Peu connu du grand public, le bouchon œsophagien constitue pourtant la première cause d’obstruction de l’œsophage chez le cheval, avec 60 % des cas d’obstruction rapportés d’après une étude de l’IFCE.
Ce trouble, qui peut survenir de façon soudaine, inquiète à juste titre bon nombre de cavaliers et propriétaires, notamment du fait de la détresse qu’il cause chez l’animal et du risque de complications graves en l’absence de prise en charge rapide.
Dans cet article, nous vous aidons à y voir plus clair en détaillant d’abord ce qu’est précisément un bouchon œsophagien afin d’en mieux cerner la gravité. Vous découvrirez ensuite comment repérer les premiers signes d’alerte et comprendrez pourquoi certains chevaux y sont plus exposés que d’autres.
Nous abordons aussi les bons gestes à adopter en urgence et les options de soins à envisager avec votre vétérinaire. Enfin, des conseils pratiques vous seront proposés pour limiter au maximum le risque de récidive et préserver la santé digestive de votre compagnon équin.
Qu’est-ce qu’un bouchon œsophagien chez le cheval ?
Le bouchon œsophagien est l’un des troubles digestifs aigus les plus fréquemment rencontrés chez le cheval. Il s’agit d’une obstruction mécanique de l’œsophage, le conduit qui relie la bouche à l’estomac, généralement causée par l’accumulation d’aliments, de foin ou d’autres matières, qui forment un “bouchon” et empêchent le passage normal du bol alimentaire.
Définition et anatomie de l’œsophage du cheval
L’œsophage du cheval est un tube musculaire d’environ 1,25 à 1,50 mètre de long, reliant pharynx et estomac. Fragile chez cet animal, il présente un léger étranglement physiologique à différents endroits, ce qui le rend sensible aux blocages, surtout si le cheval mange trop vite ou ingère des aliments peu humidifiés.
Un bouchon œsophagien survient lorsque cet organe se bouche sur tout ou partie de sa longueur, empêchant tout ce qui est avalé (aliments, eau, salive) d’atteindre directement l’estomac.
Comment se forme un bouchon œsophagien ?
Un bouchon se forme lorsque des morceaux d’aliments secs, du foin mal mastiqué, ou parfois même des carottes ou des pommes données en trop gros morceaux, s’accumulent dans l’œsophage. Ce phénomène conduit très rapidement à un blocage complet ou partiel du passage.
Imaginons un cheval qui avale rapidement des granulés sans assez les mâcher : une masse compacte peut se former et s’arrêter dans l’œsophage, provoquant alors ce qu’on appelle un bouchon œsophagien.
Gravité et spécificité équine
Chez le cheval, le bouchon œsophagien est considéré comme une urgence vétérinaire relative car il peut déclencher de la panique, des efforts de toux, voire des complications graves comme une fausse déglutition menant à une pneumonie par inhalation.
Il est important de préciser que, contrairement à l’humain, le cheval ne peut ni vomir ni régurgiter de manière efficace. Cela rend toute obstruction de l’œsophage d’autant plus préoccupante, car l’élimination spontanée par la bouche est limitée, et le risque de déshydratation ou d’aspiration de liquide dans les poumons augmente rapidement.
Différence entre bouchon œsophagien et coliques
Beaucoup de cavaliers confondent parfois bouchon œsophagien et coliques. Les deux situations se manifestent par de l’inconfort, mais le bouchon concerne uniquement l’œsophage (le “tube entre bouche et estomac”), tandis que les coliques sont des douleurs abdominales pouvant avoir de nombreuses causes, souvent digestives mais situées plus loin dans le tube digestif.
Comprendre cette distinction est essentiel pour adopter les bons réflexes, éviter des gestes inadaptés, et pouvoir expliquer avec précision les signes observés au vétérinaire.
Les symptômes d’un bouchon œsophagien : savoir les reconnaître
Reconnaître rapidement un bouchon œsophagien chez le cheval peut faire toute la différence pour sa sécurité et son bien-être. Certains signes sont typiques et doivent alerter tout soignant ou cavalier, car une prise en charge rapide limite les complications potentielles.
Salivation excessive et écoulement nasal
Le signe le plus fréquent d’un bouchon œsophagien est l’apparition soudaine d’une salivation abondante.
Le cheval se met alors à baver beaucoup plus que d’habitude. Parfois, la salive s’écoule également par les naseaux, souvent moussante ou teintée de particules alimentaires. Ce phénomène est dû à l’incapacité à avaler normalement : la salive s’accumule dans l’œsophage bouché et finit par remonter vers la bouche et les narines.
Ce symptôme est particulièrement évocateur lorsque du mélange d’eau, de salive et de grains ressort par les naseaux, parfois en “jet” lors de la toux.
Face à ce signe, il est capital de réagir vite, car un écoulement nasal alimentaire peut conduire à des fausses routes et donc à une pneumonie d’inhalation.
Toux et efforts de déglutition
Un cheval présentant un bouchon œsophagien tente de résoudre le problème “par lui-même”.
Il multiplie alors les efforts de déglutition, fait mine d’avaler à répétition, souvent associés à de violents accès de toux. Cette toux n’a rien à voir avec une allergie ou une maladie respiratoire : elle est déclenchée par l’impossibilité d’avaler correctement et la gêne ressentie dans la gorge ou le poitrail.
Parfois, ces efforts s’accompagnent de contractions visibles du cou, le cheval tendant l’encolure ou adoptant une attitude raide, cherchant le soulagement.
Anxiété, agitation et posture anormale
Un cheval gêné par un bouchon œsophagien montre généralement des signes d’anxiété et d’agitation.
Il peut piétiner sur place, gratter le sol, secouer nerveusement la tête ou tenter de “s’enfuir” de la gêne ressentie.
Certains chevaux se mettent à baisser la tête, à étirer le cou vers l’avant ou à se pencher contre les parois du box, cherchant une position qui leur permettrait de mieux avaler ou de limiter la douleur.
Un cheval qui refuse brusquement de manger ou de boire, ou qui s’arrête de mâcher en laissant tomber la nourriture, doit systématiquement faire suspecter un problème œsophagien.
Blocage alimentaire et absence de passage des aliments
L’un des symptômes les plus parlants, bien qu’il soit parfois plus discret, est l’arrêt soudain de la prise alimentaire.
Le cheval essaie d’avaler mais recrachoir sa bouchée, ou devient incapable d’ingérer eau et nourriture. Souvent, on retrouve alors des aliments mâchés, imbibés de salive, tombés au sol près de la mangeoire.
Ce type de comportement, surtout s’il survient brutalement chez un cheval d’habitude gourmand, est très évocateur du bouchon œsophagien.
Douleur, coliques « localisées » et malaise général
Enfin, même si la douleur du bouchon œsophagien n’atteint pas la violence d’une colique abdominale classique, elle reste pénible pour le cheval.
Le cheval peut présenter une certaine nervosité, passer la langue autour de la bouche, montrer de l’inconfort par des mimiques (regards insistants vers le poitrail ou les flancs).
S’il tente à plusieurs reprises d’avaler sans y parvenir, la souffrance devient vite évidente : respiration accélérée, transpiration, voire légers tremblements ou perte de tonus.
Reconnaître la douleur liée au bouchon œsophagien permet d’éviter les mauvaises interprétations (faux diagnostic de colique abdominale) et de donner au vétérinaire des informations précieuses pour une prise en charge ciblée.

Causes et facteurs favorisant l’apparition du bouchon œsophagien
Plusieurs éléments, liés à l’alimentation, aux habitudes de vie ou à des problèmes anatomiques, peuvent favoriser la formation d’un bouchon œsophagien chez le cheval.
Comprendre ces causes permet non seulement d’agir en urgence, mais aussi d’anticiper les situations à risque dans la gestion quotidienne de son cheval.
Qualité et texture de l’alimentation
L’une des causes majeures du bouchon œsophagien réside dans la nature même des aliments distribués au cheval.
Les aliments secs, peu appétents, poussiéreux ou très fibreux imposent un effort de mastication plus important et peuvent former des amas compacts difficiles à avaler.
La distribution de foin trop sec ou de vieilles bottes poussiéreuses accentue ainsi le risque de bouchon, surtout si le cheval n’a pas accès à de l’eau en quantité au moment du repas.
Les granulés distribués en grande quantité, sans humidification préalable, sont un facteur classique : ils gonflent une fois humectés mais peuvent déjà former un bloc avant d’arriver dans l’estomac.
Par exemple, un cheval qui reçoit rapidement beaucoup de granulés secs, sans pouvoir mâcher lentement, risque d’engloutir un “pain” compact difficile à déloger.
Morceaux trop gros ou aliments inadaptés
Proposer de gros morceaux de carottes, de pommes, ou tout autre aliment pouvant s’emboîter dans l’œsophage représente un vrai facteur de risque.
Parfois, dans l’intention de faire plaisir, on donne au cheval des friandises entières, oubliant la nécessité de les couper en petits morceaux adaptés à la taille de sa bouchée.
Il n’est pas rare d’observer un bouchon œsophagien après la distribution d’une pomme trop grosse ou d’un morceau de pain dur qui n’a pas été suffisamment mâché.
Habitudes alimentaires et mode de distribution
La façon dont un cheval mange influe directement sur le risque de bouchon.
Certains chevaux sont très gourmands, mangent précipitamment ou se disputent la nourriture avec leurs congénères.
Manger vite, sous stress ou à cause d’une compétition au moment du repas (bousculade entre chevaux, ration distribuée en groupe), entraîne une mauvaise mastication et augmente la probabilité d’avaler des morceaux insuffisamment broyés.
Un autre exemple fréquent : les chevaux à l’isolement ou anxieux, qui se précipitent sur leur ration pour la finir au plus vite, exposant leur œsophage à une surcharge momentanée.
Défauts de mastication et problèmes dentaires
Les troubles bucco-dentaires représentent une cause sous-estimée mais très courante.
Chez le cheval, une dentition mal entretenue (présence de crochets, de pointes, caries, dents cassées ou usées) gêne la mastication.
Le cheval malaxe, mâche moins ou trop d’un seul côté, laissant passer de gros paquets d’aliments insuffisamment broyés.
Un cheval qui “fait le tri”, laisse tomber ses aliments ou mouille exagérément sa ration est souvent porteur de problèmes dentaires… ce qui, à terme, favorise la formation de bouchons.
Un suivi dentaire régulier est donc essentiel pour toute prévention sérieuse des obstructions œsophagiennes.
Quantité et disponibilité de l’eau
Une hydratation insuffisante, notamment au moment du repas, aggrave le risque de bouchon.
L’eau sert en effet à humecter le bol alimentaire, facilitant sa progression dans l’œsophage jusqu’à l’estomac.
Un cheval qui mange du foin sec ou des granulés sans pouvoir boire facilement (abreuvoir gelé en hiver, eau sale ou absente, accès limité) avale alors une masse sèche, collante, bien plus apte à former un bloc obstructif.
Il suffit parfois d’un oubli ponctuel (seau vide, arrivée d’eau coupée) pour déclencher l’incident, surtout chez les sujets enclins à l’engloutissement.
Âge du cheval et affections de l’œsophage
Les jeunes chevaux, inexpérimentés, et les chevaux âgés, aux dents usées ou à la déglutition moins efficace, sont plus exposés aux bouchons œsophagiens.
De même, les chevaux ayant déjà présenté une obstruction de l’œsophage, ou souffrant de troubles anatomiques (sténoses, séquelles de blessures internes) sont à risque accru.
Certains cas chez des poulains dénutris, ou inversement chez de très vieux chevaux “édentés”, sont typiques : le bol alimentaire reste bloqué par manque d’efficacité de la mâchoire ou de motricité de l’œsophage.
Antécédents et facteurs comportementaux
Un cheval ayant déjà fait un bouchon a plus de probabilités d’en présenter un autre, surtout si la cause initiale n’est pas identifiée et corrigée.
Les animaux stressés, impatients ou sujets à l’ennui peuvent accélérer leur prise alimentaire ou ingérer des matières non alimentaires (copeaux, litière), eux aussi susceptibles de provoquer une obstruction partielle ou complète.
Une observation attentive du comportement au pré et au box, ainsi que l’identification des chevaux dits “gloutons”, permet donc de cibler les interventions préventives prioritaires.
Traitement d’un bouchon œsophagien : que faire en cas d’urgence ?
Face à un bouchon œsophagien, la rapidité et la justesse des gestes sont essentielles pour éviter toute aggravation du problème. La priorité est de sécuriser le cheval, tout en limitant le risque de complications graves, en attendant l’intervention du vétérinaire.
Mettre le cheval au calme et stopper toute distribution d’aliments
La première action à entreprendre est de placer immédiatement le cheval dans un environnement calme, à l’écart des sources de stress ou d’agitation.
Retirez toute nourriture et eau de son box ou de son paddock, afin d’empêcher le cheval de continuer à essayer de manger ou de boire. Cela prévient l’aggravation du bouchon : tout nouvel apport peut augmenter la masse obstruant l’œsophage ou provoquer une fausse déglutition.
Si le cheval est en troupeau, isolez-le rapidement pour éviter qu’il ne soit poussé par ses congénères ou ne se mette en danger dans son inconfort.
Observer attentivement les symptômes et limiter les manipulations
Observez discrètement le cheval : notez la quantité de salive ou d’aliments sortant de la bouche ou des naseaux, l’intensité de la toux, la posture générale, et tout signe de malaise.
Il est important de ne pas tenter de faire boire ou manger le cheval, ni de chercher à “déboucher” soi-même l’œsophage avec les mains ou des instruments. Ces gestes maladroits aggravent le risque de blessure, d’aspiration de liquide vers les poumons, voire de perforation de l’œsophage.
Vous pouvez noter les horaires précis d’apparition des symptômes et les quantités recrachées, car ces informations seront précieuses pour le vétérinaire.
Prévenir immédiatement le vétérinaire
Le bouchon œsophagien est une urgence vétérinaire : contactez rapidement votre praticien habituel ou un service d’urgence.
Précisez bien tous les signes observés, la façon dont le problème est apparu (après l’ingestion d’un certain aliment, par exemple) et la durée écoulée depuis le début des symptômes.
Cette réactivité est déterminante : le vétérinaire évaluera la gravité et vous guidera dans la surveillance à adopter en attendant son arrivée.
Ce qu’il ne faut jamais faire : erreurs à éviter
Ne tentez pas d’introduire d’eau ou d’huile par la bouche pour « lubrifier » le bouchon. Cela risquerait d’envoyer du liquide dans les poumons par fausse route et de provoquer une pneumonie d’inhalation, complication grave et parfois fatale.
N’utilisez pas non plus de seringue pour tenter de rincer ou pousser l’obstruction. Inutile et dangereux, ce geste ne fera que compliquer le travail du vétérinaire.
Évitez toute forme de manipulation forcée de la bouche ou du cou, ainsi que l’utilisation d’un tuyau d’arrosage ou toute pénétration dans la gorge. Ces erreurs, parfois commises par méconnaissance, provoquent souvent des blessures supplémentaires et allongent la convalescence.
L’intervention vétérinaire : déroulement et gestes médicaux
À son arrivée, le vétérinaire procède d’abord à un examen clinique approfondi : il cherche à localiser le bouchon, à évaluer l’état général du cheval et à mesurer l’importance du flux salivaire et du risque d’inhalation.
Dans la majorité des cas, il effectue une sédation douce pour calmer le cheval et détendre les muscles de l’œsophage. Cela peut suffire à permettre un déplacement spontané du bouchon, surtout si celui-ci est récent et peu volumineux.
Si le bouchon persiste, le vétérinaire introduit un sonde naso-gastrique (tuyau fin et souple) par le naseau pour irriguer l’œsophage avec de l’eau tiède, petit à petit, en évitant toute force excessive. Ce lavage progressif permet de “ramollir” doucement l’obstacle et facilite sa dégradation naturelle.
En cas d’obstruction résistante, plusieurs séances de lavage ou d’autres interventions spécifiques peuvent être nécessaires. Il arrive parfois qu’une hospitalisation soit recommandée pour une surveillance rapprochée, notamment si des complications respiratoires (pneumonie) sont suspectées.
Dans tous les cas, le vétérinaire peut administrer des anti-inflammatoires pour limiter la douleur et l’inflammation, et surveille particulièrement l’état de l’œsophage après le déblocage, car des lésions internes peuvent s’être formées.
Surveillance post-urgence et convalescence
Après résolution du bouchon, le cheval doit rester sous surveillance étroite pendant plusieurs heures ou jours, selon la gravité de la situation et l’état de l’œsophage.
Le vétérinaire peut recommander une diète temporaire, une reprise progressive d’une alimentation humide (mash, pulpe de betterave trempée…), et parfois des examens de contrôle si des séquelles sont suspectées, comme une sténose œsophagienne.
Il est essentiel que le cavalier surveille l’apparition de tout signe anormal : toux persistante, difficulté à remanger, fièvre, apathie… Ces symptômes peuvent indiquer une complication secondaire qui doit, à nouveau, justifier un appel rapide au vétérinaire.
Prévention : comment éviter le bouchon œsophagien chez votre cheval ?
La meilleure façon de protéger votre cheval du bouchon œsophagien reste la prévention au quotidien. Adopter quelques bonnes pratiques simples dans la gestion de l’alimentation, du soin dentaire et des conditions de vie permet de réduire drastiquement ce risque, surtout chez les animaux les plus gourmands ou fragiles.
Adapter la texture et la présentation des aliments
Distribuer une alimentation adaptée est fondamental pour limiter la formation d’un bouchon. Privilégiez toujours des aliments de qualité, peu poussiéreux, ni trop secs ni trop durs.
Si vous donnez des granulés, pensez à les humidifier avec un peu d’eau avant la distribution. Cela aide à éviter qu’ils ne gonflent soudainement dans l’œsophage et forment un amas compact.
Concernant le foin, veillez à sa fraîcheur et limitez la distribution de bottes très sèches : elles sont plus difficiles à mâcher et plus à même de créer des paquets indigestes.
Pour les chevaux âgés ou ayant déjà eu des bouchons, privilégiez le mash ou des aliments préalablement trempés qui sont plus faciles à avaler.
Fractionner les repas et limiter la rapidité d’ingestion
Proposer la ration en plusieurs petits repas, plutôt qu’en une seule grosse prise quotidienne, permet au cheval de manger plus lentement et de mieux mastiquer.
Si votre cheval mange très vite ou de façon gloutonne, utilisez des filets à foin à petites mailles : ils limitent la quantité de foin prise à chaque bouchée et ralentissent l’ingestion.
Pour les rations sèches, répartir la nourriture dans plusieurs seaux ou sur une grande surface réduit la compétition alimentaire et encourage le calme au repas.
Ces astuces préviennent l’engloutissement d’une trop grande bouchée, première cause de blocage œsophagien.
S’assurer de l’accès permanent à une eau propre et fraîche
Un cheval doit pouvoir boire à volonté, surtout lorsqu’il consomme du foin ou des aliments secs. L’eau facilite la formation d’un bol alimentaire bien humidifié et « glissant ».
Vérifiez plusieurs fois par jour que l’abreuvoir fonctionne, que l’eau n’est ni gelée l’hiver, ni souillée l’été. En cas de doute, placez plusieurs points d’eau à disposition.
Il est important d’encourager le cheval à boire avant et pendant les repas, surtout pour les sujets enclins à manger rapidement ou quand le foin est très sec.
Couper les légumes et friandises en petits morceaux adaptés
Offrir des carottes, pommes ou autres friandises fait plaisir au cheval, à condition de les découper toujours en petits morceaux, allongés si possible, qui ne puissent pas boucher l’œsophage en cas de mastication incomplète.
Évitez de donner des pommes entières ou des morceaux de pain durs : ils sont responsables de nombreux cas de bouchon, notamment chez le jeune cheval ou celui qui ne mâche pas avec application.
Montrez l’exemple à l’écurie et expliquez aux enfants et cavaliers débutants l’importance de ce geste : chaque boulette trop grosse peut se transformer en urgence.
Surveiller et entretenir régulièrement la dentition
Un cheval aux dents mal entretenues aura du mal à broyer correctement ses aliments, avalant des paquets entiers susceptibles de rester bloqués dans l’œsophage.
Planifiez systématiquement une visite de contrôle dentaire par un vétérinaire ou un dentiste équin au moins une fois par an, et davantage pour les sujets âgés.
Soyez attentif aux signes de troubles dentaires : aliments rejetés, mâchonnement prolongé, salivation excessive ou refus de manger certains aliments. Traiter rapidement ces problèmes réduit le risque de bouchon presque à néant.
Prendre en compte l’âge et l’état de santé du cheval
Jeunes chevaux en apprentissage et chevaux très âgés sont plus vulnérables. Pour eux, adaptez alimentation, quantités et fréquence, surtout dans les périodes de changement de ration ou de dentition.
Pour les vieux chevaux édentés, préférez les aliments faciles à avaler : mash maison, pulpe de betterave trempée, repas “mouillés” plutôt que foin sec ou granulés durs.
Surveillez particulièrement les animaux qui ont déjà fait un bouchon, car le risque de récidive est accentué tant que la cause n’est pas totalement corrigée.
Éviter les situations de stress ou de précipitation au moment des repas
Un environnement paisible au moment de la distribution des repas limite la précipitation et l’agitation, deux facteurs majeurs du bouchon œsophagien.
Espacer les chevaux en pâture, ajuster l’ordre de distribution pour limiter la compétition, et proposer un espace calme à ceux qui en ont besoin, aident à instaurer un climat de sérénité.
Un cheval stressé aura tendance à “engloutir” sa nourriture plutôt qu’à la mâcher, ce qui se répercute sur son transit.
Adopter une surveillance attentive des comportements alimentaires
Observez régulièrement la façon dont chaque cheval mange : un cheval qui recrache ou laisse tomber sa nourriture, qui rumine anormalement longtemps, ou qui salive plus que d’habitude mérite une attention particulière.
Identifier précocement ces signes permet d’agir avant que ne survienne un vrai bouchon. Cela passe aussi par sensibiliser toute l’équipe qui entoure le cheval, palefreniers comme cavaliers, à la question.
Faites remonter rapidement toute observation inhabituelle à votre vétérinaire ou dentiste équin pour évaluer s’il faut adapter l’alimentation ou intervenir sur la dentition.
Adapter la gestion pour les chevaux “à risque” ou en convalescence
Pour un cheval ayant déjà eu un bouchon, ou présentant des antécédents de troubles de l’œsophage, un suivi encore plus rigoureux est nécessaire : rations humides, aliments faciles à avaler, eau à volonté et repas fractionnés sont la règle.
Après un traitement vétérinaire, respectez scrupuleusement les recommandations de reprise alimentaire et de surveillance, car la zone “fragilisée” de l’œsophage peut mettre du temps à récupérer pleinement sa souplesse.
Adopter ces mesures spécifiques réduit fortement le risque de récidive et assure au cheval une vie quotidienne plus sereine et plus sûre.
FAQ – Bouchon œsophagien chez le cheval : vos questions fréquentes
Un bouchon œsophagien peut-il être mortel pour un cheval ?
Un bouchon œsophagien n’est généralement pas mortel si le cheval est rapidement pris en charge.
Cependant, en cas de complications comme une fausse déglutition (passage de nourriture dans les poumons) ou une infection pulmonaire, le pronostic peut se dégrader.
Peut-on donner à boire à un cheval qui a un bouchon œsophagien ?
Il est fortement déconseillé de donner à boire ou à manger à un cheval suspecté d’avoir un bouchon œsophagien.
Cela pourrait aggraver l’obstruction ou provoquer un passage de liquide dans les voies respiratoires.
Dois-je appeler immédiatement le vétérinaire en cas de bouchon œsophagien ?
Oui, il est conseillé de contacter le vétérinaire dès l’apparition des symptômes.
Plus la prise en charge est rapide, moins le cheval risque de souffrir de complications graves.
Le bouchon œsophagien peut-il se résoudre tout seul ?
Parfois, un petit bouchon peut se dissoudre naturellement, surtout si le cheval bave abondamment.
Toutefois, il ne faut jamais attendre trop longtemps, car il existe un risque de complications importantes.
Le cheval peut-il refaire un bouchon œsophagien après en avoir eu un ?
Oui, la récidive est possible, surtout si la cause n’a pas été identifiée et corrigée (alimentation inadaptée, problème dentaire, etc.).
Une prévention adaptée limite considérablement ce risque.
L’alimentation mash ou humide permet-elle d’éviter les bouchons ?
Effectivement, proposer des aliments humides ou bien détrempés aide à réduire les risques, notamment pour les chevaux âgés ou ayant des problèmes dentaires.
Pensez aussi à fractionner les rations et à donner le foin au sol pour ralentir la prise alimentaire.
Le stress peut-il favoriser l’apparition d’un bouchon œsophagien ?
Oui, le stress ou une excitation excessive avant le repas peut inciter un cheval à manger trop vite.
Un environnement calme pendant la distribution des repas est donc recommandé.
Comment surveiller mon cheval après un épisode de bouchon œsophagien ?
Il convient de surveiller attentivement l’état général de votre cheval durant les jours qui suivent la crise.
Soyez particulièrement vigilant à tout signe de toux, fièvre ou gêne respiratoire, et contactez le vétérinaire à la moindre inquiétude.
Les poulains ou jeunes chevaux peuvent-ils aussi être touchés ?
Oui, un bouchon œsophagien peut aussi survenir chez les jeunes chevaux, surtout en cas d’alimentation mal adaptée ou d’ingestion rapide.
La prévention passe par un suivi attentif de leur croissance et de leur ration.
Faut-il à tout prix éviter les granulés ou cubes pour prévenir ce problème ?
Non, mais il est important d’adapter la taille et la consistance des aliments à chaque cheval.
Humidifier les granulés et veiller à ce que le cheval prenne son temps pour manger sont de bonnes pratiques.
Conclusion
Le bouchon œsophagien chez le cheval est un problème de santé fréquent dont il convient de connaître l’existence pour agir rapidement.
Reconnaître ses symptômes, comprendre les causes et facteurs favorisants, ainsi qu’adopter les bons réflexes en cas d’urgence permet de limiter les complications pour le cheval.
En suivant des mesures de prévention adaptées et en restant attentif à l’alimentation ainsi qu’aux comportements de son équidé, il est possible de réduire considérablement les risques d’obstruction œsophagienne.