La piroplasmose, parfois aussi appelée babésiose équine, est l’une des maladies à tiques les plus redoutées chez le cheval.
Selon le Respe, cette maladie parasitaire transmise par les tiques circule activement chez les chevaux en France et peut provoquer fièvre, fatigue et anémie si elle n’est pas détectée à temps
Face à la diversité des symptômes, parfois discrets, il est essentiel pour chaque cavalier de pouvoir reconnaître cette affection, souvent saisonnière, pour réagir au plus vite.
Dans cet article, nous vous proposons de mieux comprendre ce qu’est la piroplasmose, comment elle se transmet, à quoi être attentif pour la détecter rapidement, quelles sont les options thérapeutiques actuelles, et surtout, comment protéger efficacement votre cheval de cette menace invisible mais bien réelle.
Qu’est-ce que la piroplasmose chez le cheval ?
La piroplasmose est une maladie parasitaire qui touche les équidés partout dans le monde. Redoutée pour la gravité des troubles qu’elle peut causer, elle fait partie des affections auxquelles chaque cavalier et propriétaire doit être attentif.
Une maladie transmise par les tiques
La piroplasmose équine est provoquée par des parasites microscopiques du genre Babesia (ou Theileria), transmis au cheval lors d’une morsure de tique.
Après leur passage sous la peau, ces protozoaires se développent dans les globules rouges du cheval, ce qui perturbe le fonctionnement de tout l’organisme.
Il suffit d’une tique porteuse du parasite pour infecter un cheval lors d’une simple balade ou d’un séjour en pâture. Cela explique pourquoi la maladie peut frapper aussi bien les chevaux de loisir que les montures de compétition.
Quels animaux peuvent être atteints ?
La piroplasmose concerne avant tout les chevaux, mais aussi les ânes, mulets et poneys. Tous sont sensibles à cette affection.
Les chevaux vivant dans les régions infestées de tiques ou venant d’autres pays à risque sont particulièrement exposés. Les jeunes chevaux, tout comme les sujets âgés ou affaiblis, peuvent développer une forme plus grave de la maladie.
Quelles conséquences pour la santé du cheval ?
Lorsque les parasites envahissent les globules rouges, l’organisme du cheval cherche à se défendre en détruisant ces cellules. Cela porte atteinte à la capacité du sang à transporter l’oxygène, entraînant fatigue, essoufflement et parfois jaunisse.
Dans les formes aiguës, la piroplasmose peut compromettre gravement la santé du cheval en quelques jours seulement. C’est pourquoi il est essentiel de pouvoir identifier rapidement cette maladie.
Un cheval infecté peut également devenir porteur chronique, c’est-à-dire qu’il ne montre plus de symptômes, mais reste contaminé.
Il pourra alors représenter un risque pour d’autres chevaux, en particulier lors de transports ou d’événements exigeant une parfaite santé.
Les principales causes de la piroplasmose équine
La piroplasmose ne se contracte pas au hasard : certaines situations et facteurs exposent davantage les chevaux à cette maladie parasitaire. Connaître ces causes permet de mieux protéger son cheval au quotidien.
La transmission par morsure de tique
La cause principale de la piroplasmose chez le cheval est la morsure d’une tique infectée. Lorsqu’une tique se fixe sur le cheval pour se nourrir de son sang, elle peut transmettre les parasites Babesia ou Theileria qui vivent dans sa salive.
Les tiques peuvent s’accrocher en quelques minutes seulement lors d’une promenade dans les hautes herbes, en forêt ou même dans un paddock mal entretenu. Cette transmission est silencieuse : il n’est pas toujours facile de repérer une tique, surtout dans les zones où la peau est fine.
Les morsures passent inaperçues, mais elles ont un réel impact. Un seul parasite suffit à déclencher l’infection, c’est pourquoi il n’y a pas de seuil à respecter pour être prudent.
La présence du parasite dans l’environnement
Les régions où les tiques sont abondantes sont considérées comme des zones à risque. Certaines périodes de l’année, notamment au printemps et à l’automne, favorisent la prolifération des tiques en raison de l’humidité et de la végétation dense.
Un cheval vivant dans une prairie proche de bois, de haies ou sur des terres peu entretenues sera davantage exposé, tout comme un animal mis en pâture dans de hauts herbages.
Par exemple : un poney qui vit dans un pré bordé de haies broussailleuses sera plus sujet aux morsures qu’un cheval en paddock sableux et ouvert.
L’introduction de chevaux porteurs
Un autre facteur de transmission est l’arrivée, dans une écurie ou un pré, d’un cheval déjà porteur de la piroplasmose (souvent de manière chronique).
Si ce cheval est mordu par une tique, le parasite peut être transmis à d’autres chevaux du même lieu, via une nouvelle morsure de cette tique devenue infectée.
Cela explique pourquoi les mouvements de chevaux entre régions ou pays sont surveillés : un cheval récemment importé, même sans symptômes, peut être une source invisible de contamination.
Il est donc essentiel de bien contrôler l’état de santé des nouveaux arrivants dans les structures équestres.
Des facteurs favorisant l’infestation par les tiques
Certains éléments de gestion quotidienne ou d’environnement augmentent le risque de contact entre le cheval et les tiques. Une végétation trop haute, des ronces, du bois mort ou un manque de débroussaillage sont autant d’abris pour les tiques.
A contrario, des pâtures régulièrement entretenues et parfois un écosystème équilibré avec des prédateurs naturels des tiques (comme certaines espèces d’oiseaux) permettent de limiter leur prolifération.
Par exemple, une écurie qui organise un entretien mensuel des pâtures verra nettement moins de cas de piroplasmose.
L’absence de prévention individuelle
Enfin, l’absence de mesures antiparasitaires sur le cheval lui-même peut faciliter la contamination. Un animal qui ne bénéficie pas d’un contrôle régulier de sa peau et de produits répulsifs adaptés court un risque accru : il est plus facile pour la tique de se fixer et de transmettre le parasite.
Vérifier systématiquement le pelage et les zones à risque (encolure, entre les membres, sous le ventre) après chaque sortie ou brossage permet souvent d’ôter les tiques avant transmission.
Ce geste simple peut faire la différence, notamment pendant les saisons de forte activité des tiques.
Reconnaître les symptômes : comment savoir si son cheval est atteint
Détecter la piroplasmose à temps est capital pour limiter la gravité de la maladie et éviter des complications parfois irréversibles. Certains signaux doivent alerter tout cavalier : apprendre à les identifier, c’est protéger au mieux son cheval et réagir vite en cas de doute.
Les premiers signes à surveiller
Au début de l’infection, les symptômes sont souvent discrets et peuvent évoquer une légère fatigue ou un simple coup de chaud. C’est justement cette évolution sournoise qui rend la piroplasmose difficile à repérer au tout premier stade.
Le cheval devient abattu, moins vif, et semble manquer d’entrain, que ce soit monté ou au pré. Il peut hésiter à suivre le groupe lors d’une balade ou refuser d’avancer lors du travail en carrière.
Il n’est pas rare de constater une baisse soudaine de l’appétit. Un cheval gourmand qui délaisse sa ration ou refuse ses friandises favorites doit toujours faire suspecter un souci de santé sous-jacent.
Certains chevaux présentent une légère augmentation de température : une fièvre modérée (souvent autour de 39°C) peut être observée sans autre motif apparent. Ce signe ne doit jamais être ignoré, surtout en saison à risque.
Symptômes typiques de la phase aiguë
Quand la maladie progresse, les signes deviennent plus nets et la gravité s’accentue. La fatigue se transforme en véritable faiblesse, le cheval s’essouffle facilement, même au pas ou après un court effort.
L’apparition d’une jaunisse (ictère) est un symptôme caractéristique : les muqueuses (gencives, conjonctives des yeux) prennent une teinte jaune, signalant que le foie est surmené à cause de la destruction massive des globules rouges.
Urines foncées, tirant vers l’orange ou le rouge-brun, constituent aussi un indice d’alerte. Ces « urines porto » sont le résultat de la libération de pigments issus des globules rouges détruits.
Surveillez toujours l’aspect de l’urine lors du curage du box ou après une balade : c’est une fenêtre directe sur la santé du cheval.
On peut aussi observer une accélération du rythme cardiaque, une prise de pouls plus rapide que d’habitude, et parfois de la transpiration sans effort particulier.
Un cheval qui transpire soudainement au repos, surtout par temps frais, mérite impérativement un examen approfondi.
Symptômes moins fréquents et formes chroniques
Chez certains chevaux, notamment ceux qui survivent à une première attaque ou porteurs chroniques, les symptômes sont atténués mais persistent plus longtemps.
Le cheval affiche alors une baisse de performances durable : il s’essouffle vite, récupère mal après l’exercice, maigrit sans explication malgré une ration adaptée.
Dans les cas les plus sournois, certains chevaux ne montrent qu’une légère anémie (pâleur des muqueuses, fatigue chronique) ou des troubles du comportement : irritabilité, refus du contact, ou posture douloureuse.
C’est pourquoi une surveillance régulière de la couleur des muqueuses, du comportement, et de la condition physique est essentielle, en particulier après un épisode fébrile ou dans les semaines suivant la venue d’un cheval nouvellement arrivé.
Pourquoi chaque symptôme doit être pris au sérieux
La piroplasmose peut évoluer extrêmement vite, provoquant des dégradations graves des organes internes si le traitement n’est pas mis en place rapidement.
Repérer tôt permet une prise en charge efficace : plus le diagnostic est précoce, moins les dégâts seront importants et meilleures seront les chances de récupération complète.
Ne jamais hésiter à consulter le vétérinaire au moindre doute. Un test sanguin simple peut confirmer le diagnostic et éviter des complications potentiellement fatales.
Un cheval qui présente plusieurs de ces symptômes, même s’ils paraissent bénins individuellement, doit absolument bénéficier d’une surveillance étroite.
Par exemple, un poney qui montre une fièvre légère un jour, puis un peu de fatigue le lendemain et des urines foncées le surlendemain, doit être vu en urgence par un professionnel.
Quel traitement pour la piroplasmose chez le cheval ?
Agir rapidement face à la piroplasmose est crucial pour limiter les séquelles et donner les meilleures chances de récupération à son cheval. Les traitements sont efficaces, sous réserve d’être administrés tôt et avec un suivi vétérinaire rigoureux.
Diagnostic précis et intervention du vétérinaire
La première étape indispensable reste la confirmation du diagnostic par le vétérinaire. En cas de suspicion, celui-ci réalise un examen clinique, puis prescrit un test sanguin spécifique afin de détecter la présence du parasite ou les signes de destruction des globules rouges.
Faire intervenir le vétérinaire dès l’apparition des premiers symptômes n’est jamais une perte de temps : un diagnostic précoce permet d’adapter au mieux les traitements et limite les complications irréversibles, notamment au niveau du foie et des reins.
Par exemple, un cheval qui commence à montrer de la fatigue et une légère jaunisse un week-end doit absolument être présenté au vétérinaire, même si les symptômes semblent modérés.
Traitement antiparasitaire spécifique
Le traitement de référence de la piroplasmose repose sur l’administration d’antiparasitaires injectables, comme l’imidocarbe dipropionate ou, plus rarement, la diminazène. Ces médicaments visent à éliminer les parasites présents dans le sang du cheval.
Le protocole peut varier selon la gravité de l’infection, le poids du cheval et la tolérance individuelle. Une ou plusieurs injections pourront être nécessaires, généralement réalisées par le vétérinaire, souvent à la clinique ou à l’écurie.
Ce traitement entraîne fréquemment une réaction forte de l’organisme. C’est pourquoi une surveillance attentive s’impose durant et après l’administration.
Certains chevaux présentent une chute de forme ou des poussées de fièvre suite à l’injection, ce qui est un signe que le corps réagit au traitement.
L’efficacité du traitement antiparasitaire est excellente lorsqu’il est mis en place tôt. Dans la majorité des cas, l’état général s’améliore vite, avec retour de l’appétit et diminution des symptômes en quelques jours.
Soutien général et soins complémentaires
En parallèle du traitement contre le parasite, plusieurs mesures sont essentielles pour soutenir l’organisme affaibli du cheval.
La gestion de la fièvre, de la douleur et de la déshydratation repose sur des soins de base mais capitaux : l’hydratation régulière (distribution d’eau fraîche, voire perfusions si besoin), le maintien du cheval dans un lieu calme et sec, et parfois l’utilisation d’anti-inflammatoires prescrits par le vétérinaire.
Un suivi de l’état des muqueuses, des urines et de l’appétit aide le soigneur à surveiller l’évolution de la maladie.
Il est par exemple fréquent qu’un cheval traite pour piroplasmose ait besoin d’un complément vitaminique ou d’un soutien hépatique (protection du foie), adapté par le vétérinaire selon les analyses sanguines.
Pour les chevaux très atteints ou en convalescence longue, une réforme temporaire du travail sera nécessaire.
Prendre le temps de laisser le cheval récupérer, adapter son alimentation (foin de bonne qualité, ration riche en fibres mais facile à digérer, distribution fractionnée de la nourriture), sont autant de gestes qui optimisent la guérison.
Un exemple parlant : un cheval de sport diagnostiqué en début de saison compétion devra impérativement observer un repos strict, sans sollicitation physique, pendant plusieurs semaines, afin de limiter le risque de rechute ou d’insuffisance hépatique.
Gestion des complications possibles
Dans certains cas, la piroplasmose peut entraîner des complications comme une anémie sévère, des troubles de la coagulation ou une insuffisance rénale. Ces situations nécessitent alors des soins spécialisés en clinique.
Le cheval peut par exemple nécessiter une transfusion sanguine si le taux de globules rouges chute dangereusement, ou une mise sous perfusion prolongée pour soutenir les reins.
Parfois, d’autres traitements de soutien (vitamines, protecteurs du foie, antibiotiques en cas de surinfection) sont ajoutés au protocole classique.
La surveillance après un épisode sévère doit se poursuivre plusieurs semaines, afin de dépister précocement les effets secondaires et de vérifier le retour complet à la normale.
Dans tous les cas, le suivi post-traitement par des prises de sang régulières est fondamental.
Traitement des formes chroniques et porteurs asymptomatiques
Certains chevaux guérissent cliniquement mais restent porteurs chroniques du parasite.
Dans ce cas, le traitement médicamenteux peut être renouvelé selon l’avis du vétérinaire, car la persistance du parasite peut représenter un danger lors de stress, de transport, ou pour d’autres chevaux de l’écurie.
Il arrive que le vétérinaire décide de ne pas traiter tout de suite certains porteurs asymptomatiques, mais de surveiller leur état via des analyses régulières, surtout s’ils vivent dans un environnement maîtrisé, sans risque immédiat de transmission à d’autres équidés.
En revanche, pour les chevaux devant voyager, participer à des compétitions ou rejoindre un nouveau groupe, un traitement « d’assainissement » sera souvent instauré, accompagné si besoin de mesures de quarantaine.
Suivi après traitement et retour à la vie normale
Après la disparition des symptômes, le cheval ne doit pas être repris trop vite au travail ou à la compétition. Un délai de convalescence variable, souvent de deux à quatre semaines, est recommandé, sous contrôle vétérinaire.
Des bilans sanguins de suivi vérifieront l’absence de rechute et l’amélioration progressive des paramètres hépatiques et sanguins.
Un cheval soigné correctement peut retrouver une vie normale, y compris une activité sportive, à condition que toutes les étapes du traitement et de la récupération aient été respectées.
Ce point est crucial : reprendre le travail prématurément peut entraver la guérison complète.

Prévention et conseils pour protéger son cheval
Entretenir les pâtures et l’environnement
La maîtrise de l’environnement où vit votre cheval est l’un des leviers les plus efficaces pour limiter la présence des tiques et donc le risque de piroplasmose.
Cela commence par une tonte régulière des herbes hautes, le débroussaillage des zones broussailleuses autour des clôtures, et l’élimination du bois mort ou des amas de feuilles où les tiques aiment s’abriter.
Nettoyer les abords des abris, renforcer la propreté des cheminements, et éviter que les haies ne deviennent trop denses réduisent fortement les zones potentielles d’infestation.
Par exemple, un pré tondu tous les mois pendant la saison chaude sera bien moins attractif pour les tiques qu’une pâture à l’abandon. Cet entretien facilite aussi l’inspection visuelle du cheval après chaque sortie.
En limitant le nombre d’endroits où les tiques peuvent survivre, vous protégez l’ensemble du troupeau et réduisez aussi le risque d’autres maladies transmises par ces parasites.
Inspection régulière du cheval
Prendre l’habitude d’inspecter attentivement son cheval est un geste barrière indispensable, surtout au printemps et en automne lorsque les tiques sont les plus actives.
Passez la main et l’œil sur les zones préférées des tiques : encolure, base de la queue, aisselles (entre les membres antérieurs et le tronc), sous le ventre et derrière les oreilles.
Après chaque sortie en extérieur, ou au retour du pré, effectuez un brossage méticuleux pour repérer et retirer les tiques avant qu’elles n’aient le temps d’injecter le parasite.
En retirant une tique fixée depuis moins de 24h, vous limitez considérablement le risque de transmission : la vigilance quotidienne apporte ainsi une vraie sécurité.
Pour les enfants ou débutants, expliquez l’importance de cette vérification et accompagnez-les durant les premières inspections pour en faire un réflexe.
Utilisation de produits antiparasitaires adaptés
L’application régulière de produits répulsifs ou acaricides spécifiques pour chevaux peut éloigner durablement les tiques.
Choisissez les solutions adaptées à l’espèce équine (sprays, lotions, shampoings), à renouveler selon la durée d’action indiquée par le fabricant ou le vétérinaire.
Ciblez particulièrement les périodes à haut risque (printemps, automne) ou les jours de balade dans la végétation dense. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire pour sélectionner le produit le mieux toléré par votre compagnon.
Un exemple : avant une longue randonnée à travers forêts et prairies, vaporisez le produit sur les membres, l’encolure et sous le ventre. Cette précaution simple peut éviter bien des tracas par la suite.
N’oubliez jamais que les répulsifs ne dispensent pas d’une inspection minutieuse : leur efficacité n’est jamais de 100 %.
Surveillance des nouveaux arrivants et isolement
Lorsque vous accueillez un cheval fraîchement arrivé (achat, pension, retour de concours…), il est primordial de le soumettre à une quarantaine ou à une période d’observation avant de le mélanger avec le reste du groupe.
Cette mesure limite la propagation de la piroplasmose si le nouvel équidé devait être porteur asymptomatique. Profitez de cette période pour effectuer un contrôle vétérinaire, ainsi que des analyses sanguines si besoin.
Mieux vaut prévenir une contamination de l’ensemble de la structure équestre par une gestion prudente des introductions, même si cela nécessite un aménagement temporaire ou des installations dédiées.
En cas de doute ou de suspicion, l’isolement permet également un traitement rapide et ciblé sans exposer les autres chevaux.
Collaboration avec le vétérinaire
Échanger régulièrement avec son vétérinaire est le meilleur moyen d’adapter la prévention à la région, à l’historique sanitaire du troupeau et aux nouveautés médicales.
Lors de la visite annuelle ou des consultations ponctuelles, faites le point sur la situation locale, la fréquence des cas détectés, et les moyens de surveillance modernes (tests rapides, nouvelles familles de produits antiparasitaires).
Le vétérinaire vous conseillera sur les situations de risque : organisation de concours durant une période d’infestation, importation de chevaux, surveillance spécifique d’animaux jeunes ou âgés.
Parfois, il pourra proposer un plan de vaccination pour d’autres maladies transmises par les tiques, ce qui évitera les confusions de symptômes et optimisera la santé globale du cheval.
Education et formation des cavaliers
Former tous les utilisateurs de l’écurie – propriétaires, cavaliers enfants ou adultes, soigneurs – à la reconnaissance des tiques et à la prévention de la piroplasmose est un maillon clé.
Organisez des ateliers pratiques, affichez des Schémas ou check-lists dans la sellerie, et n’hésitez pas à rappeler les bons gestes en début de saison à tique.
Un cavalier bien informé saura détecter plus vite une tique, un changement de comportement ou un début de jaunisse, ce qui augmente les chances d’intervention précoce.
La vigilance collective crée un cercle vertueux : chaque cheval bénéficie des attentions du groupe, et la prévention se renforce d’année en année.
Gestes complémentaires au quotidien
Marchez dans les allées dégagées lors des sorties, évitez les talles d’herbes hautes inutiles et adaptez parfois l’horaire des balades pour éviter les pics d’activité des tiques.
Adoptez une tenue adaptée pour vous-même également (pantalon couvrant, bottes hautes) afin de limiter le transfert indirect de tiques de l’homme vers l’équidé.
Signalez immédiatement à l’équipe de soins toute découverte de tique, blessure cutanée suspecte ou modification de comportement chez le cheval, le poney ou l’âne : la rapidité d’action reste la clé face à cette maladie.
FAQ sur la piroplasmose chez le cheval
La piroplasmose peut-elle être transmise à l’homme ou à d’autres animaux de l’écurie ?
Non, la piroplasmose équine est spécifique aux équidés et ne se transmet pas à l’homme ni aux autres espèces domestiques comme les chiens ou les chats.
Seuls les chevaux, ânes et mulets sont concernés par cette maladie transmise principalement par les tiques.
Un cheval guéri de la piroplasmose reste-t-il porteur ?
Oui, il peut rester porteur asymptomatique du parasite même après le traitement.
Cela implique qu’il pourra potentiellement contaminer des tiques, qui à leur tour pourront infecter d’autres chevaux.
Peut-on monter un cheval atteint de piroplasmose ?
Tant que le cheval présente des symptômes (fièvre, abattement, faiblesse), il ne doit pas être monté.
Reprenez toute activité seulement sur avis du vétérinaire, lorsque le cheval est complètement remis.
Les poulains ou chevaux âgés sont-ils plus exposés ?
Les chevaux immunodéprimés, âgés ou très jeunes ont effectivement un risque de développer des symptômes plus sévères.
Soyez particulièrement vigilant si votre cheval appartient à l’une de ces catégories.
Mon cheval vit au box, risque-t-il la piroplasmose ?
Le risque est beaucoup plus faible pour un cheval qui ne va jamais au pré, car les tiques se trouvent essentiellement dans les zones herbeuses.
Cependant, aucune situation n’est totalement sans risque. Restez attentif, surtout lors des sorties ponctuelles.
Quels gestes adopter en cas de morsure de tique ?
Retirez aussitôt la tique avec un crochet spécial, sans écraser son abdomen, puis désinfectez la zone.
Surveillez l’apparition de symptômes dans les semaines suivantes, et consultez votre vétérinaire au moindre doute.
Faut-il traiter chimiquement les pâtures contre les tiques ?
Traiter les pâtures est rarement recommandé car cela peut impacter l’environnement et la biodiversité.
Il vaut mieux privilégier la gestion raisonnée des zones à risque, l’entretien des clôtures et la surveillance régulière des chevaux.
Existe-t-il un vaccin contre la piroplasmose ?
À ce jour, il n’existe pas de vaccin homologué contre la piroplasmose équine en France.
La prévention repose donc principalement sur la lutte contre les tiques et la vigilance des cavaliers.
Conclusion
La piroplasmose est une maladie parasitaire transmise par les tiques, qui peut gravement affecter la santé du cheval si elle n’est pas prise en charge à temps.
En repérant tôt les principaux symptômes, en connaissant les modes de transmission et en mettant en place des mesures de prévention, il est possible de réduire significativement les risques pour son cheval.
La connaissance des traitements et l’appui d’un vétérinaire restent essentiels pour assurer la meilleure prise en charge possible de la maladie.