La santé digestive et le bien-être des chevaux passent par une gestion réfléchie et régulière de la lutte contre les parasites internes.
La maîtrise du terme « vermifuge » s’impose dans l’élevage, l’entraînement, la compétition ou le loisir, car la prévention des infestations parasitaires conditionne directement la performance, la longévité et la vitalité de l’équidé.
Elle concerne également la réglementation sanitaire et l’économie d’un élevage ou d’une écurie, où un cheval affaibli par les vers peut impacter l’ensemble du cheptel.
Vermifuge : Qu’est-ce que c’est ? Définition !
Un vermifuge est un médicament, ou parfois une préparation naturelle, destiné à éliminer ou à réduire la charge parasitaire interne (essentiellement des vers) chez les animaux, notamment les chevaux.
Il agit principalement contre différentes espèces de nématodes (petits et grands strongles), ascaris et autres parasites intestinaux ou parfois pulmonaires.
Les vermifuges peuvent être administrés sous forme de pâte, de granulés, de solution liquide ou par injection. Selon leur composition, ils ciblent un ou plusieurs types de vers.
Enjeux et utilité du vermifuge pour le cheval
Les chevaux hébergés collectivement ou en pâture sont fréquemment exposés aux parasites internes, dont certains peuvent causer amaigrissement, coliques, troubles digestifs, baisses de performances ou, dans les cas les plus graves, la mort.
L’utilisation raisonnée des vermifuges permet :
- D’assurer la croissance et le développement optimal des poulains
- De préserver la santé générale et la capacité de travail des adultes
- De réduire le risque de contamination collective dans une même écurie ou pâture
- De limiter l’impact économique lié aux soins vétérinaires, à la baisse de productivité ou aux pertes animales
Chez le cheval, la vermifugation joue aussi un rôle dans l’accompagnement des performances sportives, la limitation des frais vétérinaires et la sécurité des pratiques équines, notamment pour les chevaux en déplacement ou en pension collective.
Comment identifier la nécessité d’un vermifuge ?
Le besoin de recourir à un vermifuge se base sur l’évaluation de la charge parasitaire d’un cheval ou d’un groupe. Cela passe par :
- Un examen coprologique, qui consiste à analyser les fèces du cheval afin de compter le nombre d’œufs de parasites présents (souvent exprimé en œufs par gramme, EPG). Un seuil supérieur à 200 EPG pour les strongles est généralement le point de départ d’une intervention.
- L’observation des symptômes cliniques : poil terne, amaigrissement, baisse d’appétit, coliques récurrentes, retard de croissance chez le poulain, présence de vers dans les crottins.
L’identification du type de parasite permet d’adapter le choix du vermifuge (spectre d’action et molécule), la posologie et la fréquence d’administration.
Vermifuge : avantages pour les professionnels et passionnés du cheval
Maîtriser la gestion du vermifuge offre plusieurs intérêts pour les structures équestres et particuliers :
- Sécuriser la santé du troupeau et limiter la propagation des parasites
- Optimiser l’utilisation des pâtures et l’organisation des rotations de parcelles
- Diminuer les coûts : anticipation des problèmes de santé, limitation des pertes économiques
- Répondre aux exigences réglementaires ou aux protocoles vétérinaires en élevage, exportation ou compétition
- Maintenir des animaux en état, performants, aptes au travail et à la reproduction
Risques, limites et critiques de la vermifugation
L’usage répété et systématique des vermifuges n’est pas exempt de risques :
- Développement de résistances parasitaires : certaines molécules perdent en efficacité si utilisées de façon intensive sans analyse préalable (notamment la résistance croissante aux benzimidazoles et à l’ivermectine chez des strongles).
- Perturbation de la flore intestinale du cheval par action sur les organismes non ciblés.
- Risque de surdosage ou d’administration d’une molécule inadaptée au stade physiologique de l’animal (poulain, jument gestante).
- Impact environnemental : résidus de molécules dans les déjections et les pâtures.
La tendance actuelle privilégie ainsi une vermifugation raisonnée, basée sur les analyses de crottins et la rotation des molécules, plutôt qu’une administration systématique (« tout le monde, à chaque saison »).
Intégrer la gestion des vermifuges
Pour optimiser l’action des vermifuges dans la gestion équine :
- Mettre en place un protocole de suivi régulier (analyses fécales au minimum 2 fois par an, accompagnées de plans d’administration personnalisés).
- Varier les principes actifs pour limiter la sélection de parasites résistants.
- Adapter les intervalles de traitement à l’âge, l’état physiologique de l’animal et son mode de vie (pré, box, compétition).
- Nettoyer régulièrement les pâtures (ramassage des crottins, rotation).
- Former les détenteurs et soigneurs du cheval aux bons gestes et à l’importance d’une pesée précise avant administration (pour ajuster la dose au poids réel du cheval).
Exemple concret de gestion du vermifuge chez le cheval
Dans une écurie de 15 chevaux en pâture, le responsable effectue un prélèvement coprologique en début de printemps et à l’automne. Trois chevaux présentent un taux supérieur à 250 œufs par gramme (EPG) de strongles.
Le vétérinaire recommande donc un traitement ciblé uniquement sur ces individus, à l’aide d’une molécule à large spectre.
Les autres chevaux ne sont pas vermifugés à cette étape, afin de préserver l’efficacité du médicament et de limiter les résistances. La pâture est nettoyée plus fréquemment en parallèle.
Termes liés ou complémentaires
- Parasitisme intestinal
- Coproscopie / Examen coprologique
- Résistance aux anthelminthiques
- Molécule active (ivermectine, moxidectine, fenbendazole, etc.)
- Plan de vermifugation
- Hygiène des pâtures
- Strongles, ascaris, oxyures (principaux vers du cheval)
En résumé
Le vermifuge reste un outil clé pour préserver la santé digestive, la capacité de travail et le bien-être général des chevaux.
Comprendre son usage, ses limites et les méthodes d’évaluation aide les professionnels, les gérants d’écuries et les cavaliers à adopter des pratiques raisonnées, efficaces et adaptées, limitant parallèlement la propagation des résistances et les conséquences économiques liées aux parasitoses.