La gastroscopie équine, examen clé dans l’exploration des troubles digestifs du cheval, est devenue un outil incontournable pour les vétérinaires et les propriétaires soucieux du bien-être de leurs équidés.
Selon l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation), près de 50% des chevaux de sport présentent des lésions gastriques, souvent silencieuses, que seule la gastroscopie permet de détecter de manière fiable.
Qu’est-ce que la gastroscopie chez le cheval ?
Définition de la gastroscopie équine
La gastroscopie consiste à introduire un endoscope flexible (une longue caméra d’environ 3 mètres de long) par le nez du cheval jusqu’à l’estomac, en passant par l’œsophage.
Ce dispositif transmet en temps réel des images permettant au vétérinaire d’observer les muqueuses et d’identifier d’éventuelles lésions.
Ce geste médical est peu invasif et généralement bien toléré par les chevaux. Il offre une vision directe des parois gastriques, ce qui permet d’obtenir un diagnostic nettement plus précis qu’avec d’autres moyens, comme les analyses sanguines ou les échographies.
Pourquoi cette technique est-elle utilisée chez le cheval ?
Chez le cheval, de nombreuses affections gastriques, en particulier les ulcères, restent invisibles extérieurement ou présentent des symptômes très subtils.
C’est pourquoi une exploration visuelle directe de l’estomac est essentielle pour mettre en place un traitement adapté.
La gastroscopie permet d’observer plusieurs zones de l’estomac : la partie glandulaire, la partie non-glandulaire et la jonction entre l’œsophage et l’estomac, zone fréquemment atteinte par les lésions.
Par exemple, un cheval performant en concours peut souffrir d’ulcères sans présenter de signes flagrants, et seul l’examen permettra de confirmer la présence de ces lésions.
Quand et pourquoi réaliser une gastroscopie ?
Les symptômes et comportements qui doivent alerter
De nombreux chevaux atteints d’ulcères gastriques ou d’autres affections de l’estomac présentent des signes subtils, souvent difficiles à distinguer d’autres troubles.
Des symptômes comme une perte d’appétit, un amaigrissement sans raison apparente, un poil terne ou une baisse de performance doivent vous mettre la puce à l’oreille.
Un cheval coliqueur chronique, qui présente des coliques à répétition, mérite également un examen approfondi.
Certains chevaux deviennent irritables ou montrent des comportements de défense au sanglage, au pansage, ou lors du travail sans cause évidente.
L’apparition de crottins mous, une mastication lente, voire des bâillements répétés, peuvent aussi être en lien avec une douleur gastrique.
Indications chez les chevaux de sport et de loisirs
Les chevaux en activité sportive, de tous niveaux, sont particulièrement exposés au risque d’ulcérations gastriques.
L’effort physique, le stress des compétitions, les transports fréquents, ou encore une alimentation inadaptée favorisent l’apparition de lésions à l’estomac.
Ainsi, un cheval de concours qui présente des refus inhabituels à l’obstacle, des arrêts répétés, une perte de motivation au travail ou qui ralentit subitement lors des entraînements peut souffrir en silence d’un problème gastrique.
Même chez les chevaux de loisirs, l’irritabilité ou un manque d’engagement peuvent être le reflet de douleurs à l’estomac.
Réaliser une gastroscopie dans ces situations permet d’éviter de suspecter à tort un problème locomoteur, de dos, ou de mors, et d’apporter une solution adaptée.
Chevaux à risque : attention particulière à certaines situations
Certains profils de chevaux sont plus prédisposés que d’autres à développer des ulcères.
Par exemple, les chevaux vivant à l’écurie avec peu de fourrage, ou soumis à un stress important (manège bruyant, changement d’environnement, séparation de leurs congénères).
On pensera aussi aux sujets ayant subi des traitements médicamenteux (AINS, corticothérapie), connus pour fragiliser la muqueuse gastrique.
Un jeune cheval fraîchement débourré, qui change soudainement de comportement, bénéficiera aussi d’un dépistage par gastroscopie si les symptômes persistent malgré de bonnes pratiques de gestion.
Enfin, dans le cas d’historique d’ulcères, l’examen est indiqué pour contrôler l’efficacité du traitement et vérifier la guérison complète avant la reprise du travail ou de la compétition.
Comment se déroule une gastroscopie équine ?
La préparation du cheval avant l’examen
Avant d’entamer l’examen, il est indispensable que le cheval soit à jeun. En effet, un estomac vide permet d’avoir une meilleure visibilité des parois gastriques et d’éviter la présence d’aliments susceptibles de masquer des lésions ou de gêner la progression de l’endoscope.
Cette étape implique généralement de priver le cheval d’alimentation pendant 12 à 16 heures avant la gastroscopie, et de lui retirer l’accès à l’eau durant quelques heures précédant l’examen.
Ce jeûne strict est primordial : il garantit la qualité du diagnostic et réduit le risque de fausse interprétation.
Par exemple, un cheval ayant mangé récemment peut présenter des fibres collées sur la muqueuse, risquant de masquer un petit ulcère au vétérinaire. D’où l’importance du jeûne strict, expliqué au propriétaire ou au soigneur en amont.
L’installation et la tranquillisation du cheval
La plupart du temps, le cheval est conduit dans un espace calme, où il est attaché avec un licol solide ou placé dans une barre d’examen. Cette installation permet d’éviter les mouvements brusques et de limiter le stress.
Pour faciliter l’examen, le vétérinaire administre généralement un sédatif léger. Cette tranquillisation rend l’acte plus confortable pour le cheval et moins risqué pour l’équipe présente.
Elle permet aussi d’éviter que le cheval bouge la tête de façon imprévisible, ce qui pourrait abîmer l’endoscope ou blesser l’animal.
Chaque cheval réagit différemment à la présence d’un professionnel et au matériel médical : certains sont très calmes de nature, d’autres plus anxieux.
La sédation vise donc à adapter l’intervention selon le tempérament du cheval, pour préserver sa sérénité.
L’introduction de l’endoscope
Le vétérinaire commence par lubrifier abondamment l’extrémité de l’endoscope, un tube très fin et flexible d’environ trois mètres de long, muni d’une petite caméra et d’un système d’éclairage à sa pointe.
L’endoscope est d’abord introduit délicatement par la narine, en suivant le trajet naturel des voies nasales. Il traverse ensuite la gorge, descend dans l’œsophage, jusqu’à atteindre finalement l’estomac.
Ce passage peut impressionner, mais il ne provoque généralement pas de douleur au cheval, grâce à la sédation et à la douceur de la manipulation.
Le propriétaire est souvent invité à rester à proximité pour rassurer son animal si celui-ci est impressionné.
L’observation des structures internes
Une fois l’endoscope en place, le vétérinaire procède à l’exploration visuelle de l’œsophage, puis des différentes régions de l’estomac : zone non-glandulaire, margo plicatus (ligne de démarcation entre les parties de l’estomac), et zone glandulaire.
L’image apparaît en temps réel sur un écran, permettant d’identifier immédiatement les éventuelles anomalies, comme des rougeurs, ulcères, zones de congestion, ou dépôts anormaux.
Cette visualisation directe est capitale : elle offre une lecture précise de la localisation, la taille et le type de lésion, évitant ainsi les diagnostics approximatifs.
Dans certains cas, de l’eau peut être insufflée dans l’estomac pour nettoyer les parois et optimiser la visibilité, notamment si des fibres alimentaires sont encore présentes malgré le jeûne.
Si besoin, des prélèvements (biopsies) de muqueuse ou des photos peuvent être réalisés pendant l’examen, afin de compléter le diagnostic ou documenter l’évolution des lésions lors de contrôles ultérieurs.
Fin de l’examen et remise en état du cheval
Après avoir exploré toutes les zones de l’estomac, l’endoscope est soigneusement retiré, toujours de façon progressive et en veillant à ne pas léser les tissus fragiles de l’œsophage ou des voies nasales.
Le cheval peut ensuite retrouver son box ou rester en observation quelques minutes, le temps de dissiper les effets de la sédation. Un retour à l’alimentation normale doit attendre le feu vert du vétérinaire, qui évaluera l’état de l’animal post-examen et communiquera les résultats au propriétaire.
La plupart des chevaux tolèrent très bien la procédure et reprennent rapidement un comportement normal, sans séquelle particulière.

Quel est le protocole à suivre avant et après l’examen ?
Protocole à suivre avant la gastroscopie
La phase de préparation commence plusieurs heures avant l’arrivée du vétérinaire. Le point le plus important est de placer le cheval à jeun, c’est-à-dire de stopper son accès à l’alimentation solide.
En général, il est recommandé de retirer tout foin, paille ou aliment concentré 12 à 16 heures avant l’heure prévue de l’examen.
Ce jeûne strict est capital : il permet de vider progressivement l’estomac et d’éviter toute présence de fibres ou de nourriture qui pourraient masquer des ulcères ou gêner la progression de l’endoscope.
Par exemple, si la gastroscopie est prévue à 9h du matin, il faudra retirer tout dans le box ou la stabulation la veille, entre 17h et 21h.
Il ne faut pas sous-estimer l’habileté des chevaux à fouiller et grignoter des brins de paille ou de foin cachés dans les coins : une vérification attentive du box ou du paddock est donc indispensable.
L’accès à l’eau doit aussi être limité, même si la période de privation est plus courte. On conseille généralement de retirer l’abreuvoir ou le seau 4 à 6 heures avant l’examen.
Cela évite un estomac trop rempli, tout en limitant les risques de fausse route pendant l’anesthésie légère.
Il peut également être recommandé de sortir le cheval pour une petite marche calme avant la sédation, afin de le détendre et de stimuler légèrement la motilité digestive (hors alimentation, bien sûr).
Ce moment permet aussi de vérifier l’état général du cheval et d’anticiper tout comportement anormal dû au jeûne (par exemple, un cheval qui gratte ou manifeste de l’impatience lorsque la nourriture est retirée).
Les points de vigilance particuliers avant l’examen
Certains chevaux peuvent mal supporter le jeûne prolongé, surtout les sujets anxieux ou fragiles sur le plan digestif. Il est donc conseillé de surveiller attentivement leur comportement durant la période de privation.
En cas de doute, ou si le cheval développe des signes de coliques ou d’inconfort, il est préférable de contacter immédiatement le vétérinaire avant la réalisation de l’acte.
Enfin, il est essentiel de ne pas donner de friandises, de carottes, ni quoi que ce soit d’autre, même quelques heures avant la gastroscopie. Le moindre morceau pourrait rendre l’examen partiellement inutilisable.
Protocole à suivre après la gastroscopie
À l’issue de l’examen, le cheval reste généralement sous surveillance pendant 20 à 60 minutes, le temps de dissiper les effets de la sédation légère. Durant cette période, il est important de maintenir l’animal calme, dans un endroit sûr et sans accès à la nourriture.
Le retour à une alimentation normale s’effectue ensuite progressivement, en suivant les recommandations précises du vétérinaire ayant réalisé l’examen.
Souvent, on conseille de patienter entre 30 minutes et 2 heures après la fin de la procédure, selon la réaction du cheval à la sédation et l’état de son estomac constaté lors de la gastroscopie.
Il est préférable d’offrir d’abord un petit repas de foin de bonne qualité, avant de réintroduire progressivement les autres aliments habituels.
Le but : ne pas surcharger brusquement un estomac qui a été à vide plusieurs heures, et vérifier qu’il n’y a pas de dysphagie ou de troubles du comportement alimentaire.
Un cheval bien réveillé, qui a retrouvé ses réflexes habituels et montre de l’intérêt pour sa nourriture, peut généralement reprendre sans problème son rythme quotidien.
Si le vétérinaire a réalisé une biopsie ou une manipulation particulière, il indiquera s’il y a des consignes supplémentaires de surveillance (par exemple, surveiller l’apparition de saignements par le nez ou d’une toux).
Prix d’une gastroscopie pour cheval et prise en charge
Quel est le tarif moyen d’une gastroscopie équine ?
Le prix d’une gastroscopie chez le cheval varie généralement entre 200 et 400 euros, en fonction de plusieurs facteurs bien spécifiques.
Le tarif dépend notamment de la localisation géographique de la clinique vétérinaire, du matériel utilisé, de la nécessité ou non de déplacer un équipement mobile jusqu’à l’écurie, et des compétences et notoriété du vétérinaire.
À ce montant peuvent s’ajouter certains frais annexes, comme la consultation préalable, la sédation du cheval, ou d’éventuels examens complémentaires (analyses sanguines, biopsies, photos pour le dossier).
Par exemple, une gastroscopie simple en clinique rurale peut revenir autour de 220 euros, mais dans une structure spécialisée haut de gamme, ou si l’examen est réalisé à domicile avec déplacement du matériel, le coût peut facilement atteindre 350 ou même 400 euros.
Le coût global comprend non seulement l’examen en lui-même, mais aussi l’interprétation des images, l’explication du diagnostic au propriétaire et la rédaction du compte-rendu, éléments essentiels pour un suivi vétérinaire sérieux.
Existe-t-il des différences de prix selon le contexte ?
Oui, plusieurs paramètres peuvent faire varier le prix :
Examens d’urgence : En cas de suspicion aiguë d’ulcère ou lors d’une colique sérieuse, une gastroscopie en urgence peut impliquer des honoraires supplémentaires (disponibilité en dehors des horaires habituels, mobilisation rapide du personnel et du matériel).
Nombre de chevaux : Certaines cliniques proposent des tarifs dégressifs lorsqu’elles interviennent sur plusieurs chevaux d’une même écurie à la suite.
Par exemple, une demi-journée de gastroscopies planifiées pour 5 chevaux peut permettre à chaque propriétaire de bénéficier d’un prix réduit, autour de 180 à 200 euros par cheval.
Proximité de la clinique vétérinaire : Si le cheval doit être transporté loin pour bénéficier de l’examen, il faut alors ajouter les frais de transport, le temps et le carburant, voire la location d’un van.
À l’inverse, certains vétérinaires équipés peuvent venir à domicile, mais facturent cette prestation en plus (de 30 à 80 euros selon la distance).
La prise en charge par l’assurance équine
La question du remboursement intéresse de nombreux cavaliers, car la gastroscopie reste un investissement financier conséquent.
Certaines compagnies d’assurance équine proposent une prise en charge totale ou partielle de cet examen diagnostique, à condition que la gastroscopie soit prescrite dans le cadre d’une suspicion réelle de pathologie digestive, et non à titre préventif ou de simple curiosité.
En général, il s’agit d’un remboursement au forfait ou d’un pourcentage sur la facture, selon les garanties souscrites.
Il convient de vérifier précisément les conditions de son contrat : certains ne couvrent que les examens suite à une prescription vétérinaire, d’autres imposent une franchise ou un plafond annuel.
Par exemple, si votre contrat prend en charge les examens diagnostiques jusqu’à 500 euros/an, la totalité du coût de la gastroscopie pourra être remboursée, à condition de fournir la facture détaillée et le rapport vétérinaire.
À savoir : les contrats « assurance mortalité simple » ne couvrent généralement pas ce type d’examen, contrairement aux formules « assurance santé » ou « frais vétérinaires » plus complètes.
Il est donc judicieux de prendre contact avec son assureur en amont pour renseigner la procédure à suivre, ou de solliciter le vétérinaire pour obtenir un devis détaillé à transmettre à l’assurance.
Peut-on demander un devis avant l’examen ?
Oui, il est toujours recommandé de solliciter un devis détaillé auprès de la clinique ou du vétérinaire avant de prendre rendez-vous pour une gastroscopie.
Ce devis précisera le coût de l’examen, les frais annexes éventuels (déplacement, anesthésie, analyses complémentaires), et peut être transmis à l’assurance ou simplement servir de base à la réflexion budgétaire.
Demander un devis évite les mauvaises surprises : par exemple, un propriétaire découvrant après coup que la venue du vétérinaire à l’écurie est facturée en sus, ou que la réinterprétation des images lors d’un contrôle ultérieur génère de nouveaux frais.
FAQ sur la gastroscopie équine
La gastroscopie est-elle douloureuse pour mon cheval ?
Non, l’examen n’est généralement pas douloureux pour le cheval, mais il peut être désagréable lors du passage de la sonde dans le nez puis l’œsophage.
Le vétérinaire utilise souvent une légère sédation pour que l’animal reste calme et pour limiter l’inconfort durant la procédure.
Mon cheval doit-il rester à jeun avant la gastroscopie ?
Oui, il est essentiel que votre cheval soit à jeun, habituellement entre 12 et 18 heures avant l’examen pour garantir une bonne visibilité de l’estomac.
L’eau peut parfois être retirée quelques heures avant, sur recommandation du vétérinaire.
Combien de temps faut-il pour que mon cheval se remette de la sédation ?
La majorité des chevaux récupèrent totalement de la sédation en une à deux heures après l’examen.
Durant ce temps, il est conseillé de les laisser au calme et de surveiller qu’ils retrouvent bien leurs repères.
La gastroscopie est-elle prise en charge par les assurances équines ?
De nombreuses assurances couvrent les examens complémentaires lorsque ceux-ci sont justifiés médicalement.
Il est préférable de vérifier les termes de votre contrat et de demander une attestation au vétérinaire pour la prise en charge.
Pour conclure
La gastroscopie est à ce jour le seul examen permettant de visualiser avec précision la muqueuse gastrique du cheval et de diagnostiquer des lésions telles que les ulcères.
Elle s’impose dès que des signes évocateurs apparaissent, ou lors de pathologies récurrentes, pour mettre en place le traitement adapté.
Son déroulement suit un protocole précis, impliquant une préparation spécifique du cheval et quelques soins après l’examen.
Enfin, son coût, bien que non négligeable, peut être anticipé et parfois partiellement pris en charge selon votre assurance. Comprendre chaque étape vous permet d’aborder cet acte essentiel en toute confiance pour le bien-être de votre équidé.