Chez les chevaux, l’emphysème également appelé « maladie pulmonaire obstructive chronique » (MPOC) ou « pousse » est l’une des maladies respiratoires les plus préoccupantes à long terme. Selon l’IFCE en 2021, ce trouble respiratoire toucherait entre 10 et 12 % des chevaux adultes en France, un chiffre qui souligne sa fréquence dans les écuries et la nécessité pour tous les cavaliers d’en reconnaître les signes (source : Institut français du cheval et de l’équitation, fiche santé « Emphysème équin »).
Quelles sont les origines de cette affection : poussières, allergies, conditions de vie ? Comment la diagnostiquer chez son cheval, et quels changements apporter au quotidien pour soulager un animal atteint ?
Dans cet article, vous découvrirez d’abord comment identifier précisément l’emphysème, puis les principales causes mises en avant par les spécialistes. Nous détaillerons ensuite les signes cliniques qui doivent alerter les propriétaires, avant d’aborder les possibilités actuelles de traitement et d’adaptation de l’environnement.
Enfin, des conseils pratiques vous permettront d’adopter les bons gestes pour prévenir l’apparition de cette pathologie respiratoire chez vos chevaux, quelle que soit leur discipline ou leur âge.
Qu’est-ce que l’emphysème chez le cheval ?
L’emphysème, aussi appelé « maladie pulmonaire obstructive chronique » (MPOC) ou « pousse », est une affection respiratoire chronique qui touche le cheval, compliquant durablement sa respiration au quotidien.
Définition de l’emphysème équin
Chez le cheval, l’emphysème correspond à une inflammation progressive des voies respiratoires inférieures principalement les bronches et les bronchioles. Cette inflammation entraîne une production anormale de mucus et une perte d’élasticité des alvéoles pulmonaires.
Concrètement, cela signifie que le cheval a de plus en plus de difficultés à expulser l’air de ses poumons, entraînant une gêne respiratoire notable, surtout à l’effort. En période de crise, il peut peiner à reprendre son souffle même après une simple marche.
Un trouble comparable à l’asthme du cheval
L’emphysème équin est souvent comparé à l’asthme chez l’être humain. Les deux maladies reposent sur une hypersensibilité des voies respiratoires à certains facteurs environnementaux, qui provoquent leur inflammation chronique.
C’est pourquoi, en plus de perturber la performance sportive, l’emphysème a un impact direct sur la qualité de vie quotidienne du cheval.
Comment évolue la maladie ?
L’emphysème se développe généralement de façon progressive, parfois sur plusieurs mois ou années.
Il n’existe pas de « guérison » définitive : une fois les poumons atteints, les lésions ne sont généralement pas réversibles. Cependant, il est possible d’agir pour limiter l’aggravation, améliorer le confort du cheval et l’aider à mieux respirer au quotidien.
Chevaux les plus concernés
L’emphysème touche principalement les chevaux de plus de 8 à 10 ans, bien qu’il puisse survenir plus tôt, notamment chez des sujets particulièrement sensibles.
Certains chevaux de trait, poneys et races sensibles à la poussière et à l’humidité (exemple : Irish Cob, Fjord) se révèlent parfois plus vulnérables en raison de leur environnement de vie et de leur constitution.
Les causes fréquentes de l’emphysème équin
L’apparition de l’emphysème chez le cheval résulte souvent d’un ensemble de facteurs, principalement liés à son environnement et à son mode de vie. Mieux comprendre les causes permet d’agir plus tôt pour limiter les risques et adapter la gestion au quotidien.
La poussière et les allergènes de l’environnement
La cause principale de l’emphysème équin reste l’exposition répétée à la poussière et aux allergènes présents dans l’air. Le foin sec, la paille de litière, les copeaux de bois et la poussière des greniers produisent des particules fines qui, inhalées quotidiennement, irritent les voies respiratoires du cheval.
En particulier, les chevaux gardés principalement en box ou nourris avec du foin sec mal stocké y sont constamment exposés. Sur le long terme, cette irritation favorise un état d’inflammation chronique puis le développement de l’emphysème.
Exemple concret : un cheval logé en écurie fermée, nourri avec du foin très poussiéreux, développera bien plus vite des troubles respiratoires qu’un congénère vivant au pré avec du foin distribué au sol et peu de confinement.
La présence de moisissures et de spores fongiques
Les moisissures qui se développent sur le foin ou la paille constituent une autre source importante d’allergènes. Souvent invisibles à l’œil nu, elles libèrent des spores et toxines qui agressent la muqueuse des bronches.
Un lot de foin légèrement « chauffé » ou même légèrement humidifié peut contenir de grandes quantités de spores nocives. Les chevaux y exposés régulièrement risquent davantage de développer cette hypersensibilité pulmonaire typique de l’emphysème.
C’est pourquoi il est capital de toujours stocker le foin dans un endroit sec, aéré, et d’éviter d’utiliser des ballots ayant une odeur suspecte ou une couleur trop foncée.
La mauvaise ventilation des écuries
Le manque d’aération dans les écuries favorise l’accumulation de poussières et de gaz irritants émis par l’urine et les déjections. Ce problème est majoré en hiver, lorsque les portes et fenêtres restent fermées pour préserver la chaleur.
Une mauvaise circulation d’air expose le cheval à une concentration accrue de polluants dans un espace restreint, aggravant ainsi le risque de réactions inflammatoires au niveau pulmonaire.
Assurer une bonne ventilation de la stabulation est essentiel pour diluer ces particules, même lorsqu’il fait froid.
Des facteurs génétiques et individuels
Certains chevaux présentent une prédisposition héréditaire accrue à l’emphysème. Cette sensibilité peut toucher des races robustes, mais elle est parfois plus marquée chez certaines lignées soumises à de nombreux allergènes ou déjà sujettes à des maladies allergiques plus jeunes (toux, écoulements).
De même, les chevaux ayant déjà souffert d’affections respiratoires (rhumes répétés, bronchites) semblent plus vulnérables à développer la maladie plus tard, car leurs voies respiratoires sont fragilisées.
Le rôle de l’âge et de la chronicité des expositions
L’âge joue un rôle clé : puisque l’emphysème est lié à une exposition répétée, il touche davantage les chevaux plus âgés qui ont accumulé des années de contact avec les allergènes. Plus l’exposition est précoce et durable, plus le risque d’apparition précoce existe.
Il est donc crucial d’être attentif à l’hygiène de vie et à la qualité de l’environnement des chevaux dès leur plus jeune âge, pour éviter l’installation insidieuse de l’inflammation pulmonaire.

Reconnaître les symptômes de l’emphysème
Identifier précocement les signes de l’emphysème chez le cheval est essentiel pour limiter l’aggravation de la maladie et préserver sa qualité de vie. Certains symptômes peuvent sembler discrets au début ; il est donc important que chaque cavalier sache les repérer et réagir dès l’apparition des premiers troubles.
Les signes respiratoires : toux, essoufflement, bruit à l’expiration
La toux est souvent le premier signal d’alarme. Au départ, elle survient surtout à l’effort ou au début du travail, lorsque le cheval sort du box ou qu’il commence une séance et se met en mouvement. Cette toux peut paraître occasionnelle mais doit éveiller la vigilance, surtout si elle s’installe dans la durée ou s’intensifie.
L’essoufflement à l’exercice est un autre symptôme fréquent : le cheval récupère mal, met du temps à retrouver un rythme respiratoire régulier ou montre des signes de fatigue rapide, même lors d’un travail léger.
Chez un cheval emphysémateux, la respiration devient bruyante à l’expiration. Vous pouvez parfois entendre un « râle » ou un sifflement lorsque le cheval chasse l’air. Cette gêne s’explique par l’obstruction des petites bronches encombrées de mucus, forçant l’animal à fournir davantage d’effort pour vider ses poumons.
Il arrive, lors des périodes de crise ou en cas d’aggravation, que le cheval respire bouche entrouverte ou avec les naseaux très dilatés à l’effort, cherchant de l’air à tout prix. Ce type de détresse respiratoire nécessite une intervention rapide du vétérinaire.
Modification du rythme et de l’amplitude respiratoire
À mesure que la maladie s’installe, on peut observer une augmentation permanente du rythme respiratoire au repos : le cheval « tire » plus vite sur sa respiration, même sans activité.
La respiration devient également plus profonde et plus visible : un cheval emphysémateux « balance » le ventre en respirant, ses flancs se creusant exagérément à chaque expiration. Ce mouvement exagéré du ventre est surnommé « respiration abdominale » et trahit un vrai effort pour chasser l’air résiduel.
L’apparition progressive d’un « sillon de pousse », une dépression visible en travers du ventre, juste en avant de la pointe de la hanche est caractéristique des cas avancés. Ce signe trahit un travail musculaire accentué de la paroi abdominale à chaque expiration et doit alerter sur l’ancienneté de la maladie.
Écoulements nasaux et production de mucus
Un écoulement nasal légèrement épais ou mousseux, généralement clair ou blanc, peut accompagner les épisodes de toux. Ce mucus provient de la réponse inflammatoire dans les bronches : il peut obstruer les voies respiratoires et favoriser la toux.
Il est rare d’observer un écoulement verdâtre ou purulent à ce stade (signe au contraire d’infection) : la présence d’un mucus abondant et clair doit cependant inciter à surveiller plus attentivement la respiration de votre cheval, surtout s’il apparaît lors du curage du box ou après distribution de foin poussiéreux.
Changements de comportement et baisse de performance
Au-delà des signes respiratoires, l’emphysème peut induire une fatigue inhabituelle ainsi qu’une baisse de moral. Un cheval jusque-là énergique devient moins participatif, ralentit sous la selle ou manifeste de la réticence à l’exercice.
Certains chevaux s’isolent davantage au pré, limitent leur mobilité ou montrent des signes de stress pendant les manipulations alors que ce n’était pas leur habitude.
Pour un cavalier attentif, ces petits changements de comportement sont révélateurs notamment si les périodes de « moins bien » coïncident avec un temps sec, la présence de poussière ou le curage des box.
Symptômes aggravés lors d’exposition à la poussière ou allergènes
Les symptômes de l’emphysème chez le cheval peuvent fluctuer en fonction de son environnement immédiat. Une accentuation de la toux ou un essoufflement marqué lors de la distribution du foin, du paillage du box ou dans une atmosphère poussiéreuse constituent des indices forts d’une réaction allergique.
Par exemple, si un cheval tousse systématiquement pendant le nettoyage de la litière, puis retrouve un rythme normal à l’air libre, il y a fort à parier que ses bronches souffrent d’une sensibilité exacerbée.
Il est nécessaire de noter ces variations et de les signaler au vétérinaire ce suivi aidera à adapter l’environnement et trouver des solutions concrètes de gestion.
Traitements et gestion au quotidien
Face à l’emphysème, le but n’est pas de guérir le cheval ce qui, à l’état actuel des connaissances, reste impossible mais de soulager ses symptômes, freiner l’évolution de la maladie et préserver au maximum sa qualité de vie.
Intervention du vétérinaire : diagnostic et traitements médicaux
En cas de suspicion d’emphysème, le diagnostic et la prise en charge vétérinaire sont prioritaires. Le vétérinaire pourra confirmer la maladie grâce à un examen clinique, parfois complété par des examens plus poussés (endoscopie, radiographies ou analyse du lavage pulmonaire).
Le traitement médicamenteux vise à diminuer l’inflammation et à faciliter la respiration :
Les corticostéroïdes, administrés par voie orale, injectable ou en aérosol, sont classiques pour limiter l’inflammation des bronches. Ils offrent souvent une amélioration rapide, surtout lors des crises aiguës. Leur prescription doit cependant être strictement encadrée, car leur usage prolongé peut provoquer des effets secondaires (fourbure notamment).
Les bronchodilatateurs, en aérosol ou par voie orale, aident à dilater les bronches afin d’optimiser le passage de l’air. Ils sont très utiles lors de périodes de forte gêne respiratoire, en complément du traitement anti-inflammatoire.
Le vétérinaire pourra également recommander des fluidifiants bronchiques ou des expectorants afin de faciliter l’élimination du mucus et limiter les épisodes de toux.
Chaque cheval réagit différemment : le suivi vétérinaire reste indispensable pour adapter la dose, la durée et le type de médicament, en évitant tout risque de complication.
Gestion de l’environnement : la clé du bien-être au quotidien
L’amélioration de la qualité de l’air que respire le cheval est le levier principal dans la gestion de l’emphysème parfois bien plus efficace que les médicaments pris isolément.
Sortir un cheval emphysémateux au pré, autant que possible, reste la solution de référence. À l’extérieur, la concentration de poussière et d’allergènes chute, permettant aux poumons de « respirer » un air plus pur.
Si la vie au pré n’est pas envisageable toute l’année, prévoyez au moins de multiplier les sorties quotidiennes et d’ouvrir au maximum les portes et fenêtres de l’écurie pour aérer.
Pour les chevaux en box, bannissez le foin sec poussiéreux : préférez le foin dépoussiéré (préalablement mouillé, trempé ou vaporisé) ou le foin enrubanné (type « ensilé » adapté à l’alimentation équine).
Un exemple concret : plonger le filet de foin dans une grande bassine d’eau pendant au moins 30 minutes avant distribution réduit de plus de 90 % la quantité de poussière inhalée.
Optez également pour une litière sans poussière : copeaux de bois dépoussiérés, lin, voire tapis caoutchouc. Évitez absolument la paille traditionnelle, source majeure de spores et de particules fines.
Il est conseillé de nettoyer le box lorsque le cheval est dehors, pour limiter son exposition aux nuages de poussière mobilisés par le curage.
Hygiène et alimentation : optimiser sans aggraver la maladie
L’accès à une eau propre, en permanence, aide à fluidifier les sécrétions bronchiques. Un cheval bien hydraté expulse plus facilement le mucus obstruant ses bronches.
Sur le plan alimentaire, veillez à n’utiliser que des aliments granulés ou floconnés sans poussière, stockés au sec et à l’abri des moisissures. Évitez la distribution de céréales entières dusty ou de sous-produits de mauvaise qualité qui « volent » au moment de la prise.
Attention également aux situation de stress ou aux changements trop brusques de routine, qui peuvent amplifier la gêne respiratoire.
Adaptation du travail et de l’activité physique
Il n’est pas toujours nécessaire de mettre un terme à toute activité physique, au contraire : le mouvement contrôlé, doux, peut aider à dégager les voies respiratoires et préserver la capacité pulmonaire du cheval.
Privilégiez un travail en extérieur, sur terrain souple, loin des carrières poussiéreuses ou manèges fermés. Evitez les séances intenses ou prolongées lors des périodes chaudes, sèches ou de pic de pollens, moments où les allergènes sont plus présents dans l’air.
Soyez toujours à l’écoute : si le cheval montre des signes d’essoufflement, de toux ou de fatigue anormale, arrêtez la séance et laissez-le récupérer à l’air libre.
L’aménagement du planning hebdomadaire, en concertation avec le vétérinaire, permet de maintenir une activité bénéfique sans aggraver les symptômes.
Surveillance régulière et suivi vétérinaire
La gestion de l’emphysème s’inscrit dans la durée : il est donc essentiel de surveiller fréquemment la respiration du cheval, son énergie et le retour ou l’apparition de nouveaux symptômes.
Tenir un carnet ou une note sur les épisodes de toux, le rythme respiratoire, la fréquence et la gravité des crises aide à anticiper les aggravations et permet au vétérinaire d’ajuster, si besoin, les traitements ou l’environnement.
Des bilans réguliers chez le praticien, surtout lors des changements de saison ou de mode de vie (passage en box, arrivée du printemps, etc.), permettent d’éviter les mauvaises surprises et d’agir en prévention.
Recours à des solutions complémentaires
Certains propriétaires optent, en accord avec leur vétérinaire, pour des compléments alimentaires à visée respiratoire : sirop de thym, huiles essentielles diffusées (avec beaucoup de prudence), solutions à base de plantes ou de miel.
Si ces produits ne se substituent en aucun cas à un traitement médical validé, ils peuvent parfois soulager le cheval en cas de toux légère ou en phase d’entretien de la maladie.
Avant toute modification de la ration ou ajout de compléments, demandez toujours l’avis d’un professionnel de santé équine afin d’éviter toute interaction ou surdosage.
Prévention et conseils pratiques pour les cavaliers
Protéger son cheval du risque d’emphysème passe avant tout par une vigilance constante sur l’environnement et les habitudes de la vie quotidienne à l’écurie.
Un mode de vie adapté peut réellement faire la différence, notamment pour les chevaux sensibles, les plus âgés ou ceux ayant déjà présenté des troubles respiratoires.
Choisir un environnement sain : l’air pur, la première prévention
Le meilleur moyen de limiter le risque d’emphysème est de garantir à son cheval un air le plus pur possible.
Privilégier la vie au pré, même sur de petites durées quotidiennes, permet d’éviter l’accumulation de poussière et d’allergènes présente dans les espaces clos. Un cheval passant la majorité de son temps à l’extérieur est bien moins exposé aux particules irritantes.
Si la vie en box est nécessaire, il reste indispensable d’aérer le bâtiment plusieurs fois par jour, en ouvrant portes et fenêtres, même quelques minutes, pour renouveler l’air et disperser la poussière.
Pourquoi ? Parce qu’un air chargé accentue la fréquence des symptômes et accélère la dégradation des voies respiratoires, en particulier chez les chevaux déjà fragilisés ou prédisposés.
Adopter les bons gestes lors de la distribution du foin
Le foin de mauvaise qualité ou sec et poussiéreux figure parmi les principales sources de particules inhalées.
Pour prévenir l’emphysème, il est vivement conseillé d’installer une routine : mouillez ou trempez systématiquement le foin avant de le donner. Un trempage de 30 à 60 minutes réduit efficacement poussière et spores, sans appauvrir la valeur nutritive de la ration.
Déposer le foin au sol, plutôt qu’en filet suspendu ou ratelier à hauteur de tête, aide aussi à diminuer l’inhalation de particules. Le cheval mange alors dans une posture plus naturelle, ce qui favorise la clairance des voies respiratoires.
Un exemple pratique : préparer à l’avance des filets de foin trempés, pour anticiper la ration des jours suivants et éviter d’être pris de court lors d’une distribution rapide.
Soigner le choix de la litière et son entretien
Une litière traditionnelle en paille augmente fortement la quantité de poussière présente dans le box.
Privilégier les litières dépoussiérées (copeaux, lin, miscanthus, tapis de caoutchouc) réduit significativement l’exposition aux allergènes. Il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives fiables et économiques adaptées à tous types d’écuries.
L’entretien du box doit se faire en l’absence du cheval, idéalement en le sortant au pré ou en paddock pendant le curage et la remise en place de la litière. Cela évite une exposition directe aux nuages de poussière soulevés durant le nettoyage.
Pourquoi ce détail compte ? Parce que quelques minutes passées dans un environnement poussiéreux suffisent à entretenir l’inflammation des bronches, surtout chez les sujets sensibles.
Anticiper les périodes à risque et adapter les routines
Certaines périodes de l’année accentuent la présence de pollens, de poussières ou de spores : fin de printemps, été sec, rentrée en box à l’automne.
Il est important d’anticiper ces moments en adaptant l’organisation : renforcer l’aération, surveiller de près la qualité du foin et de la paille, limiter le travail dans les carrières sèches en été, ou arroser la piste avant l’exercice.
Au retour des beaux jours, l’herbe verte est une excellente alternative temporaire au foin sec pour quelques semaines, à condition que la transition alimentaire soit progressive pour éviter les troubles digestifs.
Sensibiliser et communiquer au sein de l’écurie
La prévention passe aussi par la sensibilisation de tous les membres de l’écurie : propriétaires, palefreniers, moniteurs et cavaliers.
Informer sur les bonnes pratiques (aération, mouillage du foin, choix de la litière) permet de créer une dynamique collective bénéfique à l’ensemble des chevaux. Un cheval non emphysémateux aujourd’hui peut le devenir si les règles d’hygiène ne sont pas respectées.
Exemple : organiser une réunion d’écurie en fin d’hiver pour rappeler l’importance de la qualité du fourrage ou instaurer un planning d’entretien des abords (ramasser les herbes mortes et feuilles, éliminer les sources de moisissures) contribue à installer durablement les bons gestes.
Présenter son cheval à un vétérinaire dès le moindre doute
Une toux ou un essoufflement, même temporaire, n’est jamais anodin chez un cheval adulte.
N’attendez pas que les symptômes s’installent ou s’aggravent : une consultation rapide permet d’identifier les premiers signaux et d’agir en amont, avant que la maladie ne devienne irréversible.
Un suivi vétérinaire préventif au changement de saison est conseillé chez les chevaux à risque (sujets allergiques, chevaux âgés, antécédents respiratoires).
Prêter attention à l’hygiène alimentaire et à l’hydratation
Stocker les aliments à l’abri de l’humidité évite la prolifération de moisissures néfastes pour les bronches.
Vérifier quotidiennement l’état du foin et des céréales permet de retirer sans hésiter un lot « douteux » (odeur piquante, couleur suspecte, traces de moisissures).
Assurer une eau fraîche et propre toute l’année aide à fluidifier les sécrétions et limite l’accumulation de mucus petite habitude qui peut peser lourd dans la balance respiratoire.
Éviter les situations de stress et offrir un cadre de vie stable
Le stress chronique fragilise le système immunitaire et peut aggraver la sensibilité des voies respiratoires.
Mettre en place une routine stable, des horaires réguliers de distribution, favoriser le contact social avec les congénères et les sorties au pré sont autant de petites attentions qui limitent la vulnérabilité face aux maladies pulmonaires.
Surveiller régulièrement l’état de santé de son cheval
Observez votre cheval au quotidien : fréquence respiratoire, éventuelle toux, attitude générale.
Tenez, si besoin, un petit carnet pour noter toute anomalie ou tout changement inhabituel (appétit, énergie, bruit respiratoire, réaction à la poussière). Cela aidera à repérer précocement les signes avant-coureurs et à intervenir au plus tôt.
FAQ sur l’emphysème chez le cheval
L’emphysème est-il une maladie contagieuse entre chevaux ?
Non, l’emphysème n’est pas une maladie contagieuse.
Il s’agit d’une maladie respiratoire chronique, liée à des facteurs environnementaux et individuels.
Mon cheval peut-il continuer à être monté s’il souffre d’emphysème ?
Cela dépend de la gravité des symptômes et de l’avis de votre vétérinaire.
Un cheval atteint léger pourra effectuer un travail léger, tandis qu’un cheval sévèrement atteint devra être ménagé ou mis au repos.
Peut-on vraiment guérir l’emphysème équin ?
L’emphysème est une maladie chronique, on ne parle pas de guérison complète.
Cependant, une gestion adaptée peut permettre de limiter l’évolution et d’améliorer la qualité de vie du cheval.
Que dois-je faire si mon cheval fait une crise d’emphysème ?
Éloignez-le immédiatement des poussières et placez-le dans un endroit bien ventilé.
Contactez rapidement votre vétérinaire pour évaluer la gravité et ajuster le traitement.
L’alimentation a-t-elle un impact sur l’emphysème ?
Oui, il est recommandé de privilégier un foin dépoussiéré, mouillé ou de l’enrubannage, afin de limiter les irritants respiratoires.
Évitez les aliments poussiéreux ou trop secs.
Quels aménagements de l’écurie peuvent aider un cheval emphysémateux ?
Privilégiez un box bien aéré, sortez votre cheval le plus souvent possible au pré et choisissez une litière peu poussiéreuse (copeaux dépoussiérés, lin, etc.).
Nettoyez régulièrement les abords pour limiter la concentration de particules dans l’air.
L’emphysème équin peut-il se transformer en crise aiguë ?
Oui, une aggravation brutale des symptômes est possible, notamment sous l’effet d’un environnement poussiéreux ou lors de fortes chaleurs.
Il est alors urgent de contacter un vétérinaire.
Faut-il vacciner ou vermifuger plus souvent un cheval emphysémateux ?
Un cheval emphysémateux nécessite un suivi vétérinaire régulier, mais le protocole de vaccination ne change pas.
Il est cependant essentiel de bien contrôler les parasites et d’éviter toute infection respiratoire.
Quels sports ou activités sont possibles si mon cheval a de l’emphysème ?
Privilégiez des activités douces, peu contraignantes sur le plan cardiovasculaire, et évitez les efforts intenses.
Écoutez toujours les signes de fatigue ou d’essoufflement de votre cheval.
Y a-t-il des traitements naturels ou alternatifs pour soulager l’emphysème ?
Certaines plantes expectorantes ou huiles essentielles peuvent compléter la prise en charge, mais elles ne remplacent jamais un suivi vétérinaire.
Discutez toujours de ces options avec votre professionnel de santé équine avant utilisation.
Conclusion
L’emphysème équin est une maladie respiratoire chronique fréquente, dont les causes se situent souvent dans l’environnement et la gestion quotidienne des chevaux.
En connaissant ses origines, ses principaux symptômes comme la toux chronique et la difficulté respiratoire et les moyens de les reconnaître, les cavaliers peuvent réagir tôt. Des traitements vétérinaires existent pour soulager l’animal, mais la gestion de la poussière et l’adaptation des pratiques d’élevage sont essentielles pour améliorer la qualité de vie des chevaux atteints.
Enfin, une attention accrue à la prévention reste le meilleur atout pour limiter la survenue de cette affection au sein des écuries.