Ulcère (cheval) : symptômes, causes, conséquences

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L’ulcère chez le cheval, c’est la bête noire de nombreux cavaliers ! Repérer les symptômes, comprendre les causes et anticiper les conséquences : on vous partage l’essentiel pour veiller au bien-être de votre fidèle compagnon.

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Sommaire de l'article

Les ulcères gastriques constituent l’un des troubles digestifs les plus courants chez le cheval, notamment chez le cheval de sport.

Selon l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation), plus de 60% des chevaux de sport seraient touchés à un moment donné par des lésions ulcéreuses de l’estomac.

Cette pathologie, souvent silencieuse à ses débuts, peut rapidement avoir des conséquences importantes sur le bien-être et les performances de votre cheval.

Au fil de cet article, nous allons expliquer en quoi consiste précisément un ulcère gastrique chez le cheval et pourquoi il ne concerne pas que les animaux convalescents ou à l’entraînement intensif.

Vous apprendrez à reconnaître les signes discrets et parfois trompeurs qui doivent vous alerter, tout en découvrant les principaux facteurs de risque.

Enfin, nous aborderons les répercussions possibles d’un ulcère non traité avant de détailler les bonnes pratiques pour prévenir et gérer efficacement ce problème de santé équin.

Qu’est-ce qu’un ulcère chez le cheval ?

L’ulcère chez le cheval, et plus précisément l’ulcère gastrique, est une affection fréquente qui touche la muqueuse de l’estomac.

Ce trouble est souvent mal connu ou sous-estimé par les cavaliers, alors qu’il peut avoir un impact significatif sur le bien-être et les performances du cheval.

Définition et mécanisme de l’ulcère gastrique équin

Un ulcère est une lésion, plus ou moins profonde, de la paroi interne de l’estomac.
Chez le cheval, cela signifie qu’une partie de la muqueuse qui tapisse l’estomac est endommagée, voire détruite, par l’action des sucs gastriques acides.

Le cheval possède un estomac divisé en deux parties distinctes : la partie supérieure, dite « non glandulaire », et la partie inférieure, « glandulaire ».

Les ulcères se développent principalement dans la zone non glandulaire, qui est plus sensible à l’acidité car elle n’est pas protégée par une couche de mucus épaisse.

Lorsque l’équilibre entre la production d’acide et les mécanismes naturels de protection de l’estomac est rompu, la muqueuse devient vulnérable.

C’est alors que des lésions peuvent apparaître, allant de simples irritations à des plaies ouvertes, voire des hémorragies dans les cas les plus graves.

A quoi ressemble un ulcère chez le cheval ?

Dans sa forme la plus classique, un ulcère ressemble à une petite plaie, comparable à une brûlure ou une érosion localisée de la paroi stomacale.

Lors d’une gastroscopie, un examen réalisé par le vétérinaire à l’aide d’une caméra introduite dans l’estomac, ils se présentent comme des zones rouges, érodées, parfois blanchâtres et plus ou moins profondes selon la gravité.

Il est important de savoir que la taille et la profondeur des ulcères varient fortement selon les individus, les causes et l’ancienneté des lésions.

Un cheval peut ainsi présenter un unique petit ulcère ou, au contraire, une multitude de lésions réparties sur l’ensemble de la muqueuse.

Pourquoi les chevaux sont-ils particulièrement sensibles ?

L’anatomie et le mode de vie du cheval expliquent sa prédisposition aux ulcères gastriques.

Contrairement à l’humain, le cheval produit de l’acide chlorhydrique en continu, même lorsqu’il ne mange pas, ce qui expose sa muqueuse à une acidité constante.

À l’état naturel, le cheval passe une grande partie de sa journée à brouter, ce qui permet une ingestion continue de fibres qui tamponnent l’acidité et protègent l’estomac.

En revanche, les pratiques actuelles comme les repas fractionnés, les périodes de jeûne, le stress lié au transport ou à l’entraînement intensif perturbent cet équilibre naturel et augmentent le risque d’ulcères.

Combien de chevaux sont concernés ?

Les études montrent qu’une proportion élevée de chevaux est concernée par cette pathologie : jusqu’à 60 à 90% des chevaux de sport ou de course présentent des ulcères gastriques à un moment donné de leur vie.

Même les chevaux de loisir peuvent être touchés, notamment lors de changements de rythme de vie ou de périodes de stress.

Cela souligne l’importance pour tout cavalier, quel que soit le niveau ou la discipline, d’être attentif à la santé digestive de son cheval.

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Reconnaître les symptômes d’un ulcère gastrique

Détecter un ulcère gastrique chez le cheval n’est pas toujours évident.
Les signes peuvent être subtils, évolutifs, et parfois confondus avec d’autres troubles digestifs ou comportementaux.

Symptômes digestifs : les signaux d’alerte les plus courants

La présence d’un ulcère gastrique se manifeste souvent par des troubles digestifs.

Le symptôme le plus fréquent est la perte d’appétit, partielle ou totale : un cheval qui trie son foin, laisse ration et granulés dans la mangeoire, ou semble moins motivé à l’heure des repas doit attirer l’attention.

Certains chevaux manifestent également des signes de douleur à l’ingestion. Ils peuvent mâcher lentement, faire des pauses, ou recracher leur nourriture.

Les coliques légères à répétition constituent un autre symptôme caractéristique.
Contrairement aux coliques aiguës, ces épisodes sont souvent discrets (couché plus longtemps que d’habitude, agitation, regards vers le flanc, grattage du sol).

Des crottins mous, une diarrhée ponctuelle, ou au contraire une constipation inhabituelle peuvent également être observés.
Ces désordres digestifs s’expliquent par la douleur ressentie et la perturbation du transit intestinal.

Signes comportementaux : quand le cheval « change »

Un cheval souffrant d’un ulcère gastrique peut présenter des modifications de comportement parfois difficiles à relier d’emblée à un problème digestif.

Une irritabilité soudaine, du stress ou de la nervosité inhabituelle sont fréquents.
Certains chevaux deviennent « chatouilleux » au pansage, surtout au niveau du ventre ou du passage de sangle.

Il n’est pas rare non plus de constater un repli sur soi, une baisse de moral ou un manque d’entrain général, même dans la vie au box ou au pré.

Ces signes comportementaux sont importants à observer, car ils traduisent la gêne ou la douleur constante liée aux lésions de l’estomac.

Parfois, un cheval parfaitement docile peut devenir difficile lors du travail, montrer de la résistance à la selle ou s’opposer au harnachement.

Par exemple, une jument toujours volontaire qui refuse brusquement de galoper ou s’oppose au sanglage peut exprimer un inconfort digestif latent.

Retentissement sur l’état général et la performance

Outre les symptômes digestifs et comportementaux, l’ulcère gastrique a des répercussions sur l’état général du cheval.

Une perte de poids, parfois rapide, et une fonte musculaire sont des signes inquiétants à surveiller, en particulier s’ils ne correspondent pas à une modification de l’alimentation ou du travail.

La robe peut devenir terne, piquée, ou perdre de son éclat habituel. Un cheval qui se gratte plus que d’ordinaire, dont la mue semble anormale ou présente des zones d’alopécie, mérite également une attention particulière.

Sur le plan sportif, certains chevaux connaissent une nette baisse de performance, de l’endurance et un manque de réactivité au travail.

Par exemple, un cheval de concours incitera son cavalier à s’arrêter plus souvent, montrera de la difficulté à soutenir l’effort ou se défendra sans motif évident.

Quelques particularités chez le poulain

Les poulains peuvent eux aussi développer des ulcères gastriques, souvent dans un contexte de sevrage ou de stress.

Chez eux, les symptômes sont parfois plus nets mais aussi plus graves.
On observe notamment un grincement de dents, une salivation excessive, des roulades fréquentes ou un décubitus prolongé.

La tétée peut être interrompue, ou le poulain tète en petites quantités, trop fréquemment.
Une perte de croissance ou un retard de développement doit faire suspecter un problème gastrique chez le jeune cheval.

Identifier les causes principales des ulcères chez le cheval

Comprendre l’origine des ulcères gastriques permet au cavalier d’agir en prévention et d’adapter le mode de vie du cheval.

Les causes sont nombreuses, souvent liées au mode de vie domestique et à la gestion quotidienne, bien loin des comportements naturels du cheval.

Alimentation inadaptée : le facteur numéro un

L’organisation des repas joue un rôle crucial dans la santé gastrique du cheval.

À l’état naturel, le cheval passe jusqu’à 16 heures par jour à brouter, ce qui assure un apport continu de fibres et de salive neutralisant l’acidité de l’estomac.

Lorsqu’un cheval reçoit des repas espacés, riches en céréales et pauvres en fibres, son estomac reste vide plusieurs heures.
Sans fibres à « tamponner » l’acide, la muqueuse devient vulnérable, et les sucs gastriques attaquent la paroi.

Par exemple, les chevaux nourris avec deux ou trois gros repas de floconnés ou d’orge par jour, sans fourrage à disposition en continu, présentent un risque significativement augmenté d’ulcères.

Un foin de mauvaise qualité, donné en quantité insuffisante, aggrave aussi le problème.

La ration alimentaire est donc un point central à surveiller : privilégier la mise à disposition quasi permanente de foin, fractionner les apports en céréales et adapter l’alimentation à la charge de travail sont des gestes essentiels.

Stress : un ennemi invisible mais redoutable

Le stress psychologique et environnemental est un déclencheur puissant d’ulcères gastriques.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne suffit pas qu’un cheval ait une alimentation correcte pour être à l’abri.

Le transport, les compétitions fréquentes, l’isolement social, le changement de routine ou encore des conditions de vie anxiogènes (absence de congénères, box sans ouverture vers l’extérieur, bruit permanent) participent tous à l’apparition ou à l’aggravation des ulcères.

Un exemple courant : un cheval très calme mais placé dans une écurie bruyante, avec beaucoup de va-et-vient, peut se retrouver en état d’hypervigilance et développer des lésions gastriques.

De même, le simple fait d’être séparé de son compagnon habituel ou de changer brusquement d’environnement provoque un stress qui se répercute sur l’estomac.

Chez certains chevaux de compétition, on observe même des épisodes d’ulcères systématiquement associés à la période précédant les grands événements sportifs, où l’entraînement s’intensifie et le rythme de vie change.

Exercice intense et irrégulier

Le travail physique a un impact direct sur la physiologie digestive du cheval.
Lorsque l’effort est intense ou mal dosé, l’abdomen se contracte, ce qui pousse l’acide gastrique vers la partie supérieure, non protégée, de l’estomac.

C’est la raison pour laquelle les chevaux de sport et de course sont particulièrement concernés par les ulcères : l’accumulation de séances physiques exigeantes, couplée à une gestion imparfaite du repos et de l’alimentation, fragilise la muqueuse.

À l’inverse, l’absence totale d’exercice ou une alternance irrégulière travail/repos peuvent également perturber la motilité digestive et favoriser l’apparition de troubles.

Médicaments : attention aux traitements prolongés

Certains médicaments, principalement les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), sont connus pour augmenter sensiblement le risque d’ulcères gastriques.

Administrés sur de longues périodes ou à fortes doses, ils altèrent les mécanismes naturels de protection de la paroi stomacale en diminuant la production de mucus protecteur.

Il s’agit par exemple de molécules très utilisées comme la phénylbutazone ou le flunixine, notamment chez des chevaux en convalescence ou sujets à des boiteries chroniques.

Même des traitements administrés ponctuellement, mais répétés, peuvent suffire à sensibiliser la muqueuse.

Il est donc primordial de toujours demander conseil à son vétérinaire avant d’entamer ou de renouveler ce type de cure, en particulier chez un cheval déjà fragilisé.

Facteurs liés à la gestion des prairies et du box

L’environnement quotidien du cheval est déterminant pour sa santé digestive.
Le confinement prolongé au box, sans possibilité de contact social ou de mouvement libre, représente une source de frustration et de stress qui aggrave la vulnérabilité gastrique.

À l’inverse, la vie au pré avec accès permanent à l’herbe fraîche et à l’exercice naturel favorise le bien-être global du cheval.

Cependant, l’herbe rase, pauvre en fibre et riche en sucres, peut aussi être un facteur de déséquilibre si elle constitue l’unique source de nourriture.

Il est important de noter que les chevaux passant brutalement d’un mode de vie à un autre (pré pendant l’été, box l’hiver, par exemple) peuvent présenter des pics de sensibilité et d’apparition d’ulcères.

Autres causes : pathologies sous-jacentes et particularités individuelles

Enfin, certains chevaux présentent des prédispositions individuelles, liées à leur tempérament (chevaux très émotifs) ou à des pathologies existantes (parasitoses, infections chroniques, troubles endocriniens).

Par exemple, un cheval sensible au stress de manière générale verra sa muqueuse plus vulnérable, même en l’absence d’autres facteurs aggravants.

Un poulain affaibli par une maladie ou un sevrage difficile développe aussi plus facilement des ulcères, car son équilibre physiologique est momentanément défavorisé.

Identifier ces points faibles chez chaque individu aide à adapter la gestion et à mettre en place une surveillance particulière, notamment pendant les périodes à risque.

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Conséquences d’un ulcère gastrique non traité

Ignorer la présence d’un ulcère gastrique chez le cheval, ou en différer la prise en charge, n’est jamais anodin.

Les répercussions peuvent être graves, tant sur la santé physique que sur le bien-être émotionnel et les performances de l’animal.

Douleurs chroniques et altération du bien-être

Un ulcère gastrique non traité provoque une douleur persistante, souvent sous-estimée par l’entourage, car le cheval l’exprime de façon très discrète.

À long terme, cette douleur finit par devenir chronique et perturbe le calme intérieur, l’appétit et la sérénité du cheval au quotidien.

Cela peut aller d’une gêne modérée qui se manifeste par de l’irritabilité, des refus lors du travail, à un mal-être profond qui impacte toute la relation homme-cheval.

On observe régulièrement des chevaux qui ne se laissent plus manipuler, refusent la selle ou deviennent craintifs au pansage.

Ce stress et cette douleur constants fragilisent le système immunitaire, rendant le cheval plus sensible aux autres maladies ou infections.

Perte d’état corporel et fonte musculaire

La perte de poids est l’une des conséquences les plus visibles d’un ulcère non soigné. Même si le cheval conserve un certain appétit, la douleur à la digestion le pousse à manger moins, tandis que l’assimilation des nutriments est perturbée.

Rapidement, la silhouette devient plus fine, les côtes apparaissent, la ligne du dos s’affaisse et la musculature fond. Un cheval de sport peut perdre tout son potentiel, mais même un cheval de loisir voit son énergie chuter, son endurance diminuer et sa récupération ralentir.

Chez le poulain, un ulcère non traité peut entraîner un retard de croissance irréversible, compromettant son développement à vie.

Agravation des lésions digestives

Sans intervention, un ulcère superficiel peut s’aggraver et creuser la muqueuse de plus en plus profondément.
On passe alors d’une simple irritation à une véritable plaie qui peut finir par saigner, voire perforer la paroi stomacale dans de rares cas extrêmes.

Cela expose l’animal à un risque de péritonite (inflammation grave de la cavité abdominale) ou d’hémorragie interne, situations d’urgence absolue pouvant mettre la vie en danger.

Des cas de chevaux retrouvés en état de choc, anémiques ou présentant des coliques violentes à cause d’une perforation sont régulièrement rapportés en clinique vétérinaire.

Augmentation du risque de coliques

Le lien entre ulcères gastriques et coliques est désormais bien établi.

Chez le cheval non traité, les douleurs digestives chroniques désorganisent le transit et multiplient les épisodes de colique parfois mineurs et récurrents, parfois graves et pouvant nécessiter une intervention chirurgicale.

Cela représente un risque majeur, car les coliques constituent l’une des premières causes de mortalité chez les équidés.
Même des coliques légères, répétées sur plusieurs semaines, finissent par épuiser le cheval et inquiéter le cavalier.

Baisse des performances et dégradation du mental

Un cheval gêné en permanence par des douleurs gastriques perd l’envie de travailler.
Il peut devenir réticent à l’effort, refuser de sauter, manquer de concentration ou de « peps », malgré des encouragements répétés.

Les chevaux de compétition, en particulier, connaissent alors une baisse de résultats ou des contre-performances sans cause apparente.

Il n’est pas rare qu’un cheval auparavant motivé se mette soudain à « bouder » la carrière ou le parcours, refuse certains exercices, ou développe des défenses nouvelles.

Ce mal-être finit par peser non seulement sur le physique, mais aussi sur le moral : certains animaux développent des comportements d’apathie, voire des signes de dépression.

Déséquilibres physiologiques secondaires

Au fil du temps, l’ulcère gastrique non traité perturbe l’équilibre de tout l’organisme.
La mauvaise absorption des vitamines, des minéraux et de l’énergie entraîne une fragilisation de la peau, de la corne, du poil et du système immunitaire.

On note parfois l’apparition de carences, une mue prolongée ou incomplète, des infections cutanées plus fréquentes ou encore une résistance diminuée face aux parasites.

Dans certains cas, l’ulcère gastrique aggrave d’autres pathologies existantes (maladie respiratoire chronique, fourbure, troubles métaboliques), compliquant fortement la gestion générale du cheval.

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Prévention et prise en charge des ulcères chez le cheval

Adapter l’alimentation : la pierre angulaire de la prévention

L’un des leviers les plus efficaces pour prévenir l’apparition des ulcères consiste à repenser entièrement la gestion alimentaire du cheval.

En proposant du foin de bonne qualité à volonté, on assure une présence continue de fibres dans l’estomac. Cela permet de tamponner l’acidité et de protéger la muqueuse gastrique en formant un matelas protecteur.

Fractionner les rations de concentrés (céréales, floconnés…) sur plusieurs petits repas par jour limite les pics d’acidité et réduit le temps pendant lequel l’estomac reste vide.

Par exemple, diviser la ration journalière en trois ou quatre prises plutôt qu’en une seule grosse distribution améliore le confort digestif du cheval.

Il est aussi important de privilégier les aliments pauvres en amidon et riches en fibres (pulpe de betterave, luzerne, son) lorsque l’apport de concentrés est nécessaire, notamment pour les chevaux de sport.

Une poignée de luzerne distribuée avant l’entraînement ou le transport joue un rôle tampon et protège la paroi gastrique de l’agression des sucs acides.

Ne jamais priver un cheval d’eau, surtout en hiver ou pendant les déplacements, est fondamental : une hydratation optimale favorise la digestion et réduit le risque de stagnation des aliments.

Réduire le stress et adapter l’environnement

Le bien-être émotionnel du cheval a un impact direct sur l’intégrité de sa muqueuse gastrique.

Favoriser une vie sociale avec la possibilité de voir, toucher ou interagir avec d’autres chevaux diminue le niveau de stress quotidien. Même les chevaux vivant majoritairement en box profitent d’une demi-journée de paddock ou de visites régulières de compagnons calmes.

Stabiliser la routine quotidienne (heures de repas, de sortie, de travail) rassure les chevaux anxieux et limite les pics de stress, particulièrement chez les sujets sensibles ou lors des périodes d’entraînement intense.

Si un déplacement est prévu (concours, changement d’écurie), anticiper la modification de l’environnement en rendant la transition progressive : apporter du foin de l’écurie d’origine, favoriser la présence d’un compagnon “de confiance”, ou donner accès au paddock dès que possible.

Pour les chevaux travaillant régulièrement, adapter le matériel de pansage au confort de l’animal et éviter toutes sources d’irritation (sangle, muserolle trop serrée) contribue également à réduire l’anxiété.

Adapter le travail et l’exercice physique

Un travail bien rythmé aide non seulement à la dépense énergétique, mais aussi à la bonne motilité du système digestif.

Éviter les séances très intenses à jeun : il est préférable que le cheval ait consommé une petite quantité de foin ou de fibres avant l’effort, afin de limiter la remontée de l’acide vers la zone sensible de l’estomac.

Planifier des temps de récupération adaptés, et alterner travail monté, longe, liberté ou promenade, préserve l’équilibre digestif.

Il est aussi conseillé d’éviter les variations brutales dans le rythme de vie ou le planning de travail, qui peuvent favoriser du stress et, à terme, des troubles gastriques.

Gérer les traitements médicamenteux avec vigilance

L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) doit toujours se faire sous strict contrôle vétérinaire.

En cas de traitement indispensable, il est parfois possible d’utiliser des médicaments protecteurs de la muqueuse gastrique (comme le sucralfate) en complément. N’hésitez pas à en discuter systématiquement avec votre vétérinaire, surtout si votre cheval a déjà présenté des ulcères.

Pour les chevaux convalescents ou sous traitement prolongé, surveillez tout changement dans le comportement alimentaire, l’état général, ou les crottins. Le moindre doute doit mener à un réajustement rapide de la médication.

Mettre en place une surveillance régulière

Observer attentivement son cheval au quotidien permet une réaction rapide en cas d’apparition de symptômes.

Notez tout changement d’appétit, de comportement, de poids ou d’état du poil. Tenir un petit carnet de suivi peut aiguiller le vétérinaire plus efficacement lors des consultations.

Par exemple, relever la fréquence des crottins, des épisodes de nervosité ou des refus à l’effort permet de détecter précocement une rechute ou une complication.

Chez les chevaux “à risque” (chevaux de sport, chevaux en box, sujets anxieux…), un bilan vétérinaire et éventuellement une gastroscopie régulière (une fois par an, ou à la moindre suspicion) permettent d’agir avant que les ulcères ne deviennent graves.

Gestion des phases à risques : transports, concours, sevrage du poulain

Certaines périodes exposent le cheval à un risque accru : compétitions, changements de lieu, sevrage chez le poulain.

Dès que possible, anticipez ces étapes par des mesures spécifiques : proposer du foin avant, pendant et après le transport, fractionner les repas, maintenir une routine rassurante et, chez le poulain, éviter un sevrage trop brutal.

Certains chevaux bénéficient, sur recommandation vétérinaire, d’un traitement préventif par un anti-sécrétoire gastrique (comme l’oméprazole) lors de ces phases à stress élevé.

Par exemple, débuter un traitement quelques jours avant un concours majeur ou un long voyage, puis le poursuivre durant l’événement et la phase de retour.

Le rôle du vétérinaire dans la prise en charge active

Dès l’apparition de symptômes évocateurs, ou en cas de doute, le vétérinaire doit être consulté sans tarder.

Le diagnostic passe généralement par une gastroscopie, qui permet de visualiser précisément les lésions et d’adapter le traitement au type et à la gravité de l’ulcère.

Le traitement implique souvent l’administration d’anti-sécrétoires gastriques (oméprazole), d’antiacides ou de pansements digestifs. Suivi et réévaluation réguliers sont essentiels pour s’assurer de la disparition totale des lésions et prévenir les rechutes.

Le vétérinaire pourra également recommander des compléments alimentaires spécifiques (probiotiques, plantes, extraits de levures) pour soutenir la réparation de la muqueuse et améliorer le confort du cheval pendant la phase de guérison.

Il est important de respecter scrupuleusement la durée et la posologie du traitement, même si le cheval semble rapidement aller mieux. Un arrêt prématuré peut favoriser la réapparition des lésions.

FAQ sur les ulcères chez le cheval

Peut-on monter un cheval qui souffre d’ulcères gastriques ?

Il est déconseillé de monter un cheval malade, surtout s’il présente des signes d’inconfort dus à un ulcère.
L’exercice peut accentuer la douleur et aggraver les lésions, il vaut mieux attendre la guérison.

Est-ce que tous les chevaux sont à risque de développer un ulcère ?

Oui, tous les chevaux peuvent être touchés, quel que soit leur âge, leur race ou leur discipline.
Néanmoins, le stress et une alimentation inadaptée augmentent significativement le risque.

Quels aliments faut-il privilégier ou éviter pour limiter le risque d’ulcère ?

Privilégiez un accès régulier au fourrage, comme le foin à volonté, et limitez les aliments très concentrés en amidon (céréales).
Évitez les longues périodes sans alimentation et fractionnez les rations chaque jour.

Combien de temps faut-il pour guérir un ulcère gastrique chez le cheval ?

Le traitement peut durer de quelques semaines à plusieurs mois, selon la gravité de l’ulcère et la rapidité de la prise en charge.
Il est crucial de respecter l’avis du vétérinaire et d’adapter la gestion alimentaire et le mode de vie du cheval.

Les traitements contre les ulcères sont-ils efficaces à 100 % ?

Les traitements vétérinaires sont aujourd’hui très efficaces, mais la réussite dépend aussi d’une modification durable des conditions de vie et d’alimentation.
Un suivi régulier est nécessaire pour éviter les récidives.

Les poulains sont-ils vulnérables aux ulcères ?

Oui, les poulains peuvent eux aussi développer des ulcères gastriques, surtout lors de périodes de stress ou de sevrage.
Soyez attentif aux changements de comportement et consultez votre vétérinaire au moindre doute.

Peut-on prévenir complètement la survenue d’ulcères chez le cheval ?

Le risque zéro n’existe pas, mais une gestion attentive et adaptée du cheval permet de réduire fortement les risques.
Les points clés : alimentation continue, vie sociale, prévention du stress et exercice modéré.

Comment savoir si un cheval souffre en silence d’un ulcère ?

Certains chevaux ne montrent que très peu de symptômes extérieurs.
Si vous remarquez une baisse de forme générale, des changements d’attitude ou d’alimentation, suspectez toujours un problème gastrique et rapprochez-vous d’un vétérinaire.

Peut-on utiliser des traitements naturels contre les ulcères ?

Certains compléments (comme le psyllium ou l’aloe vera) peuvent offrir un soutien, mais ils ne remplacent en aucun cas un traitement vétérinaire éprouvé.
Demandez toujours conseil à votre vétérinaire avant tout changement de protocole.

Mon cheval a déjà eu un ulcère : que faire pour éviter la rechute ?

Soyez particulièrement vigilant sur l’alimentation, le mode de vie et le suivi vétérinaire de votre cheval.
Une bonne hygiène de vie et la gestion du stress sont les meilleurs remparts contre les récidives.

Conclusion

Les ulcères gastriques chez le cheval sont fréquents et peuvent se manifester par des symptômes subtils comme une baisse d’appétit ou des troubles du comportement.

Plusieurs causes sont à l’origine de ces lésions, telles que l’alimentation, le mode de vie ou encore le stress. En l’absence de traitement, les conséquences peuvent être graves, affectant durablement la santé et les performances du cheval.

Heureusement, une meilleure compréhension des signes d’alerte et des facteurs de risque permet d’adopter des mesures de prévention et d’assurer une prise en charge adaptée pour limiter l’apparition des ulcères ou favoriser la guérison.

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