Surdent chez le cheval : traitement, symptômes, causes

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La surdent chez le cheval, ça vous parle ? Indolore parfois, handicapante souvent, elle fait partie des soucis dentaires auxquels tout cavalier peut être confronté. Voyons ensemble comment repérer les symptômes, comprendre les causes et envisager le bon traitement pour le confort de votre monture.

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Sommaire de l'article

La santé bucco-dentaire du cheval est souvent négligée, alors qu’elle joue un rôle fondamental dans le bien-être, l’alimentation et les performances sportives de l’animal.

La dentition du cheval, complexe et évolutive tout au long de sa vie, nécessite pourtant une surveillance régulière afin de prévenir l’apparition de troubles parfois silencieux mais potentiellement douloureux.

Selon l’AFVE, plus de 60 % des chevaux examinés présentent des surdents à partir de l’âge de 5 ans, un trouble aussi fréquent qu’insidieux.

Les surdents, ces excroissances dentaires qui peuvent causer douleurs et complications, nécessitent une attention régulière pour être dépistées à temps.

Dans cet article, nous vous proposons de mieux comprendre ce phénomène spécifique : en commençant par en expliquer la nature et son développement dans la bouche du cheval, puis en exposant les principales causes de leur apparition.

Nous aborderons aussi les symptômes révélateurs auxquels il convient d’être particulièrement attentif, avant de détailler les méthodes de traitement recommandées par les vétérinaires équins.

Enfin, quelques conseils pratiques vous seront proposés pour limiter le risque de surdents, afin d’assurer à votre cheval une santé buccale optimale tout au long de sa vie.

Qu’est-ce qu’un surdent chez le cheval ?

Le terme « surdent » désigne un problème dentaire fréquent chez le cheval, qui concerne principalement ses dents jugales (prémolaires et molaires). Il s’agit d’une croissance anormale d’une partie de la dent, formant une excroissance pointue qui peut entraîner divers désagréments pour l’animal.

Définition et localisation des surdents

Les surdents sont des excroissances dentaires pointues qui se forment généralement sur les bords externes des dents supérieures et internes des dents inférieures. Cette localisation s’explique par la façon dont les dents du cheval s’usent entre elles lors de la mastication.

Contrairement aux humains, les chevaux possèdent des dents qui poussent tout au long de leur vie. Cette croissance continue nécessite un équilibre entre l’usure naturelle des dents et leur développement.

Mais en raison de la forme de la mâchoire et des mouvements de mastication, cette usure n’est pas toujours homogène. Cela favorise l’apparition de ces fameuses excroissances ou « surdents ».

En quoi consiste réellement un surdent ?

Un surdent n’est pas une nouvelle dent, mais bien une partie de dent existante qui devient trop longue ou trop pointue à cause d’un mauvais équilibre d’usure. Cela crée des bords tranchants susceptibles de blesser la langue, les joues ou le palais du cheval.

Par exemple, un surdent sur la face externe d’une molaire supérieure va souvent venir irriter la muqueuse de la joue lors de la mastication ou du travail avec le mors.

À terme, cette irritation peut entraîner des plaies, des ulcérations, voire une réticence à s’alimenter ou à accepter le contact du mors.

Pourquoi bien connaître les surdents est important pour le cavalier ?

Comprendre ce qu’est un surdent permet au cavalier de mieux appréhender certains comportements ou gênes de son cheval, comme une baisse de forme, des défenses à la main ou une difficulté à mastiquer.

Être informé permet également de mettre en place un suivi dentaire adapté et d’intervenir avant que les surdents ne provoquent inconfort ou complications plus graves pour le cheval.

Une attention régulière portée à l’état de la bouche, avec l’aide d’un professionnel, aide à préserver le bien-être général de l’animal et à optimiser ses performances au travail comme au repos.

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Les causes des surdents : pourquoi apparaissent-elles ?

Plusieurs facteurs expliquent l’apparition des surdents chez le cheval. Comprendre ces origines permet au cavalier d’agir en prévention et d’adapter le suivi de son compagnon.

La mécanique de la mastication équine

Le mode de mastication des chevaux est la première raison de la formation de surdents. Pendant la mastication, le cheval effectue un mouvement principalement latéral, mais sa mâchoire inférieure (la mandibule) est légèrement plus étroite que la mâchoire supérieure (le maxillaire).

Du fait de cette différence de largeur, les dents supérieures ne rencontrent pas entièrement les dents inférieures lors de la mastication. Cela laisse les bords externes des dents du haut et internes des dents du bas moins sollicités : ces zones s’usent donc moins vite, laissant apparaître progressivement des pointes, c’est-à-dire les surdents.

Ce phénomène est totalement naturel, mais il varie selon chaque individu et en fonction du régime alimentaire.

L’évolution naturelle des dents et vieillissement du cheval

Chez le jeune cheval, la pousse des dents est particulièrement active et peut favoriser une usure irrégulière. Les surdents apparaissent alors parfois très tôt, notamment lors du changement de dentition autour de 2 à 5 ans.

À l’inverse, chez le vieux cheval, les dents s’usent moins bien car la hauteur coronaire (la partie visible de la dent) diminue avec l’âge. L’ajustement naturel est donc moins efficace, rendant la formation de surdents plus fréquente chez les séniors.

Le type d’alimentation et ses conséquences

Le mode d’alimentation impacte directement la façon dont les dents s’usent. Un cheval à l’herbe doit mâcher longuement, ce qui favorise une usure régulière et naturelle de toutes les dents.

À l’inverse, les rations composées principalement de foin sec, de granulés ou de concentrés nécessitent moins de mastication, donc moins d’usure dentaire globale.

Par exemple, un cheval en box nourri surtout de granulés et de foin est plus susceptible de développer des surdents qu’un cheval au pré mangeant principalement de l’herbe.

C’est pourquoi la nature du régime alimentaire doit être prise en compte dans la gestion dentaire du cheval.

Autres causes favorisant l’apparition des surdents

Certains chevaux peuvent présenter des anomalies de conformation (mâchoire trop étroite, malformations dentaires, dents surimplantées) qui créent des déséquilibres supplémentaires sur l’usure des dents.

Des traumatismes passés, des extractions dentaires ou certaines pathologies buccales peuvent également perturber le régime d’usure et accélérer la formation des surdents.

Enfin, l’usage intensif du mors chez certains chevaux, combiné à un manque de suivi dentaire, peut accentuer l’usure sélective de certains points de la dentition.

Cela explique pourquoi une surveillance régulière est d’autant plus nécessaire pour les chevaux de sport ou de loisir travaillant en filet.

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Reconnaître les symptômes chez le cheval

Les surdents passent souvent inaperçues aux premiers stades, car le cheval s’adapte progressivement à la gêne. Pourtant, des indices subtils peuvent alerter le cavalier bien avant l’apparition de complications majeures.

Signes d’inconfort pendant l’alimentation

Un des premiers symptômes de la présence de surdents est lié à la mastication. Il n’est pas rare d’observer un cheval qui trie sa nourriture, laisse tomber du foin ou des granulés de sa bouche (phénomène appelé « chipotage »), ou mastique de façon anormalement lente.

Certains chevaux mâchent davantage d’un côté que de l’autre pour éviter la douleur. Surveille également les éventuels « boulettes de foin » trouvées au sol : ces amas de fibres partiellement mâchées, appelées “quids”, indiquent souvent un problème dentaire et un inconfort à mastication.

Il est important de se montrer attentif à ces changements. Une gêne ou une douleur lors de l’alimentation affecte rapidement l’état général du cheval, pouvant entraîner une perte de poids, un manque de vitalité ou du stress.

Évolution du comportement et réticence au travail

Un cheval souffrant de surdents peut devenir plus irritable ou montrer des défenses inhabituelles lors du travail, surtout si le contact avec le mors accentue l’irritation buccale.

Tu peux remarquer une résistance au placement, des difficultés à accepter le mors, des secouements de tête (« headshaking ») ou des tentatives répétées de s’opposer à l’action de la main. Des ruades, coups de tête, voire une difficulté à tourner dans un sens, peuvent aussi être des symptômes.

Certaines attitudes, souvent associées à un “mauvais caractère” ou à une mauvaise éducation, sont en réalité la conséquence d’une gêne physique. Prendre en compte l’état dentaire du cheval avant de juger son comportement est donc essentiel pour son bien-être et l’efficacité du travail.

Lésions buccales observables

Les surdents peuvent provoquer des blessures visibles à l’intérieur de la bouche : ulcérations, irritations, rougeurs ou petites coupures sur la face interne de la joue, sur la langue ou, plus rarement, du palais.

Un cheval qui bave plus que d’habitude, qui présente une odeur buccale inhabituelle, ou qui montre une salivation teintée de sang, mérite une inspection rapide de son état dentaire.

Même si toutes ces lésions ne sont pas systématiquement visibles sans matériel adapté, la moindre suspicion basée sur le comportement alimentaire ou les changements de comportement doit pousser à consulter un dentiste équin.

Signes plus discrets à surveiller

Parfois, les symptômes sont très subtils : amaigrissement progressif alors que le cheval reçoit une ration correcte, poil terne, ou simplement une baisse de forme générale.

Chez certains chevaux, la gêne peut apparaître d’un seul côté de la bouche, rendant l’asymétrie des muscles masticateurs perceptible à la palpation ou à l’observation.

Il arrive aussi qu’un cheval secoue la tête uniquement lorsqu’il mange des aliments plus durs, comme du pain dur ou des carottes.

Les signes diffèrent d’un individu à l’autre : cela souligne l’importance d’une observation régulière et attentive de chaque cheval. Un changement de comportement, même discret, est souvent révélateur d’un inconfort sous-jacent.

Pourquoi réagir aux premiers symptômes ?

Intervenir dès l’apparition de symptômes évite non seulement la progression de la douleur, mais aussi la survenue de complications telles qu’infections, abcès, troubles digestifs ou troubles du comportement durablement installés.

Le repérage précoce des signes de surdents permet de préserver la vitalité de ton cheval et d’améliorer sa relation à la nourriture, au travail et avec son cavalier.

En cas de doute, un contrôle dentaire par un professionnel reste le meilleur moyen de lever toute incertitude et de garantir le bien-être de ton compagnon.

Traitements et soins : que faire en cas de surdents ?

Lorsqu’un cheval présente des surdents, une prise en charge adaptée s’impose pour soulager l’inconfort et éviter les complications. Les traitements s’appuient toujours sur l’intervention d’un professionnel formé à la dentisterie équine, permettant d’assurer un soin sécurisé et efficace.

L’intervention du dentiste équin : le parage dentaire

Le traitement principal des surdents consiste en un parage ou « râpage » dentaire, appelé aussi équilibration dentaire. Ce geste, réalisé par un dentiste équin ou un vétérinaire compétent, permet d’enlever avec précision les excroissances pointues sur les bords des dents du cheval.

Le professionnel utilise pour cela des râpes manuelles ou électriques spécialement conçues pour accéder facilement aux zones concernées, même au fond de la bouche.

Le parage dentaire se déroule souvent sous tranquillisation légère pour assurer le confort et la sécurité du cheval.

Un exemple concret : un dentiste équin va rassurer le cheval, examiner la bouche à l’aide d’un ouvre-bouche, puis repérer précisément les surdents afin de les éliminer sans blesser les tissus voisins.

Ce soin est essentiel car il élimine la gêne immédiate et contribue à rétablir une mastication normale, prévenant ainsi les blessures, la perte de poids ou les troubles du comportement associés aux surdents.

La fréquence des soins dentaires

Le suivi dentaire est à adapter à chaque cheval, en fonction de son âge, de ses antécédents et de son mode de vie. En règle générale, un contrôle annuel est recommandé, accompagné d’un parage si nécessaire.

Pour les jeunes chevaux en dentition changeante ou les séniors dont les dents s’usent moins bien, une visite tous les six mois peut s’avérer bénéfique. Cela permet d’intervenir rapidement avant que les surdents ne créent des blessures ou n’entravent la prise alimentaire.

Une surveillance accrue s’impose aussi chez les chevaux de sport ou ceux présentant déjà un historique de troubles dentaires.

Les précautions après le traitement

Après un râpage, le cheval peut rester légèrement sensible au niveau de la bouche pendant quelques jours. Il est alors conseillé de proposer des aliments faciles à mâcher, comme du mash ou du foin bien trempé, et de surveiller que l’animal s’alimente correctement.

Reprendre le travail monté doit se faire progressivement, en évitant les mors trop sévères ou les exercices exigeants dès les premiers jours. Le confort du cheval doit rester la priorité afin que la bouche cicatrise sans stress.

Cette précaution évite de raviver des blessures naissantes ou de rendre le cheval méfiant envers le mors, surtout s’il a associé la présence de ce dernier à l’irritation causée par les surdents.

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Pourquoi éviter l’auto-traitement ?

Il est vivement déconseillé de tenter un râpage des dents soi-même. Les dents du cheval sont longues, très dures, et leur bouche complexe à explorer sans formation et outils adéquats.

Une intervention maladroite risque de blesser gravement les muqueuses ou de créer des lésions irréversibles dans la dent. De plus, une mauvaise élimination des surdents peut déséquilibrer la mastication, générant d’autres problèmes à court ou moyen terme.

Par exemple, un râpage trop prononcé risquerait de rendre la dent douloureuse à chaque bouchée ou de favoriser la formation d’abcès.

Seul un professionnel saura réaliser ce geste sans douleur et en tenant compte de la physiologie propre à chaque cheval.

Gestion de la douleur et suivi post-soins

Après le traitement, la majorité des chevaux montrent rapidement une amélioration de leur confort et de leur comportement. Toutefois, pour les cas liés à des blessures buccales associées, un traitement local avec un antiseptique doux ou une surveillance rapprochée pourra être recommandé.

Si des lésions importantes sont mises en évidence lors du parage, le vétérinaire pourra prescrire des anti-inflammatoires ou des soins complémentaires spécifiques.

Il est alors important d’observer, dans les jours suivant l’intervention, le retour à une prise alimentaire normale, la diminution de la salivation gênante ou l’amélioration du comportement sous la selle.

Ce suivi attentif permet de confirmer que le traitement a porté ses fruits et d’anticiper un éventuel contrôle rapproché si les symptômes persistent.

FAQ sur les surdents chez le cheval

À quel âge les surdents apparaissent-elles le plus souvent chez le cheval ?

Les surdents commencent généralement à se former dès l’apparition des dents définitives, soit vers l’âge de 5-6 ans.

Toutefois, tous les chevaux, qu’ils soient jeunes ou âgés, peuvent en développer au cours de leur vie.

Un cheval qui mange normalement peut-il quand même avoir des surdents ?

Oui, il arrive qu’un cheval conserve un bon appétit et ne montre aucun signe évident de gêne, même avec des surdents.

Un examen régulier reste donc essentiel pour détecter ce problème avant l’apparition de complications.

Quels risques si les surdents ne sont pas traitées à temps ?

Si les surdents ne sont pas prises en charge, elles peuvent entraîner des blessures de la bouche, des ulcères, des infections ou des troubles de l’alimentation.

À long terme, des dysfonctionnements de la mastication ou du comportement sous la selle peuvent aussi apparaître.

Puis-je repérer moi-même les surdents ou dois-je toujours faire appel à un professionnel ?

Certains signes, comme une nette gêne à la mastication ou des crottins mal digérés, peuvent vous alerter.

Cependant, seul un dentiste équin ou un vétérinaire peut examiner correctement l’intérieur de la bouche et intervenir en toute sécurité.

Est-ce une intervention douloureuse pour le cheval ?

La correction des surdents est généralement rapide et bien tolérée, car le praticien effectue l’intervention sous tranquillisation légère si nécessaire.

La plupart des chevaux reprennent immédiatement une vie normale et se sentent même soulagés par la suite.

À quelle fréquence faut-il faire contrôler la dentition de son cheval ?

Il est conseillé de réaliser un contrôle dentaire au moins une fois par an, dès l’âge de 2 ans.

En cas de doute ou de symptômes inhabituels, une visite peut s’imposer plus tôt.

Les poneys ou ânes sont-ils concernés par les surdents ?

Oui, chevaux, poneys et ânes peuvent tous développer des surdents car leur croissance dentaire obéit aux mêmes principes.

Il est donc important de surveiller la dentition de tous les équidés, sans distinction de taille ou de race.

Peut-on prévenir totalement l’apparition des surdents ?

On ne peut pas empêcher totalement la formation des surdents car elle découle de l’usure naturelle des dents.

Mais une alimentation adaptée (foin à volonté, aliments non trop mous) et des contrôles réguliers limitent significativement les risques.

En conclusion

Les surdents chez le cheval sont fréquents, souvent silencieux mais à l’origine de nombreux troubles si on les laisse évoluer sans intervention. Savoir les reconnaître, comprendre leur origine et faire appel à des soins adaptés permet d’assurer le confort, la santé et le bon fonctionnement de la mastication de votre cheval.

L’examen régulier par un professionnel reste la meilleure prévention pour éviter les complications liées aux surdents et garantir le bien-être de votre compagnon.

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