Au fil de leur carrière sportive ou même lors d’activités de loisir, de nombreux chevaux développent des affections osseuses, parmi lesquelles le suros figure en bonne place.
D’après l’École vétérinaire d’Alfort, les suros représentent jusqu’à 10 % des consultations pour boiteries d’origine ostéo-articulaire chez le cheval, soulignant leur fréquence sur le terrain.
Si ce mot résonne souvent comme une simple « bosse dure » sur un membre, le suros est en réalité un phénomène complexe dont il importe de bien comprendre le mécanisme.
Cet article vous propose de décrypter ce qu’est vraiment un suros, d’en cerner les causes principales et d’apprendre à reconnaître rapidement ses signes cliniques les plus courants.
Vous découvrirez également comment aborder le traitement, qu’il soit médicamenteux, chirurgical ou axé sur la gestion du travail du cheval, ainsi que les bonnes pratiques de prévention au quotidien pour minimiser le risque d’apparition ou de récidive.
L’objectif : vous donner toutes les clés pour agir efficacement, dans l’intérêt du bien-être et de la carrière de votre cheval.
Qu’est-ce qu’un suros chez le cheval ?
Le suros est une affection osseuse bien connue dans le milieu équestre, principalement observée chez les chevaux de sport, de loisir ou de travail, quel que soit leur âge.
Il s’agit d’une réaction de l’os à une contrainte inhabituelle ou excessive, se traduisant par une excroissance bénigne à la surface de l’os long, le plus souvent localisée sur les membres, et en particulier le canon (métacarpe ou métatarse).
Définition du suros
Un suros désigne une prolifération osseuse localisée sur la face externe d’un os long, proche d’une articulation ou sur la diaphyse, la partie centrale de l’os.
Cette bosse solide et bien visible au toucher se forme progressivement, à la suite d’une irritation ou d’un traumatisme répété au niveau du périoste (membrane qui recouvre l’os).
Contrairement à d’autres affections osseuses du cheval, le suros est en général une « nouvelle pousse » d’os, c’est-à-dire que les cellules osseuses prolifèrent pour renforcer une zone fragilisée par un choc, un microtraumatisme ou une surcharge.
Où se situe le suros ?
Le suros apparaît principalement sur la face antérieure et externe du canon, aussi bien sur les membres antérieurs que postérieurs. Les jeunes chevaux en débourrage ou soumis à un entraînement intensif peuvent être particulièrement exposés dans cette région.
Des cas de suros sont également rencontrés sur le radius, le tibia ou d’autres os, mais cela reste plus rare. Il est fréquent que le suros soit détecté sur un seul membre, sans qu’un schéma systématique ne soit observé.
Pourquoi les suros inquiètent-ils les cavaliers ?
Le suros inquiète souvent car il s’accompagne parfois de boiteries, de chaleur locale ou d’une tuméfaction dure qui évolue en quelques jours. Lorsqu’il apparaît, il remet en question le confort du cheval et sa capacité à poursuivre son activité, d’où l’importance de bien comprendre sa nature.
Aussi bien chez le cheval destiné à la compétition que celui qui part en balade, le suros peut entraîner une gêne à l’exercice, susciter des inquiétudes au pansage, ou questionner l’avenir sportif de l’animal.
Différence entre suros et autres anomalies osseuses
Il est essentiel de distinguer le suros d’autres affections comme les exostoses, les ostéophytes (croissances osseuses articulaires) ou les périostites qui n’ont ni la même origine, ni la même évolution.
Le suros présente la particularité de sa localisation et de son apparition en « bosse » solide, même lorsque l’inflammation disparaît.
C’est pourquoi un examen attentif, conjugué à l’avis d’un vétérinaire, est nécessaire pour bien l’identifier et éviter les confusions, par exemple avec une blessure de type « coup » ou une fracture.

Quelles sont les causes des suros ?
Le suros se développe rarement sans raison. Plusieurs facteurs peuvent favoriser son apparition, qu’ils soient liés à la morphologie du cheval, à la nature de son travail ou encore à la gestion quotidienne de son activité.
Mieux connaître les causes, c’est mieux prévenir cette affection et protéger la carrière de son compagnon.
Traumatisme direct : coups et chocs répétés
Les traumatismes directs représentent l’une des principales causes de suros.
Un coup de sabot reçu lors d’un déplacement en groupe, le contact avec une barre lors d’un saut, ou même des collisions accidentelles contre des infrastructures (mangeoires métalliques, clôtures), peuvent entraîner une irritation du périoste et favoriser la formation d’un suros.
Ces situations sont fréquentes chez les chevaux vivant en troupeau, les jeunes en pension ou les sportifs, plus exposés aux incidents lors de séances d’entraînement ou en paddock.
Par exemple, un jeune hongre qui découvre la vie en groupe peut très vite développer un suros sur le canon à la suite d’une ruade d’un congénère.
Microtraumatismes : travail et charges répétées
Même en l’absence de choc important, des microtraumatismes répétés lors d’un travail intensif ou mal adapté à la maturité du cheval peuvent fragiliser la structure osseuse.
Les chevaux jeunes, en phase de débourrage ou de pré-entraînement, subissent parfois une surcharge mécanique sur des os encore en développement, surtout s’ils travaillent trop, trop vite, ou sur des sols trop durs.
Un trotteur débutant qui enchaîne les séances dans un manège poussiéreux au sol compact peut, par exemple, voir apparaître un suros au bout de quelques semaines.
Chez les chevaux adultes, la répétition de mouvements intenses (courses, sauts, travail sur le plat prolongé) sans récupération adaptée, ou l’utilisation de terrains inégaux, favorise également l’apparition de ces lésions osseuses.
Conformation et aplombs du cheval
La morphologie du cheval joue un rôle non négligeable dans le risque d’apparition des suros. Des aplombs irréguliers, comme des membres “déviés” vers l’intérieur ou l’extérieur, ou une mauvaise orientation du boulet, créent des zones de contraintes anormales sur certains points du canon ou du métatarse.
Ces déséquilibres, même faibles, augmentent l’usure du périoste à chaque foulée, d’où la formation d’excroissances pour renforcer l’os.
Un poney dont les membres antérieurs présentent une légère “valgus” (déviation vers l’extérieur) aura ainsi tendance à solliciter excessivement la face externe du canon, domaine classique du suros.
Mauvaises ferrures ou entretien du pied
Un ferrage inadapté ou des pieds insuffisamment entretenus modifient la façon dont le poids du cheval s’exerce sur ses membres, accentuant les contraintes sur certaines zones osseuses.
Par exemple, des fers trop lourds ou trop grands accroissent les vibrations transmises au canon, tandis qu’un parage déséquilibré, ou la formation d’évasements, entraîne des compressions sur le périoste.
Le suivi régulier du maréchal-ferrant, en collaboration avec le vétérinaire, permet de limiter ces risques et d’adapter la ferrure à chaque cheval.
Surcharge pondérale ou activité inadaptée
Le surpoids ou l’absence d’adaptation du travail aux capacités du cheval sont aussi des facteurs aggravants.
Un cheval trop lourd pour sa taille, ou reprenant l’activité après plusieurs mois d’arrêt sans réadaptation progressive, impose à ses membres des contraintes inhabituelles, que l’os tente de compenser en se renforçant localement.
Il est donc important de veiller à l’état d’embonpoint de chaque cheval, notamment lors de phases de reprise ou chez les chevaux de loisir ayant tendance à prendre facilement du poids.
Facteurs d’âge et croissance
Chez les jeunes chevaux, la croissance osseuse rapide rend le périoste particulièrement sensible. La combinaison d’une activité physique nouvelle et d’un squelette immature expose les plus jeunes à ce type de réaction.
Les suros de croissance, souvent observés vers 2-3 ans lors du début de la mise en travail, disparaissent parfois spontanément, mais il convient d’y prêter une attention toute particulière afin de ne pas risquer une aggravation par méconnaissance ou excès de sollicitation.
Autres causes ponctuelles
Bien que plus rares, certains facteurs spécifiques comme des infections du périoste, des interventions chirurgicales ou des maladies osseuses, peuvent aussi déclencher la formation de suros.
Ces cas restent exceptionnels, mais ils rappellent l’importance d’un diagnostic vétérinaire dès l’apparition d’une excroissance inhabituelle.
Comment reconnaître les symptômes d’un suros ?
Savoir repérer les signes avant-coureurs d’un suros permet une prise en charge plus rapide et minimise le risque de séquelles pour le cheval.
Certains symptômes peuvent passer inaperçus au début, il est donc essentiel d’être attentif à toute modification du membre, du comportement ou des allures de l’animal.
Aparition d’une bosse dure sur le membre
Le principal symptôme d’un suros est la formation d’une tuméfaction dure, souvent bien localisée, sur la face externe ou antérieure du canon (ou plus rarement sur d’autres os longs). Cette bosse est fréquemment visible à l’œil nu, mais surtout notable à la palpation.
Au début, la zone peut sembler légèrement bombée, puis l’excroissance osseuse devient plus ferme et définie au fil des jours. Dans certains cas, la peau qui recouvre la bosse reste mobile et intacte, ce qui permet de distinguer un suros d’un simple hématome ou d’un abcès.
Par exemple, un cavalier qui panse attentivement son cheval chaque jour pourra sentir une petite bosse sur le canon, apparue là où il ne remarquait rien auparavant. C’est souvent ce symptôme qui alerte en premier.
Chaleur et sensibilité locale
Au moment de l’apparition du suros, la zone concernée peut présenter une chaleur notable et une sensibilité à la pression.
Le cheval peut réagir lorsqu’on touche la bosse, en tirant la jambe ou en manifestant de l’inconfort. Cette sensibilité est le signe d’une inflammation active du périoste, typique des premiers jours suivant le traumatisme ou l’irritation.
Ce symptôme est d’autant plus évocateur si le cheval a reçu un coup ou effectué des efforts inhabituels ces dernières semaines.
Boiterie ou gêne à l’exercice
La boiterie consécutive à un suros n’est pas systématique. Elle dépend de la localisation, de la taille de la bosse et de son évolution.
Au début, il n’est pas rare d’observer une gêne transitoire : le cheval peut manifester une raideur passagère à froid, hésiter à s’engager dans l’exercice, ou présenter une boiterie intermittente. Cette boiterie est généralement de faible intensité et disparaît parfois une fois l’échauffement réalisé.
Lorsqu’un suros grossit rapidement, ou s’il comprime des tissus voisins (tendons, gaines), la boiterie peut devenir plus franche, jusqu’à contraindre à l’arrêt du travail.
Il est important d’être attentif à toute modification dans le déplacement du cheval, même anodine : un trotteur qui allonge moins sur un membre, un poneys qui rechigne sur certains exercices d’école ou une jument qui trébuche fréquemment en balade.
Tuméfaction évolutive et modification du membre
En dehors de la douleur, la taille et l’aspect de la bosse évoluent. Au début, la tuméfaction peut être molle et chaude, puis elle se durcit nettement en quelques jours.
Il arrive que le membre concerné paraisse légèrement “déformé” ou que l’asymétrie entre les deux canons interpelle. Le cheval peut également manifester une légère enflure tout autour de la zone du suros, un signe d’inflammation secondaire ou d’accumulation de liquide sous-cutané.
Cette évolution rapide du contour du membre doit inciter à surveiller l’animal de près, car la précocité de la prise en charge influence le retour à une activité normale.
Altérations comportementales
Certains chevaux, surtout les plus stoïques, ne présentent pas de boiterie très marquée, mais changent subtilement de comportement : agitation au pansage, refus de donner le pied, défense à la monte ou irritabilité inhabituelle.
Pour le cavalier de loisir comme pour le compétiteur, il faut apprendre à écouter ces signaux : un cheval qui refuse subitement le travail latéral, ou qui s’arrête devant des barres alors qu’il était enthousiaste quelques jours plus tôt, peut manifester une gêne liée à un suros débutant.
Différences selon le stade d’évolution
Les symptômes du suros varient en fonction de son stade :
– Phase aiguë : prédominance de la chaleur, de la douleur et parfois d’un gonflement diffus autour de la bosse. La boiterie peut être plus nette.
– Phase chronique : la douleur et la chaleur disparaissent, la bosse se stabilise, dure, bien délimitée. Le cheval ne boite plus forcément, mais l’excroissance reste visible et permanente.
Comprendre ces phases aide à juger de l’urgence d’une intervention vétérinaire et à adapter le travail du cheval en conséquence.
Pourquoi rester vigilant ?
Un suros à ses débuts peut facilement passer inaperçu si le pansement quotidien est expéditif ou si le cheval évolue en pâture. Or, plus il est détecté tôt, plus les chances d’une récupération optimale sont grandes.
C’est pourquoi il est conseillé à tout propriétaire de réaliser un “scan” visuel et tactile des membres à chaque retour de travail, surtout chez les jeunes chevaux, les athlètes ou ceux récemment changés d’environnement.
En cas de doute, prendre régulièrement des photos et noter toute évolution permet d’apporter des éléments précieux au vétérinaire.
Quels traitements pour un cheval atteint de suros ?
Lorsqu’un suros se déclare chez le cheval, il est essentiel de réagir rapidement pour limiter la douleur, éviter l’aggravation et optimiser la récupération.
Le choix du traitement dépend de la phase évolutive du suros, de sa localisation, de sa taille et de l’état général du cheval. Le vétérinaire reste l’interlocuteur principal, mais le cavalier joue aussi un rôle clé au quotidien.
Repos et adaptation du travail
Dès l’apparition d’un suros, la première mesure à prendre est d’accorder au cheval une période de repos ou, tout au moins, une adaptation significative de son activité.
Le repos permet de limiter les contraintes mécaniques qui entretiennent l’irritation du périoste. Il est particulièrement important lors de la phase aiguë, lorsque la bosse est chaude, douloureuse ou si la boiterie est visible.
Le cheval peut être sorti au pas en main ou au paddock, selon l’avis du vétérinaire, tant que cela ne provoque pas d’aggravation des signes.
Par exemple, un trotteur qui présente un suros douloureux bénéficiera de quelques semaines de marche exclusivement avant de reprendre progressivement le travail monté.
Ce repos relatif évite aussi le développement d’autres lésions liées à une boiterie compensatrice.
Gestion de la douleur et de l’inflammation
En phase aiguë, le vétérinaire prescrit généralement des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), par voie orale ou injectable, pour diminuer la douleur et l’inflammation du périoste.
Cette prise en charge médicale est précieuse car elle améliore nettement le confort du cheval et favorise une récupération plus rapide. L’application de cataplasmes ou d’argiles refroidissantes sur la zone touchée peut, en complément, apaiser localement la chaleur et la douleur.
Certains propriétaires appliquent aussi des poches de glace protégées par un linge plusieurs fois par jour, notamment dans les 48 premières heures. Ce geste simple permet de limiter le gonflement et l’extension de la réaction osseuse.
Il est essentiel de respecter les doses et durées prescrites pour les médicaments afin d’éviter tout effet indésirable.
Diagnostic vétérinaire et examens complémentaires
Faire appel au vétérinaire est incontournable. En cas de doute, d’évolution rapide de la bosse ou de boiterie persistante, un examen clinique s’impose.
Le professionnel pourra différencier un suros d’autres affections (fractures, périostites) et décider de réaliser des radiographies. Ces clichés sont utiles pour évaluer l’étendue de la prolifération osseuse et l’implication éventuelle de structures proches comme les gaines tendineuses.
Grâce à ce diagnostic précis, le traitement peut être ajusté de manière ciblée, évitant l’usage inapproprié de solutions qui pourraient s’avérer inefficaces, voire délétères.
Indications du travail physiothérapeutique
Dans certains cas, l’intervention d’un physiothérapeute équin, après accord du vétérinaire, s’avère bénéfique.
Les massages doux, les drainages lymphatiques et parfois la musculation adaptée peuvent aider à réduire l’inflammation locale, stimuler la circulation et accompagner la résorption des œdèmes secondaires.
À titre d’exemple, un cheval ayant développé une légère atrophie musculaire autour du suros verra son confort et sa reprise du mouvement accélérés par ces techniques douces.
Il est toutefois primordial que ces soins soient réalisés par un professionnel formé.
Surveillance de l’évolution et suivi au quotidien
Le suivi des dimensions et de la consistance de la bosse est important durant et après les soins.
Prendre des photos régulières, palper la zone chaque semaine et noter toute modification d’attitude ou d’allure permet de détecter rapidement une aggravation.
Par exemple, si la bosse grossit ou si la boiterie réapparaît lors de la reprise d’activité, il convient de suspendre le travail et de recontacter le vétérinaire. Cette vigilance limite le risque de passage à la chronicité.
Parage et ferrure adaptés
La correction des contraintes mécaniques passe aussi par une attention particulière au soin des pieds. Un maréchal-ferrant averti, en concertation avec le vétérinaire, peut adapter le parage ou la ferrure afin d’optimiser l’équilibre du membre touché.
Un parage trop long ou un fer mal positionné risquent de prolonger l’irritation du périoste. À l’inverse, un bon ajustement réduit la surcharge et améliore la répartition du poids, favorisant ainsi la guérison.
Un poney ayant développé un suros sur fond d’aplombs déséquilibrés tirera grand bénéfice d’un réajustement du ferrage pour limiter les récidives.
Interventions chirurgicales ou traitements avancés
La chirurgie reste rare pour les suros, mais elle peut être envisagée si la bosse comprime un tendon, une gaine synoviale ou si elle entraîne une gêne persistante malgré un traitement médical bien conduit.
L’intervention consiste alors à réduire l’excroissance osseuse sous anesthésie, suivie d’une période de convalescence sous surveillance vétérinaire étroite.
Des techniques comme la cryothérapie (azote liquide), la thermocautérisation ou, plus rarement, la médecine régénérative commencent à se développer dans certains centres spécialisés.
Ces options sont réservées aux cas très particuliers et sont toujours décidées au cas par cas, en tenant compte de l’impact sur la fonctionnalité et la carrière sportive du cheval.
Toute chirurgie comporte des risques et implique une période de repos prolongée ; elle n’est donc envisagée qu’en dernier recours.
Prévention et gestion au quotidien des suros
La prévention des suros repose sur une approche globale incluant une gestion soigneuse du cheval, une surveillance régulière et l’adaptation de l’environnement de travail.
Surveillance quotidienne des membres
Examiner les membres de son cheval chaque jour est le premier réflexe à adopter. En palpant le canon et l’ensemble des membres lors du pansage ou après le travail, on repère rapidement la moindre anomalie, qu’il s’agisse d’une bosse naissante, d’une chaleur anormale ou d’une sensibilité.
Cette vigilance permet de détecter un suros à ses débuts, bien avant qu’il ne provoque une boiterie ou une gêne plus marquée.
Par exemple, sentir une petite induration sur le canon d’un jeune trotteur après une semaine d’entraînement intensif peut éviter la progression du problème grâce à une adaptation rapide du programme de travail.
Prendre des photos régulières aide à suivre l’évolution d’une éventuelle tuméfaction, facilitant le dialogue avec le vétérinaire en cas de doute.
Gestion de l’entraînement et adaptation au travail
Adapter l’intensité et la fréquence du travail à l’âge, à la conformation et au niveau d’entraînement du cheval est capital pour prévenir l’apparition de suros. Pour les jeunes chevaux en débourrage, privilégier les séances courtes et progressives sur des sols souples limite les contraintes sur le périoste.
Un cheval adulte reprenant l’activité après une pause doit voir son programme réajusté progressivement afin d’éviter toute surcharge soudaine. L’alternance des exercices (travail sur le plat, en ligne droite, sur terrain varié) réduit la répétition des microtraumatismes sur une même zone osseuse.
Illustration concrète : alterner séances montées, balades et longe pour un cheval récemment remis au travail lui permet de renforcer ses tissus sans excès de contraintes localisées.
Contrôle de la croissance et gestion des jeunes chevaux
Chez le poulain ou le jeune cheval, la croissance rapide accentue la fragilité du périoste. Il est donc conseillé d’éviter les efforts importants ou prolongés tant que le squelette n’est pas totalement mature.
Un suivi régulier par le vétérinaire, notamment dans les phases de croissance active (2 à 4 ans), permet d’ajuster l’activité selon le développement de chaque individu.
Les jeunes chevaux mis au travail à l’écurie bénéficient d’une surveillance accrue et de temps de repos judicieux pour limiter le risque de suros de croissance.
Soin attentif des pieds et ferrure adaptée
Le rôle du pied dans la prévention des suros est primordial. Faire appel à un maréchal-ferrant compétent, à l’écoute du vétérinaire, garantit un parage régulier et une ferrure adaptée à la morphologie du cheval et à la qualité de ses aplombs.
Un parage déséquilibré ou des fers mal ajustés créent des points de pression et des vibrations inutiles, surfavorisant l’irritation du périoste.
À titre d’exemple, corriger une légère déviation du membre avec une ferrure orthopédique prévient le développement d’un suros chez un cheval présentant des aplombs irréguliers.
La consultation régulière du maréchal-ferrant (toutes les 6 à 8 semaines, selon la pousse du sabot) permet de conserver un équilibre optimal du pied et d’adapter la ferrure au terrain travaillé.
Aménagement de l’environnement et sécurité au paddock
Limiter les risques de coups et de traumatismes passe aussi par une attention portée à l’environnement du cheval. Retirer ou sécuriser les objets tranchants ou durs dans les paddocks (bordures métalliques, mangeoires mal fixées, piquets sortant du sol) est crucial pour éviter les blessures directes au canon.
Séparer les chevaux les plus joueurs, nerveux ou dominants lors des sorties en groupe permet de prévenir les ruades ou morsures, souvent à l’origine de suros.
Par exemple, un jeune cheval nouvellement intégré bénéficiera d’une mise au paddock progressive, avec des compagnons calmes, pour limiter les affrontements.
Vérifier régulièrement la clôture et l’état du sol protège également des traumatismes accidentels.
Gestion du poids et de l’alimentation
Maintenir un poids adapté est essentiel, car le surpoids augmente les contraintes sur les membres. Il est recommandé d’évaluer régulièrement l’état corporel du cheval, d’adapter la ration selon la saison et la dépense physique et d’éviter les prises de poids soudaines, surtout chez les chevaux de loisir.
L’appui d’un nutritionniste équin peut s’avérer utile, notamment pour les chevaux à tendance “ronde”, afin d’ajuster la teneur énergétique sans carence.
Pour illustrer : un poney facile à l’embonpoint profitera de la mise à l’herbe limitée et d’une complémentation adaptée pour préserver ses membres et éviter la survenue de pathologies liées au poids, dont les suros.
Observation attentive lors des changements de rythme de travail
Toute modification du programme d’entraînement, reprise après une blessure ou pause hivernale, augmentation d’intensité ou changement de discipline, doit se faire de façon progressive, avec une vigilance accrue envers l’apparition de tuméfactions ou de raideurs.
Cette attitude proactive évite que le cheval ne subisse des contraintes excessives mal assimilées par sa structure osseuse.
Prendre le temps de marcher au pas longuement, d’incorporer des phases de récupération et d’observer l’évolution des membres après chaque séance s’inscrit dans une routine de prévention efficace.
Collaboration étroite avec les professionnels de santé équine
Le vétérinaire, le maréchal-ferrant et, si besoin, le physiothérapeute équin sont des partenaires essentiels dans la prévention et la gestion des suros. Discuter ouvertement de la conformation du cheval, de son historique sportif ou de ses faiblesses permet d’anticiper les risques et de mettre en place des solutions personnalisées.
Des bilans réguliers, notamment lors des visites vaccinales ou de dentisterie, sont l’occasion d’un examen approfondi des membres et d’un ajustement du suivi si besoin. Un cheval suivi de près par une équipe attentive aura moins de risques de voir apparaître un suros ou de le laisser évoluer silencieusement.
FAQ sur les suros chez le cheval
Un suros est-il douloureux pour le cheval ?
Dans la plupart des cas, un suros n’est plus douloureux une fois qu’il est stabilisé.
Cependant, lors de son apparition ou si une inflammation persiste, il peut causer de la douleur et de l’inconfort.
Le suros peut-il revenir après traitement ?
Si la cause (travail inadapté, mauvais ferrage, chocs répétés) n’est pas corrigée, un suros peut réapparaître ou évoluer.
Il est donc important d’identifier et de limiter les facteurs de risque.
Mon cheval peut-il être monté avec un suros ?
Si le suros est ancien, non douloureux et stabilisé, il est généralement possible de remonter son cheval.
En revanche, pendant la phase inflammatoire ou en cas de douleur, il convient de laisser le cheval au repos et de consulter un vétérinaire.
Le suros peut-il nuire à la carrière sportive du cheval ?
Un suros bénin stabilisé n’a généralement pas d’incidence sur les performances.
Mais s’il est volumineux ou mal situé, il peut gêner certains mouvements ou nuire à la locomotion.
Doit-on toujours traiter un suros ?
Pas forcément : si le suros n’est pas douloureux, ne grossit plus et n’entrave pas le mouvement, une simple surveillance peut suffire.
Cependant, un suivi régulier est conseillé pour détecter toute évolution.
Les suros sont-ils héréditaires ?
Les suros ne sont pas directement une maladie héréditaire, mais la conformation des membres, prédisposant au suros, peut être transmise.
Attention donc à la sélection pour l’élevage.
Faut-il opérer un suros ?
L’opération n’est envisagée qu’en dernier recours, si le suros engendre une gêne importante ou une boiterie persistante.
La plupart du temps, un traitement médical et des ajustements de gestion suffisent.
Comment différencier un suros d’autres grosseurs sur les membres ?
Le suros est une exostose osseuse localisée, généralement sur les bords internes ou externes des canons.
Toute grosseur ou chaleur suspecte doit faire l’objet d’un examen vétérinaire pour éliminer d’autres problèmes (tendinite, arthrite, etc.).
Les jeunes chevaux sont-ils plus à risque ?
Oui, les jeunes chevaux sont plus sujets aux suros, surtout lors de la formation au travail ou si la croissance est rapide.
Un encadrement attentif et une progression adaptée limitent ce risque.
Quels soins quotidiens pour un cheval sujet aux suros ?
Privilégiez un échauffement progressif, des sols souples, et surveillez régulièrement l’état des membres.
L’intervention du maréchal-ferrant et du vétérinaire reste essentielle en cas d’évolution anormale.
Conclusion
Les suros constituent une pathologie relativement fréquente chez le cheval, se manifestant par une excroissance osseuse généralement due à un traumatisme ou à un stress répété sur le membre.
Les signes d’alerte sont principalement la présence d’une masse dure et parfois une boiterie, ce qui nécessite une prise en charge adaptée incluant repos, soins vétérinaires et, dans certains cas, des interventions spécifiques.
Enfin, la connaissance des facteurs de risque et l’adoption de mesures préventives simples permettent de limiter nettement leur apparition ou leur aggravation.