Allure artificielle : définition, identification et exemples

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Découvrez l’importance de bien cerner l’allure artificielle pour les pratiques équines. Cette fiche aborde sa définition, son observation et son impact en élevage, sport et gestion des chevaux.

Allure artificielle : Qu’est-ce que c’est ? Définition !

L’allure artificielle désigne une démarche ou un mode de déplacement chez le cheval qui diffère de ses allures naturelles, acquises ou exacerbées sous l’influence d’apprentissages, d’entraînement, de dispositifs ou d’interventions humaines.

Les allures naturelles du cheval incluent par exemple le pas, le trot et le galop.

À l’inverse, l’allure artificielle résulte d’une modification volontaire ou accidentelle de son schéma locomoteur, par l’humain ou à cause de certains équipements ou pathologies.

Cette notion intervient dans l’appréciation du mouvement du cheval, notamment lors de concours, en élevage ou pour la sélection sportive.

Enjeux et utilité de la notion d’allure artificielle

Identifier une allure artificielle est pertinent dans plusieurs contextes :

  • Élevage : Sélectionner des animaux présentant des allures naturelles et harmonieuses pour garantir la pérennité de la race et éviter la transmission de défauts locomoteurs.
  • Concours et jugement : L’évaluation des chevaux, notamment en morphologie ou épreuves montées, intègre des critères d’allure. Repérer une allure artificielle permet d’éviter de récompenser des chevaux présentant des défauts ou des résultats obtenus artificiellement.
  • Soins et santé : La présence d’allures artificielles peut signaler des douleurs, des pathologies, ou la suite d’un mauvais dressage.
  • Réglementation : Certaines disciplines excluent ou sanctionnent les allures artificielles car elles s’éloignent des critères recherchés et nuisent à l’objectivité du jugement.

Comment évaluer ou identifier une allure artificielle ?

Les allures peuvent être observées dans différentes situations : à la longe, en liberté, monté ou attelé. Les juges, éleveurs ou vétérinaires s’appuient sur divers indicateurs pour distinguer allures naturelles et artificielles :

  • Dissociation inhabituelle des appuis : Un cheval qui modifie le rythme, l’ordre ou la simultanéité des membres en dehors des schémas reconnus (ex : pas traînant, geste exagéré, pas relevé anormalement haut, « racking », etc.).
  • Mouvements exagérés ou contraints : Les allures artificielles sont souvent reconnaissables à des gestes forcés, très relevés ou saccadés (comme la flexion marquée du genou ou des jarrets), absents dans la locomotion naturelle du cheval.
  • Équipement et interventions : L’usage de fers spécifiques, de harnais ou d’enrênements peut provoquer ou accentuer une allure artificielle (ex : stacked shoes en show américain, enrênements pour un effet « fancy gait »).
  • Pratiques de dressage ou d’entraînement spécifiques : Certaines techniques visent à exagérer l’expressivité du mouvement pour la compétition, mais dévient du schéma naturel.

La comparaison avec des références de la race, l’analyse vidéo ou l’avis d’un professionnel expérimenté aident à affiner cette évaluation.

Avantages pour les professionnels et passionnés

Savoir identifier une allure artificielle offre plusieurs bénéfices :

  • Meilleure sélection en élevage : Cela évite d’intégrer et de diffuser des chevaux dont la qualité de locomotion n’est pas authentique ou dont les défauts pourraient se transmettre.
  • Précision dans le jugement sportif : Les officiels peuvent noter les chevaux avec équité, en valorisant ceux qui présentent un mouvement harmonieux, sain et naturel, répondant aux objectifs de la discipline.
  • Dépistage précoce de soucis de santé : Un changement d’allure, devenu artificiel, peut révéler un inconfort, une douleur ou une anomalie posturale chez le cheval, permettant une intervention précoce.
  • Respect de la réglementation : Dans certaines disciplines (dressage, modèles et allures, shows américains), l’intégrité du mouvement est un critère d’exclusion ou de pénalité.

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Risques, limites et critiques de l’allure artificielle

L’adoption ou la valorisation, même involontaire, d’allures artificielles expose à plusieurs limites :

  • Risque pour la santé du cheval : La répétition de gestes contraints peut engendrer des pathologies ostéo-articulaires ou musculaires.
  • Altération de la sélection génétique : Récompenser l’artificiel fausse la sélection et peut aboutir à la perpétuation de défauts locomoteurs.
  • Biais de jugement : Distinguer naturel et artificiel nécessite expérience et objectivité, le risque d’erreur étant augmenté par la subjectivité ou la pression des résultats.

Prendre en compte l’allure artificielle dans la gestion équine

Les gestionnaires, entraîneurs et éleveurs veillent à promouvoir l’expression d’allures naturelles :

  • Sélection éthique : Mettre en avant des reproducteurs au mouvement naturel.
  • Pratiques d’entraînement adaptées : Limiter les enrênements sévères ou les équipements invasifs.
  • Surveillance régulière : Contrôler toute évolution de l’allure pour détecter l’apparition de mouvements artificiels, signal potentiel de déséquilibre, de douleur ou d’influence extérieure inadaptée.

Exemple concret d’allure artificielle dans un contexte équin

Dans certaines compétitions de chevaux de présentation, comme chez les Saddlebred américains ou Frisons, des chevaux arborent parfois des allures dites « fancy », obtenues à l’aide de fers lourds, de rehausseurs ou d’entraînements spécifiques.

Ces démarches se distinguent du mouvement naturel par leurs gestes très hauts et exagérés, considérés comme allures artificielles, souvent sanctionnées dans les concours où la naturalité prime.

Termes liés ou complémentaires à allure artificielle

  • Allure naturelle
  • Locomotion équine
  • Défaut d’allure
  • Enrênement
  • Dressage
  • Juge d’allures
  • Mécanique du mouvement

En résumé

L’allure artificielle constitue un indicateur à prendre en compte dans toutes les pratiques touchant à la sélection, la gestion ou la valorisation des chevaux.

Sa reconnaissance par les professionnels et passionnés garantit des pratiques respectueuses du bien-être et du patrimoine génétique équin, tout en assurant la cohérence des jugements lors des concours et la préservation de la qualité des chevaux dans l’élevage et le sport.

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