Dans le monde équestre, le pas occupe une place de choix. Il s’agit de l’allure la plus fréquemment utilisée chez le cheval, tant en élevage qu’en soins, entraînement ou disciplines sportives.
Une bonne connaissance du pas permet d’évaluer la condition physique du cheval, d’adapter les séances de travail, de prévenir les boiteries ou pathologies, et constitue également un référentiel essentiel pour les amateurs comme pour les professionnels.
Les réglementations et jugements en concours hippiques intègrent souvent cette allure comme critère d’évaluation, ce qui en fait un point de repère incontournable du secteur équin.
Pas : Qu’est-ce que c’est ? Définition !
Le pas désigne une allure naturelle, marchée et quadrupède du cheval. C’est une allure à quatre temps, c’est-à-dire que chaque membre touche le sol successivement, et non simultanément.
Cela se distingue des allures telles que le trot (deux temps) ou le galop (trois temps).
Lorsqu’il est au pas, le cheval se déplace calmement, sans suspension (les quatre pieds ne quittent jamais complètement le sol en même temps).
L’ordre d’engagement est généralement : postérieur gauche, antérieur gauche, postérieur droit, antérieur droit.
La vitesse du pas varie de 4 à 7 km/h selon la taille et la conformation du cheval, faisant de cette allure la moins rapide mais la plus stable de toutes.
Enjeux et utilité du pas chez le cheval
Le pas étant l’allure la moins fatigante pour le cheval, elle est privilégiée pour l’échauffement, la récupération ou les longs déplacements (randonnée, travail des jeunes chevaux, soins post-blessure).
En élevage ou lors de présentations morphologiques, la qualité du pas peut être un indicateur du bon développement postural et de l’équilibre.
Dans de nombreuses disciplines équestres (dressage, équitation western, randonnée, équithérapie), le pas est une base de travail indispensable pour améliorer la locomotion, la décontraction et la coopération entre le cheval et son cavalier.
Comment évaluer ou identifier le pas d’un cheval ?
L’observation du pas repose sur plusieurs critères :
- Régularité : la succession des temps doit être constante, sans à-coups ni irrégularités.
- Amplitude : la longueur de la foulée est évaluée, un bon pas présentant une avancée généreuse, l’arrière-main dépassant l’empreinte des antérieurs.
- Engagement : le postérieur vient-il bien sous la masse, favorisant la propulsion et la flexibilité dorsale ?
- Relâchement : le pas doit être détendu, ni précipité ni rigide, l’encolure oscille naturellement.
- Symétrie : il convient d’observer l’absence de boiterie, le mouvement harmonieux des deux côtés du corps.
Le pas s’évalue à main ou monté, sur sol plat, droit et non glissant pour ne fausser ni les observations ni la locomotion du cheval.
Quels sont les avantages du pas pour les professionnels ou passionnés de chevaux ?
Maîtriser l’observation et l’utilisation du pas comporte plusieurs avantages :
- Prévention des blessures : repérer précocement une irrégularité, une raideur ou un début de boiterie.
- Progression du travail : utiliser le pas pour améliorer le schéma moteur, l’équilibre et la souplesse du cheval.
- Gestion des efforts : choisir le pas pour la détente, la récupération ou les sorties longues afin de limiter la fatigue musculaire ou articulaire.
- Analyse comportementale : détecter le stress ou la décontraction à l’observation de la démarche et des déplacements naturels.
Le pas est aussi préféré lors de passages délicats (terrains difficiles, croisement d’obstacles sur parcours de randonnée), car il assure la plus grande stabilité.
Risques, limites et critiques autour du pas
Certains chevaux peuvent présenter un « pas traînant » (manque d’engagement), un défaut de régularité, ou au contraire un pas précipité et tendu. Cela peut signaler :
- Une douleur sous-jacente ou un trouble locomoteur
- Un entraînement inadapté ou un matériel inconfortable
- Un manque de décontraction psychique ou physique
La sous-estimation du pas dans la formation du cheval peut condamner la progression à long terme, nuire à la qualité de la locomotion et augmenter le risque de blessures.
Intégrer le pas dans la gestion équine
Au quotidien, il est important :
- D’intégrer des périodes de pas dans chaque séance de travail (échauffement, récupération)
- D’observer régulièrement le pas à la longe ou en main pour suivre l’évolution de la locomotion
- D’utiliser le pas pour les remises en route après blessure sous l’avis du vétérinaire
- D’adapter le ferrage ou l’entretien du pied pour favoriser une démarche saine
Le pas est également un temps de connexion entre l’humain et l’animal, favorisant la détente et l’écoute mutuelle.
Exemple concret de l’observation du pas en contexte équin
En concours de dressage, la note du pas compte dans l’évaluation globale de la reprise. Un cheval qui marche au pas avec régularité, amplitude et décontraction obtient une meilleure note.
A contrario, un pas irrégulier ou machinal entraîne une pénalisation, car il signale une tension ou un défaut dans la mécanique du mouvement.
Termes liés ou complémentaires
- Trot
- Galop
- Allures fondamentales
- Jugement morphologique
- Engagement
- Régularité
- Échauffement
- Locomotion
En résumé
Le pas constitue l’allure la plus stable et observée du cheval. Il sert de base à l’évaluation de la locomotion, à la progression en entraînement, et à la prévention de nombreux troubles.
Maîtriser la reconnaissance et l’utilisation du pas est un gage de qualité pour tous les professionnels et passionnés du cheval, du cavalier au responsable d’élevage, en passant par l’enseignant ou le juge.