse.

Une gestion raisonnée de la vermifugation n’est donc pas qu’une question individuelle : elle protège l’ensemble des chevaux d’une structure et évite la transmission des parasites de génération en génération.

Lutter contre l’antibiorésistance parasitaire

Enfin, la vermifugation adaptée et réfléchie est essentielle pour éviter le phénomène d’antibiorésistance chez les parasites.

L’utilisation aléatoire ou excessive de vermifuges favorise l’apparition de parasites résistants, c’est-à-dire insensibles aux molécules utilisées.

Cela complique le traitement des infestations futures et peut rendre certaines molécules totalement inefficaces.

Il est donc capital de choisir judicieusement son vermifuge, de respecter les protocoles et de privilégier une approche raisonnée, pour préserver durablement l’efficacité des traitements.

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Comprendre le cycle de vie des parasites équins

Pour lutter efficacement contre les parasites, il est essentiel de bien comprendre leur cycle de vie.

En connaissant le déroulement de leur développement et de leur transmission, il devient possible d’intervenir au bon moment et d’optimiser la vermifugation pour chaque cheval.

Du crottin au pré : comment les parasites colonisent l’environnement

La plupart des parasites internes des chevaux, comme les strongles, ascaris ou ténias, suivent un cycle appelé « cycle oro-fécal ». Les vers adultes vivent dans le système digestif du cheval et pondent des œufs qui sont ensuite évacués dans les crottins.

Ces œufs ne restent pas inactifs : ils se développent en larves dans la matière fécale, puis migrent dans l’herbe ou le sol. Les chevaux broutant au pré ingèrent ces larves accidentellement, entretenant ainsi la contamination du troupeau.

Par exemple, au printemps, dès que les températures remontent, les œufs éclosent plus rapidement, ce qui explique les pics de contamination durant cette saison.

Le développement dans l’organisme du cheval

Une fois ingérées, les larves n’arrivent pas à maturité immédiatement. Elles suivent différentes étapes, qui varient selon l’espèce de parasite.

Les petits strongles, par exemple, traversent la paroi intestinale pour s’y enkyster. Ces stades larvaires, invisibles et protégés par les tissus du cheval, peuvent rester en dormance plusieurs mois avant de reprendre leur développement et de provoquer l’apparition de vers adultes.

Ce phénomène d’enkystement rend certains traitements moins efficaces à certains moments de l’année et justifie l’importance de bien choisir le moment de la vermifugation.

D’autres parasites, comme les grands strongles, effectuent d’impressionnantes migrations dans l’organisme : ils passent par les vaisseaux sanguins avant de revenir vers l’intestin, exposant le cheval à des lésions internes.

Pourquoi ce cycle est-il déterminant dans la gestion de la vermifugation ?

Comprendre les différentes étapes de vie des parasites aide à choisir le bon moment pour traiter votre cheval.

Par exemple, cibler les larves enkystées des petits strongles durant l’automne ou l’hiver limite les risques d’éclosion massive au printemps.

C’est aussi ce qui explique pourquoi un traitement trop précoce ou mal adapté n’élimine qu’une partie de la population parasitaire, laissant le champ libre à une réinfestation rapide.

Maîtriser le cycle de vie des parasites, c’est donc anticiper leur développement, limiter leur dissémination sur les pâtures, et protéger la santé de l’ensemble du troupeau avec une vermifugation raisonnée et efficace.

Les grandes familles de vermifuges et leur mode d’action

Face à la diversité des parasites internes du cheval, il existe plusieurs familles de vermifuges, chacun agissant de façon spécifique sur un ou plusieurs types de vers.

Bien les connaître permet d’adapter le traitement au profil de chaque cheval et aux risques de résistance.

Les benzimidazoles : une action ciblée sur les strongles et ascaris

Les benzimidazoles (fenbendazole, oxibendazole…) sont des vermifuges utilisés depuis longtemps en équitation. Ils agissent en paralysant et tuant principalement les strongles adultes et les ascaris.

Leur mode d’action vise à perturber la formation des microtubules chez les parasites, ce qui finit par entraîner la mort du ver. Ils présentent l’intérêt d’avoir peu d’effets secondaires et conviennent notamment aux poulains, même jeunes.

Cependant, leur usage répété a favorisé l’apparition de résistances, surtout chez les petits strongles. Il est donc important de ne pas les utiliser systématiquement et de privilégier leur emploi selon les résultats des analyses de crottins.

Exemple : lors d’une infestation d’ascaris chez le poulain, le fenbendazole reste un choix sûr et efficace lors du premier traitement.

Les tétrahydropyrimidines : la pyrantel pour un spectre élargi

Les tétrahydropyrimidines, dont le représentant le plus courant est la pyrantel, sont efficaces contre les strongles et le Parascaris (ascaris). Elles possèdent également une action sur les ténias, mais uniquement à doses doublement renforcées.

La pyrantel agit en bloquant la transmission nerveuse chez les parasites, provoquant une paralysie qui entraîne leur expulsion naturelle par le tube digestif du cheval.

Elle est souvent utilisée au printemps ou en automne lors du passage des chevaux de l’écurie au pré, pour limiter la dissémination des œufs dans les pâtures. Cet usage ciblé limite aussi le risque d’apparition de résistance.

Les macrocyclic lactones : ivermectine, moxidectine et leur spectre large

Les macrocyclic lactones représentent la famille de vermifuges la plus utilisée aujourd’hui. On retrouve notamment l’ivermectine et la moxidectine, deux molécules phares agissant sur une très large gamme de parasites.

Leur grande force : elles ciblent à la fois les stades adultes et les larves de nombreux vers, y compris les petits et grands strongles, les ascaris, les gastérophiles (mouches parasites), et certains ankylostomes.

La moxidectine a même la capacité d’agir sur les larves enkystées des petits strongles, particulièrement résistantes aux autres familles de vermifuges.

Le mode d’action repose sur le blocage des nerfs moteurs chez les parasites, provoquant une paralysie rapide et leur mort.

Pourquoi ce choix est-il important ? Parce qu’il s’agit de molécules puissantes, très efficaces, mais pour lesquelles une utilisation raisonnée est cruciale afin de préserver leur efficacité dans le temps.

Les salicylanilides : la praziquantel, le spécialiste du ténia

La praziquantel mérite une attention particulière car elle cible un parasite souvent négligé : le ténia. Ce vermifuge agit en détruisant la membrane cellulaire du ver, entraînant ainsi sa mort et son expulsion.

La praziquantel est la seule molécule vraiment efficace sur les formes adultes de ténia. Elle est, la plupart du temps, associée à d’autres familles (ivermectine ou moxidectine) dans des formulations complètes, afin d’offrir une couverture large à chaque traitement.

Son emploi est recommandé une à deux fois par an, notamment au printemps et à l’automne lorsque le risque de contamination est élevé, par exemple après une saison de pâturage où plusieurs chevaux ont partagé les mêmes prés.

L’importance du choix de la famille de vermifuge

Bien choisir le vermifuge et alterner régulièrement les molécules permet de limiter l’apparition de résistances et de cibler le bon parasite au bon moment. Se fier uniquement à une famille ou administrer au hasard augmente le risque d’inefficacité et de transmission de parasites résistants.

L’avis du vétérinaire, la réalisation de coproscopies régulières et la prise en compte du profil de chaque cheval (âge, statut physiologique, mode de vie) restent essentiels pour élaborer un plan de vermifugation personnalisé.

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Adapter le vermifuge à la saison : quel produit utiliser et quand

Adapter le choix du vermifuge au fil des saisons est essentiel pour maximiser l’efficacité des traitements et limiter les risques de résistance.

Chaque période de l’année est marquée par des stades différents du développement parasitaire, ce qui doit guider le choix de la molécule et la fréquence d’administration.

Le printemps : anticiper la montée en charge parasitaire

Au printemps, la nature reprend vie, et les parasites aussi. La hausse des températures accélère la maturation des œufs dans les crottins et la libération des larves sur les pâtures.

Cette période est critique, car les chevaux recommencent à sortir longuement au pré, augmentant leur exposition aux parasites.

Il est donc pertinent de programmer une vermifugation, surtout pour les chevaux ayant hiverné à l’écurie, avant le retour continu au pâturage.

On privilégie alors des molécules efficaces contre les strongles adultes, les ascaris (notamment chez le poulain), et idéalement une association agissant aussi sur le ténia, comme l’ivermectine ou la moxidectine en duo avec la praziquantel.

Exemple : Pour un troupeau ayant partagé les mêmes prés en hiver, un vermifuge combiné (ivermectine + praziquantel) permet de limiter l’excrétion d’œufs au moment du retour à l’herbe.

Chez le jeune cheval (moins d’un an), la priorité reste la lutte contre les ascaris. On utilise alors de préférence le fenbendazole ou le pyrantel, particulièrement adaptés à ce stade physiologique.

L’été : vigilance et adaptation selon le protocole raisonné

En été, la contamination des chevaux dépend beaucoup de la gestion des pâtures et du taux d’infestation relevé lors des coproscopies.

Les chevaux adultes en bonne santé et correctement suivis peuvent souvent espacer les traitements, en particulier si les analyses de crottins montrent peu d’œufs.

C’est une approche raisonnée qui limite l’apparition de résistances et respecte le « refuge parasitaire » (parasites sensibles non exposés).

Si un traitement est nécessaire, par exemple chez un cheval présentant de légers signes d’infestation ou après un résultat positif à la coproscopie, on utilisera alors de la pyrantel ou de l’ivermectine.

Pendant cette saison, il est aussi important de rester attentif aux gastérophiles (mouches parasites dont les œufs se déposent sur les membres et le poil des chevaux).

Toutefois, le traitement spécifique contre les gastérophiles se fait plutôt à l’automne, après la chute des œufs et avant l’hivernage des larves.

L’automne : cibler les larves enkystées et le ténia

L’automne est une étape clé dans la lutte antiparasitaire. À la fin de la belle saison, les chevaux ont accumulé des larves dans leur organisme, notamment les larves enkystées des petits strongles qui se sont installées dans la paroi intestinale.

C’est le moment idéal pour administrer un vermifuge à action spécifique sur ces stades larvaires résistants. La moxidectine est ici la molécule de choix grâce à son efficacité sur les larves enkystées.

Elle peut être associée à la praziquantel pour traiter simultanément les ténias, dont la prévalence augmente avec la saison de pâturage.

Exemple : Sur une écurie accueillant des chevaux à l’année au pré, un protocol comprenant moxidectine + praziquantel une fois en automne, après la dernière sortie prolongée au pâturage, permet une assainissement digestif supplémentaire avant l’hiver.

En cas de doute sur le type de parasites présents ou sur la résistance éventuelle, une coproscopie post-traitement est un moyen efficace de vérifier la réussite de l’intervention.

L’hiver : traitement ciblé ou pause raisonnée

En hiver, l’activité parasitaire sur les pâtures diminue considérablement du fait des basses températures. Les larves sur l’herbe entrent en dormance, alors que celles déjà présentes dans l’organisme du cheval, notamment les larves enkystées, persistent.

Pour les chevaux vermifugés à l’automne avec une molécule active sur les larves enkystées, aucun nouveau traitement n’est, en général, nécessaire pendant la saison froide, sauf recommandation du vétérinaire ou retour positif à la coproscopie.

Ce repos dans la vermifugation active joue un rôle majeur pour limiter la pression de sélection et l’apparition de résistances. Il est conseillé de profiter de cette accalmie pour planifier les dépistages (coproscopies) sur les chevaux à risque ou ceux montrant des signes cliniques (amaigrissement, poil terne…).

Dans certains cas spécifiques, par exemple en présence d’un nouveau cheval dont le statut parasitaire est inconnu, il est prudent de réaliser une vermifugation d’introduction.

Le choix de la molécule dépend alors du profil du cheval (âge, historique) et doit être discuté avec le vétérinaire.

Cas particuliers : poulains, chevaux âgés, immunodéprimés

Les jeunes chevaux, en particulier les poulains jusqu’à un an, nécessitent une attention particulière, car leur immunité face aux parasites est immature.

Au printemps et en été, ces chevaux doivent être vermifugés plus fréquemment (souvent toutes les 6 à 8 semaines les 6 premiers mois de vie) contre les ascaris principalement, puis en alternant avec des molécules adaptées aux strongles.

Chez les chevaux âgés ou à l’immunité fragilisée (maladie, convalescence), la surveillance doit être renforcée toute l’année par des analyses de crottins régulières, permettant de cibler le traitement au bon moment et d’éviter toute sur-infestation silencieuse.

Prendre en compte le profil individuel et l’état de santé du cheval reste toujours primordial pour ajuster la saisonnalité de la vermifugation et éviter traitements inutiles ou inadaptés.

Conseils pratiques pour une vermifugation efficace et raisonnée

Planifier la vermifugation sur l’année

Établir un calendrier précis des traitements est le premier pas vers une stratégie efficace. Prendre le temps de noter les dates de chaque vermifugation, les molécules utilisées et les résultats d’analyses (coproscopies) permet d’éviter les oublis, mais surtout de visualiser la rotation des familles de vermifuges.

Par exemple, sur un carnet dédié au cheval ou dans une application mobile, consignez chaque traitement : « Printemps : Ivermectine + Praziquantel », « Automne : Moxidectine », etc.

Cela permet également au vétérinaire ou à toute personne intervenant sur le cheval d’avoir un historique fiable et de proposer les adaptations nécessaires.

Réaliser des coproscopies régulières

La coproscopie (analyse des œufs de vers dans les crottins) est un outil clé pour ajuster la fréquence et le choix des vermifuges.

L’effectuer avant chaque traitement, ou au moins deux fois par an, permet de cibler l’intervention uniquement quand elle est nécessaire.

Par exemple, un cheval adulte présentant un faible taux d’œufs peut ne nécessiter qu’un seul ou deux traitements annuels, évitant ainsi de multiplier les produits.

À l’inverse, un cheval excréteur massif ou présentant des signes cliniques sera traité plus rapidement.

Ce suivi protège l’individu, mais réduit aussi la sélection des résistances : les parasites sont moins exposés aux molécules lorsqu’elles ne sont appliquées qu’en cas de besoin avéré.

Alterner les familles de vermifuges

Utiliser systématiquement la même molécule favorise l’apparition de parasites résistants, ce qui rendra les traitements futurs moins efficaces, voire inopérants.

Alterner au fil du temps entre benzimidazoles, tétrahydropyrimidines, macrocyclic lactones, et associer la praziquantel en fonction de la saison, permet de déjouer cette adaptation naturelle des vers.

Par exemple, alternez pyrantel au printemps, ivermectine l’été, et moxidectine/praziquantel à l’automne, en ajustant selon les résultats d’analyse.

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Adapter la dose au poids réel du cheval

Sous-doser le vermifuge, volontairement ou par erreur sur l’estimation du poids, expose à l’inefficacité du traitement et à la sélection de parasites résistants.

Il est donc essentiel de bien évaluer le poids de chaque cheval avant d’administrer un vermifuge. L’utilisation d’un ruban de pesée, d’une balance dédiée dans certaines écuries, ou à défaut une estimation rigoureuse en se basant sur la morphologie, permet d’ajuster précisément la dose.

Ne jamais « arrondir » à la baisse et, pour les chevaux à la corpulence atypique (poney, trait, cheval en surpoids), demander confirmation au vétérinaire en cas de doute.

Vermifuger l’ensemble du groupe pour limiter la contamination croisée

Vermifuger un seul cheval alors que le reste du troupeau ne l’est pas revient à limiter grandement l’efficacité du traitement. Les chevaux non traités continuent à disséminer des œufs de vers, ré-infestant rapidement le pré et l’ensemble des individus.

Il est donc recommandé de programmer les vermifugations collectivement, en visant un traitement global des chevaux partageant le même environnement.

Cette synchronisation freine l’infection croisée et limite la pression parasitaire sur les pâtures.

Changer régulièrement de zone de pâture ou mettre en place une gestion intelligente de l’herbe

L’alternance des parcelles et/ou la réduction de la densité de chevaux sur une même zone diminuent considérablement la charge parasitaire dans l’herbe.

Cela limite la ré-infection : plus l’herbe est rase, plus les chevaux ingèrent facilement les larves.

Mettre en place un système de repos des pâtures (laisser une parcelle sans chevaux plusieurs mois), faucher les zones souillées, ou y introduire ponctuellement des ruminants pour « nettoyer » les larves de parasites spécifiques aux chevaux, sont des méthodes complémentaires efficaces.

Exemple : alterner chevaux et bovins sur une même parcelle rompt le cycle des strongles, dont les larves n’infectent que les équidés.

Observer son cheval : surveiller les signes cliniques et le bien-être

Même avec un protocole soigneusement suivi, il est important de rester attentif à tout signe d’inconfort digestif, de perte d’état, de changement de poil ou de comportement.

Ces signaux d’alerte peuvent témoigner d’une infestation importante ou d’un problème d’efficacité du traitement.

Un cheval qui gratte sa queue, devient subitement apathique ou présente des crottins anormaux doit inciter à consulter le vétérinaire et réaliser une analyse de crottins sans attendre la prochaine échéance prévue.

Respecter scrupuleusement les précautions d’utilisation

Les vermifuges sont des médicaments : leur utilisation suit des règles précises. Stockez-les à l’abri de la lumière, de la chaleur et hors de portée des enfants ou des animaux.

Lisez toujours la notice avant administration, respectez la voie d’administration (souvent directement dans la bouche), et assurez-vous que le cheval ait bien avalé la dose entière, par exemple en surveillant qu’il ne recrache pas après le traitement.

Ne jamais mélanger plusieurs vermifuges sans l’avis d’un vétérinaire, ni dépasser les doses indiquées. Ces précautions limitent le risque d’effets indésirables pour le cheval, ainsi que l’impact environnemental.

Intégrer le vétérinaire dans la stratégie antiparasitaire

Le vétérinaire est le partenaire essentiel pour mettre en place un protocole raisonné et adapté à votre structure, à vos chevaux et au contexte local (pâtures, densité équine, antécédents de résistances).

N’hésitez pas à demander un bilan annuel avec analyse des crottins, interprétation des résultats, conseils personnalisés et informations sur les dernières recommandations en vigueur.

Le vétérinaire pourra aussi vous orienter si vous souhaitez mettre en place un « refuge parasitaire » ou une vermifugation sélective.

FAQ – Vermifugation du cheval : vos questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il vermifuger un cheval adulte ?

La fréquence dépend du mode de vie, de l’âge et du pasturage, mais en général, 2 à 4 vermifugations par an suffisent pour un cheval adulte en bonne santé.

Il est recommandé d’adapter ce rythme en fonction des résultats d’analyses de crottins et des conseils de votre vétérinaire.

Est-il possible de vermifuger sans ordonnance vétérinaire ?

La plupart des vermifuges courants pour chevaux sont délivrés sans ordonnance en France, mais il reste préférable de demander conseil à un professionnel.

Certains produits spécifiques ou en cas de doute sur le dosage nécessitent cependant l’avis ou la prescription vétérinaire.

Faut-il vermifuger tous les chevaux en même temps dans un même pré ?

Oui, il est vivement conseillé de traiter tous les chevaux partageant un même espace simultanément pour limiter le risque de recontamination.

Cela limite la propagation et le maintien des parasites sur les pâtures.

Les poulains nécessitent-ils un traitement différent ?

Les poulains sont plus sensibles aux parasites et doivent généralement être vermifugés plus fréquemment, avec des molécules adaptées à leur âge.

Consultez toujours un vétérinaire pour choisir un produit et un dosage adaptés à la croissance de votre poulain.

Quand faire une analyse de crottin et pourquoi ?

Une analyse de crottin (coproscopie) est recommandée avant chaque vermifugation, afin de cibler les traitements et d’éviter les excès inutiles de médicaments.

Elle permet aussi de détecter une éventuelle résistance des parasites aux molécules utilisées.

Quels sont les signes que mon cheval pourrait avoir des parasites ?

Les signes courants sont une perte de poids, un poil terne, des troubles digestifs, ou des coliques inexpliquées.

Parfois, les chevaux infestés ne présentent aucun symptôme visible : d’où l’importance d’un suivi régulier.

Y a-t-il des risques à vermifuger trop souvent ?

Oui, vermifuger trop fréquemment favorise la résistance des parasites aux traitements et peut perturber la flore digestive du cheval.

Il est donc recommandé de raisonner la vermifugation et de toujours privilégier une adaptation sur mesure, en fonction des analyses et des saisons.

Puis-je alterner les familles de vermifuges d’une saison à l’autre ?

Alterner les familles de vermifuges est conseillé pour limiter le développement de résistances et garantir une action efficace sur différents types de parasites.

Demandez conseil à votre vétérinaire pour élaborer un programme d’alternance adapté à votre cheval et à vos pâtures.

Quels gestes quotidiens favorisent une bonne gestion parasitaire ?

Ramasser régulièrement les crottins, limiter la surpopulation des pâtures, effectuer des rotations de prairies et éviter la cohabitation avec d’autres espèces sensibles (poneys, ânes).

Ces pratiques, associées à une vermifugation raisonnée, réduisent la pression parasitaire globale.

Faut-il vermifuger un cheval qui ne sort jamais au pré ?

Un cheval en box peut être moins exposé, mais il n’est pas totalement à l’abri, notamment s’il vit en collectivité.

La vermifugation peut donc rester nécessaire, mais à une fréquence adaptée, selon le mode de vie et l’hygiène des locaux.

Un cheval peut-il avoir une réaction après la prise d’un vermifuge ?

Oui, bien que rares, des réactions (léthargie, inconfort digestif, colique passagère) peuvent survenir, en particulier lors de fortes infestations.

Surveillez votre cheval après administration, et contactez votre vétérinaire en cas de doute ou de symptômes inhabituels.

Conclusion

La vermifugation du cheval ne doit rien laisser au hasard : comprendre les risques posés par les parasites, identifier la période de traitement idéale en fonction de leur cycle de vie et choisir la famille de vermifuge adaptée à chaque saison sont essentiels pour protéger durablement la santé équine.

Suivre de bonnes pratiques et privilégier une approche raisonnée permettent ainsi d’optimiser l’efficacité des traitements tout en préservant leur avenir, pour le bien-être durable du cheval.

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